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vendredi 17 juin 2016

Morgane

Un appel graphique et un regard féminin sur les légendes arthuriennes, voilà ce qui me poussait à lire "Morgane" de Simon KANSARA, illustré par Stéphane FERT. Cette bande dessinée semble mêler les différentes versions de ce personnage féminin. Morgane douce fée ou vile sorcière.

© Simon KANSARA et Stéphane FERT/ Delcourt

Morgane est la fille du roi de Tintagel. Née du désir de ses parents et de la magie de Merlin pour donner un héritier au trône, elle est promis à un brillant avenir.
Pourtant d'autres veulent le pouvoir. Elle n'est alors qu'un rouage de plus: les envies de Uther Pendragon, le roi ennemi, de son demi-frère Arthur et aussi du magicien Merlin. Le destin de Morgane lui échappe. Enfant pleine de vie, juste et un peu sorcière, elle n'est pas acceptée à la cour: trop volontaire, intègre et insaisissable. Kidnappée et élevée à la mort de son père par ce magicien qui n'a rien du vieux mage que nous imaginons souvent, elle grandit en colère et en ambition jusqu'à la prise d'Excalibur, l'épée annonciatrice du règne à venir.

© Simon KANSARA et Stéphane FERT/ Delcourt

Mais elle n'est qu'une femme, humiliée, jusqu'à ce qu'elle décide de jouer avec les hommes à leur propre jeu. Morgane, femme fatale, sorcière, sexuée et dé-sexuée, manipule tous ces petits hommes de la Table ronde, couards, nigauds, obsédés sexuels. Ils sont tour à tour en manque de pouvoir, d'amour, violeurs, brutes épaisses. Les légendes écrites trouvent ici un autre sens, que cela soit pour Arthur, Gauvain, Perceval, Balin ou ce pieux, amouraché, bodybuildé et idiot Lancelot.

© Simon KANSARA et Stéphane FERT/ Delcourt

Point de dragon, de foi ou d'actes nobles, mais des tromperies et des bassesses. Les femmes sont bien désespérées mais ces serviteurs du plus faible ne viennent pas à leur aide, les gredins. Morgane fait alors de ses "nobles, beaux et preux" chevaliers ses pantins, le panier de crabe devient mixte et les envies de pouvoir et de luxure aussi des ambitions féminines.
Cette bande dessinée n'est pas faite pour les enfants. Version adulte d'une confrontation des modes de vie des hommes et des femmes et de tous les actes possibles pour arriver à ses fins.

© Simon KANSARA et Stéphane FERT/ Delcourt

Le graphisme découle d'un parti-pris osé. Chargé, il ne dessert pourtant pas le texte. Il offre une épaisseur, collante, suintante. L'ambiance est lourde de poussière, de nature incontrôlée et d'ensorcellements. Morgane au regard clairvoyant, aux dents pointues, devient un pur fiel de vengeance et une charge sexuelle.

lundi 8 février 2016

"- Je me disais qu'aujourd'hui, on a rien pour accompagner le riz... - Pense que le riz s'accompagne tout seul!" - Une sacrée mamie

"Fuite d'eau... épicerie de la rivière... pyjama en bouts de tissu... Il parait qu'on mène une vie hyper-pauvre mais ça va merci! Je mange tous les jours quand même!"

"- Euh... Mamie! Est-ce que nous sommes pauvres?
- Quoi?! Tu ne le savais pas?
- Ah! Je m'y attendais!
- Écoute-moi bien, Akihiro! Il y a deux sortes de pauvreté: la sombre et la gaie. Et nous, nous sommes pauvres gaiement! Alors ne t'inquiète pas!
- ...
- En plus, nous sommes des pros de la pauvreté!
- Quoi?!
- Oui, nous sommes pauvres depuis des générations, alors... Aie confiance en toi! Ha ha ha ha!"

(extraits de "Une sacrée mamie" de Yoshichi SHIMADA et illustré par Saburo ISHIKAWA; éditions Delcourt)

lundi 25 janvier 2016

Come prima

Offert à l'homme parce que construit comme un film italien des années 50 ou 60, dévoré personnellement parce que "Pourquoi j'ai tué Pierre" d'Olivier Ka et de cet illustrateur
m'avait scotchée!
© Alfred/ Delcourt

Giovanni a enfin retrouvé son frère Fabio, en France, à la sortie d'un match de boxe où ce dernier a fait pale figure. Il veut le ramener en Italie pour enterrer leur père. Fabio, c'est le grand frère, adulé ado pour sa force, son caractère. Il est parti tôt d'Italie, dès qu'il a pu, laissant derrière lui les amis, la famille.
Le malaise est là, latent. Il y a de la rage entre les deux frères et elle s'insinue dans tous leurs gestes, leurs paroles, leurs bagarres mais aussi la manière de conduire, de répondre au téléphone, d’accepter l'hospitalité. Ils reviennent dans le pays de leur enfance et Fabio ne sait pas à quoi s'attendre. Il est parti en mauvais terme, il est parti en fuyant, en trahissant peut-être. Est-ce que les amis lui en voudront? Et puis de toutes façons, il est parti parce qu'il le fallait, parce qu'il en rêvait. C'est le seul à avoir assumer de vivre une grande aventure. Le seul avec du cran, non? Giovanni reproche à demi-mots, en silence. Ce grand frère n'a conscience de rien. Il est parti sans lui. Il a du prendre la place de celui qui a des responsabilités.

