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vendredi 9 octobre 2015

Brindille

Il en a fallu du temps pour lire cet album primé. J'ai presque tous les autres de Rémi COURGEON et pourtant j'avais laissé celui-ci de côté. Pas parce qu'il ne me faisait pas de l’œil mais parce que beaucoup en avait parlé... alors j'ai attendu qu'il ne soit plus d'actualité.

© Rémi COURGEON/ Milan Jeunesse

Brindille est la dernière d'une famille de garçons. Elle aime jouer du piano. Son père est chauffeur de taxi, de nuit. "Il avait été mineur, là-bas, en Russie. Ses yeux étaient bordés d'ombre. Il disait que c'était le charbon qui était resté incrusté dans sa peau."
La journée, ses frères la chahutent et les corvées se jouent aux bagarres. Brindille perd tout le temps. Et puis son prénom est bien plus jolie: Pavlina.
Un jour, elle en a assez. Assez d'être secouée, assez d'être sous-estimée par les hommes de la famille, assez d'être Brindille. Elle veut faire de la boxe. Une gauchère ne se refuse pas, la voici entrainée. A la maison aussi, elle fait ses preuves d'agilité et de frappe... moins de tâches ménagères, plus de boxe. Elle est prête pour son premier match.

© Rémi COURGEON/ Milan Jeunesse

Cet album parle des choix à faire pour trouver une place au sein d'une famille un peu perdue. Une place de fille parmi les garçons, peut-être.
Il aborde aussi le thème de la souffrance, du deuil dans l'indifférence mais aussi l'appel de la violence, de la force brute pour se défendre.
C'est beau et, comme toujours avec cet auteur, l'histoire recèle bien des réflexions possibles.

© Rémi COURGEON/ Milan Jeunesse

La patte de Rémi COURGEON est toujours aussi reconnaissable. Des couleurs flashy, des aplats avec une forme étrange... ici une forme blanche en point d'interrogation (la queue du chat) mais aussi cette bandelette, ce biceps. C'est une atmosphère et en même temps assez pêchu!


samedi 27 juin 2015

Asticots

Vous ne connaissez pas encore Bernard FRIOT. Erreur! De notre côté nous nous délectons des "histoires pressées", pressées pressées, nouvelles, encore.... Cet auteur manie le verbe, les mots avec envie, plaisir, beaucoup de finesse et d'effets. Il offre ainsi des histoires aux trois fins possibles (histoire à la carte), des histoires minute et même des astuces pour que les enfants eux-même deviennent des auteurs.

© Bernard FRIOT et Aurélie GUILLEREY/ Milan Jeunesse

"Asticots" de Bernard FRIOT et illustré par Aurélie GUILLERET offre une dose d'humour dans une première lecture. Le garçon est tout bien habillé, ce soir son papa a invité quelques uns de ses employés. C'est guindé à souhait. Et le garçon s'ennuie, s'ennuie. Ils se tiennent tous si bien. Un petit tour dans la cuisine pour apporter la salade et voici qu'une idée lui vient... un asticots dans chaque assiette de salade et il va bien voir comment les adultes vont réagir.
Il y a ceux qui ne voient rien, ceux qui n'osent rien dire...

© Bernard FRIOT et Aurélie GUILLEREY/ Milan Jeunesse

Le tout est délectable. Voici un album illustré au texte court permettant de rentrer dans l'univers de ces histories pressées.
Les illustrations d'Aurélie GUILLERET appuient l'humour avec bonheur.


dimanche 10 mai 2015

Un paradis pour Petit Ours

J'aime suivre les collaborations de l'illustrateur Wolf ERLBRUCH, il s'agit souvent de livres pour enfants avec des thèmes d'adultes. J'aime, j'aime. J'aime ne pas prendre les petits lecteurs, auditeurs, pour des petits naïfs.

© Dolf VERROEN et Wolf ERLBRUCH/ Milan jeunesse

"Un paradis pour Petit Ours" de Dolf VERROEN et illustré par Wolf ERLBRUCH est un court album. Papi Ours vient de mourir, Petit Ours est inconsolable. Maman Ourse a beau lui dire qu'il était vieux et fatigué, qu'il sera mieux au paradis, rien n'y fait. Et puis le monde ici bas est moche, gris, sans attrait, il veut retrouver son grand-père et aller dans ce paradis si fabuleux.
Petit Ours part ainsi à la recherche du paradis. Très pragmatique, il va demander aux prédateurs de le manger. Mais ce n'est pas si simple. Le crocodile ne veut pas déguster ses pattes, le serpent a trop froid pour penser à manger, la girafe ne veut pas croquer d'ours et, comble du comble, le tigre a déjà mangé.

