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jeudi 21 juin 2018

"Il lui vint soudain à l'esprit que la cabane de Vola ressemblait à un nid. [...] Oui. Un nid secret, à l'abri, entouré d'arbres. Loin de tout." - Pax et le petit soldat

"La gentillesse inattendue de Vola déstabilisait toujours Peter. Parfois, elle lui ordonnait sèchement d'exécuter une dizaine de tractions, ou mimait une explosion devant son visage pour lui déconseiller de s'approcher. Dans ces sas-là, il se sentait dans son élément, comme chez lui. Mais de temps en temps, elle massait ses épaules endolories avec un onguent, ponçait les échardes de ses béquilles, ou abandonnait ses corvées pour lui préparer une tasse de chocolat chaud; il comprenait alors combien elle faisait d'efforts pour qu'il devienne fort et indépendant, et il se sentait coupable.
Il se sentit coupable tandis qu'il enveloppait les crosses dans le tissu doux; il lui dit donc ce qu'il supposa qu'elle voulait entendre:
- Vos nièces devaient être très contentes d'avoir de si beaux cadeaux.
Mais il en doutait. Ses nièces avaient probablement jeté à la poubelle ces marionnettes aux yeux morts, squelettiques comme des rats, le soir même où elles les avaient reçues. Pas de cauchemars.
Vola haussa les épaules, mais Peter se rendit compte que ses mots lui avaient fait secrètement plaisir, et sa culpabilité se dissipa un peu."
(extrait de "Pax et le petit soldat" de Sara PENNIPACKER, Gallimard Jeunesse; dessin de Jon KLASSEN non extrait de ce livre qu'il illustre pourtant)

samedi 18 février 2017

Roc, Rokh, Rukh ou Rukhkh - Sindbad le marin et Aladdin



"En jetant les yeux sur la mer, je ne vis que de l'eau et le ciel; mais, ayant aperçu du côté de la terre quelque chose de blanc, je descendis de l'arbre, et, avec ce qui me restait de vivres, je marchai vers cette blancheur, qui était si éloignée que je ne pouvais pas bien distinguer ce que c'était.
Lorsque j'en fus à une distance raisonnable, je remarquai que c'était une boule blanche d'une hauteur et d'une grosseur prodigieuses. Dès que j'en fus près, je la touchai et la trouvai fort douce. Je tournai à l'entour pour voir s'il n'y avait point d'ouverture; je n'en pus découvrir aucune, et il me parut qu'il était impossible de monter dessus, tant elle était unie. Elle pouvait avoir cinquante pas en rondeur.
Le soleil alors était prêt à se coucher. L'air s'obscurcit tout à coup comme s'il eût été couvert d'un nuage épais. Mais, si je fus étonné de cette obscurité, je le fus bien davantage quand je m'aperçus que ce qui la causait était un oiseau d'une grandeur et d'une grosseur extraordinaires, qui s'avançait de mon côté en volant. Je me souvins d'un oiseau appelé roc dont j'avais souvent ouï parler aux matelots, et je conçus que la grosse boule que j'avais tant admirée devait être un oeuf de cet oiseau. En effet, il s'abattit et se posa dessus, comme pour le couver."


"- Je pense qu'il ne manque qu'une chose à ce palais pour être le plus beau du monde. On m'a dit que sur le mont Caucase vivait le rokh, un oiseau d’une grandeur prodigieuse, et que ses œufs étaient d'une splendeur inouïe...
[....] Aladdin [...] sortit de ses habits la lampe qui désormais ne le quittait plus et la frotta. Le génie apparut.
- Il manque à ce dôme un oeuf de rokh. Apportes-en un et suspends-le.
Contrairement aux fois précédentes, le génie ne partit pas exécuter l'ordre. Il entra dans une épouvantable colère:
- Sois maudit pour ton ingratitude! Le rokh est mon maître! Quoi? Tu voudrais que je t'apporte mon maître qui t'a couvert de bienfaits et que je le pende pour décorer ton palais? Tu mériterais d'être réduit en cendres, toi, ton palais et toute ta descendance!"

(1er extrait correspond au second voyage de Sindbad le marin, de la 73ème nuit, issu des "Mille et une nuits" traduction d'Antoine GALLAND, Maxilivre; le 2d extrait de "Sur les traces d'Aladdin" de Thierry APRILE; Gallimard jeunesse; premier tableau de Robert Swain GIFFORD, deuxième d'Elihu VEDDER)

jeudi 13 octobre 2016

Professeur Astrocat, les lois de la science

Le duo Dominic WALLIMAN et Ben NEWMAN reprend du service en nous proposant, après l'espace, "Les lois de la science".

