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mercredi 16 août 2017

Rome, un voyage dans le temps et l'histoire

Encore une proposition de documentaire jeunesse sur l'histoire qui vaut le détour. Oui, elle ne date pas d'hier mais la collection existe toujours: Regard junior chez Mango jeunesse. Vous les trouverez surement en occasion. Et puis je ne suis pas si souvent que cela satisfaite des produits offerts: quelques fois juste un inventaire de détails, des dates trop abstraites ou encore un simplification outrancière ou une mise au niveau de l'enfant qui ne m'attire pas, comme l'enfant au temps de... qui prône une identification mais n'offre pas souvent de vue d'ensemble. Ici c'est joyeux et bien vu pour appâter.

 © Antoine AUGER, Dimitri CASALI et Sylvia BATAILLE/ Mango jeunesse


"Rome, un voyage dans le temps et l'histoire" d'Antoine AUGER, Dimitri CASALI et illustré par Sylvia BATAILLE est un documentaire première approche. Rome et sa culture latine se dévoile dans une présentation globale. Bien-sûr une idée de l'armée, des villes (photocopies plus petites de Rome), la légende de sa fondation, les jeux, l’architecture, les dieux ou l'alimentation. Mais ce qui marche encore mieux dans cette collection c'est la subjectivité enfantine. 

 © Antoine AUGER, Dimitri CASALI et Sylvia BATAILLE/ Mango jeunesse

Les bains publics sont présentés par un enfant de 10 ans. Les personnages historiques sont dépeints comme des stars ou des peoples: les bons empereurs, la honte des empereurs mais aussi un interview de César ou un avis de recherche de Jésus-Christ. Des anecdotes ponctues les petites biographies et le tout est présenté avec humour.

 © Antoine AUGER, Dimitri CASALI et Sylvia BATAILLE/ Mango jeunesse


Chaque information est donnée aussi avec ce qui va interpeller les plus jeunes: l'alimentation et les tétines de truie farcies, la tête de perroquet ou encore le vomis sous les convives. Le papier hygiénique des temps anciens ou la coupe de cheveu de César ou un Caligula aux bords de la plage attendant les coquillages.
Le jeune lecteur trouvera toutefois tous les éléments marquants, une chronologie avec les dates, la bataille d'Alésia, la chute de l'empire romain mais aussi une idée de l'ambition qu'il faut pour être au pouvoir.

Et puis le livre est très coloré, croqué autant pour les personnages que les cartes ou les monuments. Le ton est très ludique, les auteurs prennent à témoin l'enfant et le langage est courant: César est un "Alain Delon" aux micro, les Barbares poussent les frontières (et poussent vraiment).
Une très belle proposition donc. "La Renaissance" est très convaincant aussi. Et disponibles immédiatement, vous avez "L'Egypte ancienne" ou "La Préhistoire".





   

   

samedi 22 juillet 2017

Portraits de héros de la Renaissance

Incarner l'histoire pour la rendre plus vivante. C'est vers cet objectif que je vais de plus en plus et ce documentaire est une très belle proposition. Elle date un peu mais n'hésitez pas à vous la procurer.

© Anne JONAS, Rozen BRECARD, Olivier CHARPENTIER, Marianne MAURY et Lucile PRACHE/ Mila éditions

"Portraits de Héros de la Renaissance" d'Anne JONAS et illustré par Rozen BRECARD, Olivier CHARPENTIER, Marianne MAURY et Lucile PRACHE présente quelques personnages célèbres de cette période. Certains sont plus détaillés que d'autres, ainsi Michel-Ange, Léonard de Vinci occupent une double page. D'autres portraits entrainent un focus sur un pan de l'histoire: Henri le navigateur et succinctement abordés Christophe Colomb, Vasco de Gama, Magellan (l'exploration), François Ier (et sa salamandre) et Henri VIII, Charles Quint (les royautés), Martin Luther et Jean Calvin (la religion), une invention (l'imprimerie, la gravure avec Gutemberg ou Dürer, la chirurgie avec Ambroise Paré), l'art (l'architecture, la littérature, la poésie), l'astronomie avec Nicolas Copernic ou Galilée.

© Anne JONAS, Rozen BRECARD, Olivier CHARPENTIER, Marianne MAURY et Lucile PRACHE/ Mila éditions

De très belles illustrations entrainent la lecture: une portrait en couleurs du personnage principal puis sur la page en regard ceux qui ont en commun son originalité ou sa nouveauté. Un petit état de la politique en rigueur, de l'influence de la religion mais aussi des avancées dans l'art et la littérature. Le tout apporté par des similis gravures, des schémas.

© Anne JONAS, Rozen BRECARD, Olivier CHARPENTIER, Marianne MAURY et Lucile PRACHE/ Mila éditions

A travers ces portions de vie résumée, la Renaissance apparait, curieuse, exploratrice, toute juste sortie du Moyen-Age mais inventive. Une géographie et un début de chronologie apparaissent.
Ce n'est qu'une mise en bouche, il est vrai, le texte n'est pas très long (encore moins pour la page de droite) mais le livre harponne par ses iconographies (et références et clins d’œil aux parents qui reconnaitront les tableaux célèbres revisités ici), sa légèreté de ton, ces quelques citations et une dose d'humour (comme Pantagruel urinant du haut de Notre-Dame) qui n'en donnent pas moins des éléments historiques fiables.
Ce n'est pas tant un livre d'histoire qu'une rencontre avec certains personnages et leur contexte. Parfait pour donner envie de reconsidérer la période plus sérieusement tout en la considérant chatoyante.

mercredi 12 juillet 2017

Le bébé tombé du train ou quand l'amour d'une mère est plus fort que tout

Mettre la main sur une proposition de la collection Trimestre des éditions Oskar est toujours une belle expérience. Un des seuls que je n'ai pas. A chaque fois, les titres sont à rallonge. A chaque fois, c'est une petite soupape de sensations.

