* David LEVINE
Quelques catégories:
- Un peu d'actualité, les Opérations littéraires dont le Prix Landerneau ou l'opération Masse critique Babelio
- quelques thèmes: Cinquième rayon (sensualité, sexualité, les livres mis sur le rayon le plus reculé) ou à l'opposé Pédagogies ou apprentissages, mis devant pour aider les plus jeunes. Ou Spiritualité
- j'en ai parlé aussi ailleurs quelques autres billets de littérature adulte ou des billets sur les apprentissages et éveils (avec ou sans livre mais toujours avec supports et matériels)
mais aussi:
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Beaux livres
- Biographies
- Challenges blogs
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Essais
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Nouvelles
- Poèmes
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Récits
- Théâtre
et à voix haute s'il vous plait ! ... pour adultes, pour enfants... pour réfléchir, pour se divertir, pour s'éveiller, pour les apprentissages de vie...
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mardi 17 octobre 2017
jeudi 31 mars 2016
L'auteur, l'autorité - Jules Verne, l'enchantement du monde
"Comment définir l'autorité? Le mot latin autor a donné en français "auteur" et cet autor vient du verbe latin augeo qui veut dire augmenter [...]
Qu'est-ce donc, maintenant, qu'un auteur? Quelqu'un qui augmente: celui qui vous augmente, qui fait grandir le lecteur ou qui enrichit la matière sur laquelle il travaille: l'augmentateur. Jules Verne m'a augmenté. La seule chose que je puisse dire avec autorité sur lui, c'est qu'il a été pour moi un auteur; de la lecture de ses livres, je suis sorti grandi, adulte. Mieux savant et enthousiaste du monde. Jetez par la fenêtre toute œuvre qui ne vous augmente pas. Refusez toute autorité à qui n'augmente rien ni personne. D'où, chez lui, tant de récits où le héros se révolte contre l'autorité abusive, l'impérialisme britannique aux Indes, par exemple."
(entretiens de Michel SERRES répondant à Jean-Paul DEKISS, "Jules Verne, l'enchantement du monde"; Le pommier)
samedi 7 mars 2015
Alpha... directions
Un indispensable!
© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud
© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud
© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud
© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud
J'en ai parlé ailleurs, avant même de le posséder. J'en ai parlé sans en dire un mot, juste pour le plaisir de l'ouvrir, de le feuilleter et de décalquer. Je n'en ai pas parlé parce qu'il y aurait tellement de choses à en dire. Et puis je l'ai laissé de côté. Juste à côté, sur ma table de chevet (enfin ils sont nombreux à cet endroit).
Cela devait être une trilogie (avant l'homme, l'homme et le futur), ce sera un tétralogie, l'auteur n'ayant pas réussi à condenser l'hominidé en un seul tome. Grand bien lui fasse! "Alpha... directions" de Jens HARDER est le premier tome.
© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud
Ce n'est pas la première fois que la naissance de l'univers ou de la vie est le thème d'un livre. C'est un peu plus rare en ce qui concerne une bande dessinée. Ce serait pourtant simpliste de limiter celle-ci, de plus de 300 pages, juste à une histoire de la création du monde. Il s'agit plutôt d'une version mêlant toutes les autres. Une encyclopédie iconographique de toutes les conceptions de la genèse du monde.
Le parti-pris est scientifique, le créationnisme religieux est mis de côté. Se suivent les différentes étapes de la matière, des particules, de la vie. Pourtant à ce propos très rationnel s'apposent toutes les autres approches, les dernières découvertes scientifiques se présentent en même temps que la présentation biblique ou que les cosmogonies de différentes cultures: indienne, inuit, égyptienne, mésopotamienne, aztèque etc...
© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud
Les magnifiques illustrations décrivent les temps géologiques accompagnées de peu de textes. Nous pourrions croire que la vie arrive vite dans le livre avec bien-sûr ces dinosaures qui nous plaisent tant. Et bien, le soleil n'arrive qu'en page 59, la vie en page 135 et les dinosaures page 250. Autant vous dire que le fourmillement de bactéries, de flux, de forces en puissance, de végétaux, d'algues, d’arthropodes est impressionnant. Vous découvrirez bien-sûr les étapes importantes, l'ozone, le premier cordé (l'architecture osseuse comme le squelette métallique d'un pont), l’œuf, les ailes etc...
Des dessins des manifestations physiques, chimiques, vivantes, astronomiques, géologiques,... côtoient des dessins de lieux symboliques (pour la science mais aussi manifestations géologiques, architectures, ruines antiques), des fenêtres sur les scientifiques ou leurs instruments (pendule de Foucault, boite de pétris, laboratoires, navette spatiale ou télescope...), des encarts sur d'autres vues éclairantes (un rubiscube, une étude de coquillage et du chiffre de Fibonacci). Par exemple pour expliquer des concepts, l'auteur propose des associations visuelles: l'attraction du soleil, un aimant, une boule de neige amalgamant la neige autour et grandissant, pour la gravité la pomme, pour la mise en place de l'univers, la dernière pièce d'un puzzle, une partie de billard.
Jens HARDER propose aussi des thématiques plus poussés par exemple l'apparition de la reproduction, vie et mort, avec une image d'Adam et Eve, de la faucheuse, de spermatozoïde mais aussi des amants de Pompéi, une image soft du kama-sutra ou de la reproduction animale.
© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud
Ce livre est un summum. Vous pouvez l'ouvrir à n'importe quelle page et profiter du spectacle. Ne prendre qu'une période, au chapitrage coloré. Ou vous offrir la lecture de ce "roman" graphique. Peu de texte, oui, mais tellement de dialogues entre l'histoire des sciences, les péripéties du big bang à l'humain et la culture.
Le propos est ainsi un va et vient entre une description chronologique et des focus culturels.
Après une petite déstabilisation dûe au foisonnement d'illustrations ultra-réalistes face à des anachronismes pour nous présenter comment nous en sommes conscients, des explicitations scientifiques et des iconographies très fantaisistes, vous serez émerveillé par le voyage plein d'humour.
© Jens HARDER/ l'an 2 / Actes Sud
Des peintures de Bosch, de Goya, de Michel-Ange, Magritte, Hokusai. Des bestiaires du monde entier, moyenâgeux, grecque avec la chimère, japonais avec le kappa. Mais aussi d'autres références, Mélies, mythologie grecque, mais aussi d'autres pour les plus jeunes "Gon" le petit dinosaure, Tintin, Donald Duck, "Les dents de la mer", "Mille et une pattes".
Je vous l'avais dit, tant à dire. Alors plongez dans ces pages en bichromie...
Jens Harder - Alpha (directions) par lafamilledigitale
Jens Harder - Alpha (directions) par lafamilledigitale
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mardi 3 mars 2015
Mindfulness: La pleine conscience pour les adolescents
Sur ce média vous ne le savez peut-être pas mais j'aime beaucoup la méditation dans ce qu'elle offre de perspectives sur notre sérénité. J'achète tous les livres qui pourraient donner la voix la plus simple pour les plus jeunes alors oui je me suis ruée sur cette proposition, surtout que, chouette, il s'agit là de pratique.
"Mindfulness: La pleine conscience pour les adolescents, exercices" de David DEWULF est un livret CD qui accompagne un ouvrage plus complet sur le sujet. Nous pourrons en effet reprocher à ce petit livre de ne pas aller au bout de toutes les explicitations mais ce n'est pas son objectif. Ici le texte offre une première approche de ce que les méditations peuvent apporter mais le principal reste dans l'écoute du CD.
Destiné aux adolescents, le tutoiement et certains termes de connivence apparaissent. Mais pourquoi pas! Il m'a fallu aussi passer par une réticence aux premières pistes du CD un peu moralisateur et plombant, ce sera difficile, "Rappelle-toi qu'il va falloir t'accrocher". Bon oui, la méditation est un acte à vivre, à péréniser, à pratiquer. C'est vrai aussi que pour les débutants ce n'est pas évident ce temps de lâcher prise des émotions, des pensées, de la respiration mais pourquoi accentuer le tout?
Les exercices suivent, sur la respiration (pour débutants) puis plus longue, le scan corporel comme un acte un peu facile et pourtant très salvateur pour ne plus avoir une idée de son corps mais le vivre. Des étirements de yoga sont proposés. Bonne ouverture aussi car il n'est pas question d'exigence-là mais justement d'exercices "en dessous de ses capacités" pour rester en contact avec les signaux des maux possibles.
Le lâcher prise des émotions, les astuces contre la rumination ou plutôt pour une rumination encadrée et de plus en plus légère et constructive. Des conseils pour les moments difficiles ou une ouverture sur le Hearthfulness. Ce dernier chapitre, sur le pardon et l'empathie, sera peut-être le plus complexe, le plus spirituel mais les approches sont simples et courtes.
Au final, ce livret CD est une belle première approche si l’adolescent est suivi dans la méditation, encouragé par un professionnel ou une collectivité. Sinon le résultat est un peu guindé et autoritaire à mon goût. A recommander en complément d'une autre approche de la méditation, avec un contact réel humain par exemple. A prendre aussi par pratiques individuelles: la méditation Montagne, du cinéma par exemple ou "madame ou monsieur commentaire".
David DEWULF est un médecin belge, fondateur de l'Institut pour l'Attention et la Pleine Conscience (I AM).
Merci aux éditions De Boeck et à l'opération Masse critique de Babelio.
Merci aux éditions De Boeck et à l'opération Masse critique de Babelio.
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vendredi 6 février 2015
Annie Sullivan & Helen Keller
Cela fait longtemps que je voulais lire cette bande dessinée. Parce qu'elle parle d'un sujet qui me touche, j'avais peur d'être déçue. Et bien non!
© Joseph LAMBERT/ Cambourakis
"Annie Sullivan et Helen Keller" de Jospeh LAMBERT raconte les premières années d'éducation d'Helen, enfant de 6 ans, sourde et aveugle à la fin du 19ième siècle. Il s'agit d'une histoire vraie très célèbre aux États-Unis.
Helen a perdu la vue et l'ouïe avant ses 2 ans. Elle s'enferme dans la confrontation, l'isolement tactile et la non communication. Annie Sullivan est embauchée pour l'éduquer et va s'investir complètement.
En parallèle des efforts et progrès d'Helen, nous découvrons le passé chaotique d'Annie. Laissée avec son frère dans un hospice à l'âge de 10 ans, elle y vit dans des conditions déplorables et y perd son frère. A 14 ans, presque aveugle d'un œil, elle intégrera l'Institut Perkins, pour enfants aveugles, sans savoir écrire ou lire même son nom et en sortira la meilleure de sa promotion. Les avancées d'Annie éclairent celles d'Helen et inversement.
