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mardi 5 janvier 2016

"Nous, papa et moi donc, nous levons à six heures le matin convenu parce que les sapins doivent être achetés dans le noir." - L'art de voyager léger et autres nouvelles


"Puis l'atelier se transforme en forêt primitive où on peut s'enfoncer incroyablement loin sous le sapin pour s'y cacher. Sous les sapins, il faut se montrer plein d'amour. Il existe également des endroits pour éprouver du chagrin ou de la haine, par exemple, entre les portes où le courrier arrive. La porte du vestibule a des petits carreaux rouges et verts, elle est étroite et solennelle. Et puis, le vestibule est rempli de vêtements, de skis et de jambières, mais juste entre les portes, là où on a juste assez de place pour se glisser, il y a un espace encore plus petit pour éprouver de la haine. Si on le fait dans une grande pièce, on meurt sur-le-champ. mais si c'est confiné, la haine retourne à l'intérieur du corps et n'atteint jamais Dieu.
Avec les sapins, c'est très différent, en particulier lorsque les boules y sont accrochées. Ce sont des endroits qui renferment l'amour et c'est pour cela qu'il est terriblement dangereux de les faire tomber."

(Extrait de la nouvelle "Noël", elle-même issue de "L'art de voyager léger et autres nouvelles" de Tove JANSSON, Livre de poche; illustration de Tove JANSSON surement pour les Moomins)

****
Qui ose dire que je suis en retard? Non, il n'y a jamais de retard pour une atmosphère!

jeudi 25 décembre 2014

Joyeux Noël


"Tout devient compliqué quand on veut posséder les choses, les rapporter à la maison et les garder. Moi, je me contente de les regarder simplement. Ensuite, je les ai dans ma tête et je peux m'occuper de choses bien plus amusantes que de porter des valises."

(extrait de "Moomin, la comète arrive" de Tove JANSSON, Petit lézard; source illustration de Lieke VAN DER VOST)

mardi 24 décembre 2013

Joyeux solstice d'hiver!



"Primrose ouvrit sa fenêtre. Juste à ce moment, ils purent entendre le chant des souris qui tiraient la bûche du solstice le long des haies. Ils jetèrent leurs manteaux sur leurs costumes et coururent pour rejoindre la foule massée devant la porte du palais. M.Apple et Dusty conduisaient la procession en levant haut leur lanterne.

"Grillez les châtaignes et chauffez le vin, 
Passez les coupes de main en main.
Quand la bûche flambera, nous serons toutes réunies,
Et nous fêterons la fête jusqu'au bout de la nuit."
chantaient les souris quand on vit apparaitre la bûche.
[...] On fit glisser la bûche précautionneusement sur le seuil et Basil aspergea l'écorce de vin d'épines.
"Joyeux solstice d'hiver!"
La bûche était enfin là, la fête pouvait commencer."

(extrait de "Le secret de l'escalier" de Jill BARKLEM, Gautier Languereau)

dimanche 16 décembre 2012

Le lutin/tomte d'Astrid LINDGREN

*source illustration Harald WIBERG

Le tomte est devenu lutin...


Le texte d'Astrid LINDGREN illustré en version originale par Harald WIBERG est maintenant accessible en français, illustré par une de mes illustratrices préférées Kitty CROWTHER... 

C'est un texte d'actualité à ne pas manquer donc! De quoi ramener un lutin de plus à la maison. 

lundi 26 novembre 2012

Le Noël de Balthazar

Beaucoup d'albums sont proposés par le duo Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER mettant en scène un petit garçon, Balthazar, et son doudou vivant, Pépin. A chaque proposition, l'histoire se dévoile avec une manière d'être au quotidien inspirée de Maria MONTESSORI... pour cela il vous suffit de suivre le lien vers l'illustratrice qui vous emmènera, sur ce blog, à tous les livres dont il est question (albums ou livres d'apprentissages).


© Emma KELLY, Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse

"Le Noël de Blathazar" de Marie-Hélène PLACE, Emma KELLY et illustré par Caroline FONTAINE-RIQUIER parle de la fête de Noël. Je n'avais pas pu passer à côté, cependant, il reste très simple, voire simpliste par rapport aux autres. Alors pourquoi en parler me direz-vous? Et bien parce que sur ce thème, il est tout de même une belle proposition d'atmosphère (et une belle couverture pailletée).

