Affichage des articles dont le libellé est Les pirates. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les pirates. Afficher tous les articles

vendredi 12 février 2016

Des histoires de chevaliers - Des pirates et corsaires (- pour réfléchir)

Je vous présente deux autres titres de la collection "Des mots pour réfléchir" des éditions Oskar. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que je vous les recommande tous! Je vous parlais ici des "Mythes grecs" et là de "L'odyssée d'Homère", par exemple.

© Isabelle WLODARCZYK, Christine RICHARD, Manu BOISTEAU et Yann AUTRET/ Oskar

"Des histoires de chevaliers pour réfléchir" d'Isabelle WLODARCZYK et illustré par Yann AUTRET met en avant Lancelot, le Cid, Don Quichotte Myamoto Musashi mais encore un autre chevalier "des temps modernes" Dark Vador.

© Isabelle WLODARCZYK et Yann AUTRET/ Oskar
 
"Des pirates et corsaires pour réfléchir" de la même Isabelle WLODARCZYK, Christine RICHARD et illustré par Manu BOISTEAU présente Barbe-Noire, La Buse, John King ou des fictifs comme le Capitaine Crochet et même des pirates tout à fait contemporain, les cyber pirates.

Comme à chaque fois, les personnages fictifs ou réels sont le prétexte à se poser des questions. Ce sont de petits livres très accessibles.

© Isabelle WLODARCZYK et Yann AUTRET/ Oskar

Vous pouvez ne lire que les histoires des chevaliers ou des pirates ou choisir d'aller plus loin. En effet, une mise en scène du personnage et une illustration comique et décalée précèdent deux pages de questionnements. Une question philosophique qui pourrait être très abstraite est ici lue à travers l'exemple célèbre puis dans un quotidien d'enfant. C'est toujours une argumentation présentée puis son pendant permettant de ne pas être aussi catégorique. Enfin l'enfant peut se positionner, ensuite arrive un petit jeu, une devinette, une interaction.
Ces deux propositions offrent des références culturelles (et pas seulement occidentales), des histoires et aussi de quoi se poser des questions en connaissance de cause.

© Isabelle WLODARCZYK et illustré par Yann AUTRET/ Oskar

Il y a bien-sur les thèmes attendus: la bravoure, les causes, la mise au service d'autrui, la mise en danger pour le premier livre; l'appel du trésor, l'aventure et la liberté pour le second.

 © Isabelle WLODARCZYK, Christine RICHARD et Manu BOISTEAU/ Oskar

Oui mais il y a aussi d'autres approches bien plus difficiles à appréhender: la peur de vieillir, de changer en grandissant, le passage à l'âge adulte, la méchanceté ou le rôle de l'éducation.

© Isabelle WLODARCZYK et illustré par Yann AUTRET/ Oskar

Mais aussi l'esclavage, la féminisation ou l'obéissance civile.

© Isabelle WLODARCZYK, Christine RICHARD et Manu BOISTEAU/ Oskar

Bon, un bémol tout de même, je ne suis pas si friande que ça des illustrations, elles sont volontairement caricaturales et aux traits acerbes. Je comprends qu'elles sont aussi là pour tenir le lecteur en éveil avec des images vives. Les illustrations sont efficaces même si je les préfère presque comme alerteurs d'actualité.

vendredi 15 janvier 2016

Par bonheur, le lait

Cet auteur et un titre aussi parachuté, cela donnait envie.

© Neil GAIMAN et BOULET/ Au Diable Vauvert

La maman est partie quelques jours pour le travail et a laissé ses enfants et son mari. Tout est prêt, chaque repas au congélateur, chaque rendez-vous noté et rappelé au mari etc... Et, à la dernière minute, elle lui dit qu'il n'y a presque plus de lait. Bien-sûr le lendemain arrive et plus de lait, ni pour mettre dans les céréales des enfants, ni pour ajouter au thé du père. Qu'une solution, aller en acheter. Mais il met beaucoup de temps pour revenir, le narrateur (le garçon) et sa sœur se disent qu'il a du s'arrêter pour bavarder. Le père rentre enfin et explique son retard...
 - Bah j'ai été kidnappé par des extraterrestres, je me suis enfui et je suis tombé dans la mer, rattrapé par des pirates...