© Joseph LAMBERT/ Cambourakis
Cette bande dessinée tout public est un magnifique hommage aux enfants victimes de handicap. Joseph LAMBERT illustre avec énormément de finesse le flou dans lequel Helen vit avant de rencontrer Annie.
Ne se vivant que tache grise informe dans un néant, elle a à peine des bras, les éléments qu'elle touche n'ont aucune importance, aucune existence, seules la nourriture et les bras réconfortants, roses, de sa maman semblent y avoir une place. Et puis les bras bleus d'Annie, du professeur. Les bras puis les doigts. Helen ne supporte pas le contact physique, la frustration, les contraintes. Elle mange avec les doigts, casse, tape. Et puis Annie arrive. Il s'impose immédiatement, l'enfant doit se servir de couverts, demander les choses. Annie utilise la langue des signes. Alors l'imitation des noms apparait mais pas encore la notion des objets.
Le passage du vide à la conscience du monde est très émouvant. Helen va apprendre à désigner les objets, à les demander, à communiquer, à questionner. La relation de crise, d'agression, de violence, devient une relation de confiance, d'apaisement et d'éveil.
© Joseph LAMBERT/ Cambourakis
Les prises de position d'Annie sont vues de l'intérieur grâce à ses compte-rendus au directeur de l'Institut Perkins qui l'a recommandé auprès des parents d'Helen. Sa rage, son impuissance, son envie de contrôle sans atteinte des libertés d'Helen. "Mon défi le plus pressant consiste à la discipline sans briser sa volonté. Je dois exiger d'elle un minimum d'obéissance, mais je ne dois pas la contrôler uniquement par la force. J'ai besoin de gagner son amour." Elle utilise des supports de communication créés et mis à sa disposition par l'Institut: le langage des signes (ici le mot est épelé et ne peut pas être "signé" par un geste qui impliquerait le visuel), une bibliothèque énorme de livres en braille...
© Joseph LAMBERT/ Cambourakis
Il y a aussi de l'instinct dans cette jeune femme. Elle même sujette à l'isolement communicatif (fait de paroles insensées), elle veut ouvrir son élève au monde. Ne pas la subir et pour l'enfant, ne pas subir le monde. Cette éducation sur le tas, sans possibilité de programmer ou d'organiser, est fabuleuse. "J'ai décidé de ne pas lui donné de leçons régulières pour l'instant. Au lieu de quoi, je traite Helen exactement comme une enfant de deux ans. Partant du principe qu'elle a une capacité normale d'assimilation et d'imitation, je parle dans sa main comme on parlerais dans l'oreille d'un bébé qui entend. Je fais des phrases entières quand je lui parle, même si elle ne comprend qu'un seul mot. La phrase entière, répétée de nombreuses fois, va s'imprimer dans son cerveau. Peu à peu, elle l'emploiera elle-même." Cette bande dessinée est toujours d'actualité. A l'heure actuelle le handicap est encore trop souvent assimilée à une déficience, Annie Sullivan partait, elle, du principe que son élève était une enfant normale, pas un tyran qu'il ne faut pas contrarier mais bien un potentiel en éveil! Et puis, elle se confronte au réel, ne bride pas les questionnements de sa protégée, apprends en se trompant.
© Joseph LAMBERT/ Cambourakis
La part belle est donnée ainsi à cet épanouissement de l'enfant différent mais la bande dessinée offre aussi les affrontements d'idéaux, les préjugés d'une société, les orgueils d'adultes et les retombées médiatiques et financières d'une avancée dans la prise en charge des enfants. Par exemple la scission entre l'Institut Perkins et Annie Sullivan.
dimanche 1 février 2015
Petites et grandes questions philo de Piccolo
Je suis toujours très friande des livres permettant de nous mettre sur la voie de la philosophie, surtout quand ils ont pour cœur de cible les enfants. J'aime l'idée de faire réfléchir les plus jeunes, de les faire réagir et de les aider à appréhender le monde.
© Michel PIQUEMAL et Thomas BAAS/ Albin Michel jeunesse
Alors bien-sûr je me suis ruée sur celui-ci: "Petites et grandes questions philo de Piccolo" de Michel PIQUEMAL et illustré par Thomas BAAS est en fait le recueil de toutes leurs propositions Piccolophilo éditées auparavant: "C'est pas juste!", "C'est à moi!", "Achète-moi la moto rouge!", "C'est quoi la mort?", "Non, c'est pas moi!" et "Mais je suis déjà grand!".
© Michel PIQUEMAL et Thomas BAAS/ Albin Michel jeunesse
Par le biais d'histoires courtes, très claires et pour les enfants très jeunes (dès 4 ans), des thèmes de philosophie sont abordées tranquillement, l'air de ne pas y toucher.
Ne pas faire tout ce que l'on veut, enfant ou adulte, et c'est déjà parler d'autorité, de désir, de besoin, de loi. Parler de la mort, de la possession, du désir et des frustrations.
Se confronter aux autres, à l'amitié, à la possession et aux partages. Et des jeux coopératifs ou à deux.
Se sentir frustré, être tenté, surconsommer et des indices de manipulations des grands surfaces.
Parler de la mort comme un élément de vie avec une mise en perspective de la durée de vie d'animaux.
Commencer à se responsabiliser, ne pas mentir et tout ce que le manque de confiance induit, tout ce que le malaise provoque.
Grandir comme une étape, ni en avoir peur, ni la devancer.
© Michel PIQUEMAL et Thomas BAAS/ Albin Michel jeunesse
Une page pour les adultes, enseignants ou parents, suit avec le "petit grain de sel philo". Elle reprend ce qui se passe pour l'enfant, les lois, les règles de la vie. Les thèmes sont alors plus explicités avec les multiples voies de réflexions.
