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mercredi 14 janvier 2015

C'est mathématique!

De petits livres paraissent intéressants si nous aimons déjà la matière. Par exemple "C'est mathématique!" de Carina LOUART, Florence PINAUD et illustré par Jochen GERNER semble destinés aux amateurs de sciences, et juste à ceux là. Ce serait dommage.

© Carina LOUART, Florence PINAUD et Jochen GERNER/ Actes sud junior


Ce livre propose une vision éclectique et pleine de fantaisie. Au fil des pages, ce sera les origines de(s) mathématique(s), les premières matières à calcul, la géographie évolutive ou les inventions en découlant.
Le dénombrement en s'aidant de notre corps (doigts, phalanges, mains ou corps entier), en notant la quantité par des nœuds, les cailloux et parler de plus grandes quantités avec les premiers chiffres, indiens (les nôtres), les latins ou les égyptiens (fleur, têtard, anse de panier). Les premiers calculs apparaissent avec quelques révolutions que sont le zéro, le négatif, la fraction ou l'égalité, les unités de mesure.

© Carina LOUART, Florence PINAUD et Jochen GERNER/ Actes sud junior

Puis les mathématiques interviennent dans la construction, le commerce, la découverte du monde, la météorologie, la compréhension de la société avec les statistiques, la communication ou internet.
Les mathématiques comme une magie avec les présences dans la nature de l'infini, du nombre pi, des fractales et encore le langage mathématique.

Comme la naissance de la terre, de la vie sur terre, de l'homme ou de l'écriture, celle des mathématiques est une notion importante à comprendre car grâce à elle, c'est l'homme et son évolution que nous comprenons. Elle fait partie, en effet, des grandes leçons présentées aux enfants de 6 à 9 ans par la pédagogie alternative Montessori. Je les entrevois là avec mon fils au fur et à mesure.
Ce livre permet de découvrir une évolution de notre vue du monde, chaque étape est importante, donne accès à une autre et provient d'un peuple différent. Ce qui est aussi magnifique, c'est d'entrevoir en quoi la naissance du zéro est importante, le concept donnant accès à la notation des grandes quantités; que le théorème de Pythagore permet l'urbanisation avec les murs enfin droits; la géolocalisation ou les angles pour découvrir l'espace, de trouver la bonne adresse en voiture ou même permettre à nos avions d'arriver en moins de temps à leur destination (pas un angle droit vers l'autre ville).

© Carina LOUART, Florence PINAUD et Jochen GERNER/ Actes sud junior

Ce livre est imposant en découvertes mais il peut se picorer facilement par chapitre et par notion. A chaque fois, les illustrations de Jochen GERNER donnent beaucoup d'humour et nous décomplexent vite. Puis des petites mises en pratique sont proposées aux lecteurs, permettant un lectorat très large, d'un enfant commençant à découvrir les premiers calculs à un adolescent ou un adulte intéressé. Les plus experts y trouveront quelques pistes de merveilles supplémentaires.


jeudi 25 août 2011

L'Ogresse en pleurs... et Cuisine de Sorcière

Je succombe toujours devant un livre illustré par Wolf ERLBRUCH. En plus de ces images si spécifiques j'ai souvent l'impression de suivre un choix de texte précieux, éclairé, souvent autant pour adulte (voire plus?) que pour enfant, à la limite aussi du non-sens quelques fois.

© Valérie DAYRE et Wolf ERLBRUCH /Milan

"L'Ogresse en pleurs" de Valérie DAYRE illustré donc pas ERLBRUCH ne déroge pas à la règle et c'est un coup de cœur.
Une femme méchante, une ogresse, veut faire encore pire que toutes ses actions jusque là: elle souhaite manger un enfant. Elle est difficile et fait le tour des villages pour trouver le bon, celui qui sera le plus appétissant.
Mais à force d'être exigeante, elle se fait repérer et les enfants vivent cachés. Elle se fâche et décide d'en manger plus d'un, milles et un, sans y parvenir. Elle dépérit jusqu'à en croquer un.

Le propos est grinçant. L'ogresse fait peur et elle mange l'enfant. Cependant ce n'est pas un livre si effrayant. Elle menace mais les astuces des enfants et des parents apportent une touche d'humour: les petiots se font plus grands en taille, se costument, restent chez eux.
C'est encore plus une histoire de parents:
"- N'importe lequel! gémissait maintenant l'affamée. Donnez-moi le plus maigrichon, le plus couillon! (elle avait abaissé ses prétentions).
Dans les maisons, on se taisait. Des couillons? Des maigrichons? Si on en avait, on se les gardait."

© Valérie DAYRE et Wolf ERLBRUCH /Milan

Le texte de Valérie DAYRE joue sur les termes: un enfant "à croquer". Et c'est bien la parentalité et l'amour le sujet du livre. L’ogresse a des yeux "brillants-gourmands" et cherche l'enfant idéal. D'ailleurs j'aime cette réplique "- Celui-là est trop futé, je ne veux pas avoir à lutter." Au fil des pages, les enfants, les nôtres, apparaissent les plus tendres à nos yeux, les plus à même d'être aimés. C'est de son enfant que l'on s'éprend et dont nous souhaitons être parent.
Je ne vous livre pas la plainte finale de l'ogresse mais qu'elle est belle!
Le vocabulaire nous propose mille et une manière de nommer l'enfant et ces jeux de mots exquis donnent envie d'aimer par gourmandise.