© Jo HOESTLANDT et Andrée PRIGENT/ Oskar

"Le bébé tombé du train (ou quand l'amour d'une mère est plus fort que tout)" de Jo HOESTLANDT et illustré par Andrée PRIGENT est un court album proposant un texte fort et une illustration très stylisée - parti-pris de la collection. Comme à chaque fois il faut patienter pour comprendre la seconde partie du titre. Ici la maman est absente... ou presque.
Anatole a 60 ans, est solitaire, grincheux et aigri. De sa vie, nous ne savons pas grand chose sauf qu'il ne rencontre jamais personne, n'ouvre sa porte à personne, n'a besoin de personne, ne rend service à personne. Son monde est sa maison sans grand chose à l'intérieur, son jardin avec le potager nécessaire et une ligne comme un mur, le chemin de fer. Des trains passent mais cela n'intéresse pas Anatole. D'ailleurs rien ne l'intéresse.

© Jo HOESTLANDT et Andrée PRIGENT/ Oskar

Et puis il le prend pour un déplacement de crapaud, ce mouvement dans le potager. C'est un bébé qui rampe. Il appartient bien à quelqu'un mais dans ses yeux, une lueur brille, une étoile "comme s'il le reconnaissait". Anatole le garde, et "tout ce que jusqu'ici, il faisait pour lui tout seul, il le fit pour deux. Et cela changeait considérablement les choses." Il prends soin du bébé, qui grandit, lui nomme les choses quand c'est en fait l'enfant qui lui apprend à les regarder. Leur monde est cette maison, ce jardin/monde.

Il y a ce lien, cet attachement, cette responsabilité. "Alors ce regard d'enfant, posé sur lui comme un papillon sur une fleur, c'était un sentiment étrange pour le vieil homme, étrange vraiment... Presque intimidant..." Et puis l'ouverture au monde. La mère revient et l'histoire s'éclaire différemment, dans un grand ensemble.
Les illustration en noir, blanc et jaune, laissent beaucoup de place au texte. Elles apportent aussi leur part de poésie, tableau du concrêt, figuratif et pourtant tournant vers l'abstrait et le symbolisme (couleur et chemin formé).

© Jo HOESTLANDT et Andrée PRIGENT/ Oskar


samedi 9 avril 2016

L'histoire de Clara

"Ma douce, oh ma fleur,
Tu ris quand sonne l'heure
De rentrer au pays
Oh ma douce, oh ma fleur..."

© Vincent CUVELLIER et Charles DUTERTRE/ Gallimard jeunesse

Cette maman chante tout doucement à sa dernière fille, encore un bébé. C'est doux, c'est beau. Le reste de la famille, endimanché, attend. Il est l'heure. Ils vont sortir profiter du parc. Le papa rappelle les consignes "- [...] dedans, nous faisons ce que nous voulons. Dehors, nous devons être transparents, gris comme les murs... et, rappelle-moi, que dois-tu faire si nous croisons des soldats allemands? Schlomo baissa les yeux et dit: - Baisser les yeux. - C'est bien, mon fils." Oui mais cette fois-ci ils ont le droit d'en profiter. Une ombre est là, un vent mauvais. Et quand ils rentrent cela se confirme, la concierge referme la porte de sa loge trop vite, des bruits de bottes dans l'escalier. La maman pose le couffin du bébé dans l’ascenseur. Et c'est le drame.
Et puis la vieille dame d'en haut sort faire ses courses et trouve le bébé. La petite d'en dessous, de cette famille juive. Elle lui donne du lait et sait ce qu'elle en fera le lendemain. Clara, petit bébé survivant, passera ainsi de bras en bras, abandonnée ici, confiée là.

© Vincent CUVELLIER et Charles DUTERTRE/ Gallimard jeunesse

"L'histoire de Clara" de Vincent CUVELLIER et illustré par Charles DUTERTRE fait partie de la trilogie sur la seconde guerre offerte par l'auteur. Je n'ai pas encore lu "Je suis un papillon mais je vous parlais là de "J'aime pas les clowns" de Vincent CUVELLIER et illustré par Rémi COURGEON. Clara est l'innocence, la joie de vivre même dans un pays en guerre. Ici elle sera juste nourrie, là mise à l'abri, ici elle va pouvoir grandir un peu, encore un peu.
Et ce sont ces adultes aux prises avec la grande histoire dans ce qu'ils ont d'humains. Un reliquat d'envie de vivre, une surprise revigorante, un paquet passé des ennemis aux partisans, une joie de grands-parents, une maternité fantasmée. L'histoire de Clara n'est pas linéaire, ses sauveurs ne se connaissent pas et pourtant l'enfant grandit de cet amour offert à la dérive, parce que non, on ne peut tout de même pas faire ça à une enfant.
Clara chemine entre le meilleur de l'homme jusqu'à une enfance possible.