© Michel PIQUEMAL et Thomas BAAS/ Albin Michel jeunesse
Puis des jeux amènent les enfants à faire l'expérience avec à chaque fois un focus parent pour expliquer les objectifs Les bambins sont ensuite accompagnés et poussés à répondre à des questions et à reformuler peut-être différemment avec "L'atelier en savoir plus" leur étant destiné. Cette dernière partie apporte une ouverture vers la compréhension des notions.
J'aime beaucoup les explications sur la consommation ou sur le mensonge (des médias aussi). Je mets toutefois un bémol sur certains chapitres que je trouve un brin péremptoires et assez moralisateurs. Mais le livre a le mérite d'expliciter et d'accompagner beaucoup. Parfait aussi pour entamer des discussions en famille quand ce n'est pas évident.
Ce recueil regroupe à prix intéressant une première partie des propositions Piccolophilo, ce serait dommage de ne pas en profiter!
mercredi 28 janvier 2015
Le feuilleton d'Hermès, la mythologie grecque en 100 épisodes
Nous manipulons ce livre depuis plus d'un an. En effet, "Le feuilleton d'Hermès" de Murielle SZAC et illustré par DUVIVIER Jean-Manuel est plus qu'une simple présentation.
© Murielle SZAC et Jean-Manuel DUVIVIER/ Bayard jeunesse
Au premier abord, 100 épisodes impliquent un fourmillement, des personnages à n'en plus finir et des histoires qui se suivent sans forcément impliquer les mêmes héros. Oui. Au début, je trouvais que le récit tirait en longueur. Au début seulement.
Le parti-pris n'est pas de proposer un livre jeunesse simplifié mais bien une longue version de manière presque exhaustive. Murielle SZAC propose ainsi par "feuilleton", ici Hermès, mais un autre Thésée et encore un en préparation, Ulysse, les différents cycles épiques de la mythologie grecque.
© Murielle SZAC et Jean-Manuel DUVIVIER/ Bayard jeunesse
Avec Hermès, nous assistons à la création du monde. Hermès fait partie des douze dieux résidant sur l'Olympe. Il est facétieux et curieux. Son enseignement auprès de ses trois nourrices lui permettent de voir le passé, le présent et l'avenir. Il peux ainsi découvrir ce qui s'est passé avant lui (Ouranos et Gaïa, les naissances fantastiques des Titans, des dieux, des hommes) et ce qui se passera pour sa descendance (ses fils feront équipe avec Jason).
© Murielle SZAC et Jean-Manuel DUVIVIER/ Bayard jeunesse
Nous découvrons peu à peu certains épisodes des mythes grecs: Prométhée et sa foi en l'homme, persécuté par Zeus, Perséphone capturée et détenue aux Enfers, Orphée perdant son amoureuse, Le duel entre Bellérophon montant Pégase contre la Chimère, Persée tuant Méduse.
© Murielle SZAC et Jean-Manuel DUVIVIER/ Bayard jeunesse
Mais encore plus. Ce sont les défauts et les emportements des dieux que nous découvrons: leurs amoures, leur jalousie, leurs emportements mais aussi leurs soutiens. Ils jouent avec les hommes, changent les destins et modifient le monde (certaines victimes pâtissent et deviennent faune, flore ou étoiles).
Avec ce premier opus, Murielle SZAC offre la génèse de ce monde. La mythologie grecque se découvre sous la forme d'un roman, décrit par Hermès le fil conducteur mais aussi comme des prises de parole avec à chaque début d'épisode un résumé du précédent. C'est magnifique, imposant et servi par les illustrations de Jean-Manuel DUVIVIER très stylisées, souvent géométriques permettant d'évoquer bien plus que de décrire. Un peu désappointée au départ, je dois avouer qu'au fil des pages, je tombe de plus en plus sous le charme des formes inspirées.
© Murielle SZAC et Jean-Manuel DUVIVIER/ Bayard jeunesse
Parce qu'au final, ce livre doit se savourer. C'est une épopée qui se raconte au coin du feu, une aventure chaque soir, déclamée ou théâtralisée par un conteur. Je vous invite à lire cet avis argumenté.
***
Et puis oui, nous nous en servons comme un support de culture mais aussi de débats et d'apprentissage (cf premier lieu en haut du texte). En suivant en cela le pédagogue Serge BOIMARE, nous utilisons les épisodes comme d'un moteur de travail différent (en français mais aussi en géographie). Je m'aide en cela du magnifique travail d'un professeur, Bruce DEMAUGE-BOST.
Mais surtout comme un appel aux réflexions sur nos émotions et nos conflits intérieurs: en suivant les caprices décrits, les tueries fantastiques, les trahisons, les orgueils et mauvaises fois, l'enfant serait à même de trouver des références culturelles et langagières pour mettre des mots sur leurs maux.
jeudi 25 décembre 2014
Vivre ensemble, La liberté, ( -, c'est quoi?)
J'en avais parlé au moment des élections présidentielles. Ces deux ouvrages de la collection Philozenfants de Nathan, écrits par Oscar BRENIFIER,
ciblant les plus de 7 ans, ne sont que deux exemples que je compléterais au fur et à mesure tant ces propositions sont excessivement bien faites et interactives.