© Emma KELLY, Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse

Balthazar se prépare à la fête, la maison se décore et il suit la suite des jours grâce à sa frise du temps. Mais voilà, il veut faire un cadeau à son ami Pépin mais il n'a pas de sous. Il part tout de même sous la neige vers la boutique de Monsieur Merlin. "Parmi le fouillis et la poussière il y a des trésors si vous cherchez bien" et oui, il y trouve un petit homme de bois parfait pour devenir le conducteur du petit train de Pépin. Pour payer, il demande à Monsieur Merlin s'il accepterait un échange entre sa magnifique collection de billes et le pantin. Monsieur Merlin accepte. Pépin lui aussi veut faire plaisir à son ami. Il trouve au magasin pile ce qu'il souhaitait en échange de son petit train... pour aller avec la magnifique collection de billes de son ami.

© Emma KELLY, Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse

Cet album présente le beau sentiment du don, de l'amitié qui passe au dessus des valeurs matérielles. Il y a aussi cette poésie de l'instant, où la fin sera belle et douce. C'est gentil.
Alors oui, malgré cette doucereuse impression, j'ai particulièrement aimé la boutique de Monsieur Merlin. Cette idée que si vous faites un petit effort pour ne pas regarder que les apparences, vous trouverez des trésors, de la compréhension et des valeurs bien plus fortes qu'espérées.
Sur le thème de Noël, un autre "album" de Balthazar répondra aux attentes des plus grands, j'en parle là (et en plus il fait calendrier de l'Avent).

mardi 20 novembre 2012

Balthazar prépare Noël (l'Avent)

IL est quelque fois difficile de mettre un enfant dans l'ambiance d'une fête. Pour Noël, les calendriers de l'Avent permettent de se faire un idée du temps qui passe et qui sépare du jour des cadeaux. Il y a les calendriers gourmands et d'autres plus "inspirés". "Balthazar prépare Noël" de Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER fait parti des seconds.

© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse

Cette nouvelle proposition s'inspire toujours de la pédagogie Montessori. Là pas tant d'action d'apprentissage pour l'enfant si ce n'est que les 24 mini-livres détachables sont à suspendre pour marquer les jours et des manières d'être à la saison. Ils ne sont pas déjà suspendus mais bien mis un à un au fil des jours par l'enfant: au dernier suspendu, l'enfant sait que Noël sera cette nuit, surtout que le mini-livre 24 est un sapin de Noël.
Ce calendrier s'ouvre en trois parties sur un salon chaleureux et décoré. Balthazar et d'autres enfants jouent en attendant le jour de Noël. Et l'ambiance monte grâce aux petites lectures de chaque jour.
La fête de Noël étant chrétienne, il en est bien-sûr un peu question mais avec parcimonie: la crèche, les Rois mages. Mais la décoration et la saison hivernale sont surtout mises en valeur: la couronne de l'Avent, le bouquet de houx, le feu de cheminée et la nature avec la balade en forêt ou la nourriture à préparer aux oiseaux.

© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse

Le calendrier de l'Avent est aussi fait de mini-histoires, présentant le Père Noël, Saint-Nicolas, le Père fouettard mais aussi un poème de Clément Clarke MOORE. C'est aussi une entrée dans les festivités chez Balthazar.
En plus, des activités sont proposées: la bûche de Noël à préparer, une boule d'ambre, des cartes de vœux etc...

© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse

Loin de s'être contenter d'une mise en scène religieuse, ce livre/calendrier est magnifique et offre de nombreuses autres voies de festivités... j'aime ce sapin celtique décoré de fleurs séchées, de fruits... j'aime cette crèche avec de l'écorce et de la mousse véritable.
En un mot, ce livre est MAGIQUE!

Et je remarque juste que je n'ai pas encore parlé du "Noël de Balthazar" du même duo! Allez, promis, je prépare le billet pour avant Noël (c'est fait: il est là)... et pour d'autres histoires sur le thème de Noël, n’hésitez pas à suivre le lien.

mardi 3 avril 2012

La dernière année

© Thierry LENAIN et Benoit MOREL/ Oskar

"La dernière année ou pourquoi et comment le Père Noël décida d'arrêter - et pourquoi il ne recommença jamais" de Thierry LENAIN et illustré par Benoit MOREL est là aussi une pépite. A croire que cette maison d'édition, Oskar, et cet auteur, Thierry LENAIN, sont porteurs de sens.