"- Je sais ce qu'ils font aux Juifs, moi. Je sais ce qu'ils font aux Juifs !
Je jette une pierre contre la croix. La pierre se brise.
- N'aie pas peur. Tu pleures. N'aie pas peur, bébé, n'aie pas peur d'Otto. Tu vois, je te prends dans mes bras. Je ne vais pas te faire de mal. Quand on prend dans les bras, c'est qu'on veut pas faire de mal. Tu crois que je fais la guerre aux enfants ? Non, bébé, tu vois, tu n'as rien à craindre, je te dépose sur la croix. Tu vois, je ne te fais pas de mal. Quelqu'un va venir te chercher. Tu vois, je ne fais pas la guerre aux enfants, bébé juif...  "

© Vincent CUVELLIER et Charles DUTERTRE/ Gallimard jeunesse

Encore ici, l'auteur offre une vue de l'intérieur, à auteur de bambin. Ce n'est pas tant la fibre maternelle qu'il interpelle mais le choix de la vie. Les hommes, les femmes, les vieux, même les soldats se retrouvent un instant à prendre une décision, elle ne va être qu'une négligence, un appel au secours ou un réel investissement mais chacun fait un pas... et au final une vie continue de s'épanouir.

jeudi 24 mars 2016

Minus, l'incroyable histoire des reptiles marins au temps des dinosaures

Voici le troisième de cette collection (le second en terme de parution). Est-ce que le trio norvégien nous en prépare un autre? Ce serait parfait pour appréhender cette vie sur terre avant l'homme et différent du dinosaure. La plupart du temps ce sont ces sauriens nos plus vieux repères.

© Jorn HURUM, Torstein HELLEVE et Esther VAN HULSEN/ Albin michel jeunesse

Avec "Minus, l'incroyable histoire des reptiles marins au temps des dinosaures" de Jorn HURUM, Torstein HELLEVE et illustré par Esther VAN HULSEN, les mers deviennent habitées.
Minus est un petit ichthyosaure, il vit en bande avec trois femelles et le mâle dominant, Géant balafré. Il nait et doit très vite manger, sa mère ne lui apporte pas de lait. Il nage, respire à la surface et doit vite s'enfuir devant les prédateurs, le pliosaure en tête. Tous n’auront pas la chance de s'échapper cette fois-ci.

© Jorn HURUM, Torstein HELLEVE et Esther VAN HULSEN/ Albin michel jeunesse

Après cette courte histoire, les auteurs nous ouvrent leur camp lors de l’expédition de fouille de ce fossile-là justement. Le froid, la nourriture, le fusil absent quand les toilettes sont occupées. Ils expliquent aussi les plâtrage, collage, moulage, démoulage et  livraison des trouvailles.
Comme à chaque fois, le lieu géographique est donné ainsi que les conditions favorables pour trouver un aussi beau fossile.

© Jorn HURUM, Torstein HELLEVE et Esther VAN HULSEN/ Albin michel jeunesse

Et puis ce sont les explications: la morphologie, l'alimentation, la nage d'un ichthyosaure mais aussi d'un plésiosaure et d'un pliosaure. Minus apparait dans toute sa grandeur. Son œil est le plus grand des vertébrés. "Les ichthyosaures étaient ovovivipares: il y a bien un œuf, mais il éclot dans le ventre de la mère, ce qui fait que le petit sort complètement formé."
Nous pouvons aussi distingué les deux prédateurs, le plésiosaure à long cou bien rigide et le très très imposant pliosaure aux dents aussi grandes que des concombres. Puis les ammonites et les bélemnites, nourritures de Minus, se dévoilent.
Ce focus scientifique présente aussi très bien la théorie de l'évolution convergente. L'ichthyosaure ressemble à un dauphin mais il en est extrêmement éloigné. L'ancêtre de Minus ressemblait à un gros varan, reptile, et celui du dauphin était un petit mammifère.

© Jorn HURUM, Torstein HELLEVE et Esther VAN HULSEN/ Albin michel jeunesse

La dernière partie propose des activités: de fossilisation, de décomposition d'un os, de dessins. Le tout apporte, encore une fois, un album très complet et plaisant grâce à l'histoire, la démarche scientifique, l'interaction et l'humour (des moules pourraient-elle vivre sur le derrière des vaches?).

vendredi 4 mars 2016

Mix, l'extraordinaire histoire d'un scorpion de mer vieux de 428 millions d'années

Il s'agit du troisième volet d'une série de documentaires scientifiques débutée par "Ida, l'extraordinaire histoire d'un primate vieux de 47 millions d'années" des mêmes auteurs et illustratrice. Chaque proposition peut se lire seule.

 © Jorn HURUM, Torstein HELLEVE et Esther VAN HULSEN/ Albin michel jeunesse
 
"Mix, l'extraordinaire histoire d'un scorpion vieux de 428 millions d'années" de Jorn HURUM, Torstein HELLEVE et illustré par Esther VAN HULSEN va cette fois-ci encore plus loin dans le temps. Avant que les terres ne soient occupées, avant même la flore.

© Jorn HURUM, Torstein HELLEVE et Esther VAN HULSEN/ Albin michel jeunesse

Une histoire simple, un scorpion de mer qui nait, grandit, se nourrit, mue et meurt. Le texte court offre une mise en avant des illustration presque pleine page.
Et l'intérêt est dans ce suivi de l'histoire, le documentaire. Le focus seul n'offrirait pas tout. Ici les auteurs nous ont mis en condition, nous allons être plus réceptifs aux informations. Encore une fois, le propos est intelligible tout en étant scientifique.

