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mercredi 16 mai 2018

A qui est ce squelette?

© Henri CAP, Raphaël MARTIN et Renaud VIGOURT/ Seuil jeunesse

" A qui est ce squelette?" d'Henri CAP, Raphaël MARTIN et illustré par Renaud VIGOURT est un documentaire parlant de zoologie à partir d'un axe ludique: les os.

© Henri CAP, Raphaël MARTIN et Renaud VIGOURT/ Seuil jeunesse

Oui, ça intrigue, ça fait peur, c'est stylisé! Avec un parti-pris très coloré orange fluo, des contours et un texte bleu foncé, le livre se veut enthousiasmant avec des fenêtres à ouvrir, des textes courts mais exigeants.

© Henri CAP, Raphaël MARTIN et Renaud VIGOURT/ Seuil jeunesse

Les particularités des os sont présentés: solidité, couleur, longévité, poids, rôle, exosquelette ou endo. Il y aura des devinettes, rendre un crâne à son possesseur ou tout son squelette.
Et plus encore, l'os est distingué du cartilage (sans nerfs et vaisseaux sanguins contenu dans les oreilles ou les arêtes), des bois de cervidés, des cornes de bovins (ou girafe) et des dents... mais pas forcément des plumes (de calmar!).

© Henri CAP, Raphaël MARTIN et Renaud VIGOURT/ Seuil jeunesse

A travers les doubles pages thématiques, les premiers vertébrés sur terre apparaissent. Suivent des comparaisons: les articulations comme les pattes, les mains. Une question d'assemblage mais aussi de pousses opposables, de plantigrades ou digigrades, de combat moins déséquilibré qu'il n'y parait entre prédateur et proie.
Le documentaire offre ainsi des focus pour entrevoir l'évolution des êtres vivants vertébrés par l'exemple, la comparaison et les similitudes des os.

vendredi 13 avril 2018

Petites et grandes histoires des animaux disparus

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

Toujours un œil tourné vers les documentaires jeunesse, je ne pouvais que fondre pour la proposition "Petites et grandes histoires des animaux disparus" d'Hélène RAJCAK et illustré par Damien LAVERDUNT. Ce duo m'avait enthousiasmée sur la microfaune. Un livre que l'enseignante du lutin au collège voudrait m'emprunter toute une année scolaire.
Mais quoi de nouveau sous le soleil? Surtout sur un sujet que j'aime retrouver, la zoologie et la paléontologie. Il y a un beau lien entre une bébête marante, une anecdote scientifique ou mythologique et une première sensibilisation au danger de l'extinction des espèces.

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

En suivant une répartition géographique par continents, des portraits d'animaux disparus se présentent avec quelques informations, sa classification, sa taille ramenée à celle de l'homme, son lieu d'habitat et sa date d'extinction, mais aussi quelques éléments morphologiques. La rhytine, le drépanide Mamo aux plumes restant sur les habits d'apparat, le mammouth laineux, le thylacine (hyène, loup, tigre... kangourou?!)...
Mais la page de droite, sous forme de bande dessinée, décrit le rapport à l'homme: le naturaliste qui l'a découvert, l'histoire de sa découverte scientifique et les égarements possibles, les conséquences des besoins humains (nourriture) mais aussi une histoire de l'homme, de ses immigrations ou colonisations.

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

Il n'y a pas que la réalité, même amoureuse, qui s'inscrit dans ces pages. La mythologie grecque avec le Lion de Némée tué par Hercules ou l’œil du cyclope, les légendes moyen-orientales avec l'oiseau Roc de Sindbad le marin mais aussi d'autres plus locales, celle des Mikmaq réducteurs de castors, celles de Madagascar (un lémurien pinceur de fesses), celle des Maoris grâce à une immense "autruche", chinoise avec une princesse noyée par deux fois (plus humaine, ni même dauphin).

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

Et puis ce sont des éléments encore plus complexes qu'une extinction parce que cibles de l'homme. Ce sont des relations entre les espèces, le dodo et l'arbre Tambalacoque par exemple, le volatile aidait à la germination des graines en les prédigérant. C'est aussi une idée de responsabilité par les espèces introduites, une question de timing.

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

Pour finir plus joyeusement, apparemment certains spécimens ne sont pas éteints: Saluons le presque centenaire George, la tortue géante des Galápagos!
J'étais passée à côté pensant avoir affaire à une énième présentation de bestioles sans vraiment de fond, erreur! C'est un documentaire bien construit!


vendredi 9 mars 2018

Inventaire illustré des dinosaures

Bon, vais-je encore dire tout le bien que je pense des propositions de ce duo, Virginie ALADJIDI et Emmanuelle TCHOUKRIEL?
Vais-je rappeler mon opinion sur ces inventaires, de quoi mettre de la vie sur une diversité animale ou végétale, de quoi allier images et mots spécifiques, de quoi se familiariser aussi avec une classification du vivant?

