* David LEVINE
Quelques catégories:
- Un peu d'actualité, les Opérations littéraires dont le Prix Landerneau ou l'opération Masse critique Babelio
- quelques thèmes: Cinquième rayon (sensualité, sexualité, les livres mis sur le rayon le plus reculé) ou à l'opposé Pédagogies ou apprentissages, mis devant pour aider les plus jeunes. Ou Spiritualité
- j'en ai parlé aussi ailleurs quelques autres billets de littérature adulte ou des billets sur les apprentissages et éveils (avec ou sans livre mais toujours avec supports et matériels)
mais aussi:
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et à voix haute s'il vous plait ! ... pour adultes, pour enfants... pour réfléchir, pour se divertir, pour s'éveiller, pour les apprentissages de vie...
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mardi 17 octobre 2017
mardi 3 mars 2015
Mindfulness: La pleine conscience pour les adolescents
Sur ce média vous ne le savez peut-être pas mais j'aime beaucoup la méditation dans ce qu'elle offre de perspectives sur notre sérénité. J'achète tous les livres qui pourraient donner la voix la plus simple pour les plus jeunes alors oui je me suis ruée sur cette proposition, surtout que, chouette, il s'agit là de pratique.
"Mindfulness: La pleine conscience pour les adolescents, exercices" de David DEWULF est un livret CD qui accompagne un ouvrage plus complet sur le sujet. Nous pourrons en effet reprocher à ce petit livre de ne pas aller au bout de toutes les explicitations mais ce n'est pas son objectif. Ici le texte offre une première approche de ce que les méditations peuvent apporter mais le principal reste dans l'écoute du CD.
Destiné aux adolescents, le tutoiement et certains termes de connivence apparaissent. Mais pourquoi pas! Il m'a fallu aussi passer par une réticence aux premières pistes du CD un peu moralisateur et plombant, ce sera difficile, "Rappelle-toi qu'il va falloir t'accrocher". Bon oui, la méditation est un acte à vivre, à péréniser, à pratiquer. C'est vrai aussi que pour les débutants ce n'est pas évident ce temps de lâcher prise des émotions, des pensées, de la respiration mais pourquoi accentuer le tout?
Les exercices suivent, sur la respiration (pour débutants) puis plus longue, le scan corporel comme un acte un peu facile et pourtant très salvateur pour ne plus avoir une idée de son corps mais le vivre. Des étirements de yoga sont proposés. Bonne ouverture aussi car il n'est pas question d'exigence-là mais justement d'exercices "en dessous de ses capacités" pour rester en contact avec les signaux des maux possibles.
Le lâcher prise des émotions, les astuces contre la rumination ou plutôt pour une rumination encadrée et de plus en plus légère et constructive. Des conseils pour les moments difficiles ou une ouverture sur le Hearthfulness. Ce dernier chapitre, sur le pardon et l'empathie, sera peut-être le plus complexe, le plus spirituel mais les approches sont simples et courtes.
Au final, ce livret CD est une belle première approche si l’adolescent est suivi dans la méditation, encouragé par un professionnel ou une collectivité. Sinon le résultat est un peu guindé et autoritaire à mon goût. A recommander en complément d'une autre approche de la méditation, avec un contact réel humain par exemple. A prendre aussi par pratiques individuelles: la méditation Montagne, du cinéma par exemple ou "madame ou monsieur commentaire".
David DEWULF est un médecin belge, fondateur de l'Institut pour l'Attention et la Pleine Conscience (I AM).
Merci aux éditions De Boeck et à l'opération Masse critique de Babelio.
Merci aux éditions De Boeck et à l'opération Masse critique de Babelio.
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vendredi 22 mars 2013
Histoire d'Elles, Alexandra David-Néel
Je ne vais pas dans les bibliothèques, c'est une erreur. Ou si, en vacances. Et c'est toujours avec plaisir que je pioche au rayon jeunesse... pour moi. Et tant qu'à faire c'est encore mieux de découvrir des propositions intéressantes comme cette collection "Histoire d'Elles", petits romans documentaires sur des femmes d'exception.
© Evelyne MORIN-ROTUREAU/ Pemf
"Histoire d'Elles, Alexandra David-Néel" d'Evelyne MORIN-ROTUREAU est un très bon compromis entre le documentaire et un petit roman qui se lit très vite.
Alexandra DAVID est toute jeune une fugueuse. Fille de vieux parents, elle rêve de partir en Asie et de ne pas se confiner à ce que les conventions lui imposent.