© Thierry LENAIN et Benoit MOREL/ Oskar

Ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains (mais non, mais non): il vous faut ne plus croire au Père Noël ou croire en un certain réalisme de la chose, il vous faut aussi un esprit critique... Mais aussi il vous faut de la poésie dans l'acte de don. Vous avez tout cela, vous êtes déjà plus vieux qu'un jeune bambin, alors courrez le lire!

Rayer le nom des enfants qui ne croient plus en lui... inscrire les nouveaux rêveurs. Une petite pièce s'est cassée ce soir-là.
La désillusion le prend. Pourquoi donc autant d'enfants qu'il délaisse, ceux qui ne croient plus en lui, ceux que la poste a décidé de laisser de côté. Parce que oui, le Père Noël ne décide pas de ses déplacements.

Jusqu'à ce soir, il a préféré regarder le beau côté de sa charge. Mais ces jours-ci tout le reprend et il ne sait plus faire avec: cette multitude de faux pères-noëls qui font peur aux plus petits et rire les plus grands. Ces faux qui s'étalent devant les vitrines quand lui reste caché.
Les jouets choisis par des enfants conditionnés. Son rôle qui ne devient que de la distribution et plus ni de la correspondance, ni de la fabrication.
C'est cet acte de conscience qui le prend cette année là... la dernière. Il ouvre son esprit à un autre partage.

Ce livre est magnifique, pour parler du don, des cadeaux, de l'industrialisation des désirs... de l'acte de partage et de présence...

© Thierry LENAIN et Benoit MOREL/ Oskar

C'est chez elle que je l'avais vu... Gaëlle, chez cette autre, Clarabel, qu'il m'avait déjà parlé avant d'être lu et là qu'on en parle bien.

dimanche 25 décembre 2011

jeudi 7 avril 2011

La nuit de Léon

© Yannick JAULIN et Elodie NOUHEN /Didier Jeunesse

"La nuit de Léon" de Yannick JAULIN et illustré par Elodie NOUHEN est un conte, mêlant poésie, pertinence, chaleur humaine et un chouïa de linguistique vendéenne.
Léon est un nomade, sans domicile fixe. Il arrive ici le soir de Noël, il fait froid, il est seul et cherche un abri. Personne n'ouvre sa porte. Mais au bout du village, une femme, belle comme une fée, semble l’attendre et lui indique une maison. Mais attention il ne faut pas avoir peur...

© Yannick JAULIN et Elodie NOUHEN /Didier Jeunesse

Deux personnages perdus se rencontrent et frottent leurs solitudes l'une à l'autre, choisie ou subie. Solitude des chemins, solitudes de la vie, solitude conséquence d'un refus de contact de la part des autres, au chaud dans leurs maisons. Le rapport à l'autre est très présent, celui sans abri comme celui qui dérange et que nous ne comprenons pas.
L'histoire se passe en une nuit, d'un vol de légumes, d'une maison abandonnée sur l'instant, d'un lit et de peu de paroles. Mais la reprise du contact permet un échange au delà des mots et c'est aussi la parole, transmission, évocation, apparait comme un cadeau, trésor de convivialité et d'amour.
Ce conte nous offre comme un baume pour le cœur. Là où l'homme se retrouve perdu, la vie et la terre offre son ventre, son cœur, ses tripes. De la solitude, des vies brisées, peuvent aussi sortir des contes, des histoires, des rencontres. Le don est humain et terrestre. En cela, les quelques mots de patois arrivent à point nommé, mettant une très légère distance sur une atmosphère au demeurant très précisée par le reste du texte. La relecture avec définitions donnent encore un autre cachet à l'histoire.

© Yannick JAULIN et Elodie NOUHEN /Didier Jeunesse

Elodie NOUHEN offrent de magnifiques illustrations où la froideur humaine apparait nettement. Les contrastes de couleurs froides et chaudes mettent en valeur le temps, le cœur et les émotions refoulées. Son travail de collage et de grande précision dans les textures propose une atmosphère en dehors du temps. Les ours polaires n'en sont presque pas, les rats sont géants. Les détails, les flocons et une certaine intimité précise et colorée ramènent aussi comme une impériosité à rester concentré sur l'humain.

lundi 21 février 2011

Après Noël

© Beatrice ALEMAGNA/ Autrement jeunesse

"Après Noël" de Beatrice ALEMAGNA est arrivé après les fêtes de fin d'année. Sa grande valeur est de mettre en avant et en images un certain malaise: les sapins de Noël jetés sur les trottoirs après leur office, même dès le 26 décembre.

