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samedi 12 mars 2016

"Ce beau marin à la barbe douce et aux yeux de ciel et de mer, je le veux pour moi!" - Le feuilleton d'Ulysse


"Tu es assurément la plus belle, ô Calypso. Je n'y avais pas songé, mais oui, bien sûr, le visage de Pénélope a dû vieillir. Son corps aussi. C'est une femme, pas une déesse comme toi. Pour autant, ne le prends pas mal, je préfère la retrouver, elle. Chacune de ses rides me racontera une histoire, celle de la vie. Ses rides me parleront de son immense douleur et de la mienne à vivre séparés l'un de l'autre; certaines auront été creusés par ses larmes. Sans doute me croit-elle mort. Je veux que d'autres rides se creusent sur ses joues, avec les larmes de joie qu'elle versera à mon retour. Oui, je veux que mes doigts caressent les plis de sa vie et qu'elle caresse les miens. Car nos cœurs, eux, sont sans rides. Personne ne me connaît mieux qu'elle. Pénélope comprend tout de moi, sait tout de moi, aime tout de moi. Elle est la mémoire de moi-même, ma seconde peau. Toi, tu chantes et tissent divinement, déesse, mais elle chante et tisse mon histoire et ma renommée. C'est infiniment plus précieux pour moi. Et puis, tu sais, l'immortalité que tu m'offres en restant ici à jamais avec toi est une autre manière de mourir... Si personne ne porte la mémoire de ce que je suis, je suis mort. Pénélope, elle, le fait jour et nuit. Elle est mon autre moi-même, ma moitié d’orange."

(extrait du "Feuilleton d'Ulysse" de Murielle SZAC, Bayard jeunesse; source photo AWTB)

mardi 28 avril 2015

Bouche au vent

Oui, j'aime le travail de Rémi COURGEON! J'ai retrouvé un de ses anciens albums et, comme à chaque fois, le charme opère. Gageons qu'il soit réédité, pourquoi pas à prix doux ou avec d'autres histoires.

© Rémi COURGEON/ Mango jeunesse

Giacomo suit son père sur les chantiers. Son père est artiste-peintre-en bâtiment. Comme bon artiste italien, il chante aussi ou plutôt il siffle de l'opéra. Giacomo n'y arrive pas. Il faut sûrement qu'il attendent d'avoir les dents d'adulte. Mais non, rien.

Il lui faudra une émotion (voir extrait) pour que le vent lui ouvre la voie. Giacomo sait qu'il veut vivre avec et de la musique. Puis il rencontrera les autres bouches au vent pour poursuivre sa vie, fonder sa famille, inspirer son humeur et son quotidien.

"Puis il y eut d'autres voyages, sous d'autres vents. Blizzard, föhn, tramontane, simoun, sirocco, alizé, melteme, autan."

© Rémi COURGEON/ Mango jeunesse

Rémi COURGEON proposait là un album sur deux de ses thèmes favoris.
La musique comme pratique rigoureuse d'un instrument mais aussi expression de soi, chrysalide complète. Grâce à ce son de souffle, de vent, Giacomo grandit, se découvre, pratique une profession et trouve un sens à sa vie.
Le partage intergénérationnel n'est jamais loin non plus. Le père de Giacomo veut partager et transmettre sa passion, son fils le fera aussi en vivant.

Et puis j'adore le vent!

samedi 7 mars 2015

Alpha... directions

Un indispensable!
J'en ai parlé ailleurs, avant même de le posséder. J'en ai parlé sans en dire un mot, juste pour le plaisir de l'ouvrir, de le feuilleter et de décalquer. Je n'en ai pas parlé parce qu'il y aurait tellement de choses à en dire. Et puis je l'ai laissé de côté. Juste à côté, sur ma table de chevet (enfin ils sont nombreux à cet endroit).
Cela devait être une trilogie (avant l'homme, l'homme et le futur), ce sera un tétralogie, l'auteur n'ayant pas réussi à condenser l'hominidé en un seul tome. Grand bien lui fasse! "Alpha... directions" de Jens HARDER est le premier tome.

© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud

Ce n'est pas la première fois que la naissance de l'univers ou de la vie est le thème d'un livre. C'est un peu plus rare en ce qui concerne une bande dessinée. Ce serait pourtant simpliste de limiter celle-ci, de plus de 300 pages, juste à une histoire de la création du monde. Il s'agit plutôt d'une version mêlant toutes les autres. Une encyclopédie iconographique de toutes les conceptions de la genèse du monde.
Le parti-pris est scientifique, le créationnisme religieux est mis de côté. Se suivent les différentes étapes de la matière, des particules, de la vie. Pourtant à ce propos très rationnel s'apposent toutes les autres approches, les dernières découvertes scientifiques se présentent en même temps que la présentation biblique ou que les cosmogonies de différentes cultures: indienne, inuit, égyptienne, mésopotamienne, aztèque etc...

© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud

Les magnifiques illustrations décrivent les temps géologiques accompagnées de peu de textes. Nous pourrions croire que la vie arrive vite dans le livre avec bien-sûr ces dinosaures qui nous plaisent tant. Et bien, le soleil n'arrive qu'en page 59, la vie en page 135 et les dinosaures page 250. Autant vous dire que le fourmillement de bactéries, de flux, de forces en puissance, de végétaux, d'algues, d’arthropodes est impressionnant. Vous découvrirez bien-sûr les étapes importantes, l'ozone, le premier cordé (l'architecture osseuse comme le squelette métallique d'un pont), l’œuf, les ailes etc...

Des dessins des manifestations physiques, chimiques, vivantes, astronomiques, géologiques,... côtoient des dessins de lieux symboliques (pour la science mais aussi manifestations géologiques, architectures, ruines antiques), des fenêtres sur les scientifiques ou leurs instruments (pendule de Foucault, boite de pétris, laboratoires, navette spatiale ou télescope...), des encarts sur d'autres vues éclairantes (un rubiscube, une étude de coquillage et du chiffre de Fibonacci). Par exemple pour expliquer des concepts, l'auteur propose des associations visuelles: l'attraction du soleil, un aimant, une boule de neige amalgamant la neige autour et grandissant, pour la gravité la pomme, pour la mise en place de l'univers, la dernière pièce d'un puzzle, une partie de billard.
Jens HARDER propose aussi des thématiques plus poussés par exemple l'apparition de la reproduction, vie et mort, avec une image d'Adam et Eve, de la faucheuse, de spermatozoïde mais aussi des amants de Pompéi, une image soft du kama-sutra ou de la reproduction animale.

© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud

Ce livre est un summum. Vous pouvez l'ouvrir à n'importe quelle page et profiter du spectacle. Ne prendre qu'une période, au chapitrage coloré. Ou vous offrir la lecture de ce "roman" graphique. Peu de texte, oui, mais tellement de dialogues entre l'histoire des sciences, les péripéties du big bang à l'humain et la culture.
Le propos est ainsi un va et vient entre une description chronologique et des focus culturels.
Après une petite déstabilisation dûe au foisonnement d'illustrations ultra-réalistes face à des anachronismes pour nous présenter comment nous en sommes conscients, des explicitations scientifiques et des iconographies très fantaisistes, vous serez émerveillé par le voyage plein d'humour.

© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud

Des peintures de Bosch, de Goya, de Michel-Ange, Magritte, Hokusai. Des bestiaires du monde entier, moyenâgeux, grecque avec la chimère, japonais avec le kappa. Mais aussi d'autres références, Mélies, mythologie grecque, mais aussi d'autres pour les plus jeunes "Gon" le petit dinosaure, Tintin, Donald Duck, "Les dents de la mer", "Mille et une pattes".

Je vous l'avais dit, tant à dire. Alors plongez dans ces pages en bichromie...


Jens Harder - Alpha (directions) par lafamilledigitale

mardi 6 janvier 2015

Frida et Diego au pays des squelettes

L'année 2014 nous a offert un magnifique dessin animé sur la fête des morts au Mexique "La légende de Manolo". Nous avions ainsi découvert une autre forme d'appréhender la vie et la mort. Ce livre illustré contribue aussi à faire connaître cette fête nationale.

© Fabian NEGRIN / Seuil Jeunesse

"Frida et Diego aux pays des squelettes" de Fabian NEGRIN est un album assez court comme une porte ouverte sur la culture mexicaine.
Toute la journée, Frida prépare avec sa famille la fête des morts et le soir venu, elle aide à rendre festif les tombes de leurs proches. Diego, son amoureux, est là aussi, il a un petit crâne en sucre dans la bouche encore mais surtout, il est en train d'embrasser sa meilleure amie. Frida n'y tient plus. Folle de jalousie, elle court à sa poursuite et tombe après lui dans une tombe vide, pile vers le pays des squelettes.

© Fabian NEGRIN / Seuil Jeunesse

Un xoloitzcuintli, petit chien mexicain sans poil, la trouve en bas. Elle découvre une fête, des jeux, des courses, de squelettes bien animés. Diego a rencontré une dame squelette et est ravi. Mais le xolo veille.
© Fabian NEGRIN / Seuil Jeunesse

Alors bien-sûr il y a l'aventure de ses deux enfants qui ne sont que les représentations de deux peintres célèbres et amants, Frida KAHLO et Diego RIVERA. Une romance mais aussi une immense affection pour la culture mexicaine: les aliments de fêtes avec ces célèbres crânes de sucre (calavera de azucar) ou la sauce au chocolat (mole poblano), puis ce fameux chien que les amis aimaient dans la réalité.

 © Fabian NEGRIN / Seuil Jeunesse

Je serais bien restée plus longtemps dans leur monde. Dommage l'album est court et sert juste de porte ouverte mais cela donne envie, grâce aux illustrations offrant aussi une belle part surréelle sous terre, de se plonger plus avant: des racines, des cactus et une nature luxuriante, une tresse sans fin.


*peinture de Frida KAHLO


lundi 15 décembre 2014

Le parc de Marguerite


 © Sara STEFANINI/ Notari

L'album de Sara STEFANINI est un appel au vert. Marguerite est une enfant vive. Elle déambule dans le parc voisin et s'arrête par moment pour observer les gens qui passent. Les promeneurs et leur chien. C'est drôle, ils se ressemblent. Et elle revient chez elle. Elle rêve d'un parc intime, pour elle et pour sa mère. Elle va le créer.