© Dolf VERROEN et Wolf ERLBRUCH/ Milan jeunesse
 
Quelle poisse! Même d'en haut la terre est moche, le ciel et ses constellations sont d'ici bien fades. Petit Ours cherche encore... et il va trouver son paradis.

© Dolf VERROEN et Wolf ERLBRUCH/ Milan jeunesse

Cet album parle du deuil, de cette tristesse qui atteint tout. Il parle de cette solitude qu'il faut dépasser et reconsidérer la beauté du moment. C'est doux, chaleureux malgré le thème. L'auteur se place bien dans la peau d'un enfant. Les illustrations sont toujours aussi intemporelles, des collages, peu de décors et pourtant le propos est tenu et l'essentiel est dit.


mardi 24 mars 2015

Lili Goth et la souris fantôme

© Chris RIDDEL/ Milan jeunesse

Pour Halloween (oui, oui, nous en sommes loin) ou pour un petit frisson dans le dos, "Lili Goth et la souris fantôme" de Chris RIDDEL est à dévorer.
Lili vit avec son père Lord Goth dans le Manoir des frissons frissonnants. Sa mère est morte il y a quelques années et elle vit "presque" seule dans cette grande demeure. Tellement ressemblante à sa mère que son père la met de côté et ne la voit que le mercredi pour le thé.


© Chris RIDDEL/ Milan jeunesse
Ce soir, une souris apparait au pied du lit en baldaquin. Un fantôme de souris. Dans quelques jours ont lieu la course de chevaux de bois et la chasse à l'intérieur organisées par son père. Mais cette fois-ci il se passe quelque chose.
Lili va rencontrer d'autres enfants aux réunions du grenier et aussi découvrir des monstres. Sirène, harpie, vampire, faune.

© Chris RIDDEL/ Milan jeunesse

Nous pouvons compter sur Chris RIDDEL pour nous emmener dans des univers fabuleux où se joignent le fantastique et l'humour. Les détails sont rocambolesques comme les portraits tableaux de famille, les costumes, les plans et les lieux mystérieux.
C'est une belle petite histoire pour les jeunes lecteurs, avec un peu de frousse à la clef!

Un autre avis bien plus argumenté, celui de Lily (avec un Y cette fois), merci!

lundi 23 mars 2015

La grande aventure de l'évolution, Une histoire d'aujourd'hui

La collection "Les Encyclopédies" de Milan offre des documentaires très complets. "Les religions" m'avait emballée. Avec "La grande aventure de l'évolution" de Jean-Baptiste De PANAFIEU et illustré par Jean-Pierre JOBLIN, le sujet de l'évolution est rajeuni.

© Jean-Baptiste De PANAFIEU et Jean-Pierre JOBLIN/ Milan jeunesse
* non, mais de quoi je me mêle petit chat!

Oui il est question de Darwin et de la naissance de la vie sur terre, des ancêtres de l'homme. Mais le parti-pris est aussi de nous montrer des exemples contemporains des éléments de l'évolution. En cela, le documentaire est très très bien fait.
Treize chapitres emmènent sans prétention le lecteur dans des notions de biologie comme la mutation, l'évolution, les familles et espèces, selon le milieu, l'isolation, les interactions et les ancêtres. 

© Jean-Baptiste De PANAFIEU et Jean-Pierre JOBLIN/ Milan jeunesse

Seront présentés les restes de l'évolution humaine (par exemple sa pilosité à chair de poule), les mutations (transformations d'une générations à l'autre), toutes les voies de l'évolution animale ou végétale, les familles et aussi une idée d'évolution permanente.
L'importance des interactions entre prédateurs et proies, parasites et hôtes, alliés aussi (comme les ciliés, bactéries favorables à la digestion des ruminants ou les pollinisateurs pour les végétaux).
Les multiples chemins de l'évolution pour un comportement final similaire (nage grâce aux nageoires ou propulseurs) ou ustensiles à venins par une évolution d'organes différents (aiguillon des abeilles de l'organe de ponte, dents des serpents des organes salivaires, ergots de l’ornithorynque des glandes sudoripares).
Des poches de marsupiaux ou des dents de sabre même à d'autres que les tigres.

© Jean-Baptiste De PANAFIEU et Jean-Pierre JOBLIN/ Milan jeunesse

Un parallèle possible entre le dauphin et le requin, un aileron cartilagineux contre un repli de peau mais encore :
"L'adaptation au milieu marin a abouti à des résultats similaires par des voies distinctes. Ce mécanisme est appelé "convergence" par les biologistes. En effet, les espèces ont convergé vers une même forme à partir d'ancêtres différents: des poissons pour les requins, des mammifères quadrupèdes terrestres pour les dauphins et de gros reptiles terrestres pour les ichtyosaures."
Des traces presque disparues, comme les pattes des serpents, les yeux sur la face supérieure de certains poissons comme la limande, la plie, le nombre de pattes, d'ailes ou de vertèbres).
Des outils multifonctions comme les nageoires, les ailes et l'importance de la kératine ou de la chitine.
Sans oublier la part de sélection naturelle ou artificielle (reproduction, camouflage, danger ou résistance, domestication).