© Oscar BRENIFIER, Frédéric BENAGLIA et Frédéric REBENA/ Nathan
"Vivre ensemble, c'est quoi?" d'Oscar BRENIFIER et illustré par Frédéric BENAGLIA permet d'aborder la solitude, l'entente, l'égalité, le respect, le travail et l'autorité.
A ces 6 thèmes sont associés 6 questions.
© Oscar BRENIFIER et Frédéric BENAGLIA/ Nathan
Mais le point fort de ces
propositions philosophiques pour enfants est là: à chaque question le
débat est ouvert car les réponses multiples sont oui et non! Plusieurs
oui, plusieurs non, et à chaque fois quelques arguments "caricaturés"
par les illustrations dans une situation explicite.
© Oscar BRENIFIER et Frédéric BENAGLIA/ Nathan
"Doit-tu toujours être d'accord avec les autres?
- non (...)
- non (...)
- non (...)
- oui (...)
- non, car j'ai le droit d'avoir mon opinion.
oui mais: (...)? (...)? Existe-t-il des opinions supérieures aux autres? (...)?"
En fin de thème, un récapitulatif et ce que permet cette question comme réflexion plus large.
***
" La liberté, c'est quoi?" d'Oscar BRENIFIER et illustré par Frédéric REBENA propose d'aborder les thèmes sont la volonté, autrui, grandir, prisonnier, droit et utilité . Les questions sont: Peux-tu faire tout ce que tu veux ? Les autres
t'empêchent-ils d'être libre ?
© Oscar BRENIFIER et Frédéric REBENA/ Nathan
As-tu besoin de grandir pour devenir
libre ? Un prisonnier peut-il être libre ? A-t-on tous le droit d'être
libre ? À quoi peut te servir ta liberté ?
© Oscar BRENIFIER et Frédéric REBENA/ Nathan
mardi 14 octobre 2014
Une histoire de la vie
Ce pourrait être juste un livre de cours, un très long exposé de science et vie. Ce serait ne pas faire honneur à ce livre de Gilles MACAGNO, "Une histoire de la vie, 4 milliards d'années".
© Gilles MACAGNO/ Ellipses
Tout simplement parce que le contenu est passionnant! Il s'agit bien d'un propos très scientifique mais le tout est donné avec énormément d'humour, textes et dessins de cet auteur/illustrateur.
© Gilles MACAGNO/ Ellipses
Quand est-ce que la vie est née sur Terre? Tout est là. En partant des périodes géologiques et de la dispositions des continents sur la planisphère, l'auteur (ancien professeur de sciences naturelles au lycée) nous décrit les évolutions importantes.
© Gilles MACAGNO/ Ellipses
Les premières cellules, LUCA, les microbes, les premiers animaux au corps mou, puis les carapaçonnés et les cordés (vertébrés).
Les plantes et les arthropodes hors de l'eau puis l'apparition des poumons et des pattes.
La fécondation perfectionnée, pour les végétaux avec le pollen, la graine ou la fleur, pour les animaux avec l'apparition de l’œuf à la coquille dure, du lait.
L'invasion des airs par les arthropodes puis les autres.
Le livre peut être lu en passant certains chapitres plus pointus sur la biochimie, molécules, ADN, génétique etc. L'auteur propose aussi les différentes hypothèses scientifiques sans prendre partie: sur la disparition des dinosaures par exemple.
© Gilles MACAGNO/ Ellipses
Mais la présence des dessins d'anatomie, de schémas, les encarts sur la respiration, la cellule, la patte etc... sont ici porteurs de sens même pour les plus jeunes. Ainsi que l'échelle des temps et des apparitions révélatrices.
© Gilles MACAGNO/ Ellipses
vendredi 8 août 2014
Les p'tits philososphes 2
Il n'y a pas d'âge pour commencer à philosopher. Si vous lisez ce média, vous savez déjà que ce thème me tient à coeur. Demain je revois ma vieille amie, pas vieille par l'âge non mais une amie de 20 ans, et surtout je revois ma filleule que je n'ai pas vu depuis... pfiou près de 2 ans. Bah oui je ne suis pas fière surtout que la miss est toute petite encore. Alors pour l'instant, ce ne sont pas encore de grandes conversations téléphoniques, ni de grandes correspondances (même si elle possède déjà des petites cartes un peu longues). Pour l'instant, je lui offre des cadeaux, des jouets et bien-sûr des livres. Voici celui qu'elle recevra donc demain.
© Sophie FURLAUD, Jean-Charles PETTIER et Dorothée de MONFREID: Bayard jeunesse
"Les p'tits philosophes 2" de Sophie FURLAUD, Jean-Charles PETTIER et illustré par Dorothée de MONFREID est le résultat d'un choix éditorial des petits "Pomme d'Api". Dans ce second tome sont ainsi reprises les petits bandes-dessinées sur les thèmes abordés à chaque sortie avec un suivi de réflexion.
Au fil des pages, 18 questions sont présentées. A chacune: 3 pages de BD, une double page de prolongement. Et le fini est convainquant pour cette tranche d'âge (3-6 ans).
- Pourquoi y a-t-il des méchants? - Pourquoi on aime bien rire? - Pourquoi c'est moi qui suis né? - Pourquoi on ne peut pas se promener tout nu? - La mort, ça dure combien de temps? sont des exemples de questions traitées.
