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vendredi 3 août 2012

Les arbres pleurent aussi

©Irène COHEN-JANCA et Maurizio A.C.QUARELLO/ Rouergue

Je l'avais vu dans les rayonnages, je l'avais vu commenté dans des blogs de qualité, alors quand j'ai pu l’emprunter, je n'ai pas hésité. "Les arbres pleurent aussi" de Irène COHEN-JANCA et illustré par Maurizio A.C.QUARELLO est une très belle proposition pour commencer à parler de la seconde guerre mondiale et de la question juive.

Les arbres ne parlent pas, ils restent muets... les arbres ne disent rien et pourtant. Un arbre de la ville, témoin de tous les âges, des jeux, des amoureux, des vieux et des oiseaux, un arbre de plus de cent ans s'apprête à parler. Il va mourir, "un minuscule papillon mine [ses] feuilles".
Il va prendre la parole contre l'oubli et c'est tout un pan de la grande histoire qui apparait.
"Moi, le marronnier dans le jardin de la maison 263, Canal de l'Empereur, j'ai donné à une jeune fille de treize ans, captive comme un oiseau en cage, un peu d'espoir et de beauté."

©Irène COHEN-JANCA et Maurizio A.C.QUARELLO/ Rouergue

Dans la grande Histoire, une plus petite, une qui a le pouvoir de l'identification... une émotion enfantine, bien-sûr il s'agit d'Anne FRANCK, cette jeune juive qui a vécu en clandestinité dans un espace caché d'une maison pendant l'extermination des juifs.

Par la voix du marronnier se décrit une politique, une interdiction au départ qui devient même celle d'exister. La violence est ici retranscrite par les illustrations, fortes, de QUARELLO. Des soldats, des bombes, des camps de concentration. Le texte lui est plus accessible, quoique tout est dit. Elle n'est plus libre, elle sera dénoncée, envoyée en camp où elle mourra.

©Irène COHEN-JANCA et Maurizio A.C.QUARELLO/ Rouergue

Mais l'angle d'approche est subtile. Sans nous donner tous les détails, certains extraits du "journal d'Anne Franck" sont repris. Ceux où la vue de la lucarne donne de l'espoir aux enfants captifs. Cet arbre, témoin des saisons, de la vie autour. Cet arbre appelant le renouveau du printemps.
La marronnier pleure, il veut témoigner avant de tomber abattu. Lui survivra d'une certaine manière grâce à son greffon, comme un double de lui... mais il témoigne pour que l'arbre nouveau fasse siennes les racines et la mémoire humaine.

Les illustrations couleurs sépia et jaune (de l'étoile) donnent des impressions lentes, longues, lourdes, pesantes de sens. Anne FRANCK apparait, en ombre, à travers la vitre, dans une flaque avec déjà son identité et sa vie volées.

Le propos n'est pas expurgé mais reste succinct, ouverture à plus de détails. En cela il est plus accessible que cet autre album jeunesse magnifique, "Fumée" d'Anton FORTES et illustré par Joanna CONCEJO. L'avis tentateur de Lily est ici.

mardi 30 novembre 2010

Je veux un vieux Noël

"Je veux un vieux Noël" d'Irène COHEN-JANCA et illustré par Caroline DALL'AVA est une petite histoire bien touchante. De celle que les enfants peuvent lire sachant que le Père Noël n'existe pas mais qui vous immerge dans la magie de cette période. De l'humour, de la magie, de la lumière, des décorations mais surtout de l'amour familial.

© Irène COHEN-JANCA et Caroline DALL'AVA/ Du Rouergue

Théo est un grand garçon et attend avec impatience la période de Noël. Ça tombe bien, les propositions de calendriers défilent à la porte, le jour de l'achat du sapin sera bientôt là. Sauf que cette année, les parents de Théo et de son petit frère Arthur ont une autre idée: un Noël plus proche des considérations écologiques. La maman propose des sapins en pochoir sur le mur et aussi des décorations maison. Ces nouveaux préparatifs alternatifs ne plaisent pas du tout à Théo. Il veut un vrai sapin, qui sent bon, chargé de boules et de décorations: un vieux Noël quoi!

Le récit est très drôle entre ce garçon très "conservateur", non, non pas comme ceux présents dans les produits alimentaires, sa maman pleine d'énergie, d'idées et en pleine phase écolo et ce petit frère toujours ravi de faire, découper, dessiner.

© Irène COHEN-JANCA et Caroline DALL'AVA/ Du Rouergue

Ce court roman graphique est plein d'humour, de poésie.
Le discours écologique est là, contre le plastique, contre les arbres qui meurent après une seule utilisation mais aussi avec un pendant autre à découvrir. Une philosophie de vie, du don, des partages entre amis et des loisirs.
La part belle est faite aux préparatifs, à ce partage familial qui fait la magie de cette période de l'année. Mais Théo n'aime pas les activités manuelles proposées, sous-disant trop enfantines pour lui, il souhaite la magie de Noël sans plus croire au Père Noël. C'est peut-être cela, d'ailleurs, qui se joue: une idée d'un dernier Noël de l'enfant avant l'adolescent... encore une présence, une ombre de Père Noël pour le petit frère mais aussi pour lui. Et c'est en fait une autre idée de Noël qui apparait... celle de l'amour familial.

© Irène COHEN-JANCA et Caroline DALL'AVA/ Du Rouergue

Les illustrations de Caroline DALL'AVA en noir et blanc offre un humour de livret d'activités pour Noël, entre des personnages aux mimiques épatantes et des décorations prêtes à découper (mais ne le faites pas). Les sapins ont poussé, le nobel prend la pose, l'ikenaba est magnifique et le petit train est entrainant. Le manque de couleur ne limite en rien la magie de Noël, lui offrant là un style.