© Virginie ALADJIDI et Emmanuelle TCHOUKRIEL/ Albin michel jeunesse

Oui, peut-être encore un peu. "L'inventaire illustré des dinosaures" aurait pu être de trop par chez nous. Un fiston avec une période jurassique, crétacé et trias importante. Des figurines. Quelques bons documentaires sur la question. Et pourtant.
Le parti-pris est toujours de vous présenter un candidat. Il n'est pas tant à échelonner ou à distinguer parmi les autres mais bien, mis en avant pour ce qu'il est. Alors oui, vous trouverez le Tyrannosaure rex (poilu), un diplodocus, un stégosaure, un ankylosaure, un cératops ou un raptor (entre autre vedette), c'est pourtant ailleurs que se situera l'intérêt. Dans la présentation des saurischiens ou ornithischiens, et aussi, au au fur et à mesure des pages, les représentants de très très nombreuses familles (compsognathidés, vulcanodontidés, troodontidés, hadrosauridés, droméosauridés,...). 
Une succession de portraits en pied (43) amène chaque dinosaure à être découvert seul mais classé zoologiquement. Quelques éléments épiques sont accompagnés par des anecdotes sur les découvertes en elles-même (les erreurs des chercheurs, leurs hypothèses).
Un lézard souris mais qui atteindra 3 mètres devenu adulte. Des pieds d'éléphant devant et griffues derrière. Un casque bombé mais trop faible pour les combats, des plumes d'apparat, des cous qui ne peuvent pas se redresser, une distinction de chaine alimentaire sans à priori: ils sont dessinés en mouvement mais pas en situation.

L'introduction est aussi toujours intéressante. Les indications de l'illustratrice, quant au choix artistique. Les couleurs, les plumes ou les poils, seront potentiellement remis en question par les futures découvertes.
Et en plus, l'entretien avec la paléontologiste, Claire Peyre de Fabrègues, apporte des éléments sur le métier (travail de bureau et fouilles), les études pour y arriver ou les autres métiers qui "touchent" aux dinosaures. Des détails pour amener les vocations comme les nouvelles découverte, observation de la matière organique (même les globules rouges), changement d'optique sur les attitudes, les dinosaures ne semblent plus apathiques mais bien très dynamiques, la différenciation mâle et femelle...

Le tout est merveilleux, à lire période par période ou une page au hasard.

© Virginie ALADJIDI et Emmanuelle TCHOUKRIEL/ Albin michel jeunesse

Seul minime bémol: j'aime leur format souple avec stickers (moins cher)... il faudra attendre encore pour certains thèmes. Je les rappelle: fleurs, montagne, oiseaux, insectes, mer, arbres, fruits et légumes, merveilles du monde, animaux (et je dois en oublier). En listant je me rends compte que je ne vous les ai pas tous présentés... erreur! Mais l'intérêt est là quelque soit le sujet que vous choisirez!

mardi 6 mars 2018

Au commencement

Je prends moins le temps de partager avec vous mes découvertes littéraires mais je lis encore de nombreuses propositions enthousiasmantes. Je reviendrais en 2018 avec peut-être plus de fréquence.





© Henri MEUNIER et Vincent BERGIER/ Seuil jeunesse


Ici un documentaire sorti à la rentrée 2017, parfait pour les petits curieux. "Au commencement" d'Henri MEUNIER et illustré par Vincent BERGIER présente la vie.
Le rien, puis la chaleur, l'atmosphère et puis le premier signe de vie. Ce pourrait être un énième documentaire sur la naissance de la vie mais le parti-pris, réussi, est de personnifier chaque élément et de marquer avec humour les jeunes esprits.
Ce n'est pas une profusion d'informations mais quelques éléments, étapes clefs, du passage du bouillon de culture à nous. J'ai un coup de foudre pour les premières pages ne parlant que de l'atmosphère et des premières cellules. Pas encore d'animal, juste des bactéries, puis des eucaryotes si sympathiques, enfin des plantes, des mousses, des champignons et des méduses.
Bien-sûr vous aurez les dinosaures, les insectes géants et un mammifère qui se prend pour un tigre à dents de sabre (quand les poules n'auront plus de dents!).

© Henri MEUNIER et Vincent BERGIER/ Seuil jeunesse

Ce ne sont que des dialogues d'éléments de vie (plus une date en début de chaque double page). Ils se parlent et jouent sur les références. Alors oui le livre est destiné à un jeune public mais une seconde lecture est tout à fait possible et jouissive pour les plus grands, adultes compris. Des références de jeux (lego), cinématographiques mais aussi des idées sur la théorie de l'évolution ou même ce que nous connaissons maintenant d'elle. C'est drôle, simple et pourtant une belle ouverture sur d'autres découvertes.

© Henri MEUNIER et Vincent BERGIER/ Seuil jeunesse

Peu de texte donc et une illustration très claire en font un documentaire à lire et relire, dans l'ordre chronologique (voire même pas).

vendredi 22 décembre 2017

J'offre des livres jeunesse... pas vous? 4/... choix d'une Marraine

Oui, il ne vous reste plus beaucoup de temps, filez donc chez votre libraire jeunesse de quartier.