© Alfred/ Delcourt

Ce road movie est lent, sinueux. Il nous entraine dans les paysages de campagne, dans la France profonde puis dans les lumières et senteurs d'Italie. La grande Histoire et les souvenirs ponctuent le texte avec des images plus franches et colorées, en aplats. Les souvenirs de qui? Nous y entrevoyons le rôle de ce grand frère, l'envie de partir et une ombre fasciste. Et puis les deux frères se jaugent, encore.

© Alfred/ Delcourt

Cette magnifique bande dessinée parle la culpabilité d'être passé à côté de sa vie. Elle rappelle les choix faits, les négligences et les non-dits. Il y a l'ombre d'un père aimant puis désespéré. Les deux frères et deux femmes. Le lecteur est porté par l'atmosphère, les mises en scène avec des "presque" monologues entre les draps. Un hôte, un auto-stoppeur ou un chien et voici les sentiments qui remontent à la surface. Ceux de Fabio bien-sûr mais aussi ceux de Giovanni. Quelles sont leurs raisons, leur fuite? Que pouvons-nous attendre d'un retour vers le passé?

© Alfred/ Delcourt



lundi 11 janvier 2016

Le grand méchant renard

Un renard, un grand, un méchant, un rusé bien-sûr! Un renard sorti des fables d’Ésope ou de La Fontaine, un goupil nommé Renart. Mais non, "Le grand méchant renard" de Benjamin RENNER est un petit renard affamé, rabougri, penaud, pas bien fute fute.

© Benjamin RENNER/ Delcourt

Il ne fait peur à personne. A la ferme, il est connu, attendu, battu, raccompagné à la porte, éjecté par les animaux eux-même. Le chien de garde n'y est pour rien... ce sont le lapin, le cochon et pire de pire la poule principale qui s'en chargent. Bon, ce ne sont pas de mauvais bougres, le renard ni rusé, ni méchant, retourne dans son terrier avec un panier bien garni de navets.
Oui mais dans la forêt, compère Loup aimerait bien lui aussi manger les poules, le lapin et le cochon. Lui fait peur mais la ferme est tout de même bien gardée. Il interpelle le renard et lui propose des ruses pour, à deux, arriver à leurs fins. Mais décidément le renard n'y arrive pas. Une ruse fonctionne tout de même: voler les œufs.
Oui! Le renard a enfin réussi à voler quelque chose. Les œufs! Chouette, les gober crus, les faire bouillir. Non, le loup propose de les couver pour avoir plus à se mettre sous la dent, des poussins bien gros. Oui mais ils s'y collent à deux!

© Benjamin RENNER/ Delcourt

Les œufs éclosent, le pire arrive et le meilleur de la bande dessinée aussi. Il y a un peu de "Tous ses petits canards" de Christian DUDA et Julia FRIESE dans cette bande-dessinée. Le grand méchant renard est suivi de trois poussins, miam très tendres mais pas facile de les manger.
La poule ne fait pas confiance au chien et créé une association pour aller se venger et récupérer ses œufs. Le loup rend visite au renard pour enfin manger les poussins, un, deux, deux et demi ou les trois. Mais ce n'est jamais le bon moment... seraient-ils avariés?

© Benjamin RENNER/ Delcourt

Benjamin RENNER offre là une pause revigorante. Son trait vif et percutant propose des animaux cartoonesques et bourrés d’énergie. Même si le scénario est assez convenu, l'auteur nous le développe avec délice et multiples petits rebondissements. 190 pages à recommander, à tout âge!

© Benjamin RENNER/ Delcourt


lundi 1 décembre 2014

Quatre soeurs, Enid, Hortense

Ce gros roman jeunesse (4 tomes) me tentait énormément. Un peu une envie de renouveler un moment de lecture plaisir, comme avec "Miss Charity" de Marie-Aude MURAIL. Et la sortie des bandes-dessinées découlant de l’œuvre me tentaient elles aussi. Alors ni une, ni deux, j'ai savouré les deux premiers tomes des "Quatre soeurs", "Enid" et "Hortense, de Malika FERDJOUKH et illustré par Cati BAUR.