 © Sara STEFANINI/ Notari

Entre les lignes, il y a ce rapport à l'extérieur de la maison, aux autres, à la vie et à la société. Les hommes et leurs chiens, ce lien tenu mais aussi cette forme d'amitié.

© Sara STEFANINI/ Notari

Marguerite semble isolée avec sa mère, bloquée à la maison. La verdure apparaissant dans le foyer, c'est aussi une invitation aux contacts extérieurs, aux nouvelles rencontres après ce temps sans rien.
L'album parle effectivement d'un manque que peut combler le rapport aux autres. Une intimité, une confiance qui veut aussi s'ouvrir aux autres.

© Sara STEFANINI/ Notari

Les illustrations de Sara STEFANINI sont belles, fraiches et pleine d'humour avec ces caricatures de chiens et d'hommes.

mardi 14 octobre 2014

Une histoire de la vie

Ce pourrait être juste un livre de cours, un très long exposé de science et vie. Ce serait ne pas faire honneur à ce livre de Gilles MACAGNO, "Une histoire de la vie, 4 milliards d'années".

© Gilles MACAGNO/ Ellipses

Tout simplement parce que le contenu est passionnant! Il s'agit bien d'un propos très scientifique mais le tout est donné avec énormément d'humour, textes et dessins de cet auteur/illustrateur.

© Gilles MACAGNO/ Ellipses
 
Quand est-ce que la vie est née sur Terre? Tout est là. En partant des périodes géologiques et de la dispositions des continents sur la planisphère, l'auteur (ancien professeur de sciences naturelles au lycée) nous décrit les évolutions importantes.

 © Gilles MACAGNO/ Ellipses

Les premières cellules, LUCA, les microbes, les premiers animaux au corps mou, puis les carapaçonnés et les cordés (vertébrés).
Les plantes et les arthropodes hors de l'eau puis l'apparition des poumons et des pattes.
La fécondation perfectionnée, pour les végétaux avec le pollen, la graine ou la fleur, pour les animaux avec l'apparition de l’œuf à la coquille dure, du lait.
L'invasion des airs par les arthropodes puis les autres.

Le livre peut être lu en passant certains chapitres plus pointus sur la biochimie, molécules, ADN, génétique etc. L'auteur propose aussi les différentes hypothèses scientifiques sans prendre partie: sur la disparition des dinosaures par exemple.

© Gilles MACAGNO/ Ellipses

Mais la présence des dessins d'anatomie, de schémas, les encarts sur la respiration, la cellule, la patte etc... sont ici porteurs de sens même pour les plus jeunes. Ainsi que l'échelle des temps et des apparitions révélatrices.

© Gilles MACAGNO/ Ellipses



vendredi 13 juin 2014

La vie à petits pas

J'aime énormément les vulgarisations scientifiques, historiques... Cela ne veut pas dire que j'aime la simplification mais j'y vois là des portes ouvertes pour plus de curiosité et pour, pourquoi pas, cumuler le nombre d'approches d'un même élément.
 
© Jean-Benoît DURAND et Robin GINDRE/ Actes sud junior

"La vie à petits pas " de Jean-Benoît DURAND et illustré par Robin GINDRE répond à un des premiers mystères présenté à notre attente: d'où vient le monde, la vie et l'homme?

Ce documentaire délimite en fait de nombreux éléments importants.
D'une part les origines de la vie sur Terre et même les origines de l'Univers, des planètes et de la notre. Un défilé historique présente alors les premières bactéries, les premiers poissons, les premiers vertébrés, les premiers insectes et amène jusqu'aux premiers primates, cousins (comme Lucy célèbre 3 millions d'années plus tard!) et ancêtres de l'homme.
Puis c'est la notion de vie qui est mise en avant: la fécondation, l'alimentation, la croissance, la mort, l'extinction des espèces. L'homme et son rôle, les conséquences sur son environnement, écologique ou extinction des espèces ou encore voies du futur, le dangereux clonage.

© Jean-Benoît DURAND et Robin GINDRE/ Actes sud junior

En soi le pari est gagné: c'est clair et complet. Il y a aussi quelques petites pointes de bonne conscience un peu facile mais si les enfants ne peuvent avoir de débats ou d'autres supports en complément, ce documentaire est tout de même à choisir!

© Jean-Benoît DURAND et Robin GINDRE/ Actes sud junior

Ce qui fait d'autant plus l'intérêt d'un tel ouvrage est le discours adapté aux enfants par les illustrations de Robin GINDRE, d'une part, qui apportent énormément d'humour; mais aussi par quelques éléments bien appuyés: l'importance de l'eau, d'une enveloppe dure autour de l’œuf ou d'un embryon bien au chaud dans le ventre maternel.

mercredi 18 décembre 2013

La rue de Garmann

Nous avions lu et relu le troisième volet avant même d'avoir le second. Je peux enfin continuer à vous parler de Garmann. Tant mieux, cela parle de chaleur humaine, de nature et d'émotions.