Voici quelques livres offerts pour accompagner des soirs de lecture, offerts pour les enfants auditeurs mais aussi pour leurs parents que j'aime tant... 
du partage, de la découverte, des émotions accompagnées et aussi... beaucoup de moi entre les lignes.
Pour une toute petite, une un peu moins petite et assez grande pour être en maternelle et pour un petit grand au début de l'école primaire.


Des liens pour les livres dont j'ai déjà parlé, de petites indications pour les autres:
Un peu de magie sans être tout à fait conventionnel:
des contes de fée:
"A l'intérieur des méchants" de Clotilde PERRIN: un livre bien trop court mais grand format et offrant des rabats amusants et de très très nombreux détails sur une multitude de contes et quelques résumés, un peu d'ogres, de loups et de sorcières... de l'humour, une autre manière de regarder les affreux, un délice!
et maintenant "A l'intérieur des gentils" pour découvrir qu'ils ne le sont peut-être pas tant.

****des histoires racontées autrement,
un "Garmann" de Stian HOLE
"Adieu Chaussette" de Benjamin CHAUD ou pour plus jeune un de ses Pomelo comme "Pomelo grandit" écrit par Ramona BADESCU
"N'y a-t-il personne pour se mettre en colère" de Toon TELLEGEN et illustré par Marc BOUTAVANT

****
pour partager la découverte du monde, même aussi loin de nous, de l'autre côté d'un continent:
"Cartes" d'Alexandra MIZIELINSKA et Daniel MIZIELINSKI
"Sous l'eau, sous la terre" du même duo
"Inventaire illustré de la mer" de Virginie ALADJIDI et illustré par Emmanuelle TCHOUKRIEL
"Comment fabriquer son grand frère, un livre d'anatomie et de bricolage" de Anaïs VAUGELADE, coup de coeur que je n'ai que feuilleté où comment parler de notre corps avec humour. Le fait de fabriquer un robot permet aussi de déplacer le réel biologique tout en donnant les bonnes informations.

jeudi 23 novembre 2017

Kodhja

Il arrive du désert, il a hâte. Le heurtoir choqué, les portes s'ouvrent, le voilà entre les remparts de la cité de Kodhja. Personne, ni pour surveiller les arrivants, ni pour l'accueillir. Il cherche à être reçu par le roi. Mais rien n'est simple. Il lui faudra trouver la salle du trône seul dans ce labyrinthe. Non, pas tout à fait. Un être aux multiples visages vient l'aider ou se jouer de lui.

© Thomas SCOTTO et Régis LEJONC/ Thierry Magnier

Avoir une audience avec ce roi si sage, "le seul à pouvoir lui redonner ce qu'il avait étrangement oublié sur ses années de chemin: le goût de son prénom, la place de sa tête sur ses épaules et la bonne direction à prendre pour avancer." Nombreux sont les visiteurs qui veulent la même chose. Il faut oser se perdre dans le labyrinthe de la cité, s'entêter sans faille. La cité elle-même joue des tours.

© Thomas SCOTTO et Régis LEJONC/ Thierry Magnier

Avec "Kodhja", Thomas SCOTTO et Régis LEJONC proposent un album géant aux allures de contes pour petits et grands enfants. Accompagné d'un texte clair et sobre, le héros déambule dans un univers onirique, fantasmé et empli de références culturelles. L'impact de la lecture est ainsi prolongé. Lecture offerte par un adulte sans présentations des personnages (peut-être) jusqu'à la lecture après rencontre dans d'autres univers et voilà le lecteur s'ouvrant une boite de souvenirs et d'impressions.

© Thomas SCOTTO et Régis LEJONC/ Thierry Magnier

Les illustrations travaillent aussi de ce labyrinthe. Les aplats de couleurs amènent les personnages à être juste un élément des décors. L'impression de murs gigantesques, de brume, une certaine oppression dans les formes et les détours géométriques, chaque page tournée est une étape. Des peurs, des inspirations d'autres univers enfantins, des détours. Chaque case est fermée jusqu'à l'ouverture finale.
Superbe!

© Thomas SCOTTO et Régis LEJONC/ Thierry Magnier

mardi 31 octobre 2017

Fossiles, géologie, dinosaures... paléontologie pour enfants

En achetant le dernier sorti de la collection "Dame nature", je ne peux que confirmer qu'il correspond en tous points à ce que j'aime dans les documentaires jeunesse, de la précision, de l'humour et de la curiosité aiguisée.
Ce sont toujours les mêmes formats, une double page par élément, avec une classification scientifique et son illustration la plus exacte possible, une anecdote et une accroche humoristique avec des illustrations cette fois-ci plus farfelues. Le tout est présenté par grandes thématiques avec une échelle des temps géologiques et peut se lire dans n'importe quel sens.
Voici une petite sélection paléontologique et géologique, parfaite pour accompagner une grande leçon Montessori. Nous devons le texte de ces trois livres à Martial CAROFF et les illustrations naturalistes à Matthieu ROTTELEUR.