Nous découvrons ainsi cette "globe-trotteuse" éprise de spiritualité asiatique dans ce qui fait sa singularité. Indépendante même si en couple, sans enfant, cantatrice jeune femme mais surtout entêtée, ne vivant que pour le voyage au sens de vivre avec les habitants.
Son ascension dans un Tibet interdit aux occidentaux est bien-sûr mis en valeur surtout dans la stratégie et le temps de vie dans ce pays dur. Voyage, exploration, chemin spirituel faits en compagnie de son fidèle Yongden, prénommé par la suite Albert, elle déguisée en khandoma puis en femme miséreuse, mère de Yongden.
Nous la découvrons aussi après l'exploit, toujours aussi fraiche de caractère. Lampe de sagesse en Corée, au Japon, assignée à résidence 6 ans en Chine, témoin des guerres en Chine, au Japon et en Europe. Bloquée pendant un temps dans sa maison de Digne, Samten Dzong (Forteresse de la méditation). Femme indépendante, courageuse et ouvrant le chemin de l'ambition aux femmes.
De beaux détails sur le bouddhisme ou la spiritualité indienne avec les premiers pas de Alexandra DAVID-NEEL, surnommée par la suite "Lampe de Sagesse", et ses rencontres: son premier maître en Inde, le sage Bhaskarananda; son second à Lachen, le Gomchen avec lequel elle reste en ermitage durant 20 mois et apprend entre autre la technique du Toumo, mobilisation de l'énergie pour produire de la chaleur; les retranscriptions de ses rencontre avec le 13ième Dalai-Lama.
© Evelyne MORIN-ROTUREAU/ Pemf
Le parti-pris ici est de proposer beaucoup de dialogues et de correspondances. Est-ce dû à la personnalité de la "parisienne à Lassa"? sûrement. Des extraits de correspondances à son mari Philippe NEEL ou à sa meilleure amie Eugénie ou des dialogues retranscrits par sa fidèle assistante Marie-Madeleine PEYRONNET. Cela donne avec les anecdotes un roman très vivant.
Des photographies ponctuent le récit ainsi que d'autres éléments participants à la compréhension de l'époque et quelques focus sur d'autres femmes particulières.
© Evelyne MORIN-ROTUREAU/ Pemf (coolies, darjeeling etc...)
Le choix de proposer aussi des définitions de termes en langues étrangères ou de présenter des personnages historiques apportent une fluidité au récit et une mise en contexte très simple et efficace.
vendredi 22 février 2013
Bouddhas de la Galerie Céleste
Être intéressé par la spiritualité bouddhiste est affaire de pratique mais aussi, un peu tout de même, de connaissance. Grâce au livre "Bouddhas de la Galerie Céleste" de Ian A.BAKER et illustré par les tableaux de Romio SHRESTHA, tout un pan de l'art bouddhiste tibétain et des différences spirituelles apparait.
© Ian A.BAKER et Romio SHRESTHA/ Synchronique
Le lecteur pourrait tout d'abord l'ouvrir comme un beau livre, mettant en valeur de flamboyants tankas (ou thangkas, thankas ou tangkas), soit des images pieuses du Lamaïsme. Ses rouleaux sont en soi une superbe proposition illustrant à merveille le talent des artistes de style newari (Népal- Tibet). Effectivement les tableaux de Romio SHRESTHA sont infiniment détaillés, précis, lumineux et colorés. Ils incarnent les messages spirituels de la troisième approche bouddhiste, celle du Véhicule du Diamant-Foudre, le Vajrayana (bouddhisme de l'Himalaya), sous forme de tankas ou de mandalas (représentation symbolique sous forme de cercle).
© Ian A.BAKER et Romio SHRESTHA/ Synchronique
Cette voie bouddhique a cela d'impressionnant (et de déconcertant pour moi plus habituée à un bouddhisme zen japonais très épuré où d'autres dieux n'apparaissent pas, est-ce vrai?!) que d'autres déités sont représentées. Ainsi les bodhisattva sont des personnes arrivées haut dans l'éveil et qui, pourtant, restent dans le cycle des réincarnations pour aider les autres dans leur démarche spirituelle.