© Jean-Baptiste De PANAFIEU et Jean-Pierre JOBLIN/ Milan jeunesse

Les chapitres sont très illustrés avec quelques fois des schémas explicatifs et proposent des cas par cas très explicites pour chaque indication. C'est complet, ludique et prouve que le sujet est immense.


lundi 16 mars 2015

Jason et la Toison d'or

Nous dénichons, où que nous soyons, tous les albums ou bandes dessinées sur le sujet. Mais la mythologie grecque gardera toujours certains de ses secrets.
En finissant "Le feuilleton d'Hermès" de Murielle SZAC, nous redécouvrons Jason, nous avions encore envie d'une autre version, pour tourner autour de cette aventure. Christine PALLUY a écrit ou adapté deux livres sur Jason. Nous profitons de l'un des deux depuis quelques temps déjà. "Jason et la Toison d'or" illustré par Giorgio BARONI est arrivé avec envie dans les lectures du soir

© Christine PALLUY et Giorgio BARONI/ Milan jeunesse

Ce présent album reprend en effet toute l'aventure de Jason et en particulier les obstacles rencontrés en cours de navigation, ce que laissait de côté l'album court que l'auteure propose aux plus jeunes lecteurs (voir lien au dessus). Les argonautes sont présentés et nous suivons leurs déboires. L'île de Lemnos et ses femmes, l'île de Cyzique et ses géants mais aussi le sort funeste des nouveaux amis de Jason et sa troupe. Hylas capturé, le combat contre le roi de Bébryces, Phinée et les harpies, les roches bleues.

© Christine PALLUY et Giorgio BARONI/ Milan jeunesse

Les dernières étapes en Colchide, la confrontation avec les taureaux cracheurs de feu, les dents du dragon ou le serpent ne semblent presque que des détails.
Les affronts faits aux dieux amènent le récit. Héra mais aussi Athéna ou Aphrodite aident les argonautes. Une autre femme prend ici une place de choix, Médée la princesse, la magicienne, celle qui donnera les solutions pour acquérir la Toison d'or mais aussi déjouer le géant de fer Thalos. Femme éprise, amoureuse, trahie, dangereuse.

© Christine PALLUY et Giorgio BARONI/ Milan jeunesse

L'album donne des pistes de compréhension et donne envie d'en savoir encore plus. Les illustrations de Giorgio BARONI offrent des illustrations aux flous choisis. C'est brumeux, ouaté tout en proposant quelques chocs. Elles ressemblent plus à des peintures en clair obscur.


lundi 29 décembre 2014

Le sang de Méduse - Le bestiaire de l'Olympe


"Un peu plus loin encore, Persée aperçut une jeune femme enchaînée à une falaise surplombant la mer. Elle se nommait Andromède et allait être sacrifiée à un monstre marin afin d'apaiser la colère de Poséidon. Persée n'hésita pas une seconde et, grâce à l'épée d'Athéna, tua le monstre. Cela fait, il déposa la tête de Méduse sur des algues tandis qu'il lavait dans l'eau le sang souillant ses mains. Celui-ci colora les algues cependant que le regard du monstre les pétrifiait. Persée, sans le savoir, venait de donner naissance aux premiers coraux." 

(extrait du "Bestiaire de l'Olympe" d'Anne JONAS et illustré par Nancy PENA, Milan Jeunesse, dont je parle là)

Le bestiaire de l'Olympe

© Anne JONAS et Nancy PENA/ Milan jeunesse

Nous tournicotons autour des mythes grecs, encore. Avec ce livre-ci, l'angle se fait grâce aux bêtes. "Le bestiaire de l'Olympe" d'Anne JONAS et illustré par Nancy PENA ne fait pas la part belle qu'aux créatures fantastiques. L'auteur nous présente aussi une faune connue mais derrière le cerf, le coucou, la belette, la chèvre, ce sont des merveilles que nous découvrons. "Les dieux de l'Olympe aiment utiliser leurs pouvoirs pour rappeler aux hommes leur suprématie. Pour les punir ou les sauver. Ils n'hésitent pas à les transformer en animaux, en plantes, en planètes ou en monstres."