© Dominic WALLIMAN et Ben NEWMAN/ Gallimard jeunesse

Avec leurs deux personnages, le professeur Astrocat et son adjoint Astromouse, les auteurs s'engagent à nous faire saisir des concepts abstraits: des termes précis, des comparaisons, de l'humour, des pages pleine couleur et pourtant aérée et claires.
Le visuel se veut très stylisé, presque infographique, choisissant la compréhension globale à un réalisme poussé.

© Dominic WALLIMAN et Ben NEWMAN/ Gallimard jeunesse

Il est question de notions aperçues à l'école comme les mesures, le langage des chiffres, les mathématiques mais aussi la gravité, les forces, le magnétisme, les ondes sonores, la lumière, la pression. Mais aussi de thème que nous pourrions à tord simplifier comme l'énergie (cinétique, lumineuse, chimique, potentielle, thermique) ou l'électricité.
Le grand plus est aussi de nous approcher de la matière de manière amusante et décomplexée jusqu'à la physique quantique, nucléaire ou des particules.

© Dominic WALLIMAN et Ben NEWMAN/ Gallimard jeunesse

Regardez donc le glossaire pendant que le professeur Astrocat et Astromouse font du hula-hoop!

© Dominic WALLIMAN et Ben NEWMAN/ Gallimard jeunesse

Vous l'avez compris, la force de ce documentaire est dans l'approche minimaliste, claire et ludique. Ce n'est bien-sûr qu'une première approche mais de qualité et très addictive. (Juste erreur de frappe: Isaac Newton change de prénom en cours de lecture pour Issac...)
Nous y retrouvons bien les 4 principes de  transmission du jeune physicien Dominic WALLIMAN:
- adapter son discours à son auditoire (partir de leur connaissances et compréhension préalables)
- "ne pas aller trop loin dans le terrier du lapin" soit limiter la quantité, pour retenir plus de choses
- privilégier la clarté à la précision
- expliquer en quoi cette information est intéressante et "cool"

dimanche 3 juillet 2016

"Et on se saute dessus. Comme deux chats qui se battent. Jusqu'au sang." - Guadalquivir


"Parce qu'on aurait pu continuer comme ça toute la nuit. Jusqu'au petit matin. A se battre sans fin. Et pas un de nous deux n'aurait abandonné. Parce qu'on le sait maintenant: on est pareils tous les deux. Écorchés l'un et l'autre. Je réalise pourtant que Kenza vient de me sauver la vie. Alors ma main cherche la sienne. Et, comme un signe de paix, nos doigts se mêlent. Et le souffle court, l'un contre l'autre, nos corps se serrent pour se réchauffer. Nos yeux pleurent. De ne pas pouvoir dire ce qu'ils voudraient. Toute la rage qu'on a. Et tout l'amour qu'on a. Tout ce feu, toutes ces flammes qui restent bloqués là, à l'intérieur. Toutes ces braises qui nous déchirent et sur lesquelles on ne peut pas mettre de mots sans saigner. Parce que cette vie fait de nous des animaux, privés de paroles et la bouche pleine de crocs. Des bêtes féroces qui mordent la main qui se tend. Parce qu'on a grandit trop vite avec au milieu de nous un grand vide brûlant. Alors on se serre et on se réchauffe. Et on pleure et on rit. En même temps. Comme le soleil et la pluie."

(extrait de "Guadalquivir" de Stéphane SERVANT, Scripto Gallimard; source photographie Lauren WITHROW)

"Parce qu'une image, même glorieuse, ça ne remplacera jamais un père et l'amour qu'il aurait pu vous donner." - Guadalquivir


"C'est jamais facile de vivre avec celui qui n'est plus là. C'est comme des braises qui brûlent tout au fond (et Béchir pose sa main sur son ventre). Des braises qui réchauffent et qui brûlent à la fois. On ne peut pas les éteindre parce qu'elles sont à l'intérieur de soi. Parce qu'elles font partie de soi. Et c'est comme si elles vous consumaient à chaque instant, à petit feu. Elles vous réveillent la nuit et elles vous font courir à travers le monde, comme un dément. Dans ces moments-là, on ferait n'importe quoi et on donnerait tout pour éteindre la brûlure. Et pourtant, certains soirs, elles vous réchauffent, elles vous rassurent et vous donnent la force d'avancer à travers la nuit. Comme une étoile. Ça devient la plus belle lumière qui soit. Tu vois, Frédéric, c'est pour ça qu'il ne faut pas chercher à éteindre ce feu. Parce qu'il peut devenir ton guide. Alors il faut prendre soin de l'entretenir en faisant toujours attention à ne pas se brûler. C'est le plus difficile. Et je sais que tu peux y arriver."

(extrait de "Guadalquivir" de Stéphane SERVANT, Scripto Gallimard; source photographie "At home" de Saul LEITER)

samedi 9 avril 2016

L'histoire de Clara

"Ma douce, oh ma fleur,
Tu ris quand sonne l'heure
De rentrer au pays
Oh ma douce, oh ma fleur..."