© Valérie DAYRE et Wolf ERLBRUCH /Milan

Les illustrations de ERLBRUCH sont toujours si particulières. Des aplats de tissus, comme des pochoirs, des tampons japonisants, des lieux lunaires et très proches de DE CHIRICO. Le repas de l'ogresse est magnifique d'épouvante (à regarder même avec des enfants!).
Et que ces lunes, astre protecteur, sont belles en témoins de notre parentalité.
***

© Johann Wolfgang GOETHE et Wolf ERLBRUCH /La joie de lire

"Cuisine de Sorcière" de Johann Wolfgang GOETHE et illustré par Wolf ERLBRUCH est un petit en-cas au doux goût de je n'y comprends rien mais j'aime.
Ici la quatrième de couverture nous apporte plus de sens que le texte du livre: "La sorcière prépare pour Faust le breuvage de rajeunissement et Goethe lui faire dire une formule magique qui n'est qu'un jeu turbulent de chiffres stimulant l'imagination et, en particulier, celle du grand illustrateur Wolf Erlbruch." Et c'est ainsi qu'il faut le prendre, comme une parenthèse dans l'initiation aux pièces "Faust" de l'auteur.

© Johann Wolfgang GOETHE et Wolf ERLBRUCH /La joie de lire

Ici la recette de la sorcière est très mystérieuse, ce qui apporte un plus est le pied de nez graphique de l'illustrateur. Il donne à vivre les chiffres, il cartographie les formes et fait des nombres des textures. Ci-dessous le fabuleux: "Le quatre perd"

© Johann Wolfgang GOETHE et Wolf ERLBRUCH /La joie de lire

Le rajeunissement ou l'éloignement de la mort (déambulant sur l'infini du huit)... j'aime son personnage... récurrent.

© Johann Wolfgang GOETHE et Wolf ERLBRUCH /La joie de lire

mercredi 17 février 2010

Le livre à compter de Bathazar, A la poursuite du lapin brun


© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/Hatier Jeunesse


J'ai utilisé ce livre autant pour l'histoire que comme une aide, un soutien aux calculs dont je parlais rapidement là avec les autres de cette collection « aide-moi à faire seul ». « Le livre à compter de Balthazar, A la poursuite du lapin brun » de Marie-Hélène PLACE et illustré par Caroline FONTAINE-RIQUIER est une vraie petite lecture et en même temps l'enfant est en interaction constante.


© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/Hatier Jeunesse

L’histoire entraîne Bathazar et sa peluche vivante Pépin dehors, à la poursuite d’un lapin brun. Ils vont rencontrés deux yeux, trois nuages, quatre poules etc… le chemin continue et à chaque page, le comptage se fait en posant le doigt sur le livre, jusqu’à 10. Et puis une indication de 100.
L’interaction est aussi très jouissive pour l’enfant qui, à la suite de l’accompagnant, suit la forme des chiffres et des nombres. J’aime ce livre qui inclut dans l’histoire les chiffres, les nombres mais aussi des liens de prononciations « 10 biscuits », « 6 chauve-souris », des indices biologiques (les lapins ne pondent pas d’œufs) ou des manipulations fondatrices de Montessori (ranger du plus grand au plus petit des tournevis).
Je parlais de ce que nous faisons à la maison là.

jeudi 3 décembre 2009

Qui va croquer la pêche ?

© Ah-Hae JOON et Hye-Won YANG/ Mango jeunesse

« Qui va croquer la pêche ? » de Ah-Hae JOON, illustré par Hye-Won YANG est une belle petite histoire incluant quelques premières notions de mathématiques.

© Ah-Hae JOON et Hye-Won YANG/ Mango jeunesse

une pêche et des animaux qui vont chacun mettre un avant une de leur caractéristique physique pour avoir le droit de la manger :

© Ah-Hae JOON et Hye-Won YANG/ Mango jeunesse

la taille de la girafe, la grande bouche du crocodile, la grande queue du singe, les grandes oreilles du lapin ou le poids du rhinocéros… et ce qui fait d’une chenille, une chenille !

© Ah-Hae JOON et Hye-Won YANG/ Mango jeunesse

Une histoire qui permet d’entrevoir les différents classements possibles dans des pages illustrées magnifiquement, des couleurs, des impressions de texture, des moucherons, des gouttelettes d’eau, de la poussière…

© Ah-Hae JOON et Hye-Won YANG/ Mango jeunesse

Le déroulement de l’histoire est déjà une vraie merveille. Il est après possible de compléter avec une approche plus interactive des rangements par ordre de grandeur (une seconde partie est offerte comme fiche de compréhension et de pratique de classement). Ce qui donne envie d’aller plus avant dans cette collection originale 1.2.3. Raconte-moi des éditions MANGO Jeunesse.