 © Stian HOLE/ Albin Michel Jeunesse

Dans "La rue de Garmann", Stian HOLE continue de nous emmener dans l'univers de ce garçon norvégien.
Plutôt solitaire, Garmann voudrait terminer un herbier. Les plantes qui lui manquent sont dans le jardin du vieux monsieur, l'ancien postier. Sauf qu'il n'a pas l'air commode celui-ci. Oui mais il y a Roy, ce garçon sûr de lui, qui sait faire du vélo sans les mains et a les faveurs des jumelles. Et puis Roy est méchant et quand il vous prend à partie pour montrer votre courage, de peur, vous êtes capable de ne plus être vigilant. Et voilà, le feu a pris dans le jardin de l'Homme aux Timbres. Et celui-ci sort furieux de chez lui.

© Stian HOLE/ Albin Michel Jeunesse

Qu'est-ce que le courage? ""La vie n'est jamais sûre. C'est seulement quand on a très peur qu'on peut être courageux", a dit papa à Garmann. Sans doute, mais qui peut être courageux quand Roy bloque la porte de la grille?" Il y a ce manque de courage face au plus fort mais aussi le courage de ses actes, le courage d'être là.
Avec Stian HOLE, ce sont toujours des partages. Ici aussi entre générations, de petits riens, le nom des plantes, des chiffres qui en disent plus long.
L'histoire se déroule à travers Garmann, avec de ces détails qui obnubilent un enfant, comme la goutte au nez. Ce sont aussi des petits riens d'atmosphère qui donne une idée d'une ville, d'un quartier mais aussi d'une nature à ne pas laisser de côté.

© Stian HOLE/ Albin Michel Jeunesse

Et puis nous retrouvons là un style graphique très particulier: des dessins comme des photographies, des prises de vue incroyables comme des contre-plongées, des déformations de visages pour aller à l'essentiel de l'émotion.

vendredi 28 juin 2013

C'est ta vie, l'encyclopédie qui parle d'amitié, d'amour et de sexe aux enfants

Je cherchais depuis quelques temps déjà un documentaire sur la vie, l'amour et la sexualité, adapté aux enfants. Je ne trouvais jamais mon bonheur, le propos était, pour moi, évasif, trop prude, "bien pensant". J'ai porté mon dévolu sur une proposition des éditions Oskar. Le contenu est un peu plus "franc du collier" mais que cela ne vous arrête pas!

© Thierry LENAIN et Benoit MOREL/ Oskar

"C'est ta vie, l'encyclopédie qui parle d'amitié, d'amour et de sexe aux enfants" de Thierry LENAIN et illustré par Benoit MOREL est un documentaire qui ne se limite pas à expliquer ce qu'est l'amour, la sexualité et la naissance. Enfin si mais avec tout ce qu'il y a autour. Je n'avais d'ailleurs aucun doute: pour avoir suivi les propositions de Thierry LENAIN dans la collection "Trimestre", je pensais bien trouver là des nuances, de la réflexion et du fond.

Le livre est répartit en plusieurs chapitres.
Les liens parlent du lien social, des relations entre les gens, de la simple politesse à la relation de cœur. Puis l'auteur distingue l'amitié et l'amour, cette apposition ou fusion des cœurs, et présente l’hétérosexualité et l’homosexualité. L'amour est alors le début d'un lien plus fort, une envie de profiter l'un de l'autre, de vivre ensemble (ou non), de partager tous les loisirs (ou non) et d'être parent (ou non).
Les contacts définissent le niveau de promiscuité des corps, de la bousculade au toucher réel, du geste de politesse, de consolation ou du manque de gestes (même si les sentiments sont présents). Puis les câlins sont définis dans leur rapport d'affection et distingués des câlins sexuels.
Les interdits reprennent les lois contre la pédophilie, l'inceste mais aussi le respect des enfants, le consentement mutuel (entre adultes) et les relations sexuelles des adultes dans l'intimité et cachées aux enfants. Une très belle explication est offerte aussi sur les dérives de l'internet, sur cette accessibilité exacerbée des intimités: pas de porte fermée, pas de disposition difficile d'accès... la sexualité est placardée et le contrôle parental installé pas pour surveiller l'enfant mais le protéger.
Le corps est un chapitre plus conventionnel, biologique, quoique. La puberté est expliquée, l'anatomie montrée mais il est aussi question de masturbation, comme prise de conscience de soi mais aussi premier plaisir non-coupable (si seul avec son intimité).
Le bébé est la reproduction sexuelle humaine expliquée mais aussi tous les aléas de la vie, l'impossibilité d'en avoir, les solutions, la volonté de ne pas être parent. Et bien-sur cela finit par la naissance.
Un épilogue suit avec des questions réponses assez enfantines mais justement décomplexantes.

© Thierry LENAIN et Benoit MOREL/ Oskar

Le propos est presque politique: extrêmement tolérant (et c'est parfaitement ma priorité) sur le métissage, l'homosexualité, l'avortement, la fécondation in vitro et l'adoption mais aussi sur une certaine froideur des sentiments (une émotion retranscrite différemment) ou une frivolité apparente. Attention cependant il n'est pas ici question du débat politisé du moment: mariage pour tous ou de procréation médicalement assistée pour les homosexuels.
Tout est dit avec finesse et beaucoup de respect. Thierry LENAIN se positionne toujours sur le droit de chacun à être ce qu'il est, dans les limites de la loi et du respect des enfants.
Au fil des pages, l'auteur propose aussi des numéros de téléphones pour ne pas laisser l'enfant lecteur dans une situation difficile.