Il y a l'indice de la présence de Mixopterus kiaeri, de son petit nom Mix, une preuve même, son fossile. Pris dans le sable, couche après couche, surmonté de lave volcanique, toutes les conditions étaient là pour que Mix devienne pierre. Les auteurs nous présentent son découvreur et les différents fossiles de scorpions de mer retrouvés sur ce site de Finlande. La science est incarnée par les deux bouts: la vie d'alors et celle des scientifiques travaillant dessus.
Avec ce scorpion c'est la présentation des premiers arthropodes et poissons. Les premiers vertébrés, exosquelette ou endosquelette, l'apparition d'un crâne (et d'un cerveau), la formation d'une mâchoire.

© Jorn HURUM, Torstein HELLEVE et Esther VAN HULSEN/ Albin michel jeunesse

A chaque fois aussi, la découverte du fossile amène une éducation géologique: les éléments de notre planète Terre, ce qu'est une plaque tectonique, un rift.

© Jorn HURUM, Torstein HELLEVE et Esther VAN HULSEN/ Albin michel jeunesse

Le parti-pris est d'interpeler les jeunes lecteurs, des expériences sont ainsi indiquées: "manger" à la paille comme si nous n'avions pas de mâchoire (en crachant ou non sur notre nourriture avant) mais aussi une belle mise en pratique des temps géologiques (passer d'une année à des millions). Et quelques éléments comme le troisième œil et la couleur du sang ne pourra que les titiller.

Restera à découvrir "Minus, l'incroyable histoire des reptiles marins au temps des dinosaures"!

mardi 27 octobre 2015

Je croyais qu'elle n'aimait pas l'Histoire...

Mais, mais, je n'ai jamais dit ça... enfin bon, peut-être. Mais on peut changer d'avis, non?! Alors oui, j'aime certains documentaires d'histoire, bien-sûr principalement pour la jeunesse. Les voici (il doit bien en manquer un ou deux jeunesse et leurs copains pour les adultes).


- "La vie des chevaliers" de Brigitte COPPIN
- "Déjoue les pièges de l'Histoire" de Pascale HEDELIN et illustré par Julien TIXIER j'en parle ici
- "Les Reines de France" de Caroline CHARRON  et illustré par Virginie BERTHEMET
- "Les légendes noires" de Sophie LAMOUREUX et illustré par Virginie BERTHEMET
- "L'Histoire de France en BD" de Sophie CREPON et multiples auteurs et illustrateurs


- "Les présidents de la République" de Vincent CUVELLIER et illustré par Jean-Marie MAZURIE
- "Léonard de Vinci" d'Olivier LARIZZA et illustré par Nikol j'en parle ici
- "Sitting Bull" de Claude CARRE et illustré par Ronan BADEL j'en parle ici
- "Toussaint Louverture" de Jacques VENULETH et illustré par Frédéric REBENA
- "Les grandes dates de l'Histoire de France" de Karine TOURNADE et illustré par Yann AUTRET
- "Les grands personnages de l'Histoire" de Cécile ALIX et Yann AUTRET
- "Lieux de mémoire, lieux d'espoir..." de Karine TOURNADE et illustré par Yann AUTRET j'en parle ici
- "Les idées qui changent le monde" d'Isabelle WLODARCZYK et illustré par Zelda ZONK j'en parle ici
- "Au temps de Christophe Colomb" de Thierry DELAHAYE et illustré par Marie de MONTI, j'en parle ici
- "Au temps des Romains" de Thierry DELAHAYE et illustré par Benjamin BACHELIER
- "Au temps de la construction des pyramides" de Thierry DELAHAYE et illustré par Benjamin BACHELIER

Je vous parle de certains d'entre eux très vite.

*ne sont renseignés dans le libellé de ce billet que les auteurs ou illustrateurs dont le travail n'a pas encore été inscrit sur ce média - ceci par manque de place...

mercredi 16 septembre 2015

Le grand match

© Fred BERNARD et Jean-François MARTIN/ Albin michel jeunesse

Un album illustré sur un match de rugby, bouais. Mais "Le grand match" de Fred BERNARD et illustré par Jean-François MARTIN est une virée beaucoup plus intense qu'une simple confrontation entre deux équipes. Et tout de suite cela se sent. Il y a cette ambiance des ruelles, désertes. Et puis ces drapeaux avec un symbole bien proche d'une croix gammée.

© Fred BERNARD et Jean-François MARTIN/ Albin michel jeunesse

L’Équipe Nationale rencontre les Aigles Frères. La première n'est plus tout à fait celle d'origine: les juifs, les noirs, les homosexuels, les opposants au Guide ont déjà été éliminés. La seconde doit vaincre, pour l'honneur du gouvernement Fanultra en place. Mais rien ne se passe comme prévu. Volodia nous en parle, il y était, il a joué.
Portée par la foule, par la population, par ceux qui ont dû s'exiler pour survivre, l'équipe de Volodia suit son meneur, Eugenio, un jardinier passionné. Contre toutes attentes, au risque de leur vie, ils décident de gagner ce match, de résister.
Ils donnent tout. Leur arrêt de mort est au bout. A moins qu'il y ai un miracle.

