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samedi 27 juin 2015

Asticots

Vous ne connaissez pas encore Bernard FRIOT. Erreur! De notre côté nous nous délectons des "histoires pressées", pressées pressées, nouvelles, encore.... Cet auteur manie le verbe, les mots avec envie, plaisir, beaucoup de finesse et d'effets. Il offre ainsi des histoires aux trois fins possibles (histoire à la carte), des histoires minute et même des astuces pour que les enfants eux-même deviennent des auteurs.

© Bernard FRIOT et Aurélie GUILLEREY/ Milan Jeunesse

"Asticots" de Bernard FRIOT et illustré par Aurélie GUILLERET offre une dose d'humour dans une première lecture. Le garçon est tout bien habillé, ce soir son papa a invité quelques uns de ses employés. C'est guindé à souhait. Et le garçon s'ennuie, s'ennuie. Ils se tiennent tous si bien. Un petit tour dans la cuisine pour apporter la salade et voici qu'une idée lui vient... un asticots dans chaque assiette de salade et il va bien voir comment les adultes vont réagir.
Il y a ceux qui ne voient rien, ceux qui n'osent rien dire...

© Bernard FRIOT et Aurélie GUILLEREY/ Milan Jeunesse

Le tout est délectable. Voici un album illustré au texte court permettant de rentrer dans l'univers de ces histories pressées.
Les illustrations d'Aurélie GUILLERET appuient l'humour avec bonheur.


jeudi 27 février 2014

Petits romans de Bernard FRIOT pour lecteur débutant

Les lutin commence ses lectures de petits romans. La collection "éclats de rire" de Milan poche cadet répond tout à fait à la demande: une quarantaine de pages écrites en gros et toujours beaucoup d'illustrations. Nous avons succomber aux propositions de Bernard FRIOT, bien-sûr.

© Bernard FRIOT et Aurélie GUILLEREY/ Milan Jeunesse

"Les pieds de Pierre" illustré par Aurélie GUILLEREY est une histoire avec trois fins possibles.
Pierre se lève un jour en découvrant que ses pieds ont grandi. Sa mère est énervé, il exagère, il faut aller le rechausser. Et puis à l'école, les camarades se moquent de lui, avant de découvrir l'horreur: il ne s'est pas déguisé mais a bien des immenses, longs, plats, énormes pieds.
Certains racontent qu'il a grandit de tous ses membres encore et encore, d'autres qu'il a choisi de s'évaporer dans l'océan et il se pourrait même qu'il ai disparu, pfiou, il ne restait de lui que ses pieds.

© Bernard FRIOT et Aurélie GUILLEREY/ Milan Jeunesse

L'(es) histoire(s) recèle(nt) des finesses. Oui Bernard FRIOT joue avec des situations burlesques mais aussi avec les émotions, la honte, la solitude.
Le sentiment de trouver sa place est au cœur du livre. Il y a ainsi plusieurs fins possibles, des heureuses, des solitaires, des remarquées, des mystérieuses mais aussi des drôles ou tragiques. Jusqu’à ce que l'on ne s'intéresse plus à ce qu'il est devenu.
Tout n'est pas forcément doucereux. C'est aussi cela que j'aime chez cet auteur. il reprend des thèmes qui peuvent embarquer les enfants mais ne laisse pas de côté la réflexion. Est-si drôle?

© Bernard FRIOT et Aurélie GUILLEREY/ Milan Jeunesse

Les illustrations d'Aurélie GUILLEREY apportent une poésie de plus, des ambiances et paradoxalement des visages expressifs.

***
"Tomaso et les trois ogresses" illustré par Eric GASTE est une histoire qui fait peur. Cela commence comme un conte de fée.
© Bernard FRIOT et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

"Il était trois fois une ogresse très laide et très cruelle.
Non, reprenons.
Il était une fois trois ogresses très laides et très cruelles."
"Rassurez-vous: ces horreurs appartiennent au passé. Cela fait des années et des années que Sislafa, Chouignagna et Tricatra n'ont pas goûté à la chair fraîche d'un bambin bien nourri. Eh oui, les enfants d'aujourd'hui ne s'égarent plus dans la forêt."
Enfin c'est sans compter sur Tomaso, un garçon vif, aventureux. Il n'arrive même pas à rester en place dans sa chambre, dans l'appartement, il veut voir dehors. Et bien-sûr avec leur chanson pour ensorceler les enfants, il est vite pris au piège. Les ogresses, mises au régime sans bambin depuis si longtemps, s'en remettent à la recette maternelle. Avec des carottes, des choux ou des navets? Elles ont oublié. Reste le livre de cuisine... mais elles ne savent pas lire.
"Et le repas fini, elles rotent à répétition et pleurent à chaudes larmes."

© Bernard FRIOT et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

L'histoire de Bernard FRIOT est truculente. N'est pas piégé qui semble l'être. Alors oui, elles mangent, se goinfrent. Mais Tomaso est courageux et astucieux. Et la relève n'est pas celle que l'on croit.
Une petite merveille!

© Bernard FRIOT et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

Les illustrations d'Eric GASTE jouent sur le rire plus que sur la peur et elles sont vraiment moches les trois soeurs.