© Sophie FURLAUD, Jean-Charles PETTIER et Dorothée de MONFREID: Bayard jeunesse
Les petites histoires sont celles du quotidien de l'enfant. Mais à chaque fois, l'un des personnages se pose la question tout en proposant avec ses copains des réponses. Une double page offre une parenthèse pour que le lecteur s'arrête et se questionne puis quelques pistes sont offertes et des mots d'enfants, et à nouveau des prises à parti du petit lecteur. Le propos est simple et les réponses sont proposées en quelques lignes claires. Elles permettent une réflexion douce. La jalousie, la naissance, le choix, les idées, la famille, les goûts. Souvent le propos reste à teneur des enfants, de leur quotidien, d'une explication des émotions ou d'une incitation à aller en parler à un adulte. Vous ne trouverez pas là matière à débattre en société. Mais est-ce vraiment ce que l'on attend pour l'âge cible? Vous trouverez juste matière à réfléchir sur le moment avec un autre regard ou à se mettre à la place des autres. C'est déjà pas si mal.
© Sophie FURLAUD, Jean-Charles PETTIER et Dorothée de MONFREID: Bayard jeunesse
A voir donc avec le premier tome!
samedi 28 juin 2014
Les maths à toutes les sauces, pour aider les enfants à apprivoiser les systèmes numérique et métrique
Certains enfants paraissent totalement imperméables aux mathématiques, d'autres semblent bien répondre aux questions mais se retrouvent pourtant en difficulté lors d'un raisonnement plus complexe. Voici un livre fait pour toute personne accompagnant les enfants de 1 à 11 ans dans leurs apprentissages. " Les maths à toutes les sauces, pour aider les enfants à apprivoiser les systèmes numérique et métrique" de Bernadette GUERITTE-HESS, Isabelle CAUSSE-MERGUI et Marie-Céline ROMIER est un livre référence pour revoir les bases, une à une et permettre de retrouver confiance en cette matière.
J'aime énormément cette collection "Éducation" des éditions Le pommier. Écrite par des orthophonistes ou scientifiques, les propositions sont des cumuls de bilans, de progressions par paliers et surtout de séances d'approche réelle pour appréhender ou rééduquer.
"Notre propos serait caricatural s'il avait pour objet de conduire les enfants à réaliser, tout au long de leur scolarité, leurs apprentissages dans le seul domaine du concret. Loin de là! Nous cherchons au début à déclencher une réflexion grâce au concret. L'enfant devient mathématicien quand il est capable, en présence du matériel, d'effectuer des opérations, c'est-à-dire des actions qui peuvent se coordonner entre elles. Mais par la suite, il raisonnera sans objets. En effet, pour parvenir à une pensée adulte, l'enfant doit pouvoir imaginer une action et son inverse en l’absence de matériel. En revanche, il ne pourra jamais l'imaginer s'il n'a pas fait d'actions semblables de près ou de loin, dans sa vie.
[...]
Pour accompagner cette structuration, nous proposons une pédagogie active de l'intelligence: l'enfant construit ses évidences en traitant les problèmes que lui pose le monde physique, évidences qui, en s'intellectualisant, deviendront mathématiques. Nous voulons notamment montrer que l'on n'apprend pas à compter seulement en comptant [...]."
Le livre commence par les structures logico-mathématiques trop peu présentées dans le cursus scolaire normal que sont la conservation, la classification et la sériation. Au plus jeune âge, pour enfants ou adultes sans ou avec déficience mentale, les auteures apportent des exemples concrets, en progression fine. En suivant les progressions de l'enfant mises en avant par Jean PIAGET, les orthophonistes décrivent les différents stades de raisonnement logiques avec des enfants en maternelle: un indice d'équilibre, un début de comparaison, de distinction visuelle, des premières illusions perdues (la masse d'une main n'est pas possible à appréhender ou celle d'une boule de pâte à modeler ne change pas qu'elle est la forme d'une boule, d'une crêpe, d'un serpent). Puis il leur faudra classer un retour de courses (les liquides, les comestibles, le frais etc...), être capable de mettre dans un ordre croissant plusieurs éléments et ne pas se contenter de "plus de" ou "moins de" en comparant deux par deux mais en les intégrant à toute une série.
Et avant même de parler des systèmes numérique et métrique, les auteures proposent un état des savoirs permettant de situer l'enfant dans la progression.
Et puis bien-sûr le système numérique, un des aspects les plus présents dans les manuels scolaires. Et là aussi la méthode est différente. L'enfant va construire le tableau décimal des unités, dizaines et centaines et non s'en servir, grâce au "Monsieur Système junior" et au "Monsieur Système décimal".
Puis le système métrique est construit avec des astuces pour parler des décimales, la virgule et sa paire de lunettes, et des fractions.
Les recettes de cuisine, bah oui, le titre l'indique, ne sont alors que des récréations d'un savoir acquis.
En fabriquant, disant, utilisant un tableau, racontant l'action, symbolisant et enfin utilisant les mots de la numération, les enfants ressentent les mathématiques, peaufinent le sens de l'observation et ce grâce à des manipulations et des difficultés très progressives.
Le vocabulaire dans sa richesse mais aussi sa complexité logique est présenté pour ne plus amener l'erreur (la foule, le lot, la douzaine, la gamme etc...) et dans sa force de compréhension (exemple le décigramme: un gramme (gramme) divisé (i) en 10 (déci) ).
Les séances utilisent beaucoup de matériel facile à avoir même chez soi (apéricubes, kiri, biscottes, pailles, allumettes, bouteilles etc...) mais vous aurez une envie folle de posséder une balance Roberval à deux plateaux avec ces poids en laiton du 1g au 1kg.