© Beatrice ALEMAGNA/ Autrement jeunesse

Nous ne retrouvons pas d'histoire en tant que tel mais juste des impressions, des petits détails humains d'après fêtes dans des illustrations très urbaines. Ce sont des gestes, des sorties, des activités qui peuvent être anodins mais qui laissent dans la voix de la narratrice une tension.
L'humeur n'est plus aux festivités mais au quotidien qui poursuit son cours. Une suite de jours où la vie reprend, où les hommes et femmes partagent, s'offrent, accueillent... mais rien de cet enthousiasme électrique de la fin d'année festive.

© Beatrice ALEMAGNA/ Autrement jeunesse

Il y a une nostalgie, une perte de magie aussi dans ces collages d'immeubles, peu servis en nature, quartier proche, connu, mais sans émerveillement malgré les nouveautés. Le déroulement des jours est nostalgique... même les cadeaux de Noël ne permettent pas autant de joie, seul le rêve à travers les livres semble une perspective... dont un autre livre de l'artiste "Le secret d'Ugolin".

Encore un album sur la faille, comme toutes ses proposition
.

lundi 3 janvier 2011

Le livre de Noël

"Car il me faut expliquer comment les choses se passent à Marbacka le soir du réveillon. On a le droit de tirer une petite table au chevet de son lit et d'y poser une bougie, et puis l'on a e droit de lire aussi longtemps qu'on le désire. Et cela constitue le plus grand des plaisirs de Noël. Rien ne peut surpasser le bonheur de se trouver là, avec dans les mains un livre plaisant reçu en cadeau de Noël, un livre que l'on avait jamais vu auparavant et que personne d'autre dans cette maison ne connaît non plus, et de savoir que l'on pourra en lire les pages l'une après l'autre, pour autant que l'on sache rester éveillé. Mais que faire durant la nuit de Noël si l'on a pas reçu de livre?"
(extrait de Selma LAGERLÖF, "Le livre de Noël", conte extrait du livre du même nom)
*source illustration de Gustave DORE, des "Nouveaux contes de fées" de la Comtesse de Ségur

mardi 21 décembre 2010

L'histoire secrète du père Noël

La période de Noël est là, alors toujours dans une recherche de livre adapté au jeune lectorat, j'ai choisi de continuer dans la veine d'un auteur tout juste découvert pour son superbe livre "Pierre Noël" illustré par Emre ORHUN en ouvrant "L'histoire secrète du père Noël" de Vincent CUVELLIER et illustré par Sébastien MOURRAIN.

© Vincent CUVELLIER et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Léon est en prison depuis 10 ans pour un crime mineur: un vol de pain. Afin de combler son ennui et de contrôler ses nerfs, il sculpte et modèle de la terre glaise pour en faire de petits animaux des bois. Mais il ne tient plus, il s'évade en chapardant le manteau rouge du garde.

© Vincent CUVELLIER et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Dans sa fuite, il trouve refuge auprès d'un petit curé du nom de Mirabelle. Accueilli avec chaleur et générosité, il va pourtant encore voler mais ce vol lui ouvrira les portes d'un trésor caché.

© Vincent CUVELLIER et Sébastien MOURRAIN/ Milan jeunesse

Là encore il s'agit de la magie derrière les apparences. Cette période d'avant les cadeaux est présentée avec réalisme mais aussi poésie: de la chaleur, une soirée en famille, un feu de bois et des chaussettes mouillées et surtout des rêves. Cette veillée est aussi resituée religieusement juste en allusion, c'était avant la présence du père Noël. Avec ce dernier, une autre veillée se prépare, aussi simple et pourtant beaucoup plus lumineuse que celles de maintenant.
Le cadeau est là aussi un symbole bien plus qu'un jouet, c'est une fabrication. C'est aussi dans ce don, ce don aux plus démunis (autant les enfants que les autres, adultes), un pardon, une deuxième chance, une véritable attention (et une notion de véritable faute). J'ai aimé aussi ce cri, ce chant, cette envie de liberté d'un Léon en prison et la place encore ici importante du rire, offerte et rendu.