© Thierry LENAIN et Benoit MOREL/ Oskar

Les illustrations de Benoit MOREL sont, ici, assez déconcertantes. Elles ont pourtant la qualité de mettre derrière le propos un peu de couleurs et de ne pas aseptiser les informations. Un schéma internes des organes génitaux mais aussi une manière sexuée de se regarder l'intimité sont présents. Quelque part dérangeant et pourtant, mais oui bien-sûr, une part importante de la connaissance de soi.
L'imbrication des corps, lui, est juste évoquée mais pour le reste, Benoit MOREL montre la différence dans les relations, dans les gestes. Beau dialogue entre le texte et les dessins!

Maintenant reste à savoir à quel jeune lectorat il est destiné. Bah, je ne sais pas. En tous cas bien avant que la reproduction humaine soit au programme scolaire. Bah, dès que l'enfant se pose des questions et sait lire seul certains chapitres!

Et l'avis de Gaëlle très pertinent ici, présentant aussi ce parti-pris réel des auteurs de proposer une autre vision de la sexualité, la présentation presse.

jeudi 9 mai 2013

Les plantes ont-elles un zizi?

Il y a comme cela des titres un peu provocateurs... Et grand bien leur fasse! J'aime ces documentaires qui donnent à comprendre des savoirs scientifiques en proposant une ouverture humoristique.

© Jeanne FAILEVIC, Véronique PELLISSIER et Cécile GAMBINI/ Actes Sud junior

"Les plantes ont-elles un zizi et autres questions fondamentales sur les végétaux" de Jeanne FAILEVIC, Véronique PELLISSIER et illustré par Cécile GAMBINI est une autre manière d'évoluer dans la botanique.
Chaque chapitre part d'une question particulière, la réponse est alors déclinée en exemples, schémas et références.
Le sexe des fleurs apparait justement non dans la forme ambigüe de l'arum mais dans leur anatomie d'étamine et de pistil. La fécondation et la naissance d'une graine sont explicitées avec schémas mais aussi dessins de la spécificité des pollens et leur mobilité (anémophile, zoophile). Les plantes ne sont plus alors des formes molles "végétatives" mais de vraies stratèges pour attirer les insectes pollinisateurs, pour flouer ou faire alliance.

© Jeanne FAILEVIC, Véronique PELLISSIER et Cécile GAMBINI/ Actes Sud junior

La chaîne alimentaire réapparait avec les plantes comme productrices de matières organiques. Nous découvrons aussi la photosynthèse, fabrication de sucres grâce à la lumière, d'une manière beaucoup plus attrayante avec les bouches de la plante (stomates), la distinction des sèves, brute ou élaborée, mais aussi les racines qui puisent les nutriments, les symbioses faites avec d'autres organismes pour faciliter l'absorption des nutriments, comme les champignons (micorhize). Les crottes des végétaux amènent aussi un aspect intéressant des déchets, comme la lignine, toxique incrément.
Les plantes se font aussi mobiles, se déplacent, s'enracinent, réagissent à l'environnement. Les plantes n'apparaissent plus, non plus, comme de faibles éléments. Elles sont fortes, de leur évolution, de leur adaptation, de la structure cellulaire rigide mais aussi de leur anatomie ou/et de leur enracinement.
Nous découvrons les adversaires des plantes mais aussi leurs défenses physiques ou chimiques, leur sèves antigels, leurs stratégies pour survivre à l'hiver avec ce détachement des feuilles et le capuchon de liège protecteur.
Nous apprenons leurs moyens de communication, pour résister aux gazelles, pour attirer les pollinisateurs, pour marquer son territoire comme le noyer.
Il est même question de la mort, de morts-vivants et presque d'éternité.

© Jeanne FAILEVIC, Véronique PELLISSIER et Cécile GAMBINI/ Actes Sud junior

Vous l'aurez compris, une foultitude de connaissances est exposée mais rien n'est rébarbatif. La question de début de chapitre, illustrée d'une photographie des incongruités botaniques, amène beaucoup d'illustrations, d'exemples et d'"anecdotes". Et juste après une autre question un peu indiscrète arrive: les plantes font-elles des crottes?
C'est aussi une ouverture vers d'autres savoirs botaniques avec les références données, Linné mais aussi Francis Hallé, et les notes de fin d'ouvrage.