© Martial CAROFF, Matthieu ROTTELEUR, Pierre-Yves CEZARD, Benjamin LEFORT / Gulfstream

***

"Dinosaures délirants et fossiles affolants" du duo et illustré aussi par Pierre-Yves CEZARD met en avant la faune très populaire des premières ères de notre terre. Pour ceux qui sont déjà intéressés par le sujet, l'opabinia, le trilobite, le pikaia deviennent encore plus incarnés. La part belle est aussi faite aux grandes terreurs - il faut bien des méchants dans toutes les histoires - le mégalodon, le titanoboa, le dunkleosteus par exemple. Les thématiques sont accrocheuses, les créatures sont abracadabrantes, étonnantes à coquilles, extravagantes articulées, rampants, (dinosaures) à plumes, biscornues.

© Martial CAROFF, Matthieu ROTTELEUR, Pierre-Yves CEZARD / Gulfstream

Et puis les mises en situation sont toujours aussi amusantes, nous aurions pu être les descendants de l'hallucigenia, un robot de cet imposant boa existe, non le déluge n'est pas une donnée scientifique et les trilobites n'ont rien à y voir.

© Martial CAROFF, Matthieu ROTTELEUR, Pierre-Yves CEZARD, Marion MONTAIGNE / Gulfstream

Comme toujours aussi ce sont les doutes, les errements des scientifiques qui apparaissent aussi entre les lignes: ils se trompent, se chamaillent. Les découvertes sont nombreuses et pourquoi pas récentes (avec les nouvelles technologies), ici un serpent à pattes, un coquillage spiralé devient dentition de requin, des pattes redeviennent des épines dorsales, des écailles des plumes, de la peau réapparait, reste le charme des couleurs totalement inventées.

© Martial CAROFF, Matthieu ROTTELEUR, Pierre-Yves CEZARD / Gulfstream

Dans ce dernier livre cependant, le texte est souvent extrait de contes ou légendes et pas forcément de contenus plus aboutis, sûrement dû au fait du manque de matière sur ces spécimens. Vous y aurez même des références à certains jeux vidéos. Mais vous retrouverez le nom des découvreurs, la date donc pas de quoi piaffer tout de même.

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"Les fossiles ont la vie dure!" du duo et illustré aussi par Benjamin LEFORT nous entraine dans les premières formes de vie sur Terre. Il met l'accent sur la manière dont elles nous sont connues (le processus de fossilisation lui-même) et sur un fond scientifique important.
Les thèmes amusants (les fossiles qui se trouvaient vieux, mous, comptaient sur leurs coquilles, ont fait de vieux os, imprimaient, luttaient), présentent des échantillons caractéristiques de preuves de vie.

© Martial CAROFF, Matthieu ROTTELEUR, Benjamin LEFORT / Gulfstream

En dehors de leurs caractéristiques individuelles, c'est une classification du monde du vivant qui apparait ainsi que son évolution, des premières bactéries que sont les stromatolites jusqu'aux vertébrés.

© Martial CAROFF, Matthieu ROTTELEUR, Benjamin LEFORT / Gulfstream

Ne sont pas seulement présentés les chers dinosaures (sauropodes, théropodes) ou les mammifères marins comme les ichtyosaures mais tout un panel incluant les gastéropodes, les cnidaires, les bivalves, les brachiopodes, les céphalopodes, les insectes par exemple. La faune et l'empreinte d'un moment ne sont pas sous-estimées. Une idée des relations entre les espèces est retranscrite aussi.

A travers les pages, les grands moments de l'évolution de la vie sur terre apparaissent, des moments éphémères (en rapport à l'échelle gigantesque des ères géologiques) comme de grandes périodes: l'explosion cambrien, différentes extinctions de masse etc...
Comme à chaque fois, les scientifiques et le contexte des découvertes peut être mentionnés comme l'intérêt de chaque spécimen par exemple les fossiles stratigraphiques importants pour les repères ou d'autres offrant des énigmes à long terme.

© Martial CAROFF, Matthieu ROTTELEUR, Benjamin LEFORT / Gulfstream

C'est aussi l'occasion d'anecdote, de références littéraires ou mythologiques, la cnidaire méduse appelée ainsi en rapport avec la gorgone grecque.

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"Les pierres qui brulent, qui brillent, qui bavardent" du duo et illustré aussi par Marion MONTAIGNE
Cela peut paraitre plus compliqué de parler de pierres, parce qu'ici oui, le vulgaire caillou côtoie la pierre précieuse. Justement, le parti pris est de montrer que les pierres parfois moins extraordinaires offrent des informations sur la vie de la Terre.
Vous trouverez bien-sûr dans les huit chapitres les trois types de pierres, sédimentaires (pierres qui paressent, comme la craie), magmatiques (brulent, comme la pierre ponce) et métamorphiques (se tourmentent, comme le gneiss ayant servi à la statue taille réelle du pharaon Kephren), mais aussi les aspects de la pierre, bulleuse, vitreuse, transparente, friable, géométrique, veiné, amoncellement de coquillages etc...