La sueur, le sang, la hargne. Le match, les matchs se suivent. Les points adversaires et les leurs aussi. Combien de temps seront-ils épargnés? Les rugbymens se révoltent contre le fanatisme en place, avec leur moyen, le sport. Mais que peut faire une équipe? Changer le slogan pour se démarquer? Gagner? Et puis ce ne sont pas des professionnels.
"Dans les vestiaires, Eugenio sait d'un regard nous encourager et trouve les mots justes. [...] Poser nos mains sur son bonsaï encore, comme un talisman...
"Cet arbre est petit, mais il a la force des géants." Le temps de me faire la réflexion que, au moins, aucun homme ne peut être pendu à ses branches et je remets mon protège-dents avec la furieuse intention d'aplatir du fanultra et des ballons!"

© Fred BERNARD et Jean-François MARTIN/ Albin michel jeunesse

L'album est puissant, emporté par la dynamique des matchs, des courses, des coups, des ballons aplatis. Le rythme est juste avec comme un vrai journal, pour reprendre de plus belle. Le tout est puissant de résistance, de faiblesse et de force, de peur et d'espoir. Nous en sortons hors d'haleine.
Je retrouve aussi avec énormément de plaisir les illustrations de Jean-François MARTIN. Encore des couleurs sépia, porteuse d'une certaine réminiscence de temps lourds du passé (que du passé?!). Il apporte aussi énormément de force dans ces corps en mouvement, en déséquilibre et bousculés, choqués, écrasés, face à ceux lisses et immobiles des hommes de pouvoir. Le mouvement est pourtant en marche, dans le stade, dans les tribunes et sur les trottoirs.


lundi 24 août 2015

Au temps d'Azur et Asmar

Les dessins animés de Michel OCELOT me plaisent. Je n'en ressors pas avec la même émotion qu'après un MYIAZAKI mais je ne peux pas nier que j'adhère même à ses histoires un peu trop gentillettes. J'aime beaucoup "Azur et Asmar" peut-être justement parce que les références sont nombreuses. Avec "Au temps d'Azur et Asmar" de Sandrine MIRZA, mon côté documentaliste est comblé.

© Sandrine MIRZA / Nathan

Les thèmes se déploient sur une double page et allient images du film, textes, photographies et iconographies. Les premiers chapitres mettent en valeur le contexte géographique, historique et religieux du monde musulman au Moyen Age. Se côtoient les empires sassanide, byzantin et les royaumes franc et wisigoth; puis les empires byzantin, abbasside et carolingien, le tout avec des cartes et des focus sur les villes, les conquêtes, les puissants. L'islam est présenté entre autre avec le zakat (aumône aux pauvres dont vit Crapoux) ou les mosquées.
Une part importante offre aux yeux les richesses de l'artisanat avec les gouts de luxe des puissants, magnifiques palais avec jardins, discrétion assurée, moucharabieh, peintures sur bois et tapis floral. Mais aussi le commerce des souks avec les tissus (brocarts et satins), parures de femmes (bijoux, henné, khôl et parfums). Ou la richesse des saveurs avec les épices, le sucre.

© Sandrine MIRZA / Nathan

Il s'agit là du merveilleux connu. Mais comme le film qui portait haut la volonté d'accepter les différences, ce documentaire montre combien le Moyen-Orient est riche de ses idées et de ses sciences. Les femmes des milieux aisés étaient éduquées et toutes pouvaient travailler et même atteindre des postes à pouvoir. Une tolérance des religions est de mise, les idées circulent, les sciences sont transmises, partagées, avec une approche globale surtout attirée par l'astronomie, les mathématiques et la médecine sans dénigrer les arts (musique, motifs iconographiques géométriques et florales, calligraphie).

© Sandrine MIRZA / Nathan

Avec 14 chapitres, ce livre fait la part belle à la somptueuse culture du Moyen-Orient en finissant par le merveilleux. Une très belle approche et mise en lumière, à offrir pour savoir regarder autrement autrui.
Magnifique apport au film!

dimanche 9 août 2015

Archéo animaux, l'incroyable histoire de l'archéologie des animaux

Dans les cours d'histoire nous apprenons comment vivaient les hommes à la préhistoire, au Moyen-Age ou les spécificité du mode de vie des celtes. Ce documentaire vous propose d'être vous même le découvreur. Pas un historien mais un archéologue, un enquêteur des traces laissées par les animaux autour des hommes : un archéozoologue.

 © Lamys HACHEM et Hélène GEORGES/ Actes sud junior

"Archéo animaux, l'incroyable histoire de l'archéologie des animaux" de Lamys HACHEM et illustré par Hélène GEORGES est une succession d'enquêtes scientifiques.
Dix chapitres proposent de découvrir l'évolution du mode de vie des humains grâce à des indices, les os, les bois de cervidés, les fourrures, les coprolithes (déjections animales ou humaines fossilisées), les poteries, les ustensiles et outils sculptés et surtout de leur emplacement (dans les fosses, les sépultures, en trace sur des objets etc...)
A chaque fois, la méthodologie est dévoilée (laboratoire, analyse des dents, analyse chimique des récipients, comparaison des os, carbone 14, analyse ADN) et le contexte peut aussi l'être (archéologie préventive par exemple).