© Anne JONAS et Nancy PENA/ Milan jeunesse

Sur une trentaine de chapitres, nous découvrons des détails de l'histoire mythologique souvent laissés en suspend dans les vulgarisations sur le sujet.
Il y a bien-sûr les multiples transformations de Zeus, ce dieu tout puissant et volage, pour séduire les déesses, les nymphes ou les femmes, tour à tour taureau ou caille par exemple.
Ce sont aussi les victimes de l'orgueil des dieux, une araignée trop experte en tissage pour Athéna, un âne qui ne sait pas écouter la belle musique pour Apollon, une belette ou un coq qui non pas satisfait la demande.
Il y a les autres, la chèvre nourricière, l'aigle dévoreur de Prométhée ou la perdrix (neveu de Dédale).
Et bien-sûr les plus connues, les créatures incroyables, nées souvent des amoures particulières ou de la jalousie des dieux: le premier centaure, le Minotaure, Protée, le Lion de Némée, Thyphon...

© Anne JONAS et Nancy PENA/ Milan jeunesse

En plus de découvrir des pans de la mythologie grecque, souvent mis à l'écart par rapport aux duels mythiques et mises à mort, ce sont aussi des anecdotes sur la faune autour de nous qui apparait, comme des contes des origines: pourquoi la belette semble enfanter par la bouche (quand elle ne porte que ses petits à la manière d'un félin), pourquoi le coq se lève tôt, pourquoi la perdrix ne vole pas haut etc...

© Anne JONAS et Nancy PENA/ Milan jeunesse

Les illustrations de Nancy PENA offre un beau compromis avec de belles planches colorées et des arabesques entourant le texte. Les choix des couleurs rappellent l'aube ou le crépuscule, le moment où les dieux s'immiscent sur Terre peut-être le plus souvent. Les animaux et les éléments végétaux sont superbes, les humains drapés n'apparaissant que comme des détails. Les fonds sont aussi très importants et décoratifs.
Magnifique livre!


vendredi 24 octobre 2014

Rouge Bala

"Rouge Bala" de Cécile ROUMIGUIERE et illustré par Justine BRAX offre une porte ouverte vers cette Inde aux traditions millénaires et où les petites filles sont mariées bien tôt.

© Cécile ROUMIGUIERE et Justine BRAX/ Milan jeunesse

Bala a douze ans. Cet été, elle est seule à jouer autour de la rivière, sa grande sœur, Lali, est partie avec son mari avant la mousson. Elle avait treize ans. La cérémonie était magnifique, les plats doucement épicés. Lali portait un sari finement brodé, le point rouge bien rond sur le front.
Alors pourquoi Bala est-elle si nostalgique? Parce que si le prince charmant arrivait maintenant par bateau, là, juste devant elle, elle ne serait pas quoi lui dire sans sa sœur? Un peu. Les jeux d'enfants n'ont pas la même saveur. Et puis, elle commence à prendre quelques formes de femme. Et puis d'ici un an, elle sera mariée par son père.

© Cécile ROUMIGUIERE et Justine BRAX/ Milan jeunesse

Et puis il y a cette rencontre inattendue. Une femme sur un bateau. Pas un prince charmant, non, une femme qui fuit son mari. Bala découvre une faille possible dans la relation maritale, celle de l'infertilité.
C'est décidé! Bala veut plus de liberté. Choisir son mari, continuer l'école. Mais que vont dire ses parents? Et puis d'autres angoisses naissent pour sa sœur: est-elle heureuse?

Cécile ROUMIGUIERE apporte dans chacun de ses textes une profondeur. Dans cet album, l'enfant est aux prises avec son corps, ce mystère de l'avenir. Mais c'est aussi presque une année pour changer de vie, d'une petite fille à la femme subissant les coutumes.
Le sujet est doucement abordé, les portes sont juste entr'ouvertes vers un avenir féminin plus choisi, ici ou ailleurs, grâce aussi à l'éducation.

© Cécile ROUMIGUIERE et Justine BRAX/ Milan jeunesse

Les illustrations de Justine BRAX sont colorées, aux aplats avec des motifs comme sur du tissus. Elle apporte aussi dans cet album une impression d'étouffement dans ce paysage si grand. Une immensité subie ou une prise de liberté comme un enfant.

N'hésitez pas à lire le très beau billet de  Lily ici.


mercredi 18 juin 2014

Hugo Lachance

Je commence par le tome 3 des "Aventuriers du très très loin". Bon, pas de souci.
J'avais beaucoup apprécié écouter Apolline nous parler de ses explorations, là l'auteur et illustrateur Chris RIDDELL s'accompagne de l'auteur Paul STEWART pour nous offrir une série de romans plus longs que les albums/bandes dessinées mais accessibles comme premiers romans.