Les illustrations de Sébastien MOURRAIN sont magnifiques, elles rendent l'agressivité de ce Léon (et des autres) et aussi son changement de physionomie... Et la neige est tellement poudreuse, le manteau et la barbe tellement longs.

Ce livre est vraiment une très belle proposition pour les plus jeunes, pour leur conserver l'émerveillement en préparant au plus merveilleux des partages, celui des gens comme eux.

lundi 13 décembre 2010

Pierre Noël

Devenant maman, je cherche cette impression, cette sensation de plénitude, de solidarité, de partage, d'accueil, que symbolisent les fêtes de fin d'année. Je cherche aussi de quoi apporter une touche de cette magie dans les livres pour enfants (et grands), un livre un peu "magique" donc. J'en ai trouvé quelques uns, à suivre dans la catégorie Noël. En voici un autre, pile de saison, non?!

© Vincent CUVELLIER et Emre ORHUN/ Sarbacane

"Pierre Noël" de Vincent CUVELLIER et illustré par Emre ORHUN est un livre merveilleux. J'avais cette impression première d'un livre pour les enfants à partir de 7 ans, les illustrations étant très fouillées avec des détails adultes comme dans une bande dessinée indépendante, même voire un peu militante, et puis les textes rassemblés en une page compacte. Ce serait vraiment dommage de ne pas commencer à leur lire cet album grand format bien plus tôt. Bon, il y a tout de même un postulat: l'auteur parle de faux et de vrai Pères Noël, il nous faut donc en tant que parent être à l'aise avec cette réflexion! Entre autres tressautements de conscience...

© Vincent CUVELLIER et Emre ORHUN/ Sarbacane

Tout est blanc (neige) et plein de couleurs (jaune, bleu, vert et du rouge, partout, partout)... c'est Noël ce soir. Oui mais le rouge le plus attendu, celui du Père Noël, est absent: pas de manteau parce que pas de Père Noël. Les chefs des magasins vont alors en recruter, des mille et des cents, des messieurs tout-le-monde, sans emploi, qui seront là aux magasins pour les enfants, sous réserve d'achats parentaux de cadeaux et de bonbons. Bah oui, rien n'est gratuit!
Mais dans la rue, la magie n'est pas là, Benjamin, un jeune garçon, n'est pas dupe. Plein de Pères Noël ne veut pas dire plus d'enchantement et puis il y a comme un malaise. Est-ce que le vrai ne veut plus venir, est-ce qu'il a eu un problème? Noël ne peut se faire sans lui, Benjamin va partir à la recherche du vrai, de l'unique Père Noël. Mais comment faire? Dans l'annuaire, il a un Pierre NOEL, cela ne peut être que lui.
Monsieur Pierre NOEL est un homme solitaire, très renfermé, au quotidien millimétré, programmé et sans saveur. Rien à voir avec le vrai Père Noël, il est si différent mais pourtant le garçon trouve de multiples preuves minuscules. Alors quand il va venir le chercher c'est toute une atmosphère de magie qui réapparait.

© Vincent CUVELLIER et Emre ORHUN/ Sarbacane

Autant le début du propos est sérieux, de société, qu'il nous remet dans un contexte adulte, critique (et pertinent) avec une belle mise en abime des fêtes marketing, autant passées les premières pages l'histoire offre des merveilles, pas mièvres, lucides, mais aussi très enchanteresses.
Un changement d'esprit, un moment merveilleux, "selon la légende, on entendit alors un drôle de bruit (...), comme un léger, oh tout léger craquement, le même que celui qu'on entend quand on pose son pied sur la fine croute de neige du matin..." Un retour du partage, de l'amour, de l'attention, de la vraie présence même en cas d'absence. L'auteur nous livre cette magie: celle de l'émerveillement, de l'imaginaire. Trouver dans le quotidien cette trace de folie, cette envie de se dépasser, de se mouvoir, d'aller de l'avant, de partager, de donner gratuitement, de donner beaucoup plus qu'un objet: ici c'est l'imaginaire à son début, c'est une invitation à un émerveillement personnel, unique.
Il y a aussi la valeur des hommes, des démunis, Benjamin en est peut-être un, et le partage premier, le plus important, le plus souverain: le sourire.