"Par bonheur, le lait" de Neil GAIMAN et illustré par BOULET est une divagation d'un père pour ses enfants. Au lieu de laisser le quotidien l'empêtrer, il leur offre là une histoire à dormir debout et pioche dans l'imaginaire de ses enfants de quoi l'alimenter.
Ils aiment les pirates, les dinosaures, les poneys colorés et tatoué d'étoiles, les volcans, les machines à remonter le temps et les vampires. Ils en auront. C'est alambiqué, pas plausible pour un sou et tiré par les cheveux. Tant mieux. Bien-sûr le père est allé chercher du lait et il ne l'oublie pas, surtout que cette bouteille a une grande valeur. Elle est la marque du temps, le symbole de la prophétie, le détail qui peut faire tout exploser. Le papa n'a-t-il pas fait des bonds dans le temps et risqué la fin de l'univers? Si! Mais le lait arrive sur la table. Ce ne sera pas du jus d'orange sur les céréales ni dans le thé!
Le père revient d'une course auréolé de sa fantaisie et les enfants se posent des questions. Cette affabulation apporte son lot de bonnes images et de rires sous capes. Les enfants se rappelleront ce matin-là, leur père aussi.

La version française a été illustrée par BOULET et elle joue sur la fraicheur. J'aime particulièrement le peuple des andes, les pirates. Voici d'ailleurs une petite mise en bouche culturelle, la version française,

© Neil GAIMAN et BOULET/ Au Diable Vauvert

la version américaine par Skottie YOUNG


et anglaise par Chris RIDDELL.



Merci aux éditions Diable Vauvert et à l'opération Masse critique de Babélio.
tous les livres sur Babelio.com
 

lundi 23 mars 2015

La fille maudite du Capitaine Pirate

Qu'il est tentant de mettre dans son cabas le premier volume de cette bande dessinée. Sa couverture est magnifique avec son crâne, ses chardons et la belle image de cette enfant au bandeau.

© Jeremy A.BASTIAN/ La cerise

"La fille maudite du Capitaine Pirate" de Jeremy A.BASTIAN nous amène en Jamaïque en l'an 1728. Une gamine vit sur la plage et rencontre par hasard la fille du gouverneur. Demain, elle sera partie à la recherche de son père, un capitaine pirate et invite cette dernière à se joindre à elle, mais la jeune pirate partira en fait seule. Le problème est qu'elle ne sait pas qui est son père. Ils sont encore 5 capitaines à naviguer dans les mers d'Omerta.

© Jeremy A.BASTIAN/ La cerise

Avec son ami le perroquet, Poivre d'As, elle va découvrir la mer et même sous la mer. Deux compagnons en armure, espadons de métal mais presque un peu Don Quichotte, les accompagneront. Mais la fille maudite du Capitaine Pirate n'a pas peur.

© Jeremy A.BASTIAN/ La cerise

Le récit est un peu plat mais les rencontres visuelles sont, elles, stupéfiantes et méritent le détour. Cela fourmille de détails, de personnages secondaires représentés aussi bien que les principaux. Le tout est fantastique, cruel, baroque et jouissif.

© Jeremy A.BASTIAN/ La cerise

On y retrouve des dessins style gravure fouillées et faite à taille réelle, des inspirations de Gustave DORE ou de Henry HOLIDAY mais aussi un peu des personnages déformés, un Humpty Dumpty de Lewis CARROLL.

© Jeremy A.BASTIAN/ La cerise

Un avis mitigé là et un interview.

samedi 18 octobre 2014

Lotte fille pirate

Un album grand format très coloré, une enfant blonde sur ce vert d'une forêt luxuriante. "Lotte fille pirate" de Sandrine BONINI et illustré par Audrey SPIRY présente la spontanéité de l'enfance, son émerveillement.