© Vincent CUVELLIER et Charles DUTERTRE/ Gallimard jeunesse

Cette maman chante tout doucement à sa dernière fille, encore un bébé. C'est doux, c'est beau. Le reste de la famille, endimanché, attend. Il est l'heure. Ils vont sortir profiter du parc. Le papa rappelle les consignes "- [...] dedans, nous faisons ce que nous voulons. Dehors, nous devons être transparents, gris comme les murs... et, rappelle-moi, que dois-tu faire si nous croisons des soldats allemands? Schlomo baissa les yeux et dit: - Baisser les yeux. - C'est bien, mon fils." Oui mais cette fois-ci ils ont le droit d'en profiter. Une ombre est là, un vent mauvais. Et quand ils rentrent cela se confirme, la concierge referme la porte de sa loge trop vite, des bruits de bottes dans l'escalier. La maman pose le couffin du bébé dans l’ascenseur. Et c'est le drame.
Et puis la vieille dame d'en haut sort faire ses courses et trouve le bébé. La petite d'en dessous, de cette famille juive. Elle lui donne du lait et sait ce qu'elle en fera le lendemain. Clara, petit bébé survivant, passera ainsi de bras en bras, abandonnée ici, confiée là.

© Vincent CUVELLIER et Charles DUTERTRE/ Gallimard jeunesse

"L'histoire de Clara" de Vincent CUVELLIER et illustré par Charles DUTERTRE fait partie de la trilogie sur la seconde guerre offerte par l'auteur. Je n'ai pas encore lu "Je suis un papillon mais je vous parlais là de "J'aime pas les clowns" de Vincent CUVELLIER et illustré par Rémi COURGEON. Clara est l'innocence, la joie de vivre même dans un pays en guerre. Ici elle sera juste nourrie, là mise à l'abri, ici elle va pouvoir grandir un peu, encore un peu.
Et ce sont ces adultes aux prises avec la grande histoire dans ce qu'ils ont d'humains. Un reliquat d'envie de vivre, une surprise revigorante, un paquet passé des ennemis aux partisans, une joie de grands-parents, une maternité fantasmée. L'histoire de Clara n'est pas linéaire, ses sauveurs ne se connaissent pas et pourtant l'enfant grandit de cet amour offert à la dérive, parce que non, on ne peut tout de même pas faire ça à une enfant.
Clara chemine entre le meilleur de l'homme jusqu'à une enfance possible.

"- Je sais ce qu'ils font aux Juifs, moi. Je sais ce qu'ils font aux Juifs !
Je jette une pierre contre la croix. La pierre se brise.
- N'aie pas peur. Tu pleures. N'aie pas peur, bébé, n'aie pas peur d'Otto. Tu vois, je te prends dans mes bras. Je ne vais pas te faire de mal. Quand on prend dans les bras, c'est qu'on veut pas faire de mal. Tu crois que je fais la guerre aux enfants ? Non, bébé, tu vois, tu n'as rien à craindre, je te dépose sur la croix. Tu vois, je ne te fais pas de mal. Quelqu'un va venir te chercher. Tu vois, je ne fais pas la guerre aux enfants, bébé juif...  "

© Vincent CUVELLIER et Charles DUTERTRE/ Gallimard jeunesse

Encore ici, l'auteur offre une vue de l'intérieur, à auteur de bambin. Ce n'est pas tant la fibre maternelle qu'il interpelle mais le choix de la vie. Les hommes, les femmes, les vieux, même les soldats se retrouvent un instant à prendre une décision, elle ne va être qu'une négligence, un appel au secours ou un réel investissement mais chacun fait un pas... et au final une vie continue de s'épanouir.

vendredi 8 avril 2016

Sur les traces des Dieux d'Égypte

Se délecter d'un livre sortie de la bibliothèque municipale... le lutin lit les légendes, je lis les focus documentaires... et je m'émerveille des illustrations.

© Olivier TIANO et Christian HEINRICH/ Gallimard jeunesse

"Sur les traces des Dieux d’Égypte" d'Olivier TIANO et illustré par Christian HEINRICH vous permettra d'entrer doucement dans l'univers mythologique. Le Dieu Rê (sous ses trois formes: Khépri au soleil levant, Rê au zénith et Atoum au couchant) mais aussi Isis cherchant à rendre la vie à son frère et mari Osiris, Seth l'épris de pouvoir et assassin ou encore Anubis et la mort. Quelques autres légendes s'insinuent comme celle du roi Chéops, de la bataille de Qadech ou du livre de Thot.