Les illustrations d'Emre ORHUN sont fortes et presque "adultes". On y retrouve en effet comme un peu de Thomas OTT mais aussi de ces illustrateurs américains à la carte à graver, entre caricatures et critiques de société. Les expressions sont grinçantes, les détails très "industrieux" et merchandisés. Mais l'après est brillant, toujours dans ces couleurs très foncées, dessinées sur fond marrons, les bleus même pastels y prennent une texture sombre, pendant du rouge presque organique.
Pas d'imagier d'un Noël conventionnel donc, pas d'enchantement dans le dessin de froufrous attendus. Les illustrations accompagnent cette tension, cette matière aux rêves. Mais oui, cela marche, cela apporte une densité dans les émerveillements d'enfant redécouverts par l'adulte. C'est un Noël, en effet, presque adulte... ou comment retrouver cette magie dans l'atmosphère pesante de la vie.

Je ne sais plus que dire, pour vous donner envie, pour ne pas vous faire fuir... N'hésitez pas à l'ouvrir, à lire la première page mais aussi les deux ou trois autres...

mardi 30 novembre 2010

Je veux un vieux Noël

"Je veux un vieux Noël" d'Irène COHEN-JANCA et illustré par Caroline DALL'AVA est une petite histoire bien touchante. De celle que les enfants peuvent lire sachant que le Père Noël n'existe pas mais qui vous immerge dans la magie de cette période. De l'humour, de la magie, de la lumière, des décorations mais surtout de l'amour familial.

© Irène COHEN-JANCA et Caroline DALL'AVA/ Du Rouergue

Théo est un grand garçon et attend avec impatience la période de Noël. Ça tombe bien, les propositions de calendriers défilent à la porte, le jour de l'achat du sapin sera bientôt là. Sauf que cette année, les parents de Théo et de son petit frère Arthur ont une autre idée: un Noël plus proche des considérations écologiques. La maman propose des sapins en pochoir sur le mur et aussi des décorations maison. Ces nouveaux préparatifs alternatifs ne plaisent pas du tout à Théo. Il veut un vrai sapin, qui sent bon, chargé de boules et de décorations: un vieux Noël quoi!

Le récit est très drôle entre ce garçon très "conservateur", non, non pas comme ceux présents dans les produits alimentaires, sa maman pleine d'énergie, d'idées et en pleine phase écolo et ce petit frère toujours ravi de faire, découper, dessiner.

© Irène COHEN-JANCA et Caroline DALL'AVA/ Du Rouergue

Ce court roman graphique est plein d'humour, de poésie.
Le discours écologique est là, contre le plastique, contre les arbres qui meurent après une seule utilisation mais aussi avec un pendant autre à découvrir. Une philosophie de vie, du don, des partages entre amis et des loisirs.
La part belle est faite aux préparatifs, à ce partage familial qui fait la magie de cette période de l'année. Mais Théo n'aime pas les activités manuelles proposées, sous-disant trop enfantines pour lui, il souhaite la magie de Noël sans plus croire au Père Noël. C'est peut-être cela, d'ailleurs, qui se joue: une idée d'un dernier Noël de l'enfant avant l'adolescent... encore une présence, une ombre de Père Noël pour le petit frère mais aussi pour lui. Et c'est en fait une autre idée de Noël qui apparait... celle de l'amour familial.

© Irène COHEN-JANCA et Caroline DALL'AVA/ Du Rouergue

Les illustrations de Caroline DALL'AVA en noir et blanc offre un humour de livret d'activités pour Noël, entre des personnages aux mimiques épatantes et des décorations prêtes à découper (mais ne le faites pas). Les sapins ont poussé, le nobel prend la pose, l'ikenaba est magnifique et le petit train est entrainant. Le manque de couleur ne limite en rien la magie de Noël, lui offrant là un style.

vendredi 19 mars 2010

Le pitou

Pour le Noel de l’année dernière, je cherchais une histoire un peu en dehors de celles du Père Noël mais le faisant intervenir. C’est comme ça que je suis arrivée à ce livre : « Le pitou » de Mickaël ESCOFFIER et illustré Clément LEFEVRE.