© Martial CAROFF, Matthieu ROTTELEUR, Marion MONTAIGNE / Gulfstream

Sont présentés aussi les fossiles (pierres qui photographient), rapidement mais avec l'avantage de mettre au même niveau les fossiles des animaux, des environnements (une pluie, des vagues, des empreintes) et des forêts. Pour plus de simplification, les pierres qui ont de l'énergie rassemblent aussi d'autres éléments que des pierres, les hydrocarbures (pétrole) ou les carbohydrates (charbons). Et puis il y a celles qui brillent, osent ou surprennent: les pierres précieuses ou semi-précieuses, celles aux dimensions impressionnantes, les dangereuses (l'amiante par exemple connue pour sa dangerosité depuis Pline l'ancien).

© Martial CAROFF, Matthieu ROTTELEUR, Marion MONTAIGNE / Gulfstream

Et toujours, vous retrouvez des anecdotes humoristiques, des péridots à la place d'émeraudes, une cathédrale qui se désintègre, un éléphant en craie.
Les informations scientifiques sont présentes dans la description, le lieu de gisement mais aussi dans une approche d'histoire de la géologie (par exemple l'évolution de thèse sur la transformation des pierres: érosion de l'eau, Neptuniens, ou effets volcaniques, Plutoniens).
Et comme à chaque fois, l'anthropomorphisme fonctionne très bien pour rendre ce documentaire alléchant.

dimanche 29 octobre 2017

L'hiver ensorcelé de Moomin

Oserais-je le dire? Oui, j'aime énormément Tove JANSSON, ses nouvelles, son univers et les bandes dessinées préparées avec son frère Lars. Et pourtant je n'ai pas été complètement sous le charme des deux livres jeunesse lus: "Moomin le troll, le chapeau du magicien" et "Les mémoires de Papa Moomin". Les récits étaient décousus, et pourtant, que d'extraits magnifiques.
Mais voilà le tome qu'il me fallait: "L'hiver ensorcelé de Moomin" (ou "Un hiver dans la vallée de Moumine" ancienne version aux éditions Fernand Nathan) est d'une beauté du début à la fin. Plus lisible, toujours aussi poétique mais aussi plus fluide.

© Tove JANSSON/ Le petit lézard

Moomin vit dans la vallée des Moomins avec sa famille, son père, sa mère, Mademoiselle Snorque. Et à chaque automne, ces trolls hippopotamesques ferment la maison, la calfeutrent et hibernent jusqu’au printemps en s'endormant dans leur lit.
Mais cette année Moomin se réveille en plein hiver. C'est une catastrophe, il fait froid, rien ne ressemble à sa vie normale, la vallée est méconnaissable. Il est seul, triste et ne souhaite qu'une chose, réveiller sa mère. Mais rien n'y fait.
Il rencontre Tou-ticki qui a pris ses quartiers dans le cabanon de bain de la famille Moomin. Elle parait sans gène, se servant des affaires des Moomins avec les musaraignes invisibles, ses amies. Et puis il y a cet écureuil un peu étourdi qui réveille la petite Mu, feu follet un peu égoïste. Et les autres qui ne trouvent pas de nourriture et ont appris que dans la vallée des Moomins il y avait une cave pleine de pots de confiture. Oui mais ce sont toutes les réserves de Maman Moomin. Peu à peu la vallée accueille tous les laissez pour compte.
"Que viennent les muets
seuls et timides
sauvages et tranquilles"
Et Moomin est désolé, nostalgique de son été, effrayé par cette population inconnue, respectueuse dans endormis mais pas forcément de leurs affaires. Ils sont nourris de soupes et de confitures. Et ne sont pas forcément aimables. Repartiront-ils au printemps? Et cet émule si peu agréable qui skie toute la journée?
Et que dira Maman Moomin de ces objets utilisés à d'autres fins et abimés, ou disparus, de cette vaisselle non faite, des pots de confiture vides, du banc du jardin parti pour un bucher de joie.

L'histoire nous entraine dans ces journées longues et noires. Très noires car durant quelques temps, des jours, des semaines, le soleil ne se lève pas. Nous découvrons la neige, les aurores boréales, la mer gelée, l'effrayante Dame de glace, la non moins mystérieuse Courabou. Tou-ticki est l'hôtesse de la saison, celle qui appelle les démunis, met en garde des dangers, accompagne Moomin. Son bonnet rouge marque la chaleur dans la saison, elle acclamera le printemps aussi, à sa manière. Avec elle, Moomin prend patience, de ce premier jour où le soleil reviendra, juste un peu. Elle est de celles que personne pense à remercier quand elle réchauffe les héros après leur aventure. Et puis il y a Maman Moumine, elle aussi réconfortante.
L'hiver est magnifié mais n'est pas doux: froid, luminosité, gel, manque de nourriture. L'auteure nous offre des sensations, des images, des bruits, de la festivité et de la musique. Les inconnus sont accueillis même incompris, les ancêtres ont leur place. Pendant un hiver la maison de Moomin a servi de décors à une autre vie qui ne semble pourtant pas parasitaire.

© Tove JANSSON/ Le petit lézard

Voilà la force de Tove JANSSON: laissez à ces lecteurs/héros le temps d'appréhender les choses, seuls tout en étant accompagnés, leur laissez la liberté, celle aussi de se tromper et de voir le beau derrière la gêne. Les bons sentiments sont là mais ils ne sont pas seuls.
Et puis tout est poésie: un cheval de neige, une pêche sur un rocher sous la glace.