© Olivier TIANO et Christian HEINRICH/ Gallimard jeunesse

Grâce à ces histoires, assez courtes, au vocabulaire explicitée en marge, l’Égypte ancienne prend des couleurs, de part ses croyances mais aussi ses coutumes, l'écriture et les scribes, la momification, les rois devenus pharaons, le commerce ou l'armée.

© Olivier TIANO et Christian HEINRICH/ Gallimard jeunesse 

Une idée de la sagesse apparait aussi avec ce livre des savoirs à ne pas ouvrir mais aussi le rituel du jugement à la mort. Les éléments matériels mais aussi la pesée du coeur, l'existence de la Dévorante.

© Olivier TIANO et Christian HEINRICH/ Gallimard jeunesse

Le livre rassemble tout ce que j'aime: des histoires au vocabulaire riche et pas trop superficielles et des encarts plus détaillés pour s’immerger encore plus.


mercredi 23 mars 2016

Singes

J'aime beaucoup rencontrer dans les documentaires jeunesse l'illustration d'un propos technique ou scientifique. Il a le même poids que le texte. J'adore ainsi les schémas ou les coupes. Je dois dire aussi que, de plus en plus, je me tourne vers des visuels plus designés.

© Owen DAVEY/ Gallimard jeunesse

"Singes" d'Owen DAVEY est de ces petits albums qui ne paient pas de mine. Il est très beau mais est-il pertinent? La réponse est oui!
Sous l'appellation singe, de nombreux animaux se côtoient. Le focus est mis ici sur les petits singes, singes à queue. L'auteur présente ainsi une classification des primates, nécessaire et précieuse. Il reprend la théorie de l'évolution de manière simple mais resitue l'homme (du genre homo) par rapport aux autres primates, les ancêtres et les cousins contemporains (et éloignés), l'homme et les grands singes.

© Owen DAVEY/ Gallimard jeunesse

Les petits singes se dévoilent alors. Les formes stylisées des illustrations d'Owen DAVEY ne perturbent pas les identifications.
Dans leur morphologie commune à tous ou distinctive par catégorisation. De l'Ancien monde ou du nouveau. C'est simple et pourtant d'une efficacité redoutable. Le singe-lion, le cercopithèque, le colobe guéréza même si inconnus pour vous retrouveront vite leur continent. Tout est histoire de nez, de queue ou de fesses.
Bien sûr leur habitat, leur alimentation ou leur comportement social seront précisés mais vite nous laissant profiter de portraits plus complets.

© Owen DAVEY/ Gallimard jeunesse

Le ouistiti pygmée si petit, amateur de sève et potentiel menu d'une harpie féroce (et rien à voir avec la mythologie), le mandrill aux canines plus longues que celles d'un lion, le gélada aux lèvres retroussées sur les gencives, le macaque japonais dans les eaux thermales chaudes en plein hiver.

Le singe montre son intelligence, ses exploits (aventurier de l'espace porté volontaire). Certains ont des caractéristiques incroyables. Une double page est aussi ouverte sur les croyances et la mythologie, avec Hanuman par exemple.

© Owen DAVEY/ Gallimard jeunesse

Le tout forme un très beau documentaire, sur l'animal mais ouvrant aussi la porte à une réflexion sur l'homme.


mardi 22 mars 2016

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill

© Jean REGNAUD et Émile BRAVO/ Gallimard jeunesse

"Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill" de Jean REGNAUD et illustré par Émile BRAVO nous entraine dans les souvenirs de l'auteur.

Le premier jour de classe dans une nouvelle école, Jean répond aux questions de la maîtresse: que font tes parents? Il panique et brode. Mais il se fait aussi un nouvel ami, Alain. En rentrant à la maison avec Yvette la gouvernante, il retrouve Paul le petit frère et enfin le père seul. La maman est absente et personne n'en parle.
Il y a bien cette gouvernante, toujours là, affectueuse, les garçons seraient presque tentés de l’appeler maman. Oui mais elle n'est pas une maman. Sans enfant, pas l'amoureuse du papa, elle partira peut-être.
Michelle, la voisine avec qui Jean joue, quand elle n'est pas occupée à ses jeux de grande, s'étonne qu'il ne soit pas au courant. Mais elle est partie en voyage. Tiens d'ailleurs elle a reçu une carte postale chez elle avec Jean comme destinataire, parce qu'il ne faut prévenir personne. Jean ne sait pas encore lire, pas de problème, Michelle la lui lit. La maman de Jean est en Espagne. Une autre carte postale arrive, elle est maintenant en Amérique et a rencontré Buffalo Bill, puis en Afrique.

© Jean REGNAUD et Émile BRAVO/ Gallimard jeunesse

Jean vient juste de rentrer au CP, lui et son frère ne sont pas bien vieux. Ils ne veulent que s'amuser et avoir maman avec eux. L'arrivée d'un psychologue à l'école marque aussi les angoisses. S'il prend un enfant en entretien, il l'envoie aux SS des nazis et déclenche comme il se doit les cauchemars des enfants. Surtout qu'Alain est convoqué... puis Jean.