 © Lamys HACHEM et Hélène GEORGES/ Actes sud junior

Ce livre est extrêmement détaillé. Au cours des chapitres, énormément d'exemples sont proposés avec des photos ou des dessins archéologiques. Des pistes sont données sur les thèmes et une page jaune ou deux indique en fin de partie la solution archéologique.
Par l'étude archéologique des animaux, le lecteur va découvrir beaucoup plus que ceux qui servaient de nourriture (chasse, pêche ou domestiqués avec la révolution néolithique).
Le rapport de l'homme aux animaux décrit le niveau de technicité et ses étapes évolutives vers celui qu'il est devenu. Il utilise leurs os, peaux, fourrures pour préparer des outils, des vêtements. Il se nourrit, survit en fonction de sa zone géographique. Puis il se différencie: des notions de confort, de luxe et même d'inégalité entre humains apparaissent.

 © Lamys HACHEM et Hélène GEORGES/ Actes sud junior

Certaines dispositions des os ou la représentation picturale des animaux indiqueraient des offrandes et une idée du beau (grotte de Lascault). En allant plus loin c'est la grande question de la culture qui entre en jeu (les rapports entre sauvage et domestiqué, entre culture et nature mais aussi la civilisation.
Derrière ce contenu scientifique et historique poussé, les lecteurs pourrons sourire et même être un peu dégouté par rapport à l'alimentation de l'homme selon les régions, l'époque ou ses tabous alimentaires: il a ainsi mangé, entre autre, des poissons, escargots, lapins, œufs, oiseaux, chevaux, loups, rats, chiens, sangliers, cerfs, lynx, renards, blaireaux, écureuils, fouines, hérissons et du miel...

 © Lamys HACHEM et Hélène GEORGES/ Actes sud junior

Les chapitres sont illustrés par de très belles pages en couleurs, les paragraphes sont assez courts et vous pouvez choisir de lire en grappillant ici ou là. Le livre se bonifiera à la seconde lecture.
Ce documentaire a reçu le prix "Le goût des sciences 2013". Il est très très bien fait, avec une volonté très nette de mettre les lecteurs dans le rôle des scientifiques. Cela rebutera peut-être les plus jeunes mais donnera aux autres une idée qu'ils peuvent eux aussi être des archéozoologues. A réserver tous de même aux petits intéressés et non comme première approche.


samedi 16 mai 2015

Déjoue les pièges de l'Histoire

J'aime beaucoup ce que proposent les éditions Gulfstream en ce qui concerne les sciences de la vie. Cette fois-ci, je voulais tenter une autre proposition de documentaire jeunesse: l'histoire.

© Pascale HEDELIN et Julien TIXIER/ Gulfstream

"Déjoue les pièges de l'Histoire" de Pascale HEDELIN et illustré par Julien TIXIER propose 10 tableaux historiques. Sur ces doubles pages sont illustrées des situations de vie au cours de l'histoire et le jeune lecteur doit y trouver les 8 anachronismes.
Le livre présente ainsi la préhistoire, l’Égypte ancienne, la Rome antique, le Moyen-Age, le temps des colonies, le Roi Soleil, la conquête de l'ouest américain, la première guerre mondiale et la libération.

© Pascale HEDELIN et Julien TIXIER/ Gulfstream

En dehors de ce "cherche les erreurs", une autre double page les explique et propose des focus sur les avancées de l'époque. Ce sont bien-sûr les moyens de transports, les monnaies, les "ingénieuries", les matériaux mais aussi la nourriture, la santé, les loisirs ou l'état des échanges inter-continentaux. La tomate qui n'arrive pas sur les étals aussi tôt, la plume d'oie durcie plus tard, la tendance artistique trop futuriste pour l'époque etc...

© Pascale HEDELIN et Julien TIXIER/ Gulfstream
"L'ours en peluche:
En 1903, aux États-Unis, le président américain Théodore Roosevelt refuse de chasser un vieil ours blessé. On dessine sa caricature dans la presse, face à un ours. Un couple de Russes a alors l'idée de fabriquer des ours en peluche surnommés Teddy, comme le président. Et voilà: l'ours en peluche devient le copain-câlin des enfants!"
Il faut avoir au moins entraperçu ces époques en histoire pour que l'intérêt soit présent. Mais en dehors de cela, les tableaux offrent une idée du mode de vie. Les pièges sont nombreux, pas toujours évidents même pour les adultes et donneront envie de se replonger dans l'histoire des hommes, des sciences ou des lieux d'origine de nos produits du quotidien.

© Pascale HEDELIN et Julien TIXIER/ Gulfstream

Merci à l'opération Masse critique de Babélio et aux éditions Gulfstream.



dimanche 5 avril 2015

J'aime pas les clowns

Une nouveauté que nous devons à Vincent CUVELLIER avec aux crayons Rémi COURGEON, deux que j'aime suivre séparément, cela ne se refuse pas.

© Vincent CUVELLIER et Rémi COURGEON/ Gallimard jeunesse

"J'aime pas les clowns" fait partie d'une œuvre plus complète sur la Seconde Guerre Mondiale. Il n'est pourtant pas besoin de lire les deux premières propositions de Vincent CUVELLIER, "L'histoire de Clara" et "Je suis un papillon", pour savourer celle-ci.
Une grand-mère traine son petit-fils au cirque pour voir un spectacle de clowns. Mais il n'aime pas les clowns. La grand-mère ne les aimait pas non plus. Mais celui-là est un bon, un bon clown.
Pourquoi donc a-t-elle changé d'avis? C'est arrivé une soirée d'été, à la fin de la guerre. "La guerre? On l'avait perdue. On l'avait même perdue plusieurs fois. Je sais pas qui a eu l'idée... ma mère, j'imagine... je me souviens de sa voix douce, elle m'a dit, viens, ce soir, on va au cirque, y aura des clowns... ça m'avait surprise, je me souviens que ça m'avait surprise... je pensais que les clowns aussi avaient perdu la guerre."