© Tove JANSSON/ Le petit lézard

Tou-ticki et Mu, la sérénité et le grain de folie. Quoique: "Elle frottait les carreaux rouges et verts pour que la première mouche de l'été soit contente."


mardi 17 octobre 2017

Dans les tiroirs jeunesse

Faire du tri, pas encore de tri par le vide mais une autre manière de présenter les étagères.

*Norman Rockwell "Crackers in bed"

Ici la littérature jeunesse dont j'aime tant parler. Quelques pistes...

L'âge du lecteur:
- la catégorie "Maman ou Papa lit" : les livres lus par les parents, limite d'âge aucun et le plus tôt sera le mieux
- la catégorie "Je lis seul": à partir de 6 ans
- la catégorie "Premiers romans" : les premières propositions de lecture assez longue, à partir de 9 ans
- les "romans pour adolescents" sont un peu à part, pris seuls

Les thèmes abordés:
- L'adolescence
- L'alimentation
- L'amitié
- L'amour
- L'architecture
- L'art
- L'autisme
- L'autre
- L'aventure
- L'école
- L'écrit
- L'enfance
- L'histoire
- L'univers
- la beauté
- La communication
- La mort
- La musique
- La mythologie
- La nature
- La nuit
- La philosophie
- La propreté
- La religion
- La sagesse
- La temporalité
- La vie
- Le corps
- Le fantastique
- Le handicap
- Le monde
- Le respect
- Le voyage
- Les chats
- Les chevaliers
- les chevaux
- Les contes
- Les couleurs
- Les dangers
- Les dragons
- Les émotions
- Les filles
- Les garçons
- Les indiens
- Les légendes
- Les loups
- Les mathématiques
- Les monstres
- Les ogres
- Les parents
- Les pirates
- Les rêves
- Les sciences
- Noël

Les idées cadeaux:
- Spécial documentaires
- Spécial filles
Et j'ai aussi parlé ailleurs, voici ici quelques autres billets de littérature jeunesse

mercredi 12 juillet 2017

Le bébé tombé du train ou quand l'amour d'une mère est plus fort que tout

Mettre la main sur une proposition de la collection Trimestre des éditions Oskar est toujours une belle expérience. Un des seuls que je n'ai pas. A chaque fois, les titres sont à rallonge. A chaque fois, c'est une petite soupape de sensations.

© Jo HOESTLANDT et Andrée PRIGENT/ Oskar

"Le bébé tombé du train (ou quand l'amour d'une mère est plus fort que tout)" de Jo HOESTLANDT et illustré par Andrée PRIGENT est un court album proposant un texte fort et une illustration très stylisée - parti-pris de la collection. Comme à chaque fois il faut patienter pour comprendre la seconde partie du titre. Ici la maman est absente... ou presque.
Anatole a 60 ans, est solitaire, grincheux et aigri. De sa vie, nous ne savons pas grand chose sauf qu'il ne rencontre jamais personne, n'ouvre sa porte à personne, n'a besoin de personne, ne rend service à personne. Son monde est sa maison sans grand chose à l'intérieur, son jardin avec le potager nécessaire et une ligne comme un mur, le chemin de fer. Des trains passent mais cela n'intéresse pas Anatole. D'ailleurs rien ne l'intéresse.

© Jo HOESTLANDT et Andrée PRIGENT/ Oskar

Et puis il le prend pour un déplacement de crapaud, ce mouvement dans le potager. C'est un bébé qui rampe. Il appartient bien à quelqu'un mais dans ses yeux, une lueur brille, une étoile "comme s'il le reconnaissait". Anatole le garde, et "tout ce que jusqu'ici, il faisait pour lui tout seul, il le fit pour deux. Et cela changeait considérablement les choses." Il prends soin du bébé, qui grandit, lui nomme les choses quand c'est en fait l'enfant qui lui apprend à les regarder. Leur monde est cette maison, ce jardin/monde.

Il y a ce lien, cet attachement, cette responsabilité. "Alors ce regard d'enfant, posé sur lui comme un papillon sur une fleur, c'était un sentiment étrange pour le vieil homme, étrange vraiment... Presque intimidant..." Et puis l'ouverture au monde. La mère revient et l'histoire s'éclaire différemment, dans un grand ensemble.
Les illustration en noir, blanc et jaune, laissent beaucoup de place au texte. Elles apportent aussi leur part de poésie, tableau du concrêt, figuratif et pourtant tournant vers l'abstrait et le symbolisme (couleur et chemin formé).

© Jo HOESTLANDT et Andrée PRIGENT/ Oskar


mercredi 5 juillet 2017

Le chien que Nino n'avait pas

Le lutin a grandit, il va sur ses 11 ans. Je ne peux presque plus prétendre que les albums jeunesse que j'achète sont pour lui. Presque. Comment donc continuez une bibliothèque jeunesse d'album quand le loupiot en lit beaucoup moins? Bon, sans être dupe je me dis que, bien évidement, certains albums arrivent à la maison pour lui mais aussi beaucoup pour moi. Oui, pour moi l'adule, pour mon plaisir de lectrice, adulte.