 

vendredi 3 mai 2013

Peintures pressées, Un musée imaginiare

"Les histoires pressées" de Bernard FRIOT ont 25 ans! Cela fait plus d'un an que le lutin de la maison les réclame en lecture (auditeur), l'original comme deux de ses suites et je n'en ai pas parlé ici. Mais quel retard, comment l'expliquer? Je ne sais pas... l’œuvre de FRIOT fait partie de nos références le soir, toujours avec Lilo aussi, comme d'autres et rien ici sur ce média. Pour me faire pardonner et parce que vous pourrez ainsi savourer la belle écriture de cet homme, je vous conseille "Peintures pressées, Un musée imaginaire".

© Bernard FRIOT/ Milan Jeunesse

Je n'ai pas tardé longtemps avant de fondre sur cette proposition. Ce petit livre offre des histoires prenant axe sur une œuvre d'art.
Apollon vous parle de son métier et c'est jouissif. Dans un musée, une fillette ne comprend pas le concept de la mort et celui de garder les pinceaux d'un peintre, qui pourrait toujours avoir envie de peindre, même mort, non?! Le cœur de Lili qui bat vous fera frémir. Un homme partira d'un café sans sa main, en laissant une autre sur la table. Une enfant malade est sereine. La vue des enfers. La rencontre de l'autre pour plus de bonheur ou de malheur. Les films d'horreur ou le sacrifice dans l'art.

© Bernard FRIOT/ Milan Jeunesse

Chaque récit vous étonnera et le passage de l'un à l'autre aussi... humour, sueur froide, drôlerie, poésie presque naïve et émotion. Bernard FRIOT montre encore là qu'il est le maitre dans les courtes histoires. Mais attention, les portions de vie ne sont pas toujours gaies. Il ne faut pas croire que le sieur FRIOT ne choisisse que la beauté et le conte, cela peut aussi être cruel et déstabilisant, comme certaines œuvres d'art. L'amour, la mort, le regard d'autrui, l'horreur, le fantastique et surréalisme.
Il n'est pas ici question d'histoire de l'art, ni même de proposer une lecture d'une œuvre. Nous nous laissons porter par un imaginaire qui nous pousse à regarder l’œuvre d'art, à nouveau et totalement différemment. Des détails apparaissent, un sourire au coin des lèvres, une tendresse dans une main posée sur l'épaule. Un mystère sur un visage, une forme abstraite prendre corps comme un personnage.

Maintenant les œuvres d'arts ne sont pas dépourvues de réalité: l'artiste, le titre, la date et une préface un sens chronologique des œuvres proposées.

samedi 13 mars 2010

Lilo

©Bernard FRIOT et Ilya GREEN/Albin Michel Jeunesse


« Lilo » de Bernard FRIOT et illustré par Ilya GREEN
n’est pas venu tout seul à la maison. C’est ma libraire qui m’a dit de mieux le regarder, au cas où. Et effectivement, sous des aspects de livre pour tous petits il y a de la subtilité.

Ma notion « pour tous petits » est extrêmement subjective bien sûr. Ce sont souvent des lectures « juste » divertissantes (et c’est déjà beaucoup), avec une histoire linéaire, de belles illustrations mais pas forcément différents niveaux de lecture ou des extrapolations possibles.

Nous suivons Lilo dans 7 histoires courtes, 7 petits moments de vie repris avec les émotions et la sensibilité enfantine. Ce qui est le plus touchant reste cette écriture, très proche des mots d’enfants, très « lisible ». D’ailleurs le texte est écrit en gros, comme paragraphé pour une lecture aisée, les mots de Lilo écrits dans une autre couleur que celle de l’ensemble du texte, des gros points pour marquer la fin de l’histoire, un gros titre, une préface attractive avant chaque histoire et un gros sommaire.

©Bernard FRIOT et Ilya GREEN/Albin Michel Jeunesse


Et puis cette sensibilité dans les historiettes. Lilo est un enfant joueur, taquin mais aussi « dans son monde ». Je ne sais pas si la volonté était de proposer un enfant un peu « différent », peut-être aux comportements sociaux à tendance autistique, mais la communication de l’enfant par rapport à son entourage est très bien posée. Bernard FRIOT a d’abord écrit avec les enfants et cela se voit. Beaucoup d’imaginaire et de réalité emmêlés, de nombreux aspects psychologiques retranscrits. Appréhender la descente d’un arbre, facilité par l’imaginaire, apprendre la politesse du bonjour différemment, jouer dans l’imaginaire avec un chien, s’imaginer sans membres pour ne pas s’habiller, faire des collections sensibles, lire et réinventer la lecture et les histoires…
J’aime aussi, souvent, les réponses maternelles.

©Bernard FRIOT et Ilya GREEN/Albin Michel Jeunesse


Les illustrations d’Ilya GREEN m’avaient au début déroutée. Les objets du quotidien de l’enfant ressemblent à de la publicité pour magazine fashion de design bobo. Mais en fait, en le lisant, le rendu est bien différent. Ce sont de détails qui ont une place de choix dans la vie de l’enfant : des jouets, une cabane, un arbre (et surtout ses branches), une grille comme des barreaux de prison. J’aime bien aussi, après coup ce mélange entre dessins d’adulte et dessins d’enfants, cela apporte au mélange de sensibilité compris dans le texte.