© Malika FERDJOUKH et Cati BAUR/ Delcourt (pour le premier tome) ou Rue de Sèvres (tous les tomes)

Et le plaisir est immédiat! Elles ne sont pas quatre mais cinq, cinq filles habitant une immense demeure, la Vill'Hervé. Elles y vivent seules depuis la mort de leurs parents. Chaque tome met en avant l'une d'elles plus spécifiquement.

© Malika FERDJOUKH et Cati BAUR/ Delcourt  (pour le premier tome) ou Rue de Sèvres (tous les tomes)

Cati BAUR a adapté en bande-dessinée ce roman plein de facétie, d'humour et de tendresse. Cette immersion dans un quotidien féminin ravit les filles mais la liberté donnée à des adolescents parlera surement à tous. C'est intelligent, doux et câlinant!

© Malika FERDJOUKH et Cati BAUR/ Delcourt  (pour le premier tome) ou Rue de Sèvres (tous les tomes)

Enid est la petite dernière, 9 ans, encore une enfant. Elle a besoin d'être chouchoutée par les sœurs mais aussi les parents en fantômes prévenants. Avec elle, nous découvrons une part du quotidien de toute la maisonnée. Les moments de partage, aux repas, à la farniente ou à dans la salle de bain. Chacune des soeurs cherchent sa place, nécessaire à la bonne marche de la famille ou plus diffuse, Charlie chargée du bricolage et de la charge financière, Geneviève aux fourneaux par exemple.
Avec ce premier tome nous découvrons la batisse qui crie aussi comme un personnage, le jardin et son puits, les habitants et les invités occasionnels ou non, choisis (Basile l'amoureux de Charlie, Colombe une amie de la famille) ou subits (tante Lucrèce déchainant une vague de rangement), les animaux, des chats mais aussi un écureuil ou une chauve-souris.

© Malika FERDJOUKH et Cati BAUR/ Delcourt (pour le premier tome) ou Rue de Sèvres (tous les tomes)

La part belle est faite aussi à l'automne, le vent et le froid. Cette part d'ombre et de fantastique comme Halloween.

© Malika FERDJOUKH et Cati BAUR/ Rue de Sèvres

Hortense est souvent silencieuse. A 11 ans, elle est toujours fourrée avec un livre à la main. Son journal intime se dévoile peu à peu. Les habitants de la Vill'Hervé prennent aussi plus de substance. Hortense se prend d'amitié pour la voisine, malade et affaiblie et découvre son potentiel de comédienne. Bettina continue à nous montrer son caractère fort, extravertie, jalouse et capricieuse.

© Malika FERDJOUKH et Cati BAUR/ Rue de Sèvres

La fragilité des sentiments et de l'amour sont à l'honneur dans ce second tome.
Le dessin se fait plus stylisé au second tome. Le contour est plus clair et ce côté moins fouillis permet une lecture plus fluide.

© Malika FERDJOUKH et Cati BAUR/ Rue de Sèvres

Superbe, j’attends avec impatience le 3ième tome et la lecture du roman d'origine!

Voici un autre avis argumenté ici.

lundi 3 mars 2014

Toto l'ornithorynque et le lion marsupial

Le lutin a farfouillé dans les livres en présentoir de la bibliothèque. Il est revenu avec une bande-dessinée juste pour sa couverture, juste pour avoir le modèle et le redessiner. Nous l'avons lu ne sachant pas si l'histoire se suivait d'un volume à l'autre: "Toto l'ornithorynque et le lion marsupial" d'Eric OMONT et illustré par Yoann (CHIVARD) est le tome 7 de la série.

© Eric OMONT et Yoann/ Delcourt

Les amis, Toto, Chichi l'échidné, Wawa le koala, Riri la chauve-souris renard volant et Fafa l'écureuil volant, se sont réveillés ce matin et Toto ne les a pas attendu pour manger tout le petit-déjeuner. Mais la journée annonce pire. Les Dingos viennent les attaquer. Mais la bande d'amis sait les recevoir. Les méchants vont alors chercher plus méchant qu'eux. Et le lion marsupial fait office de favori.
Comment faire face à un grand méchant. Toto veut prendre soin de ses amis et trouvera sûrement la solution.
© Eric OMONT et Yoann/ Delcourt

C'est une petite histoire plaisante et le jeune lectorat y trouvera son compte. En plus de se familiariser avec la faune australienne, le rythme est soutenu et les exclamations très présentes.