© Sandrine BONINI et Audrey SPIRY/ Sarbacane

Lotte est une pirate, oui môme et oui une fille. Elle vit dans une cabane au bord de l'eau, faite de bois et de tissus, dans laquelle elle accumule de petits trésors. Elle aime s'aventurer, découvrir, jouer. Elle se fait des amis des animaux de la jungle et vit avec son compagnon fidèle un toucan, Igor.
Elle est pétillante et indépendante. Quoique... Des voisins vont aménager à la ferme, son père lui a dit. Lotte n'est pas aussi autonome que dans ses rêves mais, cette fois, c'est pour de vrai, la vie dans la cabane.

© Sandrine BONINI et Audrey SPIRY/ Sarbacane

Lotte est une petite héroïne magnifique: espiègle, un peu délurée, elle rêve les yeux ouverts. Entre les lignes apparaissent les parents, leur culture (Stravinsky) et une idée du pays. Un environnement peuplé de faune et flore luxuriante où la solitude de la fillette est complète.
Mais elle va devoir faire avec les autres, renoncer en partie à ses rêves, à moins qu'elle les partage.

Les couleurs des dessins d'Audrey SPIRY sont extrêmement saturées. Lotte a la peau blanche et les nuances des pays chauds. Le soleil est là et l'enchevêtrement végétal aussi. L'illustration est aussi fantasque que le monde inventé.

© Sandrine BONINI et Audrey SPIRY/ Sarbacane

Une belle mise en scène de la rêverie, des aventures (sous contrôle) des enfants, de leur besoin de solitude quelque fois et de réconfort souvent.
J'aime les trésors trouvés, les amitiés sauvages rêvées. Il y a un chouilla de Kipling, de Fifi brindacier et de princesse au petits pois dans cette enfant.


mercredi 19 mars 2014

Le mystérieux trésor de Barbe-Noire

Chouette: une aventure pour comprendre l'histoire, un récit pour emmener les plus jeunes dans les méandres et les découvertes passés. Pour répondre à un petit homme aux envies d'aventure, de héros, de duels et de récits qui font peur, rien de mieux que de suivre un pirate célèbre!


"Le mystérieux trésor de Barbe-Noire" de Pascale PERRIER avec illustration de couverture de Sébastien MOURRAIN est une petite ouverture sur le monde intrépide des pirates.
Paul et Jules veillent auprès de leur grand-père Louis. Ce dernier, malade, décide à la demande des deux garçons de dévoiler un bout de sa vie, celui passé sur les eaux avec le sanguinolent Barbe-Noire. Louis était mousse sur un navire français transportant de l'or et des esclaves. Il avait envie d'aventures et en même temps que la crainte d'une attaque de pirates, il avait envie de confronter son courage et encore plus de découvrir leur lien entre eux. Et c'est le célèbre Barbe-Noire qui les aborde.
Il se trouve enrôler de force et vit ainsi quelques années avec les pirates. Il découvre la cruauté mais aussi la joie de cette troupe, les débordements à terre et les stratégies du "commodore". Ancien corsaire de la reine, Barbe-Noire est impitoyable pourtant tous ne perdent pas la vie à le rencontrer et il sait aussi prendre soin de son équipage. Grâce aux confidences du vieux Louis, les jeunes garçons découvrent les aller et venus de Barbe-Noire pour déposer un butin. Ils ont aussi envie d'aventure.

Ce livre est assez court mais présente une histoire captivante. Elle donne des indications sur la vie de pirate, les règles de vie, les rapports de force, l'abandon marron, l'étonnante mise en scène de Barbe-Noire mais aussi la fin de ces hommes de mer. Les pirates étaient quelques fois soutenus sur les côtes par le gouvernement ou les habitants et pouvaient quelque fois réintégrer la légalité.
Un petit documentaire présente d'autres éléments dont les pavillons, certains autres pirates célèbres et un lexique approprié.
Très belle première approche.

mercredi 15 janvier 2014

L'île au trésor

Depuis quelques temps nous lisons, enfin je lis au petit auditeur de 7 ans, des adaptations de classiques. Et ce fut avec beaucoup de plaisir que je suis rentrée dans cette lecture après la biographie jeunesse de son auteur et le petit livre d'un de ses illustrateurs, Mervyn PEAKE.