Comme un jeune enfant, à la manière d'un "cherche et trouve", nous pouvons retrouver les déités avec leurs caractéristiques et leurs "outils". Cette présentation des personnages de la galerie céleste offre énormément de détails incroyables: de multiples mudra (gestes de mains), des bouddhas colorés, androgynes ou femmes, l'éphémère de la vie inscrite par les crânes et squelettes, des bouddhas courroucés (à la tête de dragon), de la puissance et de la peur exprimées par un breuvage de sang bu à même un crâne, des déités mâles et leurs parèdres féminins (autre déité en union du lotus, yab-yum), des montagnes omniprésentes ou des dragons volants donnant la limite des tankas. Par exemple Mara, le maître de la tentation et de l'illusion, Garuda (l'aigle qui n'y ressemble pas) mais aussi Tara, bodhisattva femme de la compassion, Vajrapani effrayant incarnant le pouvoir ou l'ailé Vajrakilaya (cf image ci-dessous).
Intrigant aussi ces parures, dorures, signes de richesse. Déconcertante cette place des sensations au cœur de ce bouddhisme.
"Vajrakilaya est l'une des premières émanations du Bouddha avec lesquelles un pratiquant du bouddhisme Vajrayana s'identifie, de façon à dépasser les images illusoires du moi et l'attachement à une identité personnelle. Surgissant des ténèbres aux possibilités infinies, Vajrakilaya dévoile les activités réunies de tous les bouddhas et annihile les obstacles qui obstruent le chemin de l'éveil. Associé avec l'éclat à sa parèdre bleu ciel, Vajrakilaya représente en fin de compte l'anéantissement de toute perception dualiste qui nous enferme dans l'illusion d'un moi séparé."
© Ian A.BAKER et Romio SHRESTHA/ Synchronique
Mais il faut ajouter une part importante du livre, les textes de Ian A.BAXTER qui ne sont pas là en légendes des pages illustrées. Ils apportent des clefs de compréhension des images, des symboles, des bodhisattva représentés et de leur message.
Grâce à lui ce sont les enseignements du bouddhisme Véhicule du Diamant qui nous sont présentés, sur les formes du bouddha et ses transformations, sur la mort et l'éphémère, les peurs et la souffrance, l'exercice des sens et même la sexualité (entre autres).
Le propos est complexe amenant les principes, les finesses du bouddhisme mais aussi quelques apports tantriques et aussi des retours contemporains sur la méditation ou le bouddhisme (neurologiques entre autres) et des analogies philosophiques. Autant vous dire qu'une seconde lecture, suivie d'autres, seront les bienvenues.
La légende de l'artiste et la préface de Deepak CHOPRA confirment la pertinence de ce livre quant au contenu. Et même si les pages sont grandes, les détails sont tellement nombreux que j'aurais aimé les admirer en format encore plus grand...
Les tankas et mandalas servent de support à la méditation et il est nécessaire d'avoir un maître pour se vulgariser à son message additionné d'un mantra (parole chantée, prière). L'apprentissage dure des années. Ce livre ne permet pas d'entrer dans toute la finesse de cet enseignement mais il nous ouvre une porte, celle de la contemplation de ces tankas et mandalas, avec une ligne directrice: bouddha est en chacun de nous.
Merci infiniment aux éditions Synchronique.
Et puis juste un petit bonus: les mandalas du Tibet sont souvent l’œuvre des moines bouddhistes, effectués avec du sable coloré, dul-tson-kyll-khor, voici leur méthode et le bruit est caractéristique du frottement de leur entonnoir posant le sable, le chang-bu, et des mantras.
mardi 5 février 2013
Les religions de la préhistoire à nos jours
J'ai effectivement une tendance à accumuler les "livres de savoir" comme les documentaires. Certains complètent une affinité. D'autres répondent à une envie de limon fertile sur lequel poser des valeurs.
© Mariane BOILEVE et Sandrine MIRZA et de nombreux illustrateurs/ Milan jeunesse
"Les religions de la préhistoire à nos jours" de Mariane BOILEVE et Sandrine MIRZA est, en ce sens, parfait pour présenter toutes les religions connues et investies par l'homme. Ce n'est pas tant pour répondre à une éducation religieuse qu'à une éducation "à la religion" et aux prises de position des individus face au monde.
Cette petite encyclopédie visuelle présente en 260 pages les religions du monde entier. Le parti pris d'ouvrir à toutes les religions, comme acte de foi explicatif, et d'offrir même aux plus inconnues une double page est extrêmement louable.
