Je l'aime ce poème extrait du "Bord du monde" de Shel SILVERSTEIN dont je vous parlais ici. Le voici comme je l'offre au lutin, ici au chat dont on voit une oreille.
et à voix haute s'il vous plait ! ... pour adultes, pour enfants... pour réfléchir, pour se divertir, pour s'éveiller, pour les apprentissages de vie...
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jeudi 31 mars 2016
dimanche 22 septembre 2013
Il était une fois... Jihad DARWICHE
En attendant de lire les sagesses et malices d'un certain Nasrredine, je me laisse porter par la voix de son conteur, Jihad DARWICHE...
dimanche 30 mai 2010
Dos de la langue: 12 essais d'insolitude
Pour continuer dans un clin d'oeil à Hambreellie, initiative A vous de lire (et de parler lecture), voici le même extrait, mis sur un autre blog. Un extrait lu et mis en scène, un passage joué par Jacques REBOTIER et Elise CARON.
Les 12 essais d'insolitude, extrait du "Dos de la langue" de Jacques REBOTIER:
Les 12 essais d'insolitude, extrait du "Dos de la langue" de Jacques REBOTIER:
Blanche forcée
Dans le cadre de lectures publiques sur le thème de la littérature québécoise, en 2006, j'avais lu aussi de Victor-Lévy BEAULIEU, « Blanche forcée ».
Job J Jobin, (surnom autoproclamé dès le début, le même que son grand père), océanographe en cours d’examens, se retrace les moments de vie de son couple formé avec Blanche, disquaire à Joliette. Job J cherche à comprendre quand et pourquoi sa relation a commencé à décliner.L’avant avec ses amis où règne le désir (et le plaisir) en maître. Ses rapports avec son ex compagne, France, et sa fille Una…
Leur rencontre par l’intermédiaire de Mina, une amie commune, leurs premiers jeux érotiques, à trois (quatre…).
Les rapports troubles avec la famille de Blanche (sa mère, ses sœurs, le père, Charles décédé)… et tous les secrets réels ou fantasmés.
Les allées et venues géographiques, entre la rue St-Denis à Montréal (chambre de Job J), la rue St-Pierre à Joliette, la maison de Mattavinie. L’importance de la mer, des bateaux et la recherche des baleines (de « Ventre-de-souffre » comme quête fantastique) dans le méandre de leur relation. L’alcool comme un élément de leur relation.
L’héritage communicationnel venu du père de Job J, Jérémie j, et surtout du grand-père Job J (Jobin), vieux marin, mort d’un cancer.
Job J, en partant dans une quête de compréhension, nous distille pêle-mêle tous les moments de passion, contenus et précurseurs, de ses 3 années passées avec Blanche.
« J’essaie pauvrement de sauver les meubles, en fichant mes rapports avec Blanche comme j’ai toujours fait avec les baleines pour m’y retrouver "
Mon avis : récit à la première personne, fouillé, très haut en couleurs mais aussi quelque fois très alambiqué. Style déroutant, fait (je le suppose) de patois québécois.
J’ai été très touchée par cette écriture très imagée :« Blanche toute mollusque contre moi », « il y a du loup-garou dans le passé » et très « intellectuelle » (voire intellectualisante) : la première lecture (anecdotique) entraînant une seconde sur la description des rapports humains, de ses passions et de ses malentendus.
Il nous ai conté une histoire glauque, quoique sensuel…le récit pêche à mon avis par le rapport omniprésent du désir sexuel, ce qui laisse une impression en demi-teinte.
Fascination pour le corps et la relation sexuée (tous les actes) : j’ai été quelque peu déroutée par la quantité et la sensualité des descriptions. Elles n’arrivent pas à être obscènes (quoique ! par leur répétition et pour certaines) mais elles sont tout de même trop présentes, comme une architecture même de la relation affective (était-ce nécessaire d’en faire une névrose ?).
Le sentiment amoureux y est décortiqué: être « existant » pour l’autre (nécessaire comme « une pincée de tabac au vieux serpent de mer »), le rapport au corps, la communication (et ses silences) et le décryptage de la fin d’une relation.
Suggestions de pages à lire :
Les trois premiers § de la page 11 comme une présentation du couple
Pages 65-66 : « De l’ignorance….petite île » au sujet de leur rencontre
Pages 113-114 : ….le piège de la tente bleue s’étant refermée sur elle » pour avoir une idée des caractères de Job J et de Blanche
Les émois d'un marchand de café
J'avais préparé cette fiche de préparation à des lectures publiques dans le cadre d'une journée sur le thème du Québec, en 2006. Une amie bibliothécaire avait demandé des volontaires pour lire et préparé de quoi savourer « Les émois d’un marchand de café » de Yves BEAUCHEMIN.
Mr Guillaume TRANCHEMONTAGNE, cinquantenaire divorcé, propriétaire de sa société de vente de café, vit seul dans une grande maison tenue par sa gouvernante. Il travaille avec ses enfants et semble heureux de son parcours.Le passage à l’hôpital pour une banale opération va remettre en question ce petit « confort ». Mr TRANCHEMONTAGNE commence une réflexion sur lui-même, sur sa vie et décide de réparer les erreurs du passé. Il en espère de la satisfaction et une tranquillité d’esprit qu’il n’a plus.