Les illustrations de Cécile GAMBINI sont soit des présentations schématiques presque scientifiques, soit des illustrations plus imagées de relation aux plantes. Elles ne sont peut-être pas particulièrement réalistes, comme dans un guide botanique par exemple, mais les plantes sont tout à fait reconnaissables et ne sont ainsi que des points de focalisation.
Le parti-pris de proposer une réflexion anthropomorphique n'est pas là pour dénaturer le contenu. De nombreuses coupes montrent la structure interne des végétaux, les mots latins des espèces mais aussi les noms particuliers des phénomènes présentés sont ici inscrits et même mis en avant par une pagination et une mise en gras. Tout est fait pour être le plus clair possible mais aussi le plus amusant.
Paris réussi... et dire qu'il sera question de botanique au programme de 6ième, avec cette insipidité possible des contenus: là, nous serons prêts!

mercredi 13 mars 2013

L'arbre généreux

De Shel SILVERSTEIN nous connaissons ses poèmes dans ""Le bord du monde" dont la "recette du sandwich à l'hippopotame". Avec "L'arbre généreux", il nous offre un court récit plein de sagesse.

© Shel SILVERSTEIN/ École des loisirs

Le garçon aime l'arbre et ce dernier le lui rend bien... grimper, se balancer, manger ses pommes. Mais l'enfant grandit et néglige cette amitié. Il ne pense plus autant à l'arbre et il le retrouve ses occupations ne sont plus à l'émerveillement et au jeu mais tournées vers des considérations bien matérielles. Et l'arbre généreux tente, encore, de satisfaire le jeune homme et l'homme plus âgé que le garçon est devenu.
Mais que peut bien offrir un arbre à son ami?

© Shel SILVERSTEIN/ École des loisirs

Shel SILVERSTEIN dépeint son garçon comme un petit insatisfait, dès lors qu'il a quitté l'enfance et nous réconcilie avec lui à son grand âge.
Cette histoire est belle et, oui, généreuse. J'aime aussi que l'auteur nous propose ses croquis émaillant le texte, surtout les chaussures et les trognons de pommes au pied de l'arbre...

© Shel SILVERSTEIN/ École des loisirs

vendredi 18 janvier 2013

Alma n'est pas encore là...

Sous des airs d'album jeunesse, ce livre offre une très belle célébration de la grossesse vue par l'enfant à venir. "Alma n'est pas encore là" de Stéphane AUDEGUY et illustré par Laurent MOREAU est un livre à offrir aux futurs parents comme une lettre de soutien, de pensées douces, réconfortantes et chaleureuses. Il célèbre la future vie mais aussi donne à imaginer une grossesse fantasmée et idéale. Mais il a aussi tout d'une aventure à lire à l'enfant devenu plus grand.
Très très belle proposition!!

© Stéphane AUDEGUY et Laurent MOREAU /Gallimard jeunesse

Alma n'est pas encore là, pas encore née, et pourtant elle est déjà ici, infime particule dans le ventre de sa maman Jamie.
"Ensuite Alma était encore toute petite, si petite qu'elle aurait tenu facilement sur le dos d'une puce." Alma, de petit point, devient un petit être. Le développement s'inscrit au fil des pages: des étapes de construction d'un corps, d'organes essentiels, d’organes sensoriels; des étapes d'existence et de conscience.
"Les petits points rouges palpitaient comme un cœur, et c'était exactement ça: Alma avait un cœur maintenant. Un grain de riz avec un cœur battant: c'était Alma. Elle vivait, maintenant, autant qu'une plante et moins qu'un chat."

© Stéphane AUDEGUY et Laurent MOREAU /Gallimard jeunesse

La vie d'Alma prend corps et âme. Le tout est porté par une poésie fine et beaucoup d'humour et permet de lire entre les lignes des mesures physiologiques du suivi médicalisé obligatoire dans le réel. Le petit être vit, découvre, entre en première communication.
Le propos aurait pu être doucereux et béatifiant, ce n'est pas le cas. C'est l'histoire d'une conscience avant la naissance, le début d'un parcours de vie, un hymne à toutes ces joies simples de l'enfant, au questionnement futile et pourtant si revigorant... l'apparition des muscles mais pas de quoi porter un petit pois, des sensations tactiles mais pas jusqu'aux ongles, pas si sensibles que ça, la taille d'un hamster sans les poils (tant mieux)...
Ce sont les premières étapes, les premiers bonheurs. Et c'est aussi cela le point fort de l'album: la vie d'Alma est trépidante. Les réflexions, pleines d'entrain et de détails, permettent de rire et d'emmener l'enfant dans une aventure. De s'imaginer dans le bocal comme dans un rêve et de se découvrir sorti, capable de marcher, de courir.

© Stéphane AUDEGUY et Laurent MOREAU /Gallimard jeunesse

Les illustrations de Laurent MOREAU sont magnifiques. Ses tableaux à motifs donnent un paysage onirique de l'intérieur du ventre, fibres végétales, substances marines, Alma quasi-abstraite. Le monde extérieur est amené avec des aplats de couleurs, plus concrêt. Les rabats offrent ce qu'il se passe en dessous, au dessus; la vie vécue par les parents, la vie partagée par l'enfant.

lundi 10 décembre 2012

Requin-baleine

"Requin-baleine ou comment naissent les petits frères, les petites sœurs et les étoiles filantes" d'Alex COUSSEAU et illustré par Aurélie GRANDIN est encore une magnifique proposition de la collection Trimestre des éditions Oskar. Je vous ai dit tout le bien que je pensais de ces tous petits livres et c'est rare qu'ils ne rejoignent pas la maison, surtout quand en plus c'est Alex COUSSEAU qui régale.