Les religions disparues présentent les premières réflexions sur la naissance (les Vénus), la mort et les premiers sites, puis les religions de la Mésopotamie, des Égyptiens (dieux mais aussi momification et sites funéraires), des Grecs, des Romains (avec les leur et celles des autres peuples soumis), des Celtes (druides, rapport à la nature et sacrifices humains), des Vikings (où l'on explique pourquoi ils n'ont pas peur de la mort), des Mayas, des Aztèques (leurs sacrifices humains mis en exergue), des Incas et des Polynésiens.
© Mariane BOILEVE et Sandrine MIRZA et de nombreux illustrateurs/ Milan jeunesse
Les religions de tradition orale ouvrent sur l'Afrique avec les Dogon, les Yoruba, les Masaï; sur l'Océanie avec les Aborigènes, les Papous et sur l'Amérique avec les Indiens Navajo, les Indiens Pueblo, les Yanomani et les Inuits.
© Mariane BOILEVE et Sandrine MIRZA et de nombreux illustrateurs/ Milan jeunesse
Le chapitre les enfants d'Abraham reprend l'acte créateur d'un dieu unique et les trois voies, juive, chrétienne et musulmane. Pour chacune, il est fait mention des différentes manières de pratiquer. Les juifs selon leur lieu d'exil, ashkénazes ou sépharades, mais bien plus en rapport au respect strict de la Torah (orthodoxe, Kabbale, hassidisme ou réformé). Les chrétiens en fonction de leur famille: orthodoxes, catholiques et protestants (prêtres, rituels, pèlerinages, Marie, sans intermédiaire). Les branches de l'Islam, les sunnites, les kharijites et les chiites, et la foi et la loi (charia) mêlées.
Ces pages sur les monothéismes permettent un meilleur décodage des monuments et des rituels qui nous entourent au quotidien.
Les religions d'Asie présentent: l'hindouisme et ses multiples dieux et héros, ses multiples courants, vishnouisme, shivaïsme, tantrisme, et sa pratique au choix; le sikhisme monothéiste; le mazdéisme; le bouddhisme et ses trois voies ( Petit Véhicule, Grand Véhicule et Véhicule du Diamant); religion populaire chinoise mêlant bouddhisme, taoïsme et confucianisme; le shintoïsme et les kami.
© Mariane BOILEVE et Sandrine MIRZA et de nombreux illustrateurs/ Milan jeunesse
Les religions métisses présentent le christianisme africain (harrisme, éthiopiennes, zionistes ou kimbanguiste); les croyances malgaches; les rastafaris de la Jamaïque; cultes des esprits; vaudou; bahaïsme.
Ce support est très bien fait. Il offre une visibilité à toutes les religions en proposant à chaque fois en plus d'une géographie et d'une histoire. Il n'est pas non plus accumulation d'objets et de photos de rituels juste légendés.
Il amène une explication des rites, une présentation des prêtres et une perspective sur la société, en tant que passages importants de la vie (de l'enfant à l'adulte, culte des morts, naissances, unions) mais aussi comme support de savoir (lieu du savoir ou écoles prestigieuses ouvertes à certains enfants).
J'aime aussi que les religions monothéistes ne soient pas prédominantes ("seulement" 80 pages sur 260).
Ce livre permet de distinguer les religions, de mieux comprendre leur pratiques et croyances mais aussi permet de mettre en avant certains points communs.
Le propos est clair, précis, sans jugement et l'ouverture est autant dans la mise en forme du propos que dans les dernières pages sur les prises de positions laïques ou non, les sectes ou nouvelles religions et les emprunts du langage aux religions.
Que vous dire de plus: excellente proposition!
mardi 13 novembre 2012
Les passants du moment
... du Christian BOBIN, pour la sincérité
... du Gérard GAROUSTE, pour la vie, folie, passion et art
... du Jérôme FERRARI, pas parce que primé mais parce qu'après avoir lu "Un Dieu un animal"
et parce que Lily est de bon conseil (toujours) et d'amitié sûre, parce
que le lire c'est aussi lire entre les lignes mon amitié pour elle (comme toute intertextualité le permet),
... du
Christophe ANDRE pour continuer à cheminer, lire sur la méditation et m'exercer, pour ne pas me sentir seule, pour me savoir soutenue, mise sur les rails... encore
samedi 9 juin 2012
Textes taoïstes: Lie Tseu, Yang Chu: Le Jardin du plaisir
"Textes taoïstes: Lie Tseu, Yang Chu: le Jardin du plaisir" est un petit recueil de textes anciens présentant la Voie du Tao. Ils constituent une base documentaire des fondements du Tao et viennent expliquer la seconde phase de développement de ce courant spirituel chinois; la première originelle étant ponctuée par les écrits de Lao Tseu (peut-être juste premier intervenant dans l'écriture et pas le fondateur); la seconde de développement et la dernière de dégénérescence.