©Mickaël ESCOFFIER et Clément LEFEVRE/ Frimousse

Ce petit pingouin est à la recherche de son jouet, son pitou. Il demande à la baleine puis à l’ours blanc, avec un peu d’appréhension tout de même. L’ours blanc lui fait la morale et lui parle de chaine alimentaire et de ne pas déranger les adultes et pire les personnes qu’il ne connait pas. Pour s’en débarrasser il lui indique où trouver le Père Noël ! Ce pingouin bien naïf qui croit tout ce qu’on lui dit va retrouver un pitou. Est-ce celui offert en remplacement par le Père Noël ? Ce totoro par exemple ?

©Mickaël ESCOFFIER et Clément LEFEVRE/ Frimousse

L’histoire apporte une touche de fantastique dans ces comportements d’adulte : ne pas être déranger, dire n’importe quoi pour être tranquille ou vouloir faire plaisir sans vraiment savoir ce que l’enfant attend. Et puis le retournement de situation est adoré par chez nous. Cela permet de faire passer la précaution : prendre soin de ne pas côtoyer un adulte étranger en riant.

©Mickaël ESCOFFIER et Clément LEFEVRE/ Frimousse

En plus le livre, grand format et papier épais fait la part belle aux illustrations de Clément LEFEVRE. Une topographie particulière et des pages pleines sans parole juste pour se fondre dans le décor. Ce travail au pastel laisse beaucoup de place aux textures, de plume,s de poils, de peaux, de moustaches mais aussi de vent, de neige. Il nous offre aussi une très belle représentation de ce Père Noël et de son chariot tiré par les rennes.

©Mickaël ESCOFFIER et Clément LEFEVRE/ Frimousse
6/24

jeudi 11 février 2010

Le Père Noël m'a écrit

© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

« Le Père Noël m’a écrit » de Carl NORAC et illustré par Kitty CROWTHER est une petite merveille. C’est vrai que je ne suis pas déçue, ni de l’un, ni de l’autre. J’avais rencontré les deux, si peu consciente de ma chance et si fébrile à l’idée d’un autre partage, bien improbable.


NORAC propose une entrée dans les aventures du Père Noël. Très peu de cadeaux aux enfants, sous le sapin et pourtant le livre est un vrai cadeau. Les lettres adressées au Père Noël se sont envolées sans avoir pu être lues, sauf une, prise dans les bois d’un renne, celle d’Else. Le Père Noël la lit et répond, il est touché, cette enfant ne souhaite pas de cadeau mais bien des confidences, des aventures, des secrets… ceux du Père Noël. Alors oui, avec plaisir, il ouvre le voile de ce qui se passe ici, chez lui. Il décrit sa difficulté à entrainer ses rennes pour le vol, son besoin de les rendre forts et de les surveiller. Il raconte la fois où par mégarde ils ont réussi à échapper à sa vigilance pour voler jusqu’aux étoiles. Son obligation de chercher de l’aide sur terre.
© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

L’histoire nous emmène à la rencontre d’autres peuples, aux rapports avec la nature encore préservés… des Inuits en quête de rennes aussi et qui ne connaissaient pas notre cher PN ; des indiens vengeurs de lune. Le Père Noël nous livre ici son plus fabuleux cadeau, reçu des rennes, compagnons de vie nocturne et professionnelle : une virée dans les étoiles. L’atmosphère de Noël apparait alors dans ces détails d’attention, de présence, d’offrande de moments plus que de biens matériels. Des partages autour du feu, des souvenirs, des fantasmes humains qui trouvent là un achèvement beaucoup plus harmonieux. Les pointes d’humour ne sont pas éloignées non plus, que dire de ces chiens de traineaux affalés de rire en voyant ce pauvre Père Noël ressortir des cheminées de plus en plus sale.© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

Il y a aussi cette réflexion sur les offrandes des parents, celles cachées par le symbole du Père Noël : un fantasme de vie pour un enfant, qui ne s’en dépatouille qu’à l’âge adulte. Le merveilleux est sauf : c’est un cadeau du Père Noël qui a mis l’homme sur son vrai chemin de vie.
© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

J’aime aussi, toujours, l’univers de Kitty CROWTHER qui offre des détails de quotidien, des univers champêtres, des animaux humanisés, des atmosphères de partage. J’aime aussi sa prise de position sur un univers pourtant marqué par un imaginaire commun, il est comme plus réel, doux mais aussi presque plus tendre.

C’est une histoire de Père Noël et non une histoire de Noël, une histoire d’homme de profession humaniste qui a été comblé en retour.