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vendredi 18 janvier 2013

Mère

... en attendant une potentielle traduction en français de "Moeder" et parce que Gerda DENDOOVEN n'est pas qu'une illustratrice... et si vous comprenez le néerlandais, c'est par là.

petit clin d'oeil à A.

dimanche 8 avril 2012

Le nez dans les livres

J'aime beaucoup, beaucoup, le travail de Kitty CROWTHER. Vous le savez?! Je me retiens de ne pas vous parler de tous ses livres (mais je ne me ferais pas prier trop longtemps non plus)... Cette auteure/illustratrice belge n'est pas la seule à offrir de sa personne, à me parler à travers ses livres, à toucher un point extrasensible chez moi.
Un jour j'en parlerais peut-être encore plus, dans les détails, au point de me dévoiler encore. Mais d'un autre côté, entre les lignes de mes lectures, il y a toujours du subjectif. J'attends peut-être aussi du côté de chez Mirontaine...

Je suis ravie, par exemple, que Mélanie RUTTEN ai de plus en plus de succès au point que mes libraires préférées n'est pas réussi à en garder un exemplaire assez longtemps (quelques jours) pour que j'arrive le récupérer...

Mais, au hasard de nos lectures du soir, le travail de Gerda DENDOOVEN revient... sa vision de la mère m'a le plus émue... et ses illustrations me touchent dans un autre angle. J'attends avec impatience que ses autres livres sortent en français, en espérant que d'autres éditeurs, après feu les éditions Être que j'aimais tant, nous en offrent les traductions.

Et quel plaisir de découvrir que ces deux Melles, CROWTHER et DENDOOVEN, partagent leur enthousiasme, leur admiration, dans une illustration commune: une plaquette de timbres d'une Belgique réunifiée, de 2010!

*source Acamédie royale des Beaux-Arts de Bruxelles

"L’armoire occupe une place centrale. Elle dégage quelque chose de très intime et de très mystérieux. C’est une cachette idéale pour lire un livre, par exemple."
Kitty CROWTHER (extrait trouvé ici)

mardi 18 mai 2010

Petit lapin stupide

Bon, voilà! C'est comme cela que ça se passe quand un auteur me plait, j'ai envie de le suivre, et en plus quand l'éditeur met la clef sous la porte, j'achète. J'ai donc reçu "Petit lapin stupide" de Edward VAN DE VENDEL et illustré par Gerda DENDOOVEN.

© Edward VAN DE VENDEL et Gerda DENDOOVEN/ Être

Et il est question de la mort. Quel concours de circonstance mais, quelque fois, je crois qu'il n'y a pas de hasard. La mort est dans nos vies en ce moment, pas forcément au quotidien, mais elle touche de près un être cher alors j'avais choisi le thème pour d'autres livres, là le livre est arrivé à moi. Oui mais voilà ce livre est un bijou.
Vieux lapin va mal et Grand lapin ne veut plus répondre aux questions de petit lapin, alors oust, il le met dehors.
"Petit lapin doit la fermer.
Plus une seule question.

Pas maintenant!
Ce n'est tout de même pas difficile, a dit Grand lapin.

Petit lapin peut rester mais en silence."
Hors du terrier, petit lapin stupide rencontre des animaux tout près de mourir. Par naïveté, petit lapin stupide pose des question pas si stupides. Au poussin tombé du nid, au crapaud trop sec, à la souris grise trop souvent mère et au hibou sanguinaire. De chacun il découvre la vision de la mort. Puis enfin satisfait des réponses qu'il reçoit à sa demande qui lui bouillait dans tout le corps, il revient en courant au chevet de Vieux lapin, aidant au retour chaque mourant rencontré.
© Edward VAN DE VENDEL et Gerda DENDOOVEN/ Être