Le texte est constitué de petites histoires métaphoriques. Le contenu spirituel est assez complexe. J'imagine qu'il faut revenir sur le texte plusieurs fois pour bien saisir cette philosophie. Mais l'intérêt du livre est pourtant conséquent même à la première lecture. Ne serait-ce que dans l'introduction distinguant le chrétien et le taoïste, le premier croyant en une présence suprême, le second en une impersonnalité de la Nature, évolution, création...
****
Dans les écrits de Lie Tseu (Lie Zi), "Textes taoïstes":
La cosmogonie présentée est pour moi la plus ardue à comprendre. L'idée de circularité, de cycle, est bien présente avec la mort comme un état de repos, de sommeil, quand la vie est réveil. La vie se doit d'être comprise avec la mort, inclue. L'acte de vie est aussi un vol de ce que la Nature nous octroie.
Les actes ne sont bons pas forcément par abstinence des désirs, ni par leur aspect sensitif mais parce qu'ils viennent de la voie intérieure. Lie Tseu propose pourtant des vies douloureuses, éprouvantes comme si elles étaient seules capables de laisser libre l'esprit, de ne pas l’accaparer. En ôtant la résistance et la réserve, l'esprit serait alors calme et permettrait d'accomplir des actes physiquement impossibles (voler, passer un mur du feu etc...) ou d'apprivoiser des animaux sauvages. Un esprit livré à lui-même, libre, non forcé, non ciblé vers un objectif même de valeur, arriverait à cette "étherréalisation" du corps...
*source Lie Tseu chevauchant le vent
Cette compréhension des besoins, des causes des colères permettrait de ne pas faire acte de résistance et d'être satisfait. Les animaux et les humains seraient ainsi équivalents en esprit et compréhension.
La Voie du Tao serait plus que l'acte de ne pas faire de mal par peur, plus que de ne pas avoir envie de faire mal mais bien un désir amical de faire le bien. Les sensations et les rêves égarent. Et encore cet aspect d'une vie pas forcément magique: mieux vaut une vie dans la souffrance ou dans une certaine amnésie dû à une infirmité pour acquérir ou garder un esprit sans agitation. Les efforts ne prédisposent pas à une destinée favorable.
La sagesse est aussi plus à entrevoir dans les comportements, les qualités intrinsèques étant plus inexprimables. Aucune règle n'est là pour suivre le Tao, le bon et le mal sont présents et temporels, le seul point à suivre et de laisser aller son esprit naturellement.
De belles réflexions sont proposées sur l'acte humain malveillant à ne pas tant réprimé mais de mettre en avant la sagesse, d'élever la population; ainsi que le soupçon qui déforme la réalité.
****
Les écrits de Yang Chu, "Le Jardin du plaisir" offrent une vision de la sagesse de la vie beaucoup plus fraiche et gaie.
La vie se doit, pour lui, d'être vécue sans anxiété, sans examen, mais dans sa temporalité, vivre le moment présent, en jouir avant de mourir. La mort n'est plus un repos mais un état, le même pour tous, égalisateur.
La sagesse n'est pas là une recherche vaniteuse, une célébrité possible, car sinon cela annihilerait le bien dans l'acte. La sagesse serait plus une satisfaction sensorielle, une réponse aux besoin, sans aucune prise en compte de rituels ni d'idées de survivance ou de postérité. La sagesse serait une non-recherche car le temps passé à celle-ci serait réduit à celui de la vraie présence.
Cette apposition de deux courants de la spiritualité taoïste est la bienvenue, elle offre cet ascétisme presque connu et aussi un rapport beaucoup plus "hédoniste". De quoi ne pas limiter l'apport de celle-ci.
Livre lu dans le cadre de Masse critique de Babélio que je remercie, ainsi que les éditions Myoho. Le retard étant dû à un texte court mais dense et non à un désintérêt.
Cette apposition de deux courants de la spiritualité taoïste est la bienvenue, elle offre cet ascétisme presque connu et aussi un rapport beaucoup plus "hédoniste". De quoi ne pas limiter l'apport de celle-ci.
Livre lu dans le cadre de Masse critique de Babélio que je remercie, ainsi que les éditions Myoho. Le retard étant dû à un texte court mais dense et non à un désintérêt.