Pendant une année scolaire, Jean va grandir et découvrir ce que sont les parents, la famille. Une ulcérée et hurlante, comme celle de sa voisine Michelle. Une atypique, tellement peu conventionnelle et pourtant passionnante qu'est celle d'Alain.
Il y a bien les grands-parents. Les parents de la maman, tristes, chez qui les deux enfants s'ennuient ferme. Ou Mamie Edyth, la grand-mère paternelle au "oui, bien sûr!" au bord des lèvres offrant une liberté totale si elle n'est pas dérangée.
Et puis il y a ces amis, les Ossard, un couple de vieux. Ils sont attendris mais Jean et Paul ne comprennent pas ce qu'ils font là. Les occupations proposées sont automatiquement contrecarrées.


© Jean REGNAUD et Émile BRAVO/ Gallimard jeunesse

Toute l'atmosphère d'une enfance de petit garçon dans les années 70 est retranscrite dans cette bande-dessinée. La télé, les premiers dessins-animés, les jeux, l'ennui.
Cette année sera charnière, l'enfance insouciante laisse place à une compréhension et sa forme de désillusion. Jean croyait encore au Père-Noël, confondait les SS et les Séss éducatifs. Il ne comprenait pas les adultes si graves et ne recherchait que le réconfort des adultes et le visage maternel qui s'efface de son souvenir.
C'est émouvant et très emprunt de vérité!


jeudi 17 mars 2016

Comment ça marche? Moteurs et voitures, Engins de chantier


Voici la série des "Comment ça marche", livres et construction, agrandie. Je vous avais parlé des "Machines et engins" de Nick ARNOLD et illustré par Allan SANDERS ici, j'avais aussi acheté leur seconde proposition commune: "Comment ça marche? moteurs et voitures" auquel s'ajoute "Engin de chantier" de Ian GRAHAM et illustré par Carles BALLESTEROS. Il nous manque "Comment ça marche? Avions et hélicoptères".

Il s'agit toujours de livres activités, des kits de maquettes permettant de construire un mécanisme permettant d'aller plus loin dans les technicités. C'est parfait pour l'apprentissage des STEM en ingénierie. Maintenant tous les propos ne sont pas forcément complets mais c'est amplement suffisant pour démarrer.


Dans le premier, vous trouverez une chronologie des véhicules et des machines mises en avant ainsi qu'un schéma explicatif des forces et mouvements en présence dans chaque machine.


Vous construirez avec une notice en papier séparée une soupape en action en comprenant mieux le cycle à quatre temps d'un moteur et ce qu'est une soupape. Vous découvrirez les vitesses, la suspension, les commandes, les roues, les freins, les pistons et la direction. (Euh c'est un comble pour notre fiston dont les parents n'ont pas de voitures!).


Dans le second, il y a moins d'explications: une illustration met en scène l'engin de chantier et le mode opératoire est directement inscrit. Vous construirez ainsi une boule de démolition (plate: les éléments constructifs du kit sont fait de carton plat), une chargeuse, un bulldozer, un camion toupie, un chariot élévateur, un camion benne, une grue etc...


Cela suffira pour les plus jeunes mais vous n'avez là que peu d'indication de ce pourquoi les hommes ont inventé ces mécanismes.

Ah et je vous conseille de garder les plaques de cartons dans lesquelles les pièces sont détachables. Vous pourrez ainsi les réemboiter et mettre toutes les pièces dans la pochette à cet effet, sinon c'est presque mission impossible!

En construction, cela donne ça!

jeudi 15 octobre 2015

Les fleuves autour du monde

Je me dis encore que si j'avais eu des documentaires de si bonne qualité, ma mémoire n'aurait pas été si sélective sur certaines matières. Encore un exemple ici avec "Les fleuves autour du monde" d'Elisabeth COMBRES, cartographié par Paul COULBOIS et illustré par Marguerite LE COURTIEU.

© Elisabeth COMBRES, Paul COULBOIS et Marguerite LE COURTIEU/ Gallimard jeunesse

Ce livre semble simpliste et pourtant il ouvre énormément de possibles. Continent par continent, l'auteur nous présente les 22 plus grands fleuves du monde. Des indications techniques, longueur, débit moyen, source ou embouchure, côtoient des anecdotes. Les doubles pages consacrées à chaque fleuve semblent assez vides et pourtant avec la carte simplifiée, les petites photos, les illustrations de la faune, la flore et les costumes qui ponctuent leur rives et les épingles pointant les villes, les parcs et lieux mythiques, vous avez une histoire de l'homme qui se déplie devant vous. C'est succinct et vous êtes intrigué.