© Paul STEWART et Chris RIDDEL/ Milan jeunesse

Hugo est un orphelin. Dans le Grand Nord, un couple d'éleveur de rennes et de fabricants de fromage le trouve et récupère aussi le moyen de locomotion, un traineau montgolfière, du bébé et de ses parents, morts sûrement de coups de pattes d'ours polaires. Hugo grandit sans rien savoir et découvre un jour le traineau et sa tragique histoire. Sur le cadran de cet engin volant, une direction "chez moi" l'interpelle, il part retrouver ses origines.
Il arrive alors presque au Sud, au square des Lucioles et rencontre les amis et la famille de ses parents. Il découvre aussi l'Institut tenu par Elliot De Mille. Un journal en sort, par trimestre, et apporte son lot de ragots à même de déloger les commerçants du quartier, pile les nouveaux amis d'Hugo.
Le roman présente les efforts d'Hugo pour défendre ses proches. Et vous pouvez suivre l'histoire d'"Hugo Lachance" avant ou après celles de Fergus Bonheur ou Zoé Zéphyr.

© Paul STEWART et Chris RIDDEL/ Milan jeunesse

Mais l'intérêt de ce livre est beaucoup plus dans sa forme. Chaque chapitre est la présentation d'un personnage dans ce qu'il a d'aventurier, d'original: une vraie histoire en soi. Nous découvrons des pirates, des sirènes, des explorateurs, des planteurs de thés, des chats et des géants des neiges.
Et au fil de ces multiples histoires, ce sont les fils du fantastique qui se déroulent avec des tapis volants, des monstres, des boissons magiques informant du futur ou liées à nos émotions.
Les détails sont délicieux, plein d'humour et le trait de Chris RIDDELL n'y est pas pour rien: les personnages sont stylisés, presque caricaturés et les machines, artisanats, architectures sont tous rocambolesques et inventifs.

© Paul STEWART et Chris RIDDEL/ Milan jeunesse

Encore plus, au fur et à mesure de la lecture des indices nous mettent sur la voie, à nous de les déchiffrer ou de se laisser aller pour revenir après feuilleter les croquis des pages précédentes.
C'est drôle, pétillant, magique et plein de petites pépites!!! Et en plus le livre est luxueux (enfin tout comme avec cette couverture cartonnée à la manière des livres de cuir)!

dimanche 13 avril 2014

Ulysse

Encore une énième version de l'Odyssée d'Ulysse me direz-vous? Oui, une version que nous devons tout de même à Christine PALLUY proposant de belles petites ouvertures sur les histoires tentaculaires de la mythologie grecque. "Ulysse" illustré par Benjamin ADAM est une bande dessinée destinée aux jeunes lecteurs. Autant les petits albums que nous pouvons maintenant retrouvés dans la collection "coffret à histoires" sont à lire à partir de 5 ans, autant là, le format est destiné à être lu et non seulement écouté.

© Christine PALLUY et Benjamin ADAM/ Milan jeunesse

Ulysse, roi d'Ithaque, par sa ruse, va mettre fin à la Guerre de Troie et souhaite rentrer chez lui retrouver sa famille. Mais il s'est mis bon nombre de dieux à dos et son retour va être semé d'embûches.
Tout le retour est présenté mais seuls certains épisodes sont mis en scènes, les autres sont juste résumés. Nous retrouvons ainsi les monstres Polyphème, Charybde et Scylla, les sirènes et les femmes tentarices Circé, Nausicaa et Capylso.

© Christine PALLUY et Benjamin ADAM/ Milan jeunesse

Le récit est court et permettra aux plus jeunes de mieux suivre. Les très beaux partis-pris sont les titres de chapitres avec les différents personnages importants en médaillon ainsi que le discours de certains intervenants en voix off pendant l'action très bien mis en avant avec juste leur tête.

© Christine PALLUY et Benjamin ADAM/ Milan jeunesse

Benjamin ADAM propose une bande dessinée très belle dans les principales actions et symboliques dès que les dieux s'en mêlent. J'aime beaucoup aussi son choix de couleurs.

© Christine PALLUY et Benjamin ADAM/ Milan jeunesse

Je suis ravie de ce format souple, petit et au prix tout doux. Un seul bémol, les écritures sont quelque fois difficiles à lire car toutes petites et les personnages sont aussi peu identifiables. Et pourtant ce n'est pas la faut de l'illustrateur.

jeudi 27 février 2014

Petits romans de Bernard FRIOT pour lecteur débutant

Les lutin commence ses lectures de petits romans. La collection "éclats de rire" de Milan poche cadet répond tout à fait à la demande: une quarantaine de pages écrites en gros et toujours beaucoup d'illustrations. Nous avons succomber aux propositions de Bernard FRIOT, bien-sûr.