© Robert Louis STEVENSON, Stéphane FRATTINI et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

"L'île au trésor" adapté de Robert Louis STEVENSON par Stéphane FRATTINI (à qui nous devons d'autres magnifiques adaptations de la mythologie grecque, Ulysse et Hercule) et illustré par Sébastien MOURRAIN est un album parfait pour entrer dans l’œuvre de cet aventurier.

Bien-sûr nous découvrons Jim rencontrant le pirate Billy Bones dans l'auberge tenue par ses parents. Il meurt avant d'être retrouvé par une autre bande de pirate et laisse un coffre avec dedans des pièces et une carte au trésor, celui amassé par le redoutable pirate Flint.
Jim se l'approprie et se confie au docteur Livesey qui l'a soutenu à la mort de son père. C'est décidé ils partirons à la chasse au trésor sur la goélette l'Hispaniola. L'équipage se compose aussi de vauriens mais il faut arriver à l’île au trésor même si le cuisinier n'est autre que le dangereux pirate Long John Silver.
En vue de l’ile, les camps se forment et les morts s'accumulent. Comment récupérer le trésor et repartir en mer en pleine santé?

© Robert Louis STEVENSON, Stéphane FRATTINI et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Stéphane FRATTINI nous offre une adaptation parfaite pour harponner les plus jeunes. La férocité des pirates, les combats et les astuces de Jim et de son équipe sont ici très bien amenés, chapitre par chapitre permettant de l'action à toutes les pages. La complicité ambiguë de Jim et de Long John Silver apparait en filigrane comme celle plus franche entre le premier et le docteur mais assez pour donner envie d'en savoir plus.

© Robert Louis STEVENSON, Stéphane FRATTINI et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Les illustrations de Sébastien MOURRAIN sont toujours attrayantes. Des doubles pages d'atmosphère, des mises en situations de pirates assez redoutables et une certaine bonhommie du trait.

lundi 30 septembre 2013

La mer et lui

Le duo Henri MEUNIER et Régis LEJONC avait déjà fait des merveilles, leur nouvelle proposition aux éditions Notari nous emmène encore dans une poésie fine.

© Henri MEUNIER et Régis LEJONC/ Notari

"La mer et lui" nous parle d'un amour, d'une aventure, d'une vie, d'une solitude: celle d'un marin et de la mer. Le capitaine part à la retraite, il descend sur terre et fait une demande folle à la mer, de le suivre. Toute guillerette, elle accepte, se vide et remplit un verre.

D'une solitude en mer, la retraite amène au marin un dialogue. La mer raconte tous les exploits que les hommes ont fait sur son dos, elle parle aussi de son intimité, les abysses et les trésors enfouis, mais aussi de sa curiosité. Le capitaine la fascine par la mythologie inventée sur elle et par le récit de sa vie à son bord.
Tous les deux forment un couple, vivent une vie, y mettent leur "sel". Mais la mer manque, aux autres marins, aux enfants épris de baignades. Elle était aussi tout ou beaucoup pour eux.

© Henri MEUNIER et Régis LEJONC/ Notari

"Dans un meublé modeste il est un petit verre qui contient toute la mer, la mer et ses fidèles, poissons, moutons, tempêtes, vagues et hauts-fonds, étoiles, alizés, phares, brumes et sirènes en grande conversation avec le capitaine."

Le texte d'Henri MEUNIER est poétique à souhait, nous suggère plus qu'il nous dit les merveilles, les légendes, les mystères et cette complicité entre les deux.

© Henri MEUNIER et Régis LEJONC/ Notari

Les illustrations de Régis LEJONC, véritables petits tableaux, parlent d'une autre voix. Peu de mer et d'océan en fait mais beaucoup de paysages et d'urbanité, de ce que l'homme a construit, avant d'y réintégrer ce qui était avant lui, qui nous manque... la nature dans ce qu'elle a d'indomptable, de fascinant et de réconfortant.
Une autre lecture peut aussi se faire, écrite en dernière page : une ouverture picturale à l'art, à d'autres œuvres de HOPPER, BOUDIN, HOKUSAI ou DE CHIRICO et j'en passe. Ce qui fait une magnifique ouverture à cet amour de la mer!