© Eric OMONT et Yoann/ Delcourt

Mais ce qui plaira aussi aux grands ce sont les illustrations magnifiques de Yoann. Dans ce tome, il joue en clair-obscur et le pastel gras fait des merveilles (même si les photo ne montrent pas cet aspect-là mais bien des détails des attitudes animalières et la férocité du méchant). C'est sombre, très coloré et magnifiquement effrayant.
J'ai encore plus aimé ce tour dans le mondes des rêves aborigènes. Le style est préservé et nous emmène loin.

lundi 28 mars 2011

Pourquoi j'ai tué Pierre

© Olivier KA et Alfred/ Delcourt

"Pourquoi j'ai tué Pierre" d'Olivier KA et illustré par Alfred est une lecture de santé publique.
Olivier est un garçon de 7 ans et à chaque étape de sa vie, il revient sur un contexte, une sensibilité, une éducation, une forme de vie qui nous explique pourquoi il a tué Pierre. Cette bande-dessinée est à lire absolument même par des lecteurs pré-adolescents, accompagnés de leurs parents. Le crime n'est pas celui que l'on croit, ou presque.
Olivier est élevé par ses parents et, pendant les vacances, va chez ses grands-parents. Il nous conte ses vacances, entre baba-cool attitude des premiers, religiosité des seconds et colonies. Il nous parle de l'avant, du pendant et de l'après... parce qu'il est question d'attouchement, de pédophilie.
Ce geste, cette infamie, cet acte émis par une personne de confiance. Pierre est un prête, homme de foi sorti du carcan, très proche des autres qu'ils soient ou non de la même confession. Forme d'autorité, il est aussi un homme modèle: bon vivant, à l'écoute, altruiste. Et puis il est entré dans la famille, en tant qu'ami, soutien d'éducation, responsable des vacances.

© Olivier KA et Alfred/ Delcourt

C'est de tout ce qui fait une proximité, une sensualité, une éducation sexuelle dont il est question dans ce livre. Olivier découvre la pudeur en même tant que la nudité comme forme de présence au monde. Il découvre les premiers émois mais aussi les gestes, les attitudes entre adultes et enfants.
La religion a aussi une place ici. Comme ordre établi, comme garant d'une moralité. Elle constitue une forme de contre-pied moral à une utopie "politique" de "peace and love". C'est ainsi une bonne part des approches de la sexualité aux enfants qui se retrace là.

© Olivier KA et Alfred/ Delcourt

Et puis il y a l'acte, pas explicité, pas accepté (et pas acceptable). Et c'est aussi la culpabilité de la victime qui choque, qui interpelle... un malaise qui se lit à tous les âges, le poids des traditions, des éducations, de l'affectif, cette non-trahison des sentiments.
L'histoire, réelle, a une fin. Elle seule mérite de relire le livre, de revenir découvrir les détails de cet attachement et de cet "acte de mort" particulier.

Un billet qui vous éclaira là, un autre superbe ici.

vendredi 8 janvier 2010

Trois ombres

Voici une bande dessinée laissée chez moi par une main sûre et amie. Elle était persuadée que la lecture me plairait. Elle a bien vu : "Trois ombres" de Cyril PEDROSA, pour ados et adultes, est un petit bijou.


Une petite famille dans un décor bucolique se rend compte que trois personnages rôdent autour de la maison. La vie est pourtant toute douce, faite de labeur, de petits bonheurs simples, de complicité et de grande présence. Seulement, s’il faut en croire la « folle », les trois ombres sont de mauvais augures et viennent pour l’enfant, Joachim.
Le thème fort, presque adulte, de la perte d’un être cher, de son enfant, est traité ici avec beaucoup de finesse : la force est de ne pas tomber dans un voyeurisme ou un traitement pauvre de sens. Ici les deux parents ne réagissent pas de la même manière. Et, pour une fois, nous suivons ce père, force de la nature, dans sa fuite en avant, dans cette croisade pour devancer avec son enfant les trois ombres où qu’elles se trouvent. Au fil du voyage, les différentes morts sont abordées: accidentelle, naturelle, meurtre, choix mais aussi immortalité.
Malgré le thème, cette bande dessinée n’est pas plombante. Elle est au contraire pleine de peps, d’espoir. C’est aussi comme un récit initiatique vers sa propre mort, celle de l’être cher, et aussi vers la vie. En cherchant un refuge vers les origines, c’est soi que l’on trouve. Faut-il encore pouvoir retrouver l’autre après la perte.
Aux alentours aussi d’autres sujets, juste à la superficie de cette fuite, de cette perte de repères et de contrôle du papa. Des personnages secondaires et qui ont aussi une valeur propre dans cette métaphore avec la traite d’esclave, les gitans, les exilés, les handicaps, la bourgeoisie.


Le style accompagne très bien l’histoire. Les dessins sont en noir et blanc et selon l’atmosphère vont de traits fins, clairs et précis à des hachures ou des marquages. Les arrondis des arbres aux entrelacs des forêts où encore les « gravures » de la magie. Certains passages sont comme des poèmes.
Un moment fort de lecture, pleine d’émotions. Vous trouverez ici, là et là trois interviews pour suivre au mieux l’idée de cet auteur. Un autre avis là.