© Bernard FRIOT et Aurélie GUILLEREY/ Milan Jeunesse

"Les pieds de Pierre" illustré par Aurélie GUILLEREY est une histoire avec trois fins possibles.
Pierre se lève un jour en découvrant que ses pieds ont grandi. Sa mère est énervé, il exagère, il faut aller le rechausser. Et puis à l'école, les camarades se moquent de lui, avant de découvrir l'horreur: il ne s'est pas déguisé mais a bien des immenses, longs, plats, énormes pieds.
Certains racontent qu'il a grandit de tous ses membres encore et encore, d'autres qu'il a choisi de s'évaporer dans l'océan et il se pourrait même qu'il ai disparu, pfiou, il ne restait de lui que ses pieds.

© Bernard FRIOT et Aurélie GUILLEREY/ Milan Jeunesse

L'(es) histoire(s) recèle(nt) des finesses. Oui Bernard FRIOT joue avec des situations burlesques mais aussi avec les émotions, la honte, la solitude.
Le sentiment de trouver sa place est au cœur du livre. Il y a ainsi plusieurs fins possibles, des heureuses, des solitaires, des remarquées, des mystérieuses mais aussi des drôles ou tragiques. Jusqu’à ce que l'on ne s'intéresse plus à ce qu'il est devenu.
Tout n'est pas forcément doucereux. C'est aussi cela que j'aime chez cet auteur. il reprend des thèmes qui peuvent embarquer les enfants mais ne laisse pas de côté la réflexion. Est-si drôle?

© Bernard FRIOT et Aurélie GUILLEREY/ Milan Jeunesse

Les illustrations d'Aurélie GUILLEREY apportent une poésie de plus, des ambiances et paradoxalement des visages expressifs.

***
"Tomaso et les trois ogresses" illustré par Eric GASTE est une histoire qui fait peur. Cela commence comme un conte de fée.
© Bernard FRIOT et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

"Il était trois fois une ogresse très laide et très cruelle.
Non, reprenons.
Il était une fois trois ogresses très laides et très cruelles."
"Rassurez-vous: ces horreurs appartiennent au passé. Cela fait des années et des années que Sislafa, Chouignagna et Tricatra n'ont pas goûté à la chair fraîche d'un bambin bien nourri. Eh oui, les enfants d'aujourd'hui ne s'égarent plus dans la forêt."
Enfin c'est sans compter sur Tomaso, un garçon vif, aventureux. Il n'arrive même pas à rester en place dans sa chambre, dans l'appartement, il veut voir dehors. Et bien-sûr avec leur chanson pour ensorceler les enfants, il est vite pris au piège. Les ogresses, mises au régime sans bambin depuis si longtemps, s'en remettent à la recette maternelle. Avec des carottes, des choux ou des navets? Elles ont oublié. Reste le livre de cuisine... mais elles ne savent pas lire.
"Et le repas fini, elles rotent à répétition et pleurent à chaudes larmes."

© Bernard FRIOT et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

L'histoire de Bernard FRIOT est truculente. N'est pas piégé qui semble l'être. Alors oui, elles mangent, se goinfrent. Mais Tomaso est courageux et astucieux. Et la relève n'est pas celle que l'on croit.
Une petite merveille!

© Bernard FRIOT et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

Les illustrations d'Eric GASTE jouent sur le rire plus que sur la peur et elles sont vraiment moches les trois soeurs.

 

mercredi 26 février 2014

Les chevaliers de la Table Ronde

Je n'avais encore jamais lu d'adaptation de la légende des chevaliers de la Table Ronde (même les écrits originaux d'ailleurs). Le parti-pris des "Chevaliers de la Table Ronde" d'Anne JONAS et illustré par Vincent DUTRAIT est de suivre deux personnages.

© Anne JONAS et Vincent DUTRAIT/ Milan Jeunesse
Merlin l'enchanteur nait presque comme une bête humaine, poilue et dés la naissance possesseur de dons fabuleux. Il grandit en aidant un royaume, confisque un enfant et met sur le trône un Arthur capable de sortir Excalibur l'épée de son fourreau de pierre. Puis il introduit une nouvelle forme de chevalerie, de fidélité au Roi mais aussi de quêtes dignes en créant la Table Ronde. Mais cet être plein de mystères laisse le Roi Arthur et ses chevaliers pour succomber à son amour pour la Dame du Lac, Vivianne.

© Anne JONAS et Vincent DUTRAIT/ Milan Jeunesse

Apparait à la cour un jeune homme, Perceval. Il veut être chevalier mais loin d'attendre le consentement du roi, il suit son éthique. Par ses péripéties, il montre à quel point il ferait un chevalier de la Table Ronde pertinent.