© Elisabeth COMBRES, Paul COULBOIS et Marguerite LE COURTIEU/ Gallimard jeunesse

Vous découvrirez bien-sûr l'Amazone, le Nil, le Gange, le Rio Grande, le Congo, le Danube mais aussi le Huange He, le Zambèze, le Murray etc...
Oui bien-sûr mais justement, ce livre vous convie à une découverte différente des continents. En suivant ces plus grands fleuves, vous traversez les pays et suivez la vie attirée par ce point d'eau et ses ressources, la maitrise de l'eau, de son parcours et son exploitation électrique, son importance pour les anciennes civilisations, les légendes, mythologies et spiritualité qui leur sont liés. Vous découvrez l'importance géostratégique et politique des fleuves. Plus que les pays, indiqués mais pas forcément par leurs frontières, vous trouverez des régions propices aux découvertes des hommes.

© Elisabeth COMBRES, Paul COULBOIS et Marguerite LE COURTIEU/ Gallimard jeunesse

En cours de lecture, des focus reprennent les enjeux politiques, économiques et écologiques. A la fin un lexique vous attend en face des fleuves "portraiturés de profil" (leur longueur bien mise en avant). J'aime particulièrement les cartographies de fleuves, très stylisées et pourtant très précises. Elles permettent de regarder superficiellement mais aussi d'y revenir plus tard pour les associer à toutes nos découvertes historiques, géostratégiques (avec tous ses barrages), mythologiques ou folkloriques.
                                                                    
© Elisabeth COMBRES, Paul COULBOIS et Marguerite LE COURTIEU/ Gallimard jeunesse

Emprunté à la bibliothèque après l'avoir voulu, pris et laissé, repris et relaissé. Non non décidément c'est plus qu'une approche géographique, je l'ai acheté!

lundi 3 août 2015

"Il y a les gros mots. - Max

Et les mots codés. Avec moi, on peut employer les uns tout autant que les autres. Les uns ne me choquent pas, et je connais le sens caché des autres. Enfin, pas tous, il va me falloir apprendre une longue série au fur et à mesure que je grandirai. J'apprendrai aussi les noms de code. Très important, les noms de code. Le programme des années à venir, établi par notre Führer, en est criblé. Tenez, un exemple: pour l'instant, moi et mes petits camarades, nous devons naître dans le plus grand secret. Personne encore ne sait ce que signifie réellement Lebensborn, le nom de code de notre programme. Je vous le dis, mais ne le répétez pas. Ça veut dire "fontaines de vie"."

(extrait de "Max" de Sarah COHEN-SCALI, Gallimard jeunesse; je retrouve l'illustrateur sous peu)

samedi 16 mai 2015

La première fois que je suis née

© Vincent CUVELLIER et Charles DUTERTRE/ Gallimard jeunesse

J'en avais entendu du bien et je confirme, ce petit album est incroyable. Et puis maintenant qu'il existe aussi en format souple et peu cher, plus aucune raison de ne pas le regarder de près.

© Vincent CUVELLIER et Charles DUTERTRE/ Gallimard jeunesse

"La première fois que je suis née" de Vincent CUVELLIER et illustré par Charles DUTERTRE nous parle de ce bébé, cette petite fille au grain de beauté.
Page après page, elle nous raconte ses premières fois. Celles de la petite enfance: le premier câlin parental, le premier bain, le premier pas. "Papa disait plein de mots, et au milieu de ces mots se cachait mon prénom." Ce sont les étapes de vie qui apparaissent. Nous découvrons Charlotte espiègle, joueuse, princesse, rêveuse. "La première fois que j'ai vu la mer, elle a dit: "Comme elle est grande, comme elle est belle, comme elle a les yeux bleus." 

© Vincent CUVELLIER et Charles DUTERTRE/ Gallimard jeunesse

Mais au fil de l'album elle grandit et offre ses premiers pas dans la vie, seule. Ses émois, ses déceptions, ses deuils et son avenir. "La première fois que mon grand-père est mort, maman m'a prise dans ses bras pour me consoler. Mais, en vrai, c'est moi qui la prenais dans mes bras pour la consoler."

© Vincent CUVELLIER et Charles DUTERTRE/ Gallimard jeunesse

Le texte de Vincent CUVELLIER pourrait sembler simple mais il n'en est rien. Pas à pas, il raisonne, joue la poésie. Les impressions sont belles et offrent une atmosphère. Le choix des premières fois décrit l'enfance mais aussi des détails permettant l'identification.
Les illustrations de Charles DUTERTRE sont simples, très claires mais jouent bien sur l'humour.

jeudi 23 avril 2015

Emile invite une copine

Vous vous souvenez d’Émile? Ce garçon taciturne qui ne sait pas se faire d'amis. Bah, justement, aujourd'hui il invite une copine. Il prépare sa chambre pour son arrivée.