Les discussions sur la mort ont apporté de nombreuses notions autour du concept, des indices de reproduction avec un image terrifiante de la mise au monde, une idée de la retour à la terre, dans un nid recouvert ou dans le noir et la poussière mais aussi une référence à la chaine alimentaire.
Le livre est fort, puissant, prenant, poétique mais pas tout doux, il est même philosophique. Certains lecteurs sensibles pourraient être touchés, je pense surtout par l'idée de pouvoir mourir d'avoir eu trop d'enfants. Mais ce serait dommage de passer à côté de ce livre, à l'opposé de certains autres que je peux aussi aimer, plus provocants, jouant avec un petit côté glauque, ici rien de très choquant au fond: la mort peut y être attendue, douce ou juste réelle. Comme chaque lecture sur ce thème, la lecture accompagnée peut offrir une multitude de superbes moments et de belles réflexions.
Grand lapin forçait Petit lapin stupide a se taire, à garder en lui ses questions sur la mort. Grâce aux rencontre faites hors du terrier Petit lapin stupide a pu recevoir des réponses franches et peut maintenant accompagner la mort de Vieux lapin... comme une compréhension sommaire qui aide au deuil. Edward VAN DE VENDEL est vraiment un auteur à suivre. Je l'avais découvert avec "Un million de papillons". Je ne peux que confirmer sa manière de parler aux enfants sans ambages, avec justesse et poésie. Je suis aussi devenue une fan de son "super gloupi", j'en reparlerais bien sûr.

© Edward VAN DE VENDEL et Gerda DENDOOVEN/ Être

Et puis les illustrations sont belles, très colorées et poétiques. Je continue à adorer les aplats de Gerda DENDOOVEN. Le texte est très fort et les illustrations apportent une simplicité, juste une image, douce ou plus violente, elle aussi assez franche mais très en accord. J'aime aussi les signes de ponctuations (points d'interrogation) qu'elle y met et cette ombre de Petit lapin stupide, quasi indépendante et l'ombre de la mort.

L'avis du matricule des anges vous donnera encore plus envie de courir l'acheter.

vendredi 14 mai 2010

Ma maman à nous

© Gerda DENDOOVEN/ Être

C'est vrai que ce n'est pas par actualité des fêtes que je me suis ruée sur ce livre. La fête des mères approche et ce livre répond tout à fait à la demande. Mais c'est pour me procurer les livres des éditions Être (qui ferment, je vous l'indiquais là), que je l'ai vraiment regardé.

"Ma maman à nous" de Gerda DENDOOVEN est une très belle proposition.

Un petit garçon facétieux nous présente sa maman. Loin de la consensuelle jolie, douce et organisée maman des contes, ici la maman est dans la spontanéité, la joie et non l'apparence.
Elle n'a peur de rien, se joue des facéties de son fils et du papa, s'acharne à bricoler, porte "ses" hommes pour les convier à prendre l'air et marcher. Ce n'est pas du doux, du moelleux, c'est de la passion, la joie d'être ensemble, la "rage" de vivre.
"Elle rêve de sauvage, de féroce. Alors, je grogne des Grrr, des Rouaaaarrrh, des Crrrrr. Effrayée, elle se cache en bousculant tout et hurle: VOILA LA BÊTE QUE J'AIME LE PLUS!"

© Gerda DENDOOVEN/ Être

Elle n'est ni la plus belle ni la plus douce "Ma maman est grande et douce et chaude", même si c'est sur sa forte poitrine que le garçon se sent le plus en sécurité... il imagine aussi ce qu'elle peut bien faire la nuit quand lui et son papa dorment. Il souhaite lui faire plaisir mais qu'est-ce donc que les fleurs de la passion? Sont-elles roses ? Ou sont-elles les baisers qu'elle envoie à son papa ? © Gerda DENDOOVEN/ Être

Autant dire que je m'y retrouve assez (il est aussi question de thé ;)) et que les mamans ont une corpulence si proche de la mienne, un peu de néerlandais et de (ré)confort : pas la plus belle et échangeable... juste un jour ou deux !).

© Gerda DENDOOVEN/ Être

Mais ce n'est pas pour cela que le livre est bien. Les illustrations me plaisent (même si au début j'étais sur la réserve), c'est ce texte, cette prise de position, plus brute sur la parentalité, qui a eu mon aval le plus complet (au point de commander les autres livres de cette auteure). Une sorte de versant à "Max et les Maximonstres" de Maurice SENDAK : une maman mangeant son enfant, aimant les sauvages etc...

"J’ai conscience que ce n’est pas un livre pour enfants mais surtout un livre pour les mamans. J’ai fait ce livre car ce n’est pas évident d’être une maman." nous dit Gerda DENDOOVEN dans ce long interview fabuleux aux livres au trésor. Oui mais c'est si authentique que les enfants seraient bien à même de le lire.

19/24