© Edward VAN DE VENDEL et Anton VAN HERTBRUGGEN/ Didier jeunesse

Certains albums (oui oui pas tous!!) sont de vrais pépites de poésie et comme des livres d'art.
Tenez par exemple, celui-ci, emprunté à la bibliothèque, pour lequel j'ai tant d'affection que je me dis qu'il faudra bien l'acheter. Pourquoi lui plutôt qu'un autre? Déjà une pâte d'écrivain avec Edward VAN DE VENDEL que j'aime suivre. Super Gloupi offrait des courts poèmes sur l'enfance, les bêtises, la candeur, la spontanéité.  L'enfance mais aussi les jeux dehors, à l'abri, en fuite, l'autre mystérieux ou la mort avec le magnifique "Petit lapin stupide". Donc pour le sujet et son traitement. Et quelle merveille d'illustration!

Dans le titre de cet album, "Le chien que Nino n'avait pas" d'Edward VAN DE VENDEL et illustré par Anton VAN HERTBRUGGEN, tout est dit. Oui et puis tellement non. Nino est seul et invente un chien. Ce dernier aimerait poursuivre les écureuils, plonger dans l'eau. Personne ne le voyait, ni la grand-mère, ni la maman... si peut-être quand il faisait le foufou. Et puis un vrai chien apparait, pas pareil mais c'est bien aussi.

© Edward VAN DE VENDEL et Anton VAN HERTBRUGGEN/ Didier jeunesse


De très courtes phrases nous entrainent dans la vie de ce garçon, seul et qui s'ennuie. Mais c'est surtout le manque du père qui apparait. Un papa rarement là qui voyage, découvre des pays. Et puis c'est une envie d'aventure, les rencontres, mais surtout l'ailleurs, l'inconnu.
C'est l'histoire d'une parenthèse, d'une frustration, entre l'enfance et l'âge adulte de tous les possibles mais traité de manière extrêmement poétique.

© Edward VAN DE VENDEL et Anton VAN HERTBRUGGEN/ Didier jeunesse

Anton VAN HERTBRUGGEN plante un décor d'aventurier. Une maison perdue en pleine nature, des meubles qui trainent dehors, un jardin qui ne s'arrête pas. Et puis cette chambre d'enfant fantastique où des robots côtoient des voitures, des masques ethniques, des fusées, un globe terrestre.
L'illustrateur utilise des couleurs comme passées, donnant un aspect désuet, sépia sans l'être. Les arbres, les meubles, la maison se confondent dans l'atmosphère.
Et puis il y a les animaux fantômes. Des croquis à l'encre, dynamiques, colorés entourant le père et juste imaginés pour l'enfant.

C'est un magnifique album grand format!

samedi 18 février 2017

Roc, Rokh, Rukh ou Rukhkh - Sindbad le marin et Aladdin



"En jetant les yeux sur la mer, je ne vis que de l'eau et le ciel; mais, ayant aperçu du côté de la terre quelque chose de blanc, je descendis de l'arbre, et, avec ce qui me restait de vivres, je marchai vers cette blancheur, qui était si éloignée que je ne pouvais pas bien distinguer ce que c'était.
Lorsque j'en fus à une distance raisonnable, je remarquai que c'était une boule blanche d'une hauteur et d'une grosseur prodigieuses. Dès que j'en fus près, je la touchai et la trouvai fort douce. Je tournai à l'entour pour voir s'il n'y avait point d'ouverture; je n'en pus découvrir aucune, et il me parut qu'il était impossible de monter dessus, tant elle était unie. Elle pouvait avoir cinquante pas en rondeur.
Le soleil alors était prêt à se coucher. L'air s'obscurcit tout à coup comme s'il eût été couvert d'un nuage épais. Mais, si je fus étonné de cette obscurité, je le fus bien davantage quand je m'aperçus que ce qui la causait était un oiseau d'une grandeur et d'une grosseur extraordinaires, qui s'avançait de mon côté en volant. Je me souvins d'un oiseau appelé roc dont j'avais souvent ouï parler aux matelots, et je conçus que la grosse boule que j'avais tant admirée devait être un oeuf de cet oiseau. En effet, il s'abattit et se posa dessus, comme pour le couver."


"- Je pense qu'il ne manque qu'une chose à ce palais pour être le plus beau du monde. On m'a dit que sur le mont Caucase vivait le rokh, un oiseau d’une grandeur prodigieuse, et que ses œufs étaient d'une splendeur inouïe...
[....] Aladdin [...] sortit de ses habits la lampe qui désormais ne le quittait plus et la frotta. Le génie apparut.
- Il manque à ce dôme un oeuf de rokh. Apportes-en un et suspends-le.
Contrairement aux fois précédentes, le génie ne partit pas exécuter l'ordre. Il entra dans une épouvantable colère:
- Sois maudit pour ton ingratitude! Le rokh est mon maître! Quoi? Tu voudrais que je t'apporte mon maître qui t'a couvert de bienfaits et que je le pende pour décorer ton palais? Tu mériterais d'être réduit en cendres, toi, ton palais et toute ta descendance!"

