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mercredi 15 janvier 2014

L'île au trésor

Depuis quelques temps nous lisons, enfin je lis au petit auditeur de 7 ans, des adaptations de classiques. Et ce fut avec beaucoup de plaisir que je suis rentrée dans cette lecture après la biographie jeunesse de son auteur et le petit livre d'un de ses illustrateurs, Mervyn PEAKE.

© Robert Louis STEVENSON, Stéphane FRATTINI et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

"L'île au trésor" adapté de Robert Louis STEVENSON par Stéphane FRATTINI (à qui nous devons d'autres magnifiques adaptations de la mythologie grecque, Ulysse et Hercule) et illustré par Sébastien MOURRAIN est un album parfait pour entrer dans l’œuvre de cet aventurier.

Bien-sûr nous découvrons Jim rencontrant le pirate Billy Bones dans l'auberge tenue par ses parents. Il meurt avant d'être retrouvé par une autre bande de pirate et laisse un coffre avec dedans des pièces et une carte au trésor, celui amassé par le redoutable pirate Flint.
Jim se l'approprie et se confie au docteur Livesey qui l'a soutenu à la mort de son père. C'est décidé ils partirons à la chasse au trésor sur la goélette l'Hispaniola. L'équipage se compose aussi de vauriens mais il faut arriver à l’île au trésor même si le cuisinier n'est autre que le dangereux pirate Long John Silver.
En vue de l’ile, les camps se forment et les morts s'accumulent. Comment récupérer le trésor et repartir en mer en pleine santé?

© Robert Louis STEVENSON, Stéphane FRATTINI et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Stéphane FRATTINI nous offre une adaptation parfaite pour harponner les plus jeunes. La férocité des pirates, les combats et les astuces de Jim et de son équipe sont ici très bien amenés, chapitre par chapitre permettant de l'action à toutes les pages. La complicité ambiguë de Jim et de Long John Silver apparait en filigrane comme celle plus franche entre le premier et le docteur mais assez pour donner envie d'en savoir plus.

© Robert Louis STEVENSON, Stéphane FRATTINI et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Les illustrations de Sébastien MOURRAIN sont toujours attrayantes. Des doubles pages d'atmosphère, des mises en situations de pirates assez redoutables et une certaine bonhommie du trait.

mercredi 23 octobre 2013

Les carnets d'Hercule

Je ne peux pas résister à ce genre d'objet. Encore une fois le résultat est impeccable. Nous avions déjà suivi les confidences d'Ulysse, ici ce sont celles encore plus meurtrières d'Hercule. Milan jeunesse a à nouveau fait appel à Stéphane FRATTINI pour le texte et propose encore des pages "manuscrites", aux croquis sur le fait ou plus détaillés, aux pages tâchées ou arrachées. Allez juste deux petites remarques avant de débuter: une police beaucoup plus lisible mais un cordon d'attache beaucoup plus fragile.

© Stéphane FRATTINI et illustré par Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

"Les carnets d'Hercule" de Stéphane FRATTINI et illustré par Sébastien MOURRAIN est une magnifique ouverture sur la mythologie grecque. Hercule nous dévoile toute sa vie sans omettre aucune part d'ombre et c'est vrai qu'elles sont nombreuses.
Hercule ne connait pas les circonstances de sa naissance et pourtant sa jeunesse est déjà sous des auspices particulièrement rageuses et extraordinaires. Jeune homme, il est plus intéressé par la nature, la vie et non le savoir. Il est déjà extrêmement fort et impétueux.
Avant même de connaître sa généalogie, ici présentée d'ailleurs (superbe bonus en passant), il a déjà tué par susceptibilité. Il raconte dans ses carnets comment se déroulent pas à pas les grands moments de sa vie, les premières conséquences de ses actes guerriers.
Nous découvrons une léonté apparue bien avant le lion de Némé et aussi de nombreux autres exploits ou mésaventures en plus des douze travaux que lui ordonne Eurysthée.
Hercule avoue ses colères, ses rages meurtrières, ses doutes et ses égarements. Il offre aussi ses coquineries, cumulant conquête après conquête, sans même compter les filles de Théspios, et accumulant sa progéniture: Mégare qu'il tue dans un moment de folie mais aussi Parthénope, Iole, Omphale reine de Lydie ou Déjanire.