© Vincent CUVELLIER et Rémi COURGEON/ Gallimard jeunesse

A travers cette sortie, nous suivons cette grand-mère enfant dans Berlin. Des fleurs jaunes, de belles chevelures, une sortie dehors même le soir. Un cirque d'après guerre, des animaux blessés comme les hommes. Ces clowns font rire toute l'assemblée sauf elle. Et puis elle aurait pu aller sur la piste et c'était presque drôle avec l'autre petite fille. Après le spectacle, la maman sort en direction des roulottes. La petite aux tresses avait un peu peur mais elle n'était pas bien maligne... comme son petit-fils.

© Vincent CUVELLIER et Rémi COURGEON/ Gallimard jeunesse

Vincent CUVELLIER nous offre une vue de la vie d'après-guerre des vaincus et plus particulièrement des enfants. Des privations, des pères partis en guerre et pas forcément revenus. A travers quelques détails l'enfance apparait dans sa candeur mais aussi l'ambiguïté de ses sentiments.
Le rire aussi est une ligne directrice. Rire de des clowns "... leur pif, leurs pieds, leurs fleurs en plastoc". Ce lâcher-prise après de grands chamboulements, cette impulsion salvatrice qui pourtant n'est pas toujours accessible à certains enfants. Rire cela s'apprend, se réapprend.
Et bien-sûr Rémi COURGEON propose de magnifiques illustrations aux teintes orangées et sépia. Des scènes dans la pénombre, des ombres bien présentes.
Il s'agit d'une toute petite porte ouverte mais avec pudeur le voile se lève sur cette période.


vendredi 9 janvier 2015

Pour ou contre: l'actualité en débat

J'en ai des tonnes, des billets commencés et pas terminés. Mais il me faudra, cette année 2015, vous les fournir plus méthodiquement, sinon à quoi bon continuer à vouloir partager si certaines prises de parole écrites restent muettes.
Je laisserais peut-être encore les prises de parole personnelles, mes humeurs, justement, au placard, au brouillon, je ne sais plus si c'est ce que j'attends de ce média mais parler des référents, des ouvrages qui ouvrent la voix, qui portent l'esprit critique, il faut que je les publie. Et tant pis si mon billet n'a pas la teneur, la rigueur de mes ambitions.

© Sophie LAMOUREUX, Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD/ Gallimard jeunesse

Ce livre est impressionnant. Il donnera aux adolescents toutes les clefs pour comprendre l'actualité. Et autant dire que c'est fondamental. Se questionner, se positionner, se renseigner, ne pas rester coi. 

"Pour on contre: l'actualité en débat" de Sophie LAMOUREUX, illustré par Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD est en effet très complet. Il aborde une quarantaine de débats sous les thèmes d'éthique, d’institutions, d'environnement, de culture, d'immigration, de laïcité, d'économie.
A chaque fois les notions sont définies, le traitement dans les médias présenté, la position des partis politiques indiquée, de nombreuses références et indications d'appartenance sont proposées avant de plonger plus directement dans les arguments pour ou contre, mis sur un plan d'égalité et au code couleur bien clair. 

© Sophie LAMOUREUX, Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD/ Gallimard jeunesse

Pour chaque débat, la précision des termes apporte pertinence et esprit critique. Les droits de l'homme, les droits de l'individu. La laïcité, le laïcisme. L'assimilation et le multiculturalisme. La Recherche et le principe de précaution. ...
Le plus est aussi dans les encadrés où sont notés rapidement les chiffres, les affaires connues, les personnages importants ou les débats internationaux.
Il manquerait une contextualisation mais pour le reste, les arguments permettent de se faire un opinion argumentée: en vrac, pour ou contre le libre-échange, la discrimination positive, l'euthanasie, les impôts, la limitation de la liberté d'expression, le non-cumul des mandats, le nucléaire, la remise de peine, le clonage etc...

© Sophie LAMOUREUX, Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD/ Gallimard jeunesse

Ce livre donnera des pistes pour mieux lire les informations données par les médias, pour les décrypter, les digérer, rester critique. Avec bien-sûr le merveilleux luxe de vivre dans un pays de livre expression!!!!!


mercredi 5 novembre 2014

Sophie Scholl, "Non à la lâcheté"

Le défi de cette collection de petits romans historiques est de présenter au jeune lectorat des personnages importants d'une cause: ceux qui ont dit non à l'homophobie, à l'appartheid, à la colonisation etc...

Jean-Claude MOURLEVAT s'attaque au symbole de l'Allemagne résistante de la seconde guerre mondiale avec "Sophie Scholl: "Non à la lâcheté"". L'adolescente Sophie est déjà engagée quand nous la retrouvons. Elle fait passer en douce les tracts écrits et imprimés par son frère. Elle est jeune, assez passe-partout, elle se porte volontaire pour acheter les timbres en quantité.
Dans cette dictature allemande, leur action est encore secrète. Mais le mouvement étudiant dont elle fait partie veut aller plus loin, veut faire bouger les consciences. Cette nouvelle étape de distribution active des tracts, en plein jour, au sein de l'université, sera leur dernière activité. Ce mois de février 1943 est le dernier de sa vie.
L'image est violente, connue, ces tracts sur les marches des escaliers, sur la rambarde au deuxième étage, envoyés dans le vide et s'éparpillant à la vue de tous. Sophie et son frère Hans sont arrêtés, condamnés à morts et guillotinés.