En dehors de toutes ses activités de (ré)éducation mathématique, fortes intéressantes et même impressionnantes de "logique évolutive", je retiens surtout une réelle interaction avec les enfants. En groupe, ils donnent leur opinion, argumentent, pratiquent, débattent. Ce sont de nombreuses erreurs qui amènent une autre question, une vérification et enfin une affirmation validée.
Une autre étape me parait un cadeau à offrir à chaque apprenant tant elle donne à penser: les enfants construisent une boite d'étalons mathématiques (les masses et les contenants, le gramme, le décigramme, le litre n'ont alors plus rien d'abstrait).
mercredi 12 juin 2013
La véritable histoire de Diego le jeune mousse de Christophe Colomb
Je suis très sensible aux pédagogies alternatives. Quel lien avec ce livre, me direz-vous? Et bien j'aime la notion de "living books" présentée par Charlotte MASON, enseignante britannique du début du XXème siècle et dont la philosophie de l'éducation est très répandue dans les famille en homeschooling (école à la maison). Les living books sont des livres écrits par un expert du domaine traité, un scientifique pour de la physique etc... mais aussi comporte une dose de vie. Les biographies font ainsi parti du lot.
La collection "Les romans images doc" de Bayard jeunesse répond en partie à cette attente. Les courts romans peuvent faire partie des
premières lectures à partir de 8 ans et présentent la vie réelle, quoique
bien réduite pour le format d'un personnage rentré dans la grande histoire par une petite porte. A travers les pages de cette histoire qui permet une vraie identification de l'enfant, il trouvera des focus documentaires succincts mais très clairs, avec des cartes et les dates importantes de la grande histoire concernée.
© Corinne VANDELET et Philippe MUNCH/ Bayard jeunesse
"La véritable histoire de Diego le jeune mousse de Christophe Colomb" de Corinne VANDELET et illustré par Philippe MUNCH nous entraine à la suite de ce fils d'aubergiste embarqué sur le navire de Colomb lors de son premier voyage à la découverte des Indes par l'Ouest et l'océan en 1492.
© Corinne VANDELET et Philippe MUNCH/ Bayard jeunesse
Diego découvre la vie de marin, à la dure mais protégé, vit aussi le manque de confiance en Colomb en étant témoin du complot contre lui. Puis, avec le célèbre explorateur, il découvre les îles des Bahamas, San Salvador en particulier, puis Hispaniola (Haïti).
Ce ne sont pas des Indiens d'Inde, le choc des culture est évident: les espagnols veulent des richesses et les Taïnos, indigènes vivant en autarcie, sont pacifiques. Diego se fait un ami pendant l'aventure, Miguel le mousse de l'Amiral Colomb. Avec lui il découvre un peu plus du peuple autochtone grâce à Taïna, une jeune Taïnos.
© Corinne VANDELET et Philippe MUNCH/ Bayard jeunesse
L'intérêt est aussi ailleurs que dans le récit. L'exploration de Christophe Colomb est explicitée dans le texte mais les encarts sont très engageants, ils permettent d'aller plus loin dans le contexte historique mais aussi dans les connaissances de l'époque et la présentation des personnages célèbres.
Les explorations espagnoles et portugaises, les caravelles et une description du navire de Colomb, les instruments de navigation ou les indiens. Quelques mots explicatifs mais surtout des éléments complétant la vie du grand personnage et ouvrant la part d'histoire sur d'autres perspectives.
C'est un parfait compromis entre un léger documentaire très ciblé et une première biographie.
lundi 24 décembre 2012
Jouons ensemble... autrement
Pardon? Vous n'avez pas encore acheté ce qu'il faut sous le sapin pour les enfants de votre entourage? Mince alors! Il va sans dire que je ne peux que vous encourager à offrir des livres mais si vous voulez plutôt lui permettre de s'activer, de jouer avec les mains, de partager avec vous à même intensité d'investissement. Pas de problème, les jeux sont là!
"Jouons ensemble... autrement" de Catherine DUMONTEIL-KREMER est une bible dans le domaine.
Alors oui vous trouverez une liste de références ludiques, des marques, des âges, des lieux de jeu. Sans photos. Mais en plus, vous trouverez des pistes de jeux familiaux qui ne demande aucun matériel ou disponible dans toutes les maisons, ainsi que des idées de jeux collaboratifs.
Vous retrouverez une présentation de "Bonjour Robert" de FK ici, de "Brin de jasette" de Gigamic là ou du Jeu du Tao que nous n'avons pas là.
Mais plus encore c'est toute une éducation ludique qui vous est proposée. Une manière d'être en famille, il faut bien l'avouer... alternative. Catherine DUMONTEIL-KREMER est une des chefs de ligne de la pédagogie respectueuse.
Ainsi le jeu devient une formule magique pour le quotidien avec enfant.
Il
permet de répondre aux colères de l'enfant qui ne sont en fait que des
appels au secours par du contact, de la présence... et après le rire défouloir, une porte ouverte vers l'écoute et la communication entre les mots ou avec les mots.
Le jeu permet de répondre aux agressivités, aux limites dures à entendre, par le chahut: cette mise en place sécurisée de la bataille, de l'inversion des pouvoirs, de la sensation de force.
Encore mieux, il nous accompagne dans la pose de limites, c'est un comble du paradoxe: dire oui au jeu pour dire non!
