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mardi 24 décembre 2013

Joyeux solstice d'hiver!



"Primrose ouvrit sa fenêtre. Juste à ce moment, ils purent entendre le chant des souris qui tiraient la bûche du solstice le long des haies. Ils jetèrent leurs manteaux sur leurs costumes et coururent pour rejoindre la foule massée devant la porte du palais. M.Apple et Dusty conduisaient la procession en levant haut leur lanterne.

"Grillez les châtaignes et chauffez le vin, 
Passez les coupes de main en main.
Quand la bûche flambera, nous serons toutes réunies,
Et nous fêterons la fête jusqu'au bout de la nuit."
chantaient les souris quand on vit apparaitre la bûche.
[...] On fit glisser la bûche précautionneusement sur le seuil et Basil aspergea l'écorce de vin d'épines.
"Joyeux solstice d'hiver!"
La bûche était enfin là, la fête pouvait commencer."

(extrait de "Le secret de l'escalier" de Jill BARKLEM, Gautier Languereau)

mercredi 13 juin 2012

Journal secret du Petit poucet

 © Philippe LECHERMEIER et Rébecca DAUTREMER/ Gautier Languereau

"Journal secret du Petit poucet" écrit par Philippe LECHERMEIER et illustré par Rébecca DAUTREMER est une version superbe du conte retranscrit par Charles PERRAULT.

Petit Poucet note tous les jours les événements de la journée, enfin presque. Grâce à sa voisine Mme Marigoult qui sait tout, il y ajoute aussi la fête des Saints qui souvent donnent une couleur à l'humeur de la journée.
Bien-sûr entre les pages nous y retrouvons le conte... des parents qui abandonnent dans la forêt leurs enfants, une fratrie de 7 garçons. Le petit dernier, Petit Poucet pas plus grand qu'un pouce, a été témoin des préparatifs macabres et trouve la solution pour rentrer à la maison. Des petits cailloux et la seconde fois des petites miettes de pain. Mais le pain est mangé, les enfants vraiment perdus en forêt.
Ils trouveront tout de même une chaumière accueillante, habité par un ogre, sa femme et ses sept filles et aussi possesseur des Bottes de 7 lieux.

Petit Poucet est inventif, intelligent, il ponctue son quotidien de petits soupçons de poésie mais aussi des dessins. Des détails marquants la misère, les conditions de vie,la ville et la forêt dangereuses. Il est aussi plein d'humour et de tendresse.
Il reste le héros de l'histoire et en plus de celle déjà explicite, ici, l'auteur lui offre encore plus de profondeur: un petit frère moqué mais pas seul, un petit meneur aux idées rocambolesques et pleine de saveurs.
Les frères prennent de la texture, ils ont un nom, une particularité et apportent avec les garnements voisins une atmosphère d'enfants, batailleurs, renifleurs mais force en puissance.
Les comportements, les batailles, les moqueries, les amourettes et le manque d'hygiène de certains, amènent aussi une lecture de l'enfance et d'autres légendes (par certains prénoms).
Les méchants sont ici différents: à deux parents abandonneurs potentiels, ici seule une marâtre aux manigances autoritaires, Popotte. Le papa est victime aussi et l'image dans les rêves de la vraie maman, partie trop tôt, apporte la chaleur humaine et familiale que le conte d'origine n'a pas.
L'ogre est magnifique, encore, et est aussi accompagnée par sa femme, ogresse aussi, et par toutes les terreurs enfantines.
© Philippe LECHERMEIER et Rébecca DAUTREMER/ Gautier Languereau

Mais le grand personnage est bien la Grande Privation. Cet état de faim, de misère. Petit Poucet en parle tous les jours, dans les menus (soupe aux cailloux blancs, soupe au mou) mais aussi dans les rêves de goinfrerie. Les cauchemars sont aussi des manques de repas.
Les méchants n'en prennent pas vraiment pour leur grade

Le travail de Rébecca DAUTREMER est impressionnant. Près de 200 pages sont illustrées, d’annotations en marge, de découpages, de peintures, d’écritures, de collages, de déchirures.
Les croquis de Petit Poucet sont accompagnés par les grandes pages illustrant l'histoire, les personnages...
© Philippe LECHERMEIER et Rébecca DAUTREMER/ Gautier Languereau

L'humour du texte est ici amplifié par ces imageries de nourriture et de non-sens. Les détails sont fabuleux, très précis au style photographique pour le réel. Des croquis aussi très détaillés sur des machines, des éléments importants comme le corset de Popote, les Bottes de 7 lieux, apportent un côté presque scientifique à l'histoire et les cartes, les plans amplifient cette impression de grande aventure. Il reste cependant des pages ouatées, magnifiques de douceur, pour les moments de liberté, d'attente. Et les personnages sont magnifiques, avec bien-sûr une mise en avant de la beauté du Petit Poucet et de Maricrotte, la petite voisine...