© Vincent CUVELLIER et Ronan BADEL/ Gallimard jeunesse

Sa mère est ravie: enfin son fils a des amis. Elle est de ton école? Elle vient avec ses parents? Émile répond évasivement aux questions de sa mère. Elle est bien curieuse d'ailleurs... comme toutes les mamans qui s'informent à la première invitation. Oui mais Émile n'attend pas n'importe qui et pas pour faire n'importe quoi.

© Vincent CUVELLIER et Ronan BADEL/ Gallimard jeunesse 

"- Hi hi!
- Ha ha!
- Ça va, les enf... euh... ça va?... vous ne faites pas de bêtises au moins..."

© Vincent CUVELLIER et Ronan BADEL/ Gallimard jeunesse

Le duo CUVELLIER/ BADEL revient ici avec autant d'humour et de dérision. Émile est toujours aussi attachant dans sa différence et ce court album donne encore à penser. Superbe!

dimanche 5 avril 2015

J'aime pas les clowns

Une nouveauté que nous devons à Vincent CUVELLIER avec aux crayons Rémi COURGEON, deux que j'aime suivre séparément, cela ne se refuse pas.

© Vincent CUVELLIER et Rémi COURGEON/ Gallimard jeunesse

"J'aime pas les clowns" fait partie d'une œuvre plus complète sur la Seconde Guerre Mondiale. Il n'est pourtant pas besoin de lire les deux premières propositions de Vincent CUVELLIER, "L'histoire de Clara" et "Je suis un papillon", pour savourer celle-ci.
Une grand-mère traine son petit-fils au cirque pour voir un spectacle de clowns. Mais il n'aime pas les clowns. La grand-mère ne les aimait pas non plus. Mais celui-là est un bon, un bon clown.
Pourquoi donc a-t-elle changé d'avis? C'est arrivé une soirée d'été, à la fin de la guerre. "La guerre? On l'avait perdue. On l'avait même perdue plusieurs fois. Je sais pas qui a eu l'idée... ma mère, j'imagine... je me souviens de sa voix douce, elle m'a dit, viens, ce soir, on va au cirque, y aura des clowns... ça m'avait surprise, je me souviens que ça m'avait surprise... je pensais que les clowns aussi avaient perdu la guerre."



© Vincent CUVELLIER et Rémi COURGEON/ Gallimard jeunesse

A travers cette sortie, nous suivons cette grand-mère enfant dans Berlin. Des fleurs jaunes, de belles chevelures, une sortie dehors même le soir. Un cirque d'après guerre, des animaux blessés comme les hommes. Ces clowns font rire toute l'assemblée sauf elle. Et puis elle aurait pu aller sur la piste et c'était presque drôle avec l'autre petite fille. Après le spectacle, la maman sort en direction des roulottes. La petite aux tresses avait un peu peur mais elle n'était pas bien maligne... comme son petit-fils.

© Vincent CUVELLIER et Rémi COURGEON/ Gallimard jeunesse

Vincent CUVELLIER nous offre une vue de la vie d'après-guerre des vaincus et plus particulièrement des enfants. Des privations, des pères partis en guerre et pas forcément revenus. A travers quelques détails l'enfance apparait dans sa candeur mais aussi l'ambiguïté de ses sentiments.
Le rire aussi est une ligne directrice. Rire de des clowns "... leur pif, leurs pieds, leurs fleurs en plastoc". Ce lâcher-prise après de grands chamboulements, cette impulsion salvatrice qui pourtant n'est pas toujours accessible à certains enfants. Rire cela s'apprend, se réapprend.
Et bien-sûr Rémi COURGEON propose de magnifiques illustrations aux teintes orangées et sépia. Des scènes dans la pénombre, des ombres bien présentes.
Il s'agit d'une toute petite porte ouverte mais avec pudeur le voile se lève sur cette période.


lundi 2 février 2015

Histoires de squelettes

Rhooo qu'il est beau dans sa couverture noire avec ce petit encadré rose. J'ai toujours aimé les cabinets de curiosité, les planches scientifiques me fascinent.

© Jean-Batiste de PANAFIEU et Patrick GRIES/ Gallimard jeunesse 

"Histoires de squelettes" de Jean-Pierre de PANAFIEU et Patrick GRIES offre un bel échantillon de squelettes. En dehors de ce parti-pris visuel fascinant les apprentis scientifiques et peut-être aussi les petits gars (pirates ou zombies), ce sont tous les indices contenus dans ces assemblages d'os qui se présentent à nous.