(1er extrait correspond au second voyage de Sindbad le marin, de la 73ème nuit, issu des "Mille et une nuits" traduction d'Antoine GALLAND, Maxilivre; le 2d extrait de "Sur les traces d'Aladdin" de Thierry APRILE; Gallimard jeunesse; premier tableau de Robert Swain GIFFORD, deuxième d'Elihu VEDDER)

dimanche 15 janvier 2017

Les mots Oiseaux

La richesse des cultures, la richesse de notre culture. Notre langue fleurie est un bel exemple de ce que le rapports aux autres, au monde, offre de beau.

© Marie TREPS et Gwen KERAVAL/ Seuil jeunesse

"Les mots Oiseaux" de Marie TREPS et illustré par Gwen KERAVAL propose par thématique de nous emmener en voyage à travers l’étymologie de la langue française. Ici pas d'arrêt particulier pour le latin ou le grec mais des aventures plus anecdotiques. Les gourmandises, vêtements, déplacements, mobiliers de maison, fêtes, faunes, nous dévoilent ainsi des voyages.
Les mots désignant des produits ou us de pays exotiques sont souvent dépendant de leur origine: la tomate, la babouche, le cacao, le bonsaï, la karaté, le judo ou encore le kangourou. D'autres mots sont, par contre, plein de surprise.

© Marie TREPS et Gwen KERAVAL/ Seuil jeunesse

Des produits n'ont pas changé depuis leur création: le croissant de Vienne proposé après la fuite des Turcs, la baba polonais pour se remémorer la grand-mère, le bateau canoë ou canot pris l'un et l'autre des indiens arawaks ou l'exclamation italienne bravo qui a juste perdu son féminin et son pluriel (brava et bravi).
D'autres se sont modifiés légèrement: le pyjama indien, vêtement de jambes ramené par les anglais pour en faire un vêtement de nuit, le toboggan des enfants ancien traineau algonquin.

© Marie TREPS et Gwen KERAVAL/ Seuil jeunesse

Nous découvrons le dragon végétal, le baldaquin perse, le bouquin hollandais comme petit livre et bois de hêtre sur lequel les textes sacrés sont écrits, le fantôme sur lequel nous marchons, l'ambre du cachalot ou grosse tête en portugais.

Quelques indices apparaissent dans les mots, explicités aussi pour certains comme le suffixe -ille diminutif espagnol pour jonquille par exemple
Et j'adore les bambins, bandits, brigands, malandrins, camarades, chenapans, espiègles (Till Eulenspiegel)...

 © Marie TREPS et Gwen KERAVAL/ Seuil jeunesse

Le tout est un abécédaire thématique et facétieux, parfait pour donner envie de voyager et de sourire.

mardi 3 janvier 2017

L'ours qui n'était pas là

Une de mes résolutions pour cette année 2017, si je poursuis encore ce blog, est de ne plus laisser trainer mes billets en brouillon. Soit je les termine, mal mais au moins j'en parle, car ma volonté est de partager une lecture et de vous donner envie, pas forcément de faire une critique aussi exigeante que je l'aimerais. Soit je les supprime.

Un voici un qui attend sagement que je parle de ces grifouilles, patouilles et errements.

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© Oren LAVIE et Wolf ERLBRUCH/ La joie de lire

Je sais que quand j’achète un livre illustré par Wolf ERLBRUCH, le parti pris est poétique, empli de réflexion. Oren LAVIE, auteur, compositeur, interprète, offre ici avec son premier livre une quête de soi. "L'ours qui n'était pas" n'était pas. Pas là, pas présent, inexistant. Et puis il est apparu, de presque rien, d'une sensation, et puis il a grandit.

© Oren LAVIE et Wolf ERLBRUCH/ La joie de lire

Un ours, c'est sûr qu'il est bien un ours. Mais un autre doute, dans sa poche une feuille de papier avec la question "Es-tu bien moi?" et des indices. Il va alors chercher s'il est bien lui. A travers la forêt, à travers les rencontres. Il se découvre, découvre les autres mais aussi les sensations, les réflexions.
Qu'est-ce qui fait soi? Le regard des autres, la reconnaissance, une étrange sensation dans le ventre? Qu'est-ce qui fait l'autre? Le fait d'en prendre conscience?


© Oren LAVIE et Wolf ERLBRUCH/ La joie de lire

Cet album grand format est extrêmement poétique et plein d'humour mais pas que. Il part d'une question existentielle, soi, pour nous amener sur le chemin d'une redécouverte de ses sens, de ses sensations.

© Oren LAVIE et Wolf ERLBRUCH/ La joie de lire

Et puis il y a derrière ces questionnements le chemin parcouru, lent, chaleureux, bienheureux. Chaque page offre de petits détails de bonheur, chaque page est un poème en soi.
Et je ne me lasse pas des illustrations de ERLBRUCH.

© Oren LAVIE et Wolf ERLBRUCH/ La joie de lire