Sophie est courageuse, même prise, elle répond avec aplomb à l'inspecteur qui l'interroge. Elle n'aura pas la force de s'insurger contre le juge comme le fera son frère mais elle aura tout de même quelques réparties.
Le roman nous laisse entrevoir qu'elle aura pu avoir une sanction plus douce, sans vendre ses amis, juste dire qu'elle était entrainée par les plus grands, par les hommes. Mais elle refuse, elle souhaite rester "droite", consciente.

"Et voilà qu'il nous lâche cette énormité: Vous feriez mieux de donner des enfants au Führer au lieu de perdre votre temps à étudier! Indignation, tu penses bien." Oui les femmes aussi comme représentantes de l'esprit critique.

La peur est latente mais la conscience politique, de liberté, est encore plus forte. L'accent est mis, dans ce documentaire, entre la partie romancée et la présentation des autres résistants encore aujourd'hui de part le monde, sur la jeunesse des activants. Ils se sacrifient, ont de l'audace.
Encore plus pour ces jeunes allemands, éduqués par les jeunesses hitlériennes, où le sport, la nature, le compagnonnage donnent une image de vitalité et de fierté tout en sclérosant les esprits.
Le livre se termine par la chronologie de la jeune femme et ses photos, pour bien ancrer nos mémoires.

Lily vous propose un magnifique billet, merci à elle pour cette lecture.

dimanche 6 juillet 2014

L'Histoire de la France en BD

Je voyais beaucoup de jeunes lecteurs avec cette BD dans les mains. Une BD avec un apport historique, cela pouvait être tentant. Surtout avec ce nouveau format peu cher et tout petit: au lieu de trois tomes, comptez-en six.

© Dominique JOLY et illustré par Bruno HEITZ/ École des loisirs


"L'Histoire de la France en BD, de la préhistoire à la Gaule celtique" de Dominique JOLY et illustré par Bruno HEITZ permet en un minimum de pages d'avoir devant les yeux les principaux éléments de chaque période.
Un grand-père a ses petits enfants chez lui pour les vacances: il est bavard et adore l'Histoire, ils ont oublié leurs jeux vidéo. Et l'Histoire se déroule. Les premiers hommes apparaissent avec leur caractéristique (habitat, alimentation, vêtement et art) mais aussi les particularités françaises des découvertes sur notre territoire. Puis l'affrontement des celtes et des romains est bien expliqué, sans oublié une référence à "Astérix et Obélix". Les premiers échanges, le melting pot, les invasions sont présentés.

© Dominique JOLY et illustré par Bruno HEITZ/ École des loisirs

Les illustrations de Bruno HEITZ allient une sorte de droite lignée BD belge avec une simplicité du trait, sans trop de détail et plus une vue en général.

 © Dominique JOLY et illustré par Bruno HEITZ/ École des loisirs

Tout est clair: les dates à retenir, les personnages importants, une idée des us et coutumes. Mais c'est presque trop factuel, un exposé sans passion. Si vous souhaitez un résumé assez scolaire, bien fait et précis, et juste cela, cette proposition est parfaite.

samedi 5 juillet 2014

Au temps de Christophe Colomb

L'histoire est une matière passionnante mais être capable de souplesse en chronologie est une gageur. La collection "Que se passe-t-il dans le monde?" aux éditions Flammarion propose aux jeunes lecteurs de suivre un moment fort de l’histoire et ce qui se passe ailleurs sur le globe.

© Thierry DELAHAYE et Marie de MONTI/ Flammarion

"Au temps de Christophe Colomb" de Thierry DELAHAYE et Marie de MONTI nous présente plus de 100 ans de faits entourant la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, soit la période de 1415 à 1533.
En proposant la découverte du monde, essentiellement par les Espagnols et les Portugais, nous découvrons la représentation que se font ceux qui écrivent l'histoire: une nouvelle géographie mais aussi d'autres rapports aux autres nations et aux richesses.
D'autres faits marquent les empires, chinois, ottoman, inca ou africain et ne laissent pas de côté les ethnies plus fragiles.

© Thierry DELAHAYE et Marie de MONTI/ Flammarion

Des personnages du monde culturel ou lettré se retrouvent dans leur contexte, comme Leonard de Vincy, Comte Dracula, Gutenberg, ainsi que des architectures, des mets locaux (épices, chocolat), des métiers.

© Thierry DELAHAYE et Marie de MONTI/ Flammarion

C'est une idée de la Renaissance en Occident et, ce que nous connaissons moins, quelques étapes clefs de l'histoire de l'Orient ou de l'Afrique. Les présentations sont courtes et mettent en évidence les noms ou les points clefs. Les anecdotes sont à même d'harponner les jeunes lecteurs, avec assez d'exotisme, de découvertes, d'aventures, de merveilles et de brutalité.

© Thierry DELAHAYE et Marie de MONTI/ Flammarion

Les plus sont aussi cette planisphère présentant le lieu de l'évènement, un glossaire sur le côté ou à la fin et ces languettes de dates.
Les illustrations sont très belles, colorées et avenantes et donnent un cachet supplémentaire au documentaire.