© Alex COUSSEAU et Aurélie GRANDIN/ Oskar

Maud est chez sa grand-mère. Ses parents l'y ont laissée parce que sa maman va accoucher cette nuit. Maud est pétrie de toute sorte d'émotions. En regardant un documentaire sur le requin-baleine, une capture, un sauvetage et un enfermement dans un aquarium, elle est anxieuse, curieuse et attentive. Comme pour l'arrivée de sa petite sœur ou de son petit frère. Elle ne veut pas manger, ne veut pas aller dormir. Sa grand-mère lui propose de passer cette nuit d'été dehors.
C'est alors un partage générationnel d'émotions. Cette peur de la vie fragile mais aussi toutes ces questions dont on ne connait pas la réponse... et ses réponses qui donnent le sourire aux lèvres.

© Alex COUSSEAU et Aurélie GRANDIN/ Oskar

Comme à chaque fois, le parti-pris de cette collection trimestre est de ne pas illustrer les paroles comme pour un album jeunesse normal. C'est ainsi qu'Aurélie GRANDIN offre là plus des dessins croqués, mis en couleur mais aussi abordables avec plus de temps par les plus jeunes. Qu'à cela ne tienne, ce bleu de l'eau, de la nuit qui vient, offre avec ces emmêlages de Maud, de sa grand-mère et du requin-baleine, des moments d'onirisme.

Magnifique "album" émouvant et questionnant.

L'été de Garmann

"L'été de Garmann" de Stian HOLE est un album magnifique à mettre aux pieds du sapin. Et, quelle chance, il a des suites "La rue de Garmann" et "Le secret de Garmann".

© Stian HOLE/ Albin Michel Jeunesse

Garmann a peur de rentrer au CP. C'est la fin de l'été et les tantines sont de visites. Elles sont vieilles et apportent avec elles leurs petits et moyens maux et leurs joie de vivre.
Lors de cet après-midi d'été, le garçon se rend compte que les enfants ne sont pas les seuls à avoir peur. Les tantes pensent à la mort et à la vieillesse avec poésie et sans rancœur... le papa parle de ses absences professionnelles et de son trac de musicien, la maman de ses peurs pour Garmann mais aussi d'autres plus frivoles.

© Stian HOLE/ Albin Michel Jeunesse

La vie apporte là de petits instants précieux et taquins, un dentier dans un verre d'eau, un skate comme déambulateur mais surtout de très beaux moments de poésie à qui sait regarder... des poils sur le menton d'une vieille tante mais aussi une veine bleue que l'on peut suivre comme un aveugle du bout du doigt.
Les préoccupations enfantines, perdre une dent de lait, ne pas savoir nager, rentrer au CP, deviennent comme des moments précieux, d'étape dans une vie.

© Stian HOLE/ Albin Michel Jeunesse

Les illustrations de Stian HOLE sont déconcertantes. Des photographies retouchées et des dessins mettent en scène de manière assez surréaliste la vie de Garmann, comme monter dans un bus scolaire accompagné de sa maman Grace de Monaco et y retrouver Elvis Presley entre autres musiciens et autres personnages "culturels". Le jardin, avec ses plantes, ses oiseaux et ses insectes a une part importante dans l'album, presque comme tableau de la temporalité... la fragilité de la vie d'un moineau ou d'une guêpe, des feuilles qui tombent.

Cet album est magnifique. Plein de poésie, il parle de questions sensibles sans mièvrerie et surtout donne un sacré entrain pour la vie et cette part de l'enfance aux multiples découvertes.

dimanche 21 octobre 2012

La Terre, la vie, l'Univers

J'aime beaucoup les documentaires pour la jeunesse. Ce sujet-là me plait aussi énormément car il représente les débuts de la vie, les débuts de notre histoire. Il répond parfaitement aux premières questions fondamentales à aborder entre 6 et 9 ans (et en cela je ne fais que suivre les Grandes leçons à la Montessori): la naissance de la terre, de la vie et de l'homme.

 © Jean-Baptiste De PANAFIEU et Mayana ITOIZ/ Milan jeunesse
 
"La Terre, la vie, l'Univers" de Jean-Baptiste De PANAFIEU et illustré par Mayana ITOIZ propose ainsi des doubles pages répondant aux questions cruciales. La formation de l'Univers, de la Terre, du Soleil et sa mort. Les étoiles, une autre planète habitable, l'évolution de la Terre. Les conditions nécessaires à la vie, les premiers signes de vie, les plantes, les animaux, les hommes et leurs évolutions.
Ce documentaire reprend avec un texte clair, précis mais pas trop long les éléments explicatifs. Ce sont des débuts de réponses (suffisantes aussi en soi) permettant de mettre l'accent sur l'une des questions abordées sans la retirer de son ensemble, création ou naissance, scientifique et non religieuse, évolution et mort. L'univers et le vivant sont réinscrits dans leur logique.