Rébecca Dautremer - Journal Secret du Petit Poucet par Librairie_Mollat

vendredi 5 novembre 2010

Devine ce que j'ai trouvé au Bois des Dragons

©Timothy KNAPMAN et Gwen MILLWARD/ Gautier Languereau

"Devine ce que j'ai trouvé au Bois des Dragons" de Timothy KNAPMAN et illustré par Gwen MILLWARD est une belle petite référence sur les dragons. Ici c'est un dragon qui découvre un Benjamin et le ramène chez lui. Il s'intéresse à cette espèce inconnue. Lui et ses proches n'en avaient encore jamais vu. Et les découvertes sont nombreuses autant en famille où le dragon le ramène, qu'à l'école où le programme est changé pour étudier le spécimen.

©Timothy KNAPMAN et Gwen MILLWARD/ Gautier Languereau

Une belle présentation de ce qui est nouveau, de ces êtes fictifs que sont les êtres humains d'un côté, les dragons de l'autre.

... des dragons qui ont peur d'aller dans le monde des Benjamin...
L'histoire nous amène à l'école mais aussi dans une chambre ou autour d'une assiette de choses mangeable qu'à Koh lanta... et des parties de foot. Le quotidien d'un petit garçon permet aussi comme un King Kong enfantin ramené sur la terre des hommes, du monde, des phares d'hélico sans la fin malheureuse. Ce livre permet de regarder derrière les apparences, de garder la curiosité et d'ouvrir l'amitié aux autres.
Bien plaisant. Et les illustrations de Gwen MILLWARD apportent de l'humour et ses dragons sont vraiment magnifiques de "gentillesse"... même s'ils mangent les ballons de foot!

©Timothy KNAPMAN et Gwen MILLWARD/ Gautier Languereau

vendredi 12 février 2010

Le kimono blanc

« Le kimono blanc » de Dominique KOPP, illustré par Pierre MORNET.


Keiko, la petite fille, suit la promenade des saisons et de sa grand-mère dans la nature japonaise. La transmission a ici une place importante : des boites de bambous au contenu précieux, la lecture des idéogrammes et le secret des herbes sauvages. Keiko attend, regarde sa grand-mère, de loin, de près, avec son kimono dont les manches dansent comme des ailes de papillon. Un papillon blanc sur des gerbes laissées à terre et toute la poésie du deuil est relevée.

Les illustrations de Pierre MORNET sont magnifiques. Des tableaux laissant aller le regard sur les paysages, des détails japonisants mais surtout des saisons. Le style n’est pas très oriental même si le sujet l’est et pourtant l’harmonie est là : des fleurs épanouies, de l’automne et de l’hiver, de très belles impressions. Béatrix m’avait fait ce sublime cadeau, merci encore.


Et je vous laisse avec un passage:

« Keiko aime l’Aïeule,
son visage aussi plissé
que les pommes
qui ont passé l’hiver. »

mercredi 10 février 2010

Graines de cabanes


© Philippe LECHERMEIER et Eric PUYBAREY/ Gautier Languereau

« Graines de cabanes » de Philippe LECHERMEIER et illustré par Eric PUYBAREY. A chaque graine, une cabane…voici le départ d’un périple à travers le monde et les imaginaires…

Le texte et les illustrations nous dévoilent des contrées formidables, un dépaysement et un enchantement, des associations d’idées, des détournements d’imaginaires et des références à toutes les pages.
 © Philippe LECHERMEIER et Eric PUYBAREY/ Gautier Languereau

Que de merveilles :
- Une cabane pour chaque arbre : une noix pour un noyer, une larme pour un saule pleureur, un trognon pour le pommier….
- Des « boites à soupirs » à trois vitesses pour les loups qui veulent s’en prendre aux cabanes des trois petits cochons
- Des matriochka en cabanes et non en héritage
- Des cabanons « pour ceux et celles qui ne sont jamais d’accord, pour les révoltés, les grognons, ceux qui disent toujours non. »


© Philippe LECHERMEIER et Eric PUYBAREY/ Gautier Languereau

Il est question de toute la littérature enfantine (Le petit poucet, Mille et une nuits, Les trois petits cochons…) mais aussi de géographie (Chine, Canada et ses chutes du Niagara, Mongolie), d’architecture réelle selon les coins du monde, de question de bon sens, de mythologie (Le fil d’Ariane, Les voyages d’Ulysse, La guerre de Troie), ou de philosophie…
Diogène ou la première cabaravane :
« La première cabaravane a été inventée par un Grec du nom de Diogène au IVe siècle avant Jésus-Christ.
Construite dans un tonneau, elle permettait à son propriétaire de se déplacer grâce à sa forme arrondie.
Mais elle possédait de nombreux défauts :
- On ne pouvait se déplacer qu’en dévalant une pente, ce qui la rendait inutile dans les plaines.
- Elle n’était pas équipée de freins et elle s’est écrasée de nombreuses fois après avoir tout dévasté sur son passage.
- Elle ne possédait pas tout le confort moderne, ce qui y rendait la vie assez austère. »

J’ai trouvé une très belle mise en appétit ici et n'oubliez pas que toutes les cabanes imaginaires sont attendues pour fin novembre sur vos blogs. Sur le mien seront exposés vos plans de constructions et vos trucs et astuces dont font partie (exclue!!) le ballayeur de ciel


© Philippe LECHERMEIER et Eric PUYBAREY/ Gautier Languereau

et quelques kits de cabane...

 © Philippe LECHERMEIER et Eric PUYBAREY/ Gautier Languereau