"La mer est brave fille. Romantique et naïve, on lui doit de gentilles trouvailles comme la vie ou l'horizon."

Merci infiniment aux éditions Notari.

mardi 13 août 2013

Moby Dick

Il y a quelques temps déjà que je passe devant cet album. J'attendais de pouvoir le lire au lutin pour (re)découvrir ce classique. Nous en sommes sortis émerveillés. "Moby Dick" d'après Herman MELVILLE, adapté par Fouca DABLI et illustré par Jame's PRUNIER est une magnifique proposition!

© Herman MELVILLE, Fouca DABLI et Jame's PRUNIER/ Milan jeunesse

Ismaël est un homme solitaire. Il est si triste parfois qu'il se croit prêt à mordre. Il lui faut reprendre la mer en tant que matelot et retrouver la rigueur de cette vie réglée. Cette fois-ci il veut embarquer sur un baleinier. Les baleines le fascinent, il a tout lu sur elles, et ces monstres tout droit sortis des abîmes sont synonymes de danger et d'aventure. Il doit rejoindre Nantucket, l'île sur laquelle accostent les baleiniers. Mais il est arrivé trop tard et doit passé une nuit à l'auberge et partager son lit avec un harponneur, celui qui deviendra son inséparable ami, Queequeg. Ce prince d'une des îles du Pacifique, tatoué du visage et du corps, embarque avec lui sur le baleinier du Capitaine Achab, Le Péquod. Et la chasse commence. Mais loin de partir pour des raisons commerciales, ce bateau-ci instrumente une vengeance, entre le capitaine et un monstre blanc peut-être imaginaire, la baleine Moby Dick.
"Une terrible cicatrice sort de ses cheveux gris, continue sur sa joue, son cou, pour disparaitre sous ses vêtements. Certains prétendent même qu'elle continue jusqu'à ses pieds! On dirait un chêne qui a gardé, de la cime aux racines, la trace impitoyable de la foudre. Le capitaine se tient très droit, planté sur sa jambe artificielle taillée dans l'ivoire de cachalot. Il a fait percer sur le pont quelques trous dans lesquels il peut la caler, et là, le regard hautain constamment fixé vers l'avant, sur l'océan infini, il semble défier l'invisible ennemi."
Tous les jours passent à la poursuite de Moby Dick. Et un jour elle est là. Elle est immense, forte et rusée, par certains côtés, elle est aussi en chasse jusqu'à la fin.

© Herman MELVILLE, Fouca DABLI et Jame's PRUNIER/ Milan jeunesse

L'album présente ce duel entre Achab et Moby Dick, ce combat sur plusieurs jours, d'attente, de poursuite, de rixes et de pertes. Il nous tient en haleine et la forme blanche devient espérée et redoutée. Le livre est assez court pourtant, il permet de ne pas perdre le jeune lectorat dans une attente trop forte.

© Herman MELVILLE, Fouca DABLI et Jame's PRUNIER/ Milan jeunesse

Le contenu fait aussi la part belle au bateau, à sa fonction explicitée, à l'équipage. La chasse, le dépeçage de la baleine est présentée avec tout ce que l'on récupère d'elle. L'homme est le gagnant dans ces morts-là.
Le texte est bien-sûr une adaptation mais cette mise en perspective de certains côtés de la bible apparait tout de même: Le Rachel, un autre baleinier rencontré par Le Péquod, est en quête de ses enfants perdus, Ismaël le nomade et une idée de ce léviathan monstrueux.

© Herman MELVILLE, Fouca DABLI et Jame's PRUNIER/ Milan jeunesse

Le livre met aussi en valeur les magnifiques peintures de Jame's PRUNIER. Et bien qu'il s'agisse d'une adaptation, cet album est une pépite à s'offrir comme le texte intégral et ce, justement, pour l'atmosphère visuelle.
Jame's PRUNIER a su rendre la brume, le vent, le froid et cet air glacial des pôles où vit Moby Dick. Les paysages rappellent l'influence hollandaise par la lumière, l'impression de solitude et d'immensité avec de très beaux plans du port et des bateaux. Tout en détail, presque en authenticité, et en flou.
Ses personnages sont aussi caractéristiques, campés, burinés et le visage sculptés à la serpe.
 