© Anne JONAS et Vincent DUTRAIT/ Milan Jeunesse

Au fil des pages, ce sont bien deux personnages emblématiques qui apportent de la tenue au récit. Les thèmes chers à cette légende apparaissent: la chevalerie et ses principes, les rapports de classes, les duels, les tournois et le mystère de la magie et de la sorcellerie.
Quelques amoures sont vite présentées mais plus encore le réel intérêt semble ces objets magiques, comme la coupe du Saint Graal.
Et cette table si mythique prend de la dimension. Elle n'est pas un immense rectangle où chacun est assis de manière très précise et selon sa classe. "Elle pourrait, selon les circonstances, accueillir douze, cinquante ou même cent cinquante chevaliers, pourvu qu'ils comptent parmi les plus braves. Un seul siège, placé à la droite du roi, resterait vide tant que ne se serait pas fait connaitre le meilleur chevalier du royaume. Si un autre que lui usurpait cette place, il serait aussitôt englouti par la terre et ne reverrait jamais le jour."

© Anne JONAS et Vincent DUTRAIT/ Milan Jeunesse

Vincent DUTRAIT apporte des illustrations classiques où les hommes peuvent montrer leur férocité. Les atours des chevaliers ainsi que les brumes et poussières sont magnifiques.

C'est ainsi une belle première ouverture sur cette légende comme on pouvait s'y attendre des éditions Milan jeunesse.

 

vendredi 17 janvier 2014

Persée et Méduse

Ne boudons pas notre bonheur, un autre album est passé en format minuscule et c'est tant mieux: "Persée et Méduse" de Christine PALLUY et illustré par Aurélia FRONTY offre une nouvelle porte d'entrée sur la mythologie grecque. Je ne peux que confirmer que les adaptations de Christine PALLUY, dont je vous parle là, sont vraiment fabuleuses pour les plus jeunes lecteurs (ou auditeurs).

© Christine PALLUY et Aurélia FRONTY/ Milan jeunesse

Dans cette aventure, les dieux se jouent encore des hommes. Acrisios, le roi d'Argos, a eu une magnifique fille, Danaé. Mais pour préserver son royaume, il souhaite aussi avoir un fils et va s'enquérir de son futur, l'oracle lui indique alors que non, point de fils mais un petit-fils qui mettra fin à ses jours. De peur, il enferme sa fille bien-aimée.
Mais Zeus, le roi des dieux, est amoureux de la belle, il se transforme en pluie étincelante et caressante, et fait un enfant à Danaé, Persée. Le roi d'Argos s'en rend compte et condamne sa fille et son bébé en les enfermant dans un coffre à la dérive sur les eaux. Ils sont recueillis. Persée grandit, Danaé resplendit au point de donner envie à un autre roi, Polydectès: il veut épouser la mère.
Mais Danaé ne veut pas et Persée prend la défense de sa mère. Le roi ruse: je veux alors que tu m'offres des chevaux. Par manque d'argent mais surtout par orgueil Persée lui propose plutôt la mort des trois sœurs Gorgones, ou plutôt de la seule que l'on peut tuer, Méduse.
Persée part ainsi à l'aventure et se fait aider des dieux, Hermès, Zeus et Athéna. Il déjouera les sœurs Grées, sœurs aussi des Gorgones pour arriver à ses fins... et l'oracle aura raison, il tuera son père.

© Christine PALLUY et Aurélia FRONTY/ Milan jeunesse

Le texte est assez court permettant vraiment d'aller à l'essentiel de l'histoire pour cette première approche. Les noms importants sont aussi de couleurs. Cela aide à ne pas trop se perdre avec la multitude des intervenants.

© Christine PALLUY et Aurélia FRONTY/ Milan jeunesse

Les illustrations sont toujours une plus-value dans ces petits albums. Très colorées, elles portent le héros dans un fond abstrait avec juste quelques petits détail. C'est chatoyant et très chaleureux. Même les monstres ou créatures apparaissent comme fantasmagoriques.

mercredi 15 janvier 2014

L'île au trésor

Depuis quelques temps nous lisons, enfin je lis au petit auditeur de 7 ans, des adaptations de classiques. Et ce fut avec beaucoup de plaisir que je suis rentrée dans cette lecture après la biographie jeunesse de son auteur et le petit livre d'un de ses illustrateurs, Mervyn PEAKE.

© Robert Louis STEVENSON, Stéphane FRATTINI et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

"L'île au trésor" adapté de Robert Louis STEVENSON par Stéphane FRATTINI (à qui nous devons d'autres magnifiques adaptations de la mythologie grecque, Ulysse et Hercule) et illustré par Sébastien MOURRAIN est un album parfait pour entrer dans l’œuvre de cet aventurier.