© Jean-Batiste de PANAFIEU et Patrick GRIES/ Gallimard jeunesse 

 L'auteur, comme toujours, propose une vulgarisation scientifique. En partant ici du squelette, il nous parle bien-sûr d'anatomie animale.
Le squelette peut être interne et soutenir les muscles mais aussi peut être externe (exosquelette) et se comporte comme une armure (insectes par exemple). Les animaux à tige dorsale (corde) allant jusqu'à une colonne vertébrale (une sorte de porte-manteau soutenant), sont des cordés, des vertébrés, entre autres nous. Grâce à la trompe de l'éléphant, il reprend ce qu'est un os, une structure.
Puis le squelette nous parle de la vie de l'animal (sa chaine alimentaire, s'il est proie ou prédateur et son mode de déplacement) mais aussi de certaines catégories dépendant de sa zone géographique (mer ou particularité marsupiale en Australie).

© Jean-Batiste de PANAFIEU et Patrick GRIES/ Gallimard jeunesse 

 De nombreuses comparaisons aident aussi à découvrir les points communs, les apparentés, les évolutions (des dents chez les prédateurs marins indiquent encore plus les évolutions des espèces). Nous découvrons ainsi des mystères: le dauphin est plus proche de la vache que le zèbre de cette dernière.

© Jean-Batiste de PANAFIEU et Patrick GRIES/ Gallimard jeunesse 

 L'évolution de la vie sur Terre est présentée par de nombreux axes: les évolutions des espèces, la spécificité pour survivre (plus apte, plus agile, plus rapide, plus petit, plus massif), les théories de Lamarck ou de Darwin, la domestication de certains animaux.
"Un fameux lion marin avait tant et si bien chassé les gros poissons et les pingouins qu'il ne restait rien de taille à lui remplir les entrailles. Il se souvient alors que le lion, son cousin, des plaines africaines terrestre souverain, croque gnous et phacochères et s'en trouve fort prospère. [...]" Oui mais s'en sortira-t-il en allant chasser dans la savane?

© Jean-Batiste de PANAFIEU et Patrick GRIES/ Gallimard jeunesse 

Les plus amateurs reprendront le jargon scientifique: phylums, périssodactyles (1 à 3  doigts entourés d'un sabot), artiodactyles (2 à 4 doigts entourés d'un sabot) entre autre. Les autres adoreront les rabats, les superbes photographies très détaillées, les comparaisons et les questions qui paraissent toutes simples.

vendredi 9 janvier 2015

Pour ou contre: l'actualité en débat

J'en ai des tonnes, des billets commencés et pas terminés. Mais il me faudra, cette année 2015, vous les fournir plus méthodiquement, sinon à quoi bon continuer à vouloir partager si certaines prises de parole écrites restent muettes.
Je laisserais peut-être encore les prises de parole personnelles, mes humeurs, justement, au placard, au brouillon, je ne sais plus si c'est ce que j'attends de ce média mais parler des référents, des ouvrages qui ouvrent la voix, qui portent l'esprit critique, il faut que je les publie. Et tant pis si mon billet n'a pas la teneur, la rigueur de mes ambitions.

© Sophie LAMOUREUX, Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD/ Gallimard jeunesse

Ce livre est impressionnant. Il donnera aux adolescents toutes les clefs pour comprendre l'actualité. Et autant dire que c'est fondamental. Se questionner, se positionner, se renseigner, ne pas rester coi. 

"Pour on contre: l'actualité en débat" de Sophie LAMOUREUX, illustré par Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD est en effet très complet. Il aborde une quarantaine de débats sous les thèmes d'éthique, d’institutions, d'environnement, de culture, d'immigration, de laïcité, d'économie.
A chaque fois les notions sont définies, le traitement dans les médias présenté, la position des partis politiques indiquée, de nombreuses références et indications d'appartenance sont proposées avant de plonger plus directement dans les arguments pour ou contre, mis sur un plan d'égalité et au code couleur bien clair. 

© Sophie LAMOUREUX, Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD/ Gallimard jeunesse

Pour chaque débat, la précision des termes apporte pertinence et esprit critique. Les droits de l'homme, les droits de l'individu. La laïcité, le laïcisme. L'assimilation et le multiculturalisme. La Recherche et le principe de précaution. ...
Le plus est aussi dans les encadrés où sont notés rapidement les chiffres, les affaires connues, les personnages importants ou les débats internationaux.
Il manquerait une contextualisation mais pour le reste, les arguments permettent de se faire un opinion argumentée: en vrac, pour ou contre le libre-échange, la discrimination positive, l'euthanasie, les impôts, la limitation de la liberté d'expression, le non-cumul des mandats, le nucléaire, la remise de peine, le clonage etc...

© Sophie LAMOUREUX, Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD/ Gallimard jeunesse

Ce livre donnera des pistes pour mieux lire les informations données par les médias, pour les décrypter, les digérer, rester critique. Avec bien-sûr le merveilleux luxe de vivre dans un pays de livre expression!!!!!