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mardi 16 septembre 2014

Je n'en ai pas encore parlé

... mais qu'est-ce que j'attends pour le faire ?!

Voici un petit état des dernières lectures. Il en manque certaines et, oui, j'ai aussi triché un peu avec d'autres de plus longue date mais que je comptais billeter.


Lectures jeunesse/ ado:
- "Méto 1, La maison" d'Yves GREVET. Le second tome est dans ma pile de lectures prévues sous peu, j'arriverais peut-être ainsi à vous en reparler. Une prison éducative où il n'existe que des garçons et dès qu'ils sont adolescents, ils partent ailleurs... mais où?
- "Je suis l'idole de mon père" d'Arnaud CATHRINE ou comment un adolescent trouve son identité ailleurs que sous les écrits de son père écrivain.
- "Terrienne" de Jean-Claude MOURLEVAT. Une très belle approche de l'au-delà, de cet espace géographique et temporel des morts mais où la sœur d'Anne est parti contre son gré. Coup de cœur!
- "Le cas Jack Spark, saison 2: automne traqué" de Victor DIXEN: un second tome plus sombre encore de ce magnifique conteur de fé(e)s et d'ignobles personnages. Une magnifique lecture adolescente ou adulte de ce qui fait un être fantastique, bon ou méchant.
- "Les trois vies d'Antoine Anacharsis" d'Alex COUSSEAU, lu il y a déjà longtemps mais j'avais tellement envie de vous emmener vers cette aventure de pirate, entre autre. J'en parle ici
- "Aldabra, La tortue qui aimait Shakespeare" de Sylvana GANDOLFI sur la filiation, la vieillesse et les âges de la femme. J'en parle ici
- "Les pierres qui brûlent, qui brillent, qui bavardent" de Martial CAROFF, illustré par Marion MONTAIGNE et Matthieu ROTTELEUR. Une très belle entrée en matière sur la géologie mais aussi l'histoire de la Terre.


Adulte:
- "Les filles de l'ouragan" de Joyce MAYNARD sur ce difficile équilibre de la filiation et de la fratrie, sur le devenir féminin aussi.
- "Idaho Winter" de Tony BURGESS fait d'épouvantes, de cauchemars, de cruauté. D'un enfant qui se venge.

dimanche 19 janvier 2014

"Tarte pêches-framboises [...] C'était un ami qui me l'avait enseignée, qui lui même l'avait apprise en regardant faire sa grand-mère, dans la ferme qui vendait des sapins de Noël [...]" - Long week-end

"Il faut conserver les ingrédients au froid.
Il est plus facile d'ajouter de l'eau que d'en retirer. Ne travaillez jamais trop la pâte.
Ne vous laissez pas séduire par tous des instruments coûteux qu'on vous présente dans les catalogues. La paume de la main est l'instrument parfait pour appliquer une croûte.
Notamment celle du dessus: c'est à ce stade que le pâtissier plonge dans l'inconnu. L'unique chose que vous ne devais jamais faire: hésiter. Laisser tomber la pâte sur les fruits, d'un geste sec, est un acte de foi. Comme de sauter par la fenêtre - douze heures après avoir été opéré en urgence d'une appendicite, par exemple - et de croire que vous allez atterrir sur deux pieds."
(extrait de "Long week-end" de Joyce MAYNARD, 10/18, je vous en parle là)

- pour Lily et In cold blog pour qui la transmission de la pâte à tarte est aussi un magnifique moment -

samedi 18 janvier 2014

Long week-end

Lire un livre lu par une autre, de celle qui a une place à part. Lire un livre, les mots d'un auteur (bien traduits) et y partager entre les lignes la sensibilité de l'amie. Je ne pourrais jamais dire à quel point ces échanges de livres m'apportent, je me construis et te devine entre les pages, aussi.


"Long week-end" de Joyce MAYNARD est ainsi une lecture transmise. Je ne savais pas ce que j'en attendais. Tant mieux, je ne fus que plus touchée au point de finir le dernier chapitre en rentrant d'une sortie, assise seule sur un banc devant la mairie dans mon chaud manteau.
Henry a treize ans et vit avec sa mère depuis le divorce de ses parents. Son père a refait sa vie, une autre femme, un autre fils et une dernière issue de cette nouvelle union. Et sa mère, ne voulant plus sortir, accumulant les boites de conserves et les soupes tout prêtes pour ne surtout pas ressortir, pour aucune raison.
Un jour, lors d'une course extérieure nécessaire, un homme se présente devant Henry. Il est mal en point et demande de l'aide. Dans leur vie où rien ne se passe jamais, le gamin et sa mère vont accepter l'inimaginable: accueillir l'homme, évadé de prison, dangereux meurtrier. Et le quotidien dévoile des merveilles, des gestes, des mots, des attentions... l'homme n'est pas celui que l'on croit.

Henry est le narrateur et l'histoire se déroule selon ses humeurs. La puberté est là, les fantasmes sexuels mais aussi ses besoins d'affection, ses envies de famille, de ceux qui n'ont besoin de personne d'autres qu'eux-même, ensemble, pour être heureux. C'est aussi son passage à la vraie vie, de protecteur de sa mère à adolescent, d'une survie à une vie.
L'évadé, Franck, montre des dispositions à la patience. Il a eu le temps, le temps pour réfléchir, le temps pour aussi savoir comment il souhaite maintenant parler aux autres, s'occuper de ceux qu'il affectionne, de ceux qui se réfugient hors du monde, de ceux qui n'y ont pas accès. Avec une tarte, une pose de vernis, un cours de pâtisserie ou des jeux mais aussi un bain, une coupe d'ongles et une vraie présence à l'autre qui ne fait que tressauter et baragouiner.
La mère, Adèle, est perdue, désemparée. Elle ne fait que se refermer et pourtant elle aime danser, et pourtant elle aime la vie et même les gazouillis de bébés, enfin peut-être.

Pendant un long week-end, la vie change et modifie les espoirs. Il s'agit d'amour filiale, d'amour sensuel, d'amitié mais aussi de culpabilité. Tout le rapport à l'autre prend de l'épaisseur.
Quelles sont alors les prises de risques possibles? Quelles sont le priorités dans la vie?
Ce livre est une forme de maturité, masculine oserais-je dire, mais surtout de ceux qui voient leur vie défiler sans y avoir accès.

Vous trouverez l'avis beaucoup plus argumenté de Lily ici (merci encore), le magnifique billet d'In cold blog là et celui de Theoma là.

Au fait, le livre a eu une adaptation cinématographique. J'avais vu le film et je vous en parlais là.