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samedi 18 octobre 2014

Lotte fille pirate

Un album grand format très coloré, une enfant blonde sur ce vert d'une forêt luxuriante. "Lotte fille pirate" de Sandrine BONINI et illustré par Audrey SPIRY présente la spontanéité de l'enfance, son émerveillement.

© Sandrine BONINI et Audrey SPIRY/ Sarbacane

Lotte est une pirate, oui môme et oui une fille. Elle vit dans une cabane au bord de l'eau, faite de bois et de tissus, dans laquelle elle accumule de petits trésors. Elle aime s'aventurer, découvrir, jouer. Elle se fait des amis des animaux de la jungle et vit avec son compagnon fidèle un toucan, Igor.
Elle est pétillante et indépendante. Quoique... Des voisins vont aménager à la ferme, son père lui a dit. Lotte n'est pas aussi autonome que dans ses rêves mais, cette fois, c'est pour de vrai, la vie dans la cabane.

© Sandrine BONINI et Audrey SPIRY/ Sarbacane

Lotte est une petite héroïne magnifique: espiègle, un peu délurée, elle rêve les yeux ouverts. Entre les lignes apparaissent les parents, leur culture (Stravinsky) et une idée du pays. Un environnement peuplé de faune et flore luxuriante où la solitude de la fillette est complète.
Mais elle va devoir faire avec les autres, renoncer en partie à ses rêves, à moins qu'elle les partage.

Les couleurs des dessins d'Audrey SPIRY sont extrêmement saturées. Lotte a la peau blanche et les nuances des pays chauds. Le soleil est là et l'enchevêtrement végétal aussi. L'illustration est aussi fantasque que le monde inventé.

© Sandrine BONINI et Audrey SPIRY/ Sarbacane

Une belle mise en scène de la rêverie, des aventures (sous contrôle) des enfants, de leur besoin de solitude quelque fois et de réconