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mardi 6 juin 2017

Kitty Crowther

... parce que je l'adore
... parce que je ne peux pas visionner son documentaire sur la télévision belge.
... parce que je viens de découvrir qu'un de mes professeurs éphémère de Mooc littérature jeunesse, Michel Defourny, parle d'un de ses livres, "Moi et rien".
... parce que... "L'enfant racine" ici.
....
... parce que j'aimerais parler de ses livres encore et encore

dimanche 19 février 2017

J'ai lu - Une activité respectable


"Ma chambre sous les toits, peinte en vert translucide, était remplie de livres et de petits papiers - les livres, ma mère les y avait entassés l'été précédant mon entrée à l'école primaire, et je me souviens de comment nous nous tenions ensemble face au monument de pages qu'elle avait amassées dans la pièce. A ce moment, il y avait quelque chose dans ses yeux qui suppliai et qui s'en voulait de supplier, quelque chose qui ne voulait rien imposer à une si petite fille mais qui redoutait pourtant de ne plus rien avoir à faire avec elle si elle ne passait pas l'épreuve. C'était la première fois que je voyais ma mère être seulement elle, être tellement vulnérable que je l'ai gravée dans ma mémoire, blonde, enceinte de ma sœur, bouleversante, devant le butin qu'elle avait rassemblé pour me dire qui elle était, en réalité. Un monument identique de livres l'avait sauvée, elle, trente ans auparavant, d'une enfance complètement ratée, alors elle étalait son secret devant moi, elle m'expliquait ce qu'elle aimait le plus au monde, dans un mouvement qui était aussi un potlatch, une offre de richesse démesurée, et à laquelle il s'agirait peut-être de répondre un jour par un don encore plus considérable."
(extrait de "Une activité respectable" de Julia KERNINON, édition du Rouergue; illustration de Kitty CROWTHER)

samedi 14 janvier 2017

Mooc littérature jeunesse et Kitty Crowther

... un billet fait en juin 2017 que je renvois dans le passé pour ne pas bloquer ma page d'accueil...


Juste pour confirmer, si besoin était, toute l'admiration que j'ai pour cette auteure/illustratrice.
J'aurais adoré continué à travailler sur son œuvre... alors après un Mooc littérature jeunesse effectué, ses conversations lues... je visionne un de mes professeur éphémère, Michel Defourny, parlant d'un de ses livres.




vendredi 14 mars 2014

Kitty CROWTHER nous parle de ses livres

... je me suis retenue pour ne pas parler d'elle pendant un temps, juste pour une question de visibilité sur le blog: cette auteure/illustratrice prend de la place dans la liste.

© Kitty CROWTHER/ Pastel

Mais il me faut tout de même succomber à mes envies. J'aime sa sensibilité, sa pertinence, son acuité des rapports humains, ses bonheurs petits et éphémères mais présents. J'aime ses femmes, libres, entières et vivantes.
Voici l'émission de France Info de juin 2013...


Et plus tard je vous parlerais de ce magnifique album, "L'enfant racine", sur la féminité, la maternité, la vie comblée mais aussi l'isolation et l'affection.
"Racine adore jouer avec Leslie. A son avis, c'est la meilleure chose au monde. L'hiver est reparti avec son grand manteau blanc. Les jacinthes des bois ont sorti leurs robes violacées. Leslie embellit de jour en jour. Elle a confectionné des petits vêtements pour Racine. Il les trouve ridicules, mais il a fort envie de faire plaisir à Leslie."


lundi 15 avril 2013

Teri Hate-Tua, l'épouvantable tortue rouge!

Bon, la couverture et les illustrations au cœur du récit sont de Kitty CROWTHER (et vous connaissez mon admiration). Bon, il parait qu'elle choisit les textes qu'elle illustre. Bon, Jean-François CHABAS n'est pas non plus un écrivain inconnu chez nous. Alors récupérer "Teri Hate-Tua, l'épouvantable tortue rouge!" dans la bibliothèque jeunesse des cousins devenus trop grands et le lire allait ainsi de soi.

© Jean-François CHABAS et Kitty CROWTHER/ Casterman

Le vieux Bébert est accosté au comptoir d'un troquet, un jeune loup de mer à ses côtés. Il se pavane et va même jusqu'à dire qu'il a tué Teri Hate-Tua un monstre marin. Bien-sûr son voisin ne veut pas le croire. Bébert est un vieux marin un trop trop tourné sur la boisson.
Et pourtant Bébert a 20 ans n'est pas le même, sur le baleinier La Joyeuse Cocotte. Fringant, il est le seul survivant d'un naufrage, témoin de l'apéritif que font ces copains pour les requins. Il se réveillera avec une magnifique vision, Hana, une jeune fille merveilleuse habitante de l'île de Bwaga.
Il est sain et sauf et pourtant les habitants de cette tribu sont cannibales: bah oui, Bébert a encore les cheveux blonds à cette époque.
"Nous sommes navrés, mais il va nous être absolument impossible de vous manger. J'espère que vous nous ferez la grâce de pardonner cette grossièreté."
Mais il ne faut pas les titiller avec la langue et leur religion: ils vouent un culte à un bon orthographe et à la tortue rouge.
" "Nous v'là bien", que je me dis. "Manquait plus que ça. J'ai le choix entre mourir à coup de dictée et finir transformé en napperon de dentelle de Bruges par l'aut' rougeaude. Ah! elle est belle, la vie! Merci maman!"

Le récit est court mais très attirant. En peu de pages, l'aventure est là et l'humour aussi. Ce sont des jeux de mots, des références et le texte peut tout à fait se lire à haute voix. Parfait pour entrer dans l'univers des explorateurs, des pirates et des aventuriers.

dimanche 27 janvier 2013

Annie du lac

La littérature jeunesse est un divertissement pour enfant. Oui, soit. Mais c'est aussi une proposition de changement éclair d'atmosphère et l'offre d'une parenthèse dans notre quotidien. Comme pour une nouvelle, le choix des mots pour donner le meilleur en peu de pages est important. Chez certains auteurs (jeunesse), l’album devient un monde en soi d'autant plus vite que les illustrations aident à présenter la toile de fond.
Depuis que j'ai découvert Kitty CROWTHER c'est vers sa sensibilité que je reviens, j'y trouve des détails d'une manière de vivre, une certaine difficulté à être, des priorités, ici sublimés. J'avais décidé de parler moins du travail de cette auteure/illustratrice, parce qu'en terme de visibilité sur mon blog, elle devenait presque la seule lisible dans la colonne des auteurs. Mais me censurer ne me permet pas de suivre ici mes objectifs de blog: parler de coups de cœur, de sensibilité. Et bien que mes avis enthousiastes sur des univers singuliers soient nombreux, il est vrai que les parutions de CROWTHER sont encore les plus nombreuses dans notre bibliothèque familiale. Alors parce que je la relis... et que je vous ai parlé d'elle trop vite.

©  Kitty CROWTHER/ Pastel

"Annie du lac" est une femme bien solitaire. Elle vit dans cette petite maison sur la colline qui donne au-dessus du lac. Elle n'est pas très jolie et sa vie, sans amis, ne lui plait plus. Elle pourrait bien aller de l'autre côté du lac pour rencontrer d'autres personnes mais si elle était déçue ce serait encore pire. Lasse, elle décide le pire en plongeant dans le lac, près de ces trois îles, mouvantes, que les autres n'aiment pas et qui forment pourtant sa zone de pêche privilégiée.
Elle se réveille hors de l'eau, encore étourdie de son rêve, une main immense l'avait rattrapée au fond du lac. Et  oui, le lac est habité, les îles sont les chapeaux de trois géants, Émile, Tile et Basile. Et eux aussi ont besoin d'aide. Ils doivent absolument former une union avec une géante sinon une malédiction les frappera. "Les femmes géantes, comme tout le monde le sait, se trouvent dans les mers... Les hommes, eux, préfèrent le calme et la tranquillité des lacs."

©  Kitty CROWTHER/ Pastel
Annie va les aider à rejoindre la mer. Mais à la fin du voyage, après le chant d'appel des hommes géants, il manque une amoureuse. Émile et Annie reviennent près du lac, si anxieux de la suite. Que va-t-il arriver à Émile? Mais c'est sûr Annie sera jusqu'au dernier moment avec son nouvel ami.

©  Kitty CROWTHER/ Pastel

Comme toujours avec cette auteure, ses personnages ne sont pas tout à fait intégrés à la société, au monde. Ils sont un peu à l'écart, dans une maison isolée, mais aussi avec peu d'amis, souvent.
Mais loin de nous laisser avec des albums sombres, elle nous propose des révélations. La mélancolie de vie devient une exigence dans les relations humaines et la vie la satisfait.
Le rapport à la terre et à la nature est aussi très important. Se nourrir (même quand ses héros ne sont pas des animaux) mais aussi profiter d'un lieu, d'un paysage.
Kitty CROWTHER nous invite à la poésie d'un moment et à une authenticité envers soi.
Et bonne nouvelle les albums de Kitty CROWTHER sont en format album cartonné et en album plus petit format et souple (à prix modique!)

dimanche 16 décembre 2012

Le lutin/tomte d'Astrid LINDGREN

*source illustration Harald WIBERG

Le tomte est devenu lutin...


Le texte d'Astrid LINDGREN illustré en version originale par Harald WIBERG est maintenant accessible en français, illustré par une de mes illustratrices préférées Kitty CROWTHER... 

C'est un texte d'actualité à ne pas manquer donc! De quoi ramener un lutin de plus à la maison. 

jeudi 6 décembre 2012

La boîte à fêtes


"Un soir, l'écureuil et la fourmi étaient assis sur la branche la plus haute du hêtre. Il faisait chaud et le calme régnait tandis qu'ils contemplaient les cimes des arbres et les étoiles. Ils avaient mangé du miel et discuté du soleil, du bord de la rivière, de lettres et de pressentiments.
"Je vais conserver cette soirée, dit la fourmi. Tu es d'accord?"
L'écureuil la regarda avec étonnement.
La fourmi lui montra une toute petite boite noire.
"J'y ai mis l'anniversaire de la grive, aussi", dit-elle.
"L'anniversaire de la grive? répéta l'écureuil.
"Exactement", dit la fourmi et elle sortit l'anniversaire de la petite boite. Et ils se remirent à manger du gâteau aux châtaignes et à la crème de baies de sureau, et à danser pendant que le rossignol chantait et que la luciole s'allumait et s'éteignait, et ils virent à nouveau le bec de la grive briller de joie. C'était le plus bel anniversaire qu'ils puissent se rappeller.
La fourmi le rangea dans sa petite boite.
"Et j'y mets cette soirée, aussi, dit-elle. Il y a déjà beaucoup d'autres choses dedans." Elle ferma la petite boite, salua l'écureuil, et rentra chez elle."

(extrait de "L'anniversaire de l'écureuil" de Toon TELLEGEN et illustré par Kitty CROWTHER, je vous en parle bientôt)

dimanche 8 avril 2012

Le nez dans les livres

J'aime beaucoup, beaucoup, le travail de Kitty CROWTHER. Vous le savez?! Je me retiens de ne pas vous parler de tous ses livres (mais je ne me ferais pas prier trop longtemps non plus)... Cette auteure/illustratrice belge n'est pas la seule à offrir de sa personne, à me parler à travers ses livres, à toucher un point extrasensible chez moi.
Un jour j'en parlerais peut-être encore plus, dans les détails, au point de me dévoiler encore. Mais d'un autre côté, entre les lignes de mes lectures, il y a toujours du subjectif. J'attends peut-être aussi du côté de chez Mirontaine...

Je suis ravie, par exemple, que Mélanie RUTTEN ai de plus en plus de succès au point que mes libraires préférées n'est pas réussi à en garder un exemplaire assez longtemps (quelques jours) pour que j'arrive le récupérer...

Mais, au hasard de nos lectures du soir, le travail de Gerda DENDOOVEN revient... sa vision de la mère m'a le plus émue... et ses illustrations me touchent dans un autre angle. J'attends avec impatience que ses autres livres sortent en français, en espérant que d'autres éditeurs, après feu les éditions Être que j'aimais tant, nous en offrent les traductions.

Et quel plaisir de découvrir que ces deux Melles, CROWTHER et DENDOOVEN, partagent leur enthousiasme, leur admiration, dans une illustration commune: une plaquette de timbres d'une Belgique réunifiée, de 2010!

*source Acamédie royale des Beaux-Arts de Bruxelles

"L’armoire occupe une place centrale. Elle dégage quelque chose de très intime et de très mystérieux. C’est une cachette idéale pour lire un livre, par exemple."
Kitty CROWTHER (extrait trouvé ici)

lundi 24 janvier 2011

Petits meurtres et autres tendresses

© Kitty CROWTHER/ Seuil

"Petits meurtres et autres tendresses" de Kitty CROWTHER est une proposition pour adulte. Un album de dessins avec une phrase accolée, des mots doux, de beaux sentiments.... non, non, oh surtout non: plutôt toutes les possibilités de mettre fin à une vie de couple... des plus petits sévices comme sur les illustrations présentées là, aux plus grandes tortures ou morts.

Ce petit livre est jubilatoire quand il y a une "petite percussion discordante" dans l'harmonie du couple. Un livre à tourner page à page pour découvrir toute l'animosité en dessins, en grimaces, en regards mauvais.

"Louise, fini de jouer, sors-moi de là!"
© Kitty CROWTHER/ Seuil

© Kitty CROWTHER/ Seuil

Hi, hi, hi, jouissif, il y en a pour les deux partenaires. Les illustrations de CROWTHER sont toujours superbes, les femmes et les hommes sont bien normaux, avec des vices, des défauts (et pas que cachés), ils sont grimaçants et sadiques.
C'est une bonne claque qui permet, à force de tourner les pages, d'avoir encore plus d'amour pour l'autre, notre autre... après lecture.

Ici un autre avis mais je ne retrouve pas le blog qui m'a donné envie de suivre CROWTHER aussi dans ces péripéties-là. Même si vous devez avoir compris que je suis vraiment très très admirative de toute l'œuvre de cette auteure/illustratrice, colonne de droite sur auteurs ;)

lundi 20 septembre 2010

Dans moi

C'est souvent que l'envie me prends de parler d'un des livres de Kitty CROWTHER, auteure ou illustratrice, et je me retiens... le nuage de libellés sur la droite montre déjà mon admiration. Et puis quand il arrive que quelqu'un parle d'elle et me rappelle ma sensibilité, alors je ne peux plus y échapper. Malice m'a donné envie d'en ouvrir un autre où Kitty CROWTHER illustre juste, peut-être un peu moins connu... quoique.

© Alex COUSSEAU et Kitty CROWTHER / Memo

"Dans moi" de Alex COUSSEAU et illustré par Kitty CROWTHER est un livre dérangeant, encore que.
Dérangeant par la réflexion d'origine qui démarre le livre: "Je n'ai pas toujours été moi. Avant d'être moi, je n'étais pas dans moi. J'étais ailleurs. Ailleurs, c'est tout sauf moi." Dérangeant aussi pour certains parents (peut-être plus que pour les enfants), par les représentations du corps, des muscles, du squelette, des vaisseaux sanguins, du sang, très clairement présentés ou simplement évoqués dans le décor.
Et c'est peut-être cela que j'adore, des sujets sensibles, difficiles, à la limite entre l'âge adulte et l'enfance mais toujours dans leurs préoccupations et angoisses.

© Alex COUSSEAU et Kitty CROWTHER / Memo

Alex COUSSEAU offre une introspection dans le corps et l'esprit d'un enfant. Il se sent étranger à lui-même et à ce corps. Un jour il le rencontre, avec sa matérialité, ses os, ses nerfs, ses viscères mais aussi ce cœur. Il est dans un univers où il n'est pas le maître: un ogre qui lui ressemble règne là sans parole. L'enfant se voit contrait de subir la réalité "Il y avait trop de choses vraies pour que je sois en paix". Tout est froid en lui, trop viscéral, il tente d'y mettre de belles choses mais n'arrive pas à être entier et joyeux "Je voulais être le roi pour décider des choses impossibles. Je voulais des oiseaux partout, des feux d'artifice."
C'est un affrontement contre la dure réalité, le mutisme, le mur du quotidien... c'est aussi la quête d'une identité, d'une conscience, d'une parole. Une autodestruction pour naître, pour se libérer de ses propres entraves. C'est un discours intérieur qui ne laisse pas indemne.
Est-ce alors une manière de voir le passage de l'enfance à un être plus construit, séparé de ses parents ou une manière de mettre des mots et des images sur le labyrinthe intérieur des enfants muets ou autistes par exemple ? A relire!

© Alex COUSSEAU et Kitty CROWTHER / Memo

Kitty CROWTHER offre encore plus au texte, très fort, sensible, poétique et pertinent. Des détails viscéraux mais aussi des blancs, noirs et rouges, des mises en abîme et des monstres intérieurs. Un enfant encapuchonné dans ses angoisses et dans cet espace étranger... jusqu'à adoption, apprivoisement de ses pensées et de son corps.

Simplement superbe! Et pour peut-être mieux vous aiguiller, lisez donc l'avis de Gawou ici et celui très très construit de Du9 ou de Paddyland très philosophique (et magnifique)

vendredi 12 février 2010

Scritch scratch dip clapote

« Scritch scratch dip clapote ! » de Kitty CROWTHER revient périodiquement comme livre du soir. Avec quel plaisir pour moi. Je ne peux que confirmer, encore et encore, mon admiration pour cette auteure/illustratrice.
En fait, ce fut le premier en ma possession, celui qui m’a emmené dans l’univers de cette femme.

Jérôme est une petite grenouille que l’on retrouve à l’heure du coucher. Les rituels se suivent : un passage dans la salle de bain, une lecture de papa, un câlin avec maman et puis cette solitude de l’enfant (enfin la grenouille) dans le noir juste avant le sommeil.
Cette peur du noir est amplifiée par les bruits de la nuit et tous les monstres ou méchants qui peuvent hanter les rêves de grenouillet Jérôme.

J’adore ce petit livre abimé par les lectures nombreuses (et dire que le lutin n’a que 3 ans !). L’atmosphère de cette maison les pieds dans l’eau, les tableaux botaniques et entomologiques sur les murs, les murs sombres et les tissus de pyjamas.
Mais surtout cette petite histoire, si douce, offrant à l’enfant une vraie mise en image de ce moment juste après la lecture du soir, ce moment de solitude (même si les parents sont dans la pièce d’â côté), cette envie irrépressible de dormir entre maman et papa, à l’abri des sensations inconnues de la nuit. J’aime particulièrement aussi cet agacement du père, avant de trouver une solution pour dormir et aussi apprendre à son enfant à prendre confiance en lui, à affronter aussi l’inconnu… pour leur plus grand plaisir !
Cela aussi permet de reprendre les monstres des cauchemars : monstre d’eau douce avec toute l’imagination possible ou encore squelette des marais. Ce squelette, juste amas d’os, qui fait si peur. Autant vous dire que notre petit d’homme connait de nombreux passages presque par cœur.
La sensibilité de Kitty CROWTHER est toujours présente, le sujet même conventionnel, offre une lecture différente, presque sensitive et ses crayonnés, marques de fabriques, me font à chaque fois rêver.

N’hésitez pas à vous avancer dans son univers, fabuleux et jamais mièvre.

jeudi 11 février 2010

Le Père Noël m'a écrit

© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

« Le Père Noël m’a écrit » de Carl NORAC et illustré par Kitty CROWTHER est une petite merveille. C’est vrai que je ne suis pas déçue, ni de l’un, ni de l’autre. J’avais rencontré les deux, si peu consciente de ma chance et si fébrile à l’idée d’un autre partage, bien improbable.


NORAC propose une entrée dans les aventures du Père Noël. Très peu de cadeaux aux enfants, sous le sapin et pourtant le livre est un vrai cadeau. Les lettres adressées au Père Noël se sont envolées sans avoir pu être lues, sauf une, prise dans les bois d’un renne, celle d’Else. Le Père Noël la lit et répond, il est touché, cette enfant ne souhaite pas de cadeau mais bien des confidences, des aventures, des secrets… ceux du Père Noël. Alors oui, avec plaisir, il ouvre le voile de ce qui se passe ici, chez lui. Il décrit sa difficulté à entrainer ses rennes pour le vol, son besoin de les rendre forts et de les surveiller. Il raconte la fois où par mégarde ils ont réussi à échapper à sa vigilance pour voler jusqu’aux étoiles. Son obligation de chercher de l’aide sur terre.
© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

L’histoire nous emmène à la rencontre d’autres peuples, aux rapports avec la nature encore préservés… des Inuits en quête de rennes aussi et qui ne connaissaient pas notre cher PN ; des indiens vengeurs de lune. Le Père Noël nous livre ici son plus fabuleux cadeau, reçu des rennes, compagnons de vie nocturne et professionnelle : une virée dans les étoiles. L’atmosphère de Noël apparait alors dans ces détails d’attention, de présence, d’offrande de moments plus que de biens matériels. Des partages autour du feu, des souvenirs, des fantasmes humains qui trouvent là un achèvement beaucoup plus harmonieux. Les pointes d’humour ne sont pas éloignées non plus, que dire de ces chiens de traineaux affalés de rire en voyant ce pauvre Père Noël ressortir des cheminées de plus en plus sale.© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

Il y a aussi cette réflexion sur les offrandes des parents, celles cachées par le symbole du Père Noël : un fantasme de vie pour un enfant, qui ne s’en dépatouille qu’à l’âge adulte. Le merveilleux est sauf : c’est un cadeau du Père Noël qui a mis l’homme sur son vrai chemin de vie.
© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

J’aime aussi, toujours, l’univers de Kitty CROWTHER qui offre des détails de quotidien, des univers champêtres, des animaux humanisés, des atmosphères de partage. J’aime aussi sa prise de position sur un univers pourtant marqué par un imaginaire commun, il est comme plus réel, doux mais aussi presque plus tendre.

C’est une histoire de Père Noël et non une histoire de Noël, une histoire d’homme de profession humaniste qui a été comblé en retour.

vendredi 20 novembre 2009

La visite de la petite mort


« La visite de la petite mort » de Kitty CROWTHER


La petite mort est une enfant, elle va chercher les gens pour leur dernier voyage. Tous ses actes sont mal vécus par quiproquo. Les peurs européennes ont la vie dure : l’enfer, le froid, la solitude, l’angoisse. Elle ne comprend pas pourtant, elle fait de son mieux pour que ce passage dans le monde des morts soit le plus doux possible. Voilà qu’un jour une enfant lui sourit, elle est malade. Est-ce que cela change la donne ?

En tous cas, ce livre a la merveilleuse idée de détruire le mythe et de nous offrir une lecture du passage bien plus simple, moins niaise aussi. Kitty CROWTHER offre aussi sous ses traits une mort bien intrigante, avec sa faux oui, mais aussi accompagnée de hiboux et de masques symboliques de la mort venant de pays d’ailleurs, de quoi nous interpeller aussi sur les autres mythes de la vie et de la mort.

La petite mort m’a fait penser au personnage de « sans-visage », Kaonashi, dans « Le voyage de Chihiro » de Hayao Miyazaki. Personnage que j’avais adoré à bien des égards. Pourtant ce dieu, Kami, errant, est le Japon même nous dit son créateur. Moi j’y voyais un être pris entre deux mondes, ne trouvant pas sa place dans le monde éthéré et cherchant l’essence des humains incarnés, en vie.

*source du sans-visage, lien à lire sur ce superbe film d’animation.

jeudi 15 octobre 2009

Annie du lac

"C'est l'histoire d'Annie et d'autres choses encore que je vous raconterais après.
La voici, assise sur une chaise. Pas très jolie, ni trop vilaine. Elle a un grand nez et de grands pieds. Si on pend une ficelle au bout de son nez, elle arrive à la pointe de ses orteils très exactement."

Voici le tout début de "Annie du lac" de Kitty CROWTHER, pour vous donner envie de suivre ce personnage, encore singulier, humain, fragile, dans un monde réel ou onirique mais qui ne laisse pas indemne.

Rajout du 27/01/2013: J'en parle ici.

Alors? ou Le bain d'Elias : merveilles dès 2 ans



Souvent je trouve les livres de toute petite enfance bien mièvres. Heureusement Kitty CROWTHER en a proposé qui ont fait mon ravissement et celui de mon fils. 2 ans, 3 ans: oui, oui, même avant. Même dans ce cas, ses livres sont fins, sensibles et ouvrent tellement de portes.

« Le bain d’Elias » est un livre cartonné sur le bain…


« 1.2.3 je prends mon bain… 4.5.6 maman m’essuie », rien de plus simple et pourtant… le grain de folie est là, une pirouette de la vie que seuls nos petits diablotins savent faire… (indice)

sans compter un doudou grenouille comme Jérémie la grenouille de « Scritch Scratch Dip Clapote ! »…


*source Alors

Et « Alors ? » alors ?

J’ai hésité à le prendre celui-là, comme le bain, le trouvant plus simple. Et en fait, il n’en ai rien. Une salle de jeu avec ballon, coffre à jouets, cube de construction, livre et table où prendre le thé (ou le café salé…clin d’œil à « Mon ami Jim »).

Un premier personnage rentre, déguisé, animal ou humain, peu importe. Il s’installe et va être suivi de nombreux autres personnages, doudous, animaux de compagnie ou jouets… tous en attente d’un événement fort. L’illustration est encore magnifique, très réaliste et pourtant très fantastique. J’aime énormément ses stylisations, ses détails, le choix des objets, des personnages, de l’histoire jamais si simple. La part de rêve est conservé, les mystères non résolus et pourtant identifiable. L’histoire se poursuit même sans le héros. Cela ne vous dérange pas de connaître le mystère, alors vous avez un billet très complet ici.

Vous n’êtes pas convaincus, regardez donc la vidéo sur le site des éditions L’école des loisirs… ici en recherchant entretiens vidéo avec les auteurs, Kitty CROWTHER… alors ?

lundi 12 octobre 2009

Le grand désordre

J'attend son nouveau livre alors pour vous donner l'eau à la bouche, voici un de mes anciens billets sur Kitty CROWTHER. Un livre sur le bazar dans la maison.


Mais « Le grand désordre » de Kitty CROWTHER me convient pour de nombreuses autres raisons. Cette auteure/illustratrice jeunesse m’interpelle, me ravit, m’emmène comme dans une maison ou j’aime me blottir. Vous me savez fane, oui, oui, je parlais de sa petite mort là et de ses livres pour tous petits ici… et je parlerais de tous ses livres ! Et celui-là donc ! Et bien une jeune femme, Emilienne, laisse chez elle un grand désordre. Elle vit seule avec son chat et cela ne la dérange que peu mais son amie, elle, se sent de plus en plus incommodée par sa façon d’être et ne prend plus plaisir à lui rendre visite. Alors les soupirs arrivent, il faut faire le grand ménage.


Une histoire belle et poétique mais bien plus. C’est toute une spiritualité de vie qui se dégage. Le désordre n’est pas diabolisé, la remise en ordre est comme une forme de ressourcement, pour se remettre en ordre aussi. L’utilisation du temps a aussi la part belle. Cette oisiveté de l’éveil, de la curiosité, est mise en valeur autant par de petites créatures qui dérangeraient l’intérieur d’une maison et cette notion de marée nocturne qui apporteraient son lot d’objets, que par la place importante des activités d’évasion : herbier sauvage, premier rayon de soleil, dernier de lune, baignade sauvage.
Emilienne est une jeune personne entre enfance et âge adulte. Les amis, comme les objets, ont une place importante dans sa vie… les discussions, les confidences, l’attention aux autres… la nostalgie et la transmission.
Par les objets, l’amitié se dessine, les affections se créent. Et l’histoire d’un caillou peut devenir une vraie aventure. Ou comment recycler de l’amour, des objets, du créatif et de l’imaginaire. Clarabel nous livrait ici son avis sur le rangement proposé par Emilienne de nos bibliothèques personnelles. Lily nous offrait sa vision d'un livre plein de sagesse, très adulte en fait.

J’aime ce livre, le lis et le relis pour toute la poésie, pour cette impression subtile d’être chez une amie, entourée, enlacée par des mots, des paroles, des ressourcements divers et je donnerais cher pour transmettre moi aussi cette saveur à mes enfants, petits-enfants… un livre sur les soupirs : quelle belle idée « 2 soupirs : un souci ; courir trois fois autour de la maison et suivre la première idée qui vous vient. 3 soupirs : mettre les pieds en hauteur et lire les 100 meilleures blagues de l’année ou « Moumine le Troll » de Tove JANSSENS. »
Une lecture qui laisse une atmosphère dense et loin d’être fugace qui nous permet de suivre quelques petits bonheurs quotidiens et de voir en notre désordre aussi des trésors. Le chat d’Emilienne s’appelle Daguerréotype… cette innocence et cette pertinence dans l’hygiène de vie de l’héroïne est faite de ce procédé là « L'image produite par cette méthode est si fragile qu'elle ne supporte pas la plus légère manipulation, et doit être protégée contre tout contact. » (extrait tiré d’ici )

Et me croirez-vous mais l’intertextualité me plait, j’aime à suivre certaines façons d’être et de vivre, alors les pieds en l’air je lis « Moomin et les brigands" de Tov JANSSENS, j’en reparlerais… et que dire de ces capucines si importantes pour moi, de ces baignades de minuit et petits bonheurs…