Bien-sûr nous découvrons Jim rencontrant le pirate Billy Bones dans l'auberge tenue par ses parents. Il meurt avant d'être retrouvé par une autre bande de pirate et laisse un coffre avec dedans des pièces et une carte au trésor, celui amassé par le redoutable pirate Flint.
Jim se l'approprie et se confie au docteur Livesey qui l'a soutenu à la mort de son père. C'est décidé ils partirons à la chasse au trésor sur la goélette l'Hispaniola. L'équipage se compose aussi de vauriens mais il faut arriver à l’île au trésor même si le cuisinier n'est autre que le dangereux pirate Long John Silver.
En vue de l’ile, les camps se forment et les morts s'accumulent. Comment récupérer le trésor et repartir en mer en pleine santé?

© Robert Louis STEVENSON, Stéphane FRATTINI et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Stéphane FRATTINI nous offre une adaptation parfaite pour harponner les plus jeunes. La férocité des pirates, les combats et les astuces de Jim et de son équipe sont ici très bien amenés, chapitre par chapitre permettant de l'action à toutes les pages. La complicité ambiguë de Jim et de Long John Silver apparait en filigrane comme celle plus franche entre le premier et le docteur mais assez pour donner envie d'en savoir plus.

© Robert Louis STEVENSON, Stéphane FRATTINI et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Les illustrations de Sébastien MOURRAIN sont toujours attrayantes. Des doubles pages d'atmosphère, des mises en situations de pirates assez redoutables et une certaine bonhommie du trait.

mercredi 23 octobre 2013

Les carnets d'Hercule

Je ne peux pas résister à ce genre d'objet. Encore une fois le résultat est impeccable. Nous avions déjà suivi les confidences d'Ulysse, ici ce sont celles encore plus meurtrières d'Hercule. Milan jeunesse a à nouveau fait appel à Stéphane FRATTINI pour le texte et propose encore des pages "manuscrites", aux croquis sur le fait ou plus détaillés, aux pages tâchées ou arrachées. Allez juste deux petites remarques avant de débuter: une police beaucoup plus lisible mais un cordon d'attache beaucoup plus fragile.

© Stéphane FRATTINI et illustré par Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

"Les carnets d'Hercule" de Stéphane FRATTINI et illustré par Sébastien MOURRAIN est une magnifique ouverture sur la mythologie grecque. Hercule nous dévoile toute sa vie sans omettre aucune part d'ombre et c'est vrai qu'elles sont nombreuses.
Hercule ne connait pas les circonstances de sa naissance et pourtant sa jeunesse est déjà sous des auspices particulièrement rageuses et extraordinaires. Jeune homme, il est plus intéressé par la nature, la vie et non le savoir. Il est déjà extrêmement fort et impétueux.
Avant même de connaître sa généalogie, ici présentée d'ailleurs (superbe bonus en passant), il a déjà tué par susceptibilité. Il raconte dans ses carnets comment se déroulent pas à pas les grands moments de sa vie, les premières conséquences de ses actes guerriers.
Nous découvrons une léonté apparue bien avant le lion de Némé et aussi de nombreux autres exploits ou mésaventures en plus des douze travaux que lui ordonne Eurysthée.
Hercule avoue ses colères, ses rages meurtrières, ses doutes et ses égarements. Il offre aussi ses coquineries, cumulant conquête après conquête, sans même compter les filles de Théspios, et accumulant sa progéniture: Mégare qu'il tue dans un moment de folie mais aussi Parthénope, Iole, Omphale reine de Lydie ou Déjanire.

© Stéphane FRATTINI et illustré par Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Dans cette "autobiographie", les exploits et les coups de folie se succèdent mais aussi les rages divines d'Héra et les aides d'autres dieux. Les mains lestes et l'impulsivité d'Hercule donnent plus souvent la mort que la vie, même les êtres chers à son cœur ne sont pas épargnés. En cela cette version, presque adulte, est très détaillée dans les failles humaines (ou divines). Elle offre aussi une vision bien querelleuse et meurtrière mais aussi pleine de souffre. Alors oui bien que certaines situations dramatiques sont bien explicites, les joliesses nocturnes sont elles plus suggérées (sauf celle de ce cher cousin Iolas, tout de même).
Les détails des douze travaux diffèrent montrant bien la difficulté à rapporter une légende orale et traduite tellement de fois: des pommes d'or du jardin des Hespérides sans peau mais à l'écorce au parfum divin d'agrumes, des oiseaux de Stymphale ressemblant grâce à l'illustrateur à de redoutables ptéranodons carnivores.

© Stéphane FRATTINI et illustré par Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Le travail de Stéphane MOURRAIN apporte d'ailleurs beaucoup. Des esquisses sur le vif, des dessins plus poussés, des croquis de stratégie, des listes de courses mais aussi (et c'est l'originalité d'un tel livre) des tâches, des ratures et des dessins pouvant très bien être repris pour une statuaire antique ou sur des poteries (mais bien-sûr!).