© Herman MELVILLE, Fouca DABLI et Jame's PRUNIER/ Milan jeunesse

Et que dire de ses plans, de cette atmosphère cinématographique... premier plan sur le labeur des rameurs, second sur le duel avec Moby Dick, silhouette blanche de la baleine en plongée du mât du Péquod etc....
Magnifique!!!!!

© Herman MELVILLE, Fouca DABLI et Jame's PRUNIER/ Milan jeunesse

Et j'aime aussi les pages de garde avec ces illustrations comme dans un carnet de bord: le Péquod représenté, les baleines types et leur métrage, les différents harpons et même le parcours du baleinier sur la carte.

Rajout du 23/05/2014: il a été réédité avec une nouvelle couverture! 

lundi 10 janvier 2011

The sunday books (les livres du dimanche)

J'ai acheté "The sunday books" de Mervyn PEAKE et Michael MOORCOCK comme on se procure avec délice un livre de transmission.

© Mervyn PEAKE et Michael MOORCOCK/ Denoël

Cet objet est une sorte d'ovni. Ce sont des pages que le quidam n'auraient jamais dû voir. Mervyn PEAKE, talentueux illustrateur de Lewis CARROLL ou de Robert Louis STEVENSON, et romancier lui-même, offrait des moments privilégiés à ses deux fils. Dans l'île de Sercq où il vit, pas grand chose à faire pour ses deux garçons et la présence d'un papa poule artiste fait le reste. Il se met à inventer des histoires en pure improvisation et les illustre. Ce recueil d'illustrations de Mervyn PEAKE nous arrive amputé des histoires, poèmes et chansons. Un de ses amis, célèbre romancier, Michael MOORCOCK, nous sort du champ familial ces pages intimes et leur offre une parure de texte. Ce ne sont pas celles d'origine bien-sûr mais l'esprit est conservé.

© Mervyn PEAKE et Michael MOORCOCK/ Denoël

Ainsi ce livre nous offre une histoire parallèle de pirates et d'indiens. Sorte de confession des héros communs et ordinaires, c'est le ton qui amène ces histoires à devenir extraordinaires. Les personnages sont des pirates, des indiens ou des animaux fantastiques. Leurs confessions apportent une dose d'humour bien réchauffante: le ridicule des noms de bateaux, les trésors recherchés (par exemple un pudding de Noël), la canaillerie (et naïveté) des pirates, des courses de chevaux aux duo (trio) étonnants, les indices modernes d'une vie à choisir ou des mélanges zoologiques (un hibou parent d'éléphanteaux).

© Mervyn PEAKE et Michael MOORCOCK/ Denoël

Mais ce qui fait la force de ce livre est ce rapport très intime à ces destinataires. Mervyn PEAKE a créé pour ses fils, ainsi ce père propose des références multiples, des indices familiaux, des jeux de mots que MOORCOCK a dû recréer et une atmosphère : un lac Mickey-ho-ho, des annonces passées dans le "Corsaire express" ou "La gazette du corsaire" pour trouver un capitaine de piraterie.

Les histoires ne tiennent pas vraiment debout, il s'agit d'improvisations revisitées par un auteur se mettant à la place de PEAKE, nous passons du coq à l'âne, de chansons, de clins d'œil, d'illustrations apparemment plus marquantes etc. Mais c'est aussi la force d'un tel livre: il s'agit bien d'une transmission. Transmission d'un père à ses fils, imaginaire partagé, fortifié et amplifié, humour familial. L'introduction de Michael MOORCOCK fait partie intégrante du livre offrant effectivement une biographie de PEAKE mais surtout une idée de l'esprit de cet illustrateur et des dimanches en famille.

© Mervyn PEAKE et Michael MOORCOCK/ Denoël

De quoi donner vraiment envie de faire partie d'une famille de créatifs.

L'avis de Nebal, très complet, détaillé et pertinent, là