A la suite d’un concours de circonstance, une jeune femme et son enfant vont profiter de son changement de cap : il va les héberger sans rien demandé en échanges. C’est le début des actions rédemptrices de Mr TRANCHEMONTAGNE : rembourser son ex associé lésé suite à une transaction financière, retrouver et nouer des relations avec sa fille née hors mariage d’une liaison avec une de ses employées, éclaircir ses relations avec son ex-femme et lui affirmer une dernière fois l’affection qu’il lui portait….
Son ami, Raoul MARLEAU, et ses enfants, Antonin, Marie-Louise et Julien, vont chacun à leur manière essayer de le dissuader, ne sachant pas que penser d’un tel revirement de situation. Loin d’être simple, cette envie de faire le bien va exacerber les remords, rancunes et autres petites mesquineries de son entourage. Les nouvelles priorités de Mr TRANCHEMONTAGNE vont le faire passer par une quête de la bonne action et une réflexion sur la nature humaine.
C’est un petit chambardement qui s’opère : des choix professionnels, des relations parentales mises en exergue, de nouvelles relations amoureuses… des doutes sur le bien à faire et à se faire.
Mon avis : une lecture simple, très agréable et une histoire qui nous fait passer par des situations tendres, ironiques, cocasses sans jamais tomber dans une réflexion prétentieuse ou mièvre de la bonne conscience/action. On se laisse aller (avec bonheur) à suivre les changements d’humeur de ce quinquagénaire de plus en plus sympathique.
Plus précisément, la notion du bien est décrite moins sous une vue humanitaire que par son double de doutes, de fragilités… Cela remet en cause la satisfaction normalement indue d’une telle attitude, et plus pernicieux, le regard d’autrui considérant qu’un comportement ouvertement bon ne peut être qu’un symptôme de folie ou de lâcheté ou qu’une entourloupe d’un manipulateur avisé.
C’est tout de même une vision simpliste : qui dans le fond nous fait croire qu’il suffit de réparer ses erreurs même 10 ans après pour se racheter une bonne conduite. L’homme en est devenu sympathique mais ses actes passés ne sont pas pour le moins excusables (ce n’est d’ailleurs pas induit dans le livre).
Un très bon panel de situations père/fils ou fille : de quoi réfléchir sur le rôle du père, la qualité des relations, l’honnêteté dans les rapports. Une approche des rapports humains, entre rapports de force, mesquineries, envies, rancœurs et affection. La place du travail dans l’épanouissement humain.
Suggestions de pages à lire :
Pages 19/20 : Mr TRANCHEMONTAGNE compare sa vie à une toile cirée (des tâches qui ne se voient pas)
Pages 34/35 : une idée de la quarantaine
Pages 144/145 : Mr TRANCHEMONTAGNE découvre que ses enfants l’espionnent et savent qu’il est parti en voyage pour une affaire de très grande importance. Rapport de force au téléphone entre le père et son aîné.
Fiches de lecture, de pré-lecture publique

Depuis mes premières lectures adolescentes, j'ai aimé écrire sur le livre lu. Je ne peux pas dire avoir adoré faire des fiches de lecture scolaires mais l'idée de laisser s'évanouir à tout jamais les émotions ressenties (ou du moins jusqu'à une prochaine lecture) me tétanisait. J'ai eu aussi peur de ne pas retrouver ses frissons, ses vibrations. D'une lecture à l'autre, d'un même livre, une différence apparait, minime ou flagrante. Je grandis, muris, vieillis. Je ne suis pas touchée par le même thème ou le même déroulement d'une histoire. Là, j'ai aimé être embarquée, là ce passage m'a aidé dans ma construction.
J'ai toujours écrit sur le livre. J'avais un temps noté les citations, qui perdaient leur sens sorties de leur contexte si littéraire, si "charnel" de la lecture. J'ai aidé aussi des bibliothécaires dans les préparations aux thèmes à promouvoir, en préparation à des lectures publiques... les deux billets qui suivent viennent de cette période, lecture à voix haute de littérature québécoise en 2006. Et puis, souvent, je choisis un livre en lisant l'avis des libraires ou bibliothécaires (quand ils ne se contentent pas d'un "super" ou "très belle lecture").
J'ai toujours écrit sur le livre. J'avais un temps noté les citations, qui perdaient leur sens sorties de leur contexte si littéraire, si "charnel" de la lecture. J'ai aidé aussi des bibliothécaires dans les préparations aux thèmes à promouvoir, en préparation à des lectures publiques... les deux billets qui suivent viennent de cette période, lecture à voix haute de littérature québécoise en 2006. Et puis, souvent, je choisis un livre en lisant l'avis des libraires ou bibliothécaires (quand ils ne se contentent pas d'un "super" ou "très belle lecture").
C'était un petit clin d'oeil à la Blogenfête de ce week-end d'Hambreellie: A vous de lire!
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