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mardi 11 janvier 2011
Journal d'un apprenti moine zen
"Journal d'un apprenti moine zen" de SATÔ Giei est un carnet de bord d'un véritable moine. Il s'agit d'un témoin fort de ce qui se passait au sein même des temples bouddhistes japonais en 1940.
Ce sont comme de petites "anecdotes" (à ne pas prendre au sens anecdotique mais biais, pan d'histoire) proposées par thème qui se lisent avec facilité, une double page par focus avec à chaque fois une illustration de l'auteur pour illustrer le propos.
Ce sont comme de petites "anecdotes" (à ne pas prendre au sens anecdotique mais biais, pan d'histoire) proposées par thème qui se lisent avec facilité, une double page par focus avec à chaque fois une illustration de l'auteur pour illustrer le propos.
L'auteur présente cette vie monastique avec ses conditions d'entrée et de sortie, l'une et l'autre pas évidente, la première faite de mises à l'épreuve sur plusieurs jours, la seconde d'une honte possible ou liée aux conditions de vie, saisonnalité et fonction au sein de la communauté.
Mais c'est bien le privé d'un temple qui nous habitons pour un temps. Sa temporalité: au quotidien, au fil des heures et des saisons, en prise aux conditions de vie "prière", "propreté des lieux", "mendicité", "remerciements", "événements historiques". Son paradoxe: une négation de la différence individuelle dans les travaux communs, les rituels et le quotidien, un don de soi personnel dans les services rendus et une apogée de son individualité dans le chemin spirituel. Sa dureté: labeur journalier, temps prédéfini (surveillé et soumis à "châtiment") de prière, abnégation du corps (dans la vêture comme dans la rudesse des poses de méditation, contre-carrée par des temps de repos, des temps de marche méditative ou de très peu nombreuses fêtes explosives). Ses temps forts: méditations, prières, repas, entretiens journaliers très durs avec le maître, mendicité, sorties.
Mais c'est bien le privé d'un temple qui nous habitons pour un temps. Sa temporalité: au quotidien, au fil des heures et des saisons, en prise aux conditions de vie "prière", "propreté des lieux", "mendicité", "remerciements", "événements historiques". Son paradoxe: une négation de la différence individuelle dans les travaux communs, les rituels et le quotidien, un don de soi personnel dans les services rendus et une apogée de son individualité dans le chemin spirituel. Sa dureté: labeur journalier, temps prédéfini (surveillé et soumis à "châtiment") de prière, abnégation du corps (dans la vêture comme dans la rudesse des poses de méditation, contre-carrée par des temps de repos, des temps de marche méditative ou de très peu nombreuses fêtes explosives). Ses temps forts: méditations, prières, repas, entretiens journaliers très durs avec le maître, mendicité, sorties.
Le chemin du "un sui" (nuage et eau, nom désignant le moine zen) est long, épuisant, exigeant, âpre. Mais ce dénuement est aussi accompagné d'une grande joie de vivre, d'une communion, d'un partage. Nous découvrons de nombreuses voies du bouddhisme zen (de celles que je repère, béotienne que je suis en la matière) : ne s'attacher à rien, n'attendre rien pour mieux avancer, le corps délié des conjonctions superficielles avec des besoins juste satisfaits, une exigence de dureté voire même de souffrance, un caractère exempt de colère, l'éveil, les réflexions ou plutôt absence de réflexion mais bien vie présente autour des koans (questionnements élévatoires aux limites de l'absurde) et aussi incroyable qu'il n'y paraisse la possibilité de vice pour ne pas contrecarrer l'aversion de l'hypocrisie humaine.
Ce sont les pas à pas, les moments phares, les interactions qui sont présentés encore plus que le cheminement spirituel. C'est aussi leur rapport aux autres, extérieurs au temple, relation de survivance, relation spirituel (ou de foi), relation de communauté etc...
Ce sont les pas à pas, les moments phares, les interactions qui sont présentés encore plus que le cheminement spirituel. C'est aussi leur rapport aux autres, extérieurs au temple, relation de survivance, relation spirituel (ou de foi), relation de communauté etc...
Les repas, le thé, ont aussi une part belle, autant dans la frugalité et l'éveil à la concentration que dans les exceptions aussi particulières. J'en parle un chouïa là.
Autant dire que ce livre offre une bien belle ouverture sur leur quotidien, en nous proposant aussi cette authenticité (merci aussi au traducteur d'avoir laissé le vrai lexique japonais). Une manière de relativiser par rapport à nos vies.
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