 © Jean-Baptiste De PANAFIEU et Mayana ITOIZ/ Milan jeunesse

Comme à chaque fois Jean-Baptiste De PANAFIEU propose une vulgarisation qui reste précise et scientifique. Le fait de choisir de répondre à des questions permet aussi plus de compréhension de la part des plus jeunes (6/8 ans). L'homme descend-il du singe? Quand la vie est-elle née sur Terre? Le Soleil va-t-il s'éteindre un jour?
Les illustrations de Mayana ITOIZ sont très belles, réalistes tout en étant stylisées, elles apportent l'aspect scientifique tout en offrant une vision plus enfantine.

Ce sont souvent les publications de ce scientifique que j'achète: il a l'art de parler aux enfants. Je ne peux que vous recommander ses focus aux éditions Gulfstream remplis d'humour et d'anecdotes propices à retenir les informations: "Les bêtes qui rôdent, qui rongent, qui rampent à la ville", "Les bêtes qui crachent, qui collent, qui croquent à la mer" dont je parlerais d'ici peu et "Humanimal, notre zoo intérieur" dont je parle là.

mercredi 23 mai 2012

Quelqu'un

"Quelqu'un" de Christine NÖSTLINGER et illustré par JANOSCH est un petit livre sur la recherche de soi.

© Christine NÖSTLINGER et Janosch/ La joie de lire

Quelqu'un est un nomade. Toute l'année il est sur les routes, chaparde ici et là pour manger, se cache dans une grange et continue son chemin. Il suit les saisons en descendant vers le sud pour avoir un hiver doux et remontant vers le nord dès le printemps pour un été modéré. C'est quelqu'un ou personne.
Parce que personne ne le remarque, personne ne lui parle ou presque et c'est aussi quelqu'un "Voilà quelqu'un qui vient" et les enfants dans les pays qu'il traverse, qu'il voit chaque année lui envoient des "Bonjour, Monsieur Quelqu'un!".

Un jour il tombe malade et se trouve ramené devant la maison d'une femme ronde comme une citrouille. Elle le soignera, l'alimentera et il y restera tout l'été, sans bouger de la maison.
Parce que oui Quelqu'un est amoureux.

Mais l'aspiration des routes, de l'errance, revient avec l'arrivée des raisins à maturité. Un jour Quelqu'un part, la femme ronde le savait.
Sur sa route, les saisons, les montagnes, les mers, les pays et... les hommes. Quelqu'un devient quelqu'un. Il chemine de par la route avec une troupe de cirque, chemine à travers les mers avec un vieux capitaine...
Mais un jour, le cheminement le ramène vers elle, la femme citrouille.

© Christine NÖSTLINGER et Janosch/ La joie de lire

Christine NÖSTLINGER offre là un livre sur le cheminement, la découverte de ce que nous attendons de la vie. L'errance est magnifique, la marche envoutante et les rencontres humaines prennent tout leur sens. Elles sont choisies, appréciées jusqu'à la lie.
C'est aussi un livre de grands bonheurs et petits présents, la chaleur du soleil dans le dos, les bateaux sur la mer, le rouge à travers le vitrail d'une église au lever du jour mais aussi une pierre polie, une plume.
Il est aussi question d'amour et même d'amour physique, de cette chaleur des corps (mais n'hésitez pas la lecture en est toute bien pensante).
La conclusion est, elle aussi, superbe. Ouverte, de liberté, d'attachement choisi, d'amour et il est beau qu'un seul prénom existe dans ce livre, comme un accomplissement de soi mais pas totalement.

© Christine NÖSTLINGER et Janosch/ La joie de lire

Les illustrations de Janosch sont comme des impressions, les hommes ne prennent "ancrage" qu'après s'être vraiment rencontrés... Elles sont aussi ponctuées de détails comme trouvés au bord des chemins.

vendredi 20 avril 2012

Zagazou

"Zagazou" de Quentin BLAKE est le dernier coup de cœur du lutin de 5 ans 1/2! Et c'est vrai que ce petit livre est un condensé d'humour.

© Quentin BLAKE / Gallimard jeunesse

Ils s'appellent Georges et Bella, ils sont heureux et un jour, par la poste, Zagazou arrive. Zagazou est la petite créature toute rose, toute mignonne.
Ils se la lancent et adorent ça. Il a quelques désagréments mais bon, il est tellement mignon...

© Quentin BLAKE / Gallimard jeunesse

mais un jour il se transforme en un énorme bébé vautour... Comment vont-ils supporter ses cris? Et juste au moment où ils n'en peuvent plus...
"MAIS ALORS..."
Mais alors, une autre transformation a lieu. A chaque étape, un nouvel animal, une autre créature avec des comportements déraisonnés, impossibles à supporter longtemps.... jusqu'à la prochaine fois...

© Quentin BLAKE / Gallimard jeunesse

Le fils passe d'un développement à l'autre parce qu'il s'agit bien du comportement de l'enfant jusqu'à l'âge adulte en métaphore. Enfin, il s'agit de différence de générations, les comportements vus de l'extérieur.
Le "Mais alors" ponctue les pages, donne le ton et le rythme, c'est court mais bien servi. Les illustrations de Quentin BLAKE sont toujours bien campées. Elles apportent cette causticité des comportements, autant "ceux animaux" que la perplexité parentale.
Un peu de parentalité et de filiation.