Bien-sûr je n'arrive pas encore à remplacer toutes mes hausses de tons
par de la théâtralisation, par une pirouette, mais savoir que c'est une alternative pour du respect (sans fessée, sans punition ni récompense) cela aide. Même le non de l'enfant peut être écouté avec le jeu "1.2.3 soleil alternatif":
à soleil, le parent arrête son action déplaisante à l'enfant... pour
la reprendre ensuite et s'arrêter à nouveau à soleil, cela permet de
dédramatiser un acte obligatoire et vécu comme agressif.
Le jeu est un très bon moyen de remplir le réservoir affectif de l'enfant et ainsi de sortir des impasses relationnelles dues au trop plein d'émotions de la journée.
mardi 20 novembre 2012
Balthazar prépare Noël (l'Avent)
IL est quelque fois difficile de mettre un enfant dans l'ambiance d'une fête. Pour Noël, les calendriers de l'Avent permettent de se faire un idée du temps qui passe et qui sépare du jour des cadeaux. Il y a les calendriers gourmands et d'autres plus "inspirés". "Balthazar prépare Noël" de Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER fait parti des seconds.
© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse
Cette nouvelle proposition s'inspire toujours de la pédagogie Montessori. Là pas tant d'action d'apprentissage pour l'enfant si ce n'est que les 24 mini-livres détachables sont à suspendre pour marquer les jours et des manières d'être à la saison. Ils ne sont pas déjà suspendus mais bien mis un à un au fil des jours par l'enfant: au dernier suspendu, l'enfant sait que Noël sera cette nuit, surtout que le mini-livre 24 est un sapin de Noël.
Ce calendrier s'ouvre en trois parties sur un salon chaleureux et décoré. Balthazar et d'autres enfants jouent en attendant le jour de Noël. Et l'ambiance monte grâce aux petites lectures de chaque jour.
La fête de Noël étant chrétienne, il en est bien-sûr un peu question mais avec parcimonie: la crèche, les Rois mages. Mais la décoration et la saison hivernale sont surtout mises en valeur: la couronne de l'Avent, le bouquet de houx, le feu de cheminée et la nature avec la balade en forêt ou la nourriture à préparer aux oiseaux.
© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse
Le calendrier de l'Avent est aussi fait de mini-histoires, présentant le Père Noël, Saint-Nicolas, le Père fouettard mais aussi un poème de Clément Clarke MOORE. C'est aussi une entrée dans les festivités chez Balthazar.
En plus, des activités sont proposées: la bûche de Noël à préparer, une boule d'ambre, des cartes de vœux etc...
© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse
Loin de s'être contenter d'une mise en scène religieuse, ce livre/calendrier est magnifique et offre de nombreuses autres voies de festivités... j'aime ce sapin celtique décoré de fleurs séchées, de fruits... j'aime cette crèche avec de l'écorce et de la mousse véritable.
En un mot, ce livre est MAGIQUE!
Et je remarque juste que je n'ai pas encore parlé du "Noël de Balthazar" du même duo! Allez, promis, je prépare le billet pour avant Noël (c'est fait: il est là)... et pour d'autres histoires sur le thème de Noël, n’hésitez pas à suivre le lien.
mercredi 1 août 2012
Balthazar et les couleurs de la vie et des rêves aussi
Je ne vous ai pas encore parlé des nouvelles sorties de chez Hatier jeunesse suivant la pédagogie Montessori. Quand j'ai eu besoin de présenter ces applications ludiques (et non moins intéressantes) en fonction de l'âge du lutin (soit il y a 3 ans), je n'arrivais pas à trouver tous les thèmes: la collection "Aide moi à faire seul" dont je vous parlais là était en fait en train de faire peau neuve.
Les thèmes sont repris sur des formats plus grands et offrant encore plus de fenêtres à ouvrir. Les propositions sont encore plus ludiques même si plus fragiles. Alors non je ne les ai pas rachetés, même s'ils sont un tant soit peu différents mais je n'ai pas pu résister à emprunter celui-ci car même si je n'ai pas l'ancienne édition revisitée et même si le lutin est "plus grand" sa déficience des couleurs (daltonisme) est très présente.
© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse
"Balthazar et les couleurs de la vie et des rêves aussi" de Marie-Hélène PLACE et illustré par Caroline FONTAINE-RIQUIER est une très belle proposition, plus riche que la première.
Les
couleurs sont découvertes grâce à la nature, à l'arc-en-ciel mais aussi
à des aides visuelles. La poésie est là, le dessin toujours doux et les
interactions présentes.
© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse
Bien-sûr j'ai adoré les ronds transparents marquants les mélanges et explicitant les couleurs... aussi pour avoir essayer de faire de même.
Mais voilà, j'ai un bémol et il est de taille... malheureusement. Le choix des aquarelles apportent de superbes nuances mais pour un enfant daltonien, ce n'est plus accessible...
© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse
Le lutin m'a dit qu'elles (les auteures) avaient fait une erreur, elles n'avaient pas pris le même violet des deux côtés de l'arc-en-ciel. Mais si, et pourtant ce léger contraste différentiel d'avec le bleu lui indiquait le contraire.
© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse
Et aussi ces transparents... le rouge est en fait déjà une nuance de rose violine... alors oui, le violet obtenu est magnifique, reflète bien le chapeau de magicien mais il est étranger à une vision de daltonien.
Bon je m'arrête là. Je confirme ici un très beau livre permettant aux plus jeunes enfants de se retrouver, de comprendre les couleurs et d'en faire les leurs avec poésie. Il suffira seulement de ne pas le proposer seul, sans accompagnement, à un enfant daltonien.
Pour vous faire une idée de ce qu'est le daltonisme avec un diagnostic, c'est ici.
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