© Stéphane FRATTINI et illustré par Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Dans cette "autobiographie", les exploits et les coups de folie se succèdent mais aussi les rages divines d'Héra et les aides d'autres dieux. Les mains lestes et l'impulsivité d'Hercule donnent plus souvent la mort que la vie, même les êtres chers à son cœur ne sont pas épargnés. En cela cette version, presque adulte, est très détaillée dans les failles humaines (ou divines). Elle offre aussi une vision bien querelleuse et meurtrière mais aussi pleine de souffre. Alors oui bien que certaines situations dramatiques sont bien explicites, les joliesses nocturnes sont elles plus suggérées (sauf celle de ce cher cousin Iolas, tout de même).
Les détails des douze travaux diffèrent montrant bien la difficulté à rapporter une légende orale et traduite tellement de fois: des pommes d'or du jardin des Hespérides sans peau mais à l'écorce au parfum divin d'agrumes, des oiseaux de Stymphale ressemblant grâce à l'illustrateur à de redoutables ptéranodons carnivores.

© Stéphane FRATTINI et illustré par Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Le travail de Stéphane MOURRAIN apporte d'ailleurs beaucoup. Des esquisses sur le vif, des dessins plus poussés, des croquis de stratégie, des listes de courses mais aussi (et c'est l'originalité d'un tel livre) des tâches, des ratures et des dessins pouvant très bien être repris pour une statuaire antique ou sur des poteries (mais bien-sûr!).

jeudi 31 mai 2012

Les carnets d'Ulysse

"Les carnets d'Ulysse" de Stéphane FRATTINI et illustré par Quentin DUCKIT est un très bel objet, un carnet qui se ferme avec des lanières. Il contient les pensées du héros Ulysse pour sa famille, Pénélope, sa femme, et Télémaque, son fils. Une très belle proposition pour les amoureux de la mythologie ou pour y arriver... de l'intérieur.

 © Stéphane FRATTINI et Quentin DUCKIT/ Milan jeunesse

Après la Guerre de Troie, Ulysse tente de retourner à Ithaque. Il commence alors à écrire un carnet de bord qu'il souhaite faire parvenir à sa femme. Il reprend en quelques mots tous les défis qu'il doit surmonter pour rentrer chez lui.
Ce sont alors les différentes étapes de son odyssée qui sont présentées ici mais aussi un état d'esprit. Le rusé Ulysse devient aussi un homme tendre, ému, fidèle en amitié, très sensible au charme féminin et aussi un brin nostalgique.

Les compagnons d'aventure ont ici une place de choix: Achille, sa combativité et son talon, son bucher et son temple d'honneur, mais aussi Euryloque ou Eumée.
Ulysse rapporte les faits mais y met de l'émotion, de la tristesse et de la colère et une certaine concupiscence aussi parfois. Les détails du quotidien apparaissent avec les repas, les combats et leurs épargnés, les relations aux peuples et pas seulement aux personnages principaux.
Alors oui, nous retrouverons Charybde et Scylla, les sirènes, la magicienne Circée, Nausicaa, Calypso et ses faveurs, Polyphème le cyclope mais aussi les Lestrygons, les Phéaciens et tous les défis. Nous retrouverons aussi une trame des destins, des conséquences aux premiers actes.

 © Stéphane FRATTINI et Quentin DUCKIT/ Milan jeunesse

Ce livre fourmille de détails et offre ici la voix d'Ulysse. L'aventure est incarnée, masculine et sensuelle, mais aussi marquée par les rencontres humaines et le temps. Le temps reprend en effet ses droits, les années passées à côté de Circé ou de Calypso sont ressenties, délicieuses, insouciantes, amnésiques.

Le format est superbe, la couverture cartonnée s'ouvre sur des pages solides et dentelées comme un papier déchiré par l'homme et non une machine. L'écrit est comme manuscrit, souligné, raturé, en biais et propose ainsi vraiment comme une proximité, une familiarité avec Ulysse. Les dessins de Quentin DUCKIT sont "pris sur le vif par le héros lui-même" ou un intervenant profitant de son inattention ou son sommeil pour le croquer rapidement (et sans son consentement).

 © Stéphane FRATTINI et Quentin DUCKIT/ Milan jeunesse

Ils ponctuent le texte et offrent des détails de proximité, les hommes sont pris dans les affres de la nature et des dieux mais rien n'est épargné, ni la nudité d'Ulysse, ni la volupté des femmes divines ou non, ni le saccage des combats. La part belle est aussi faite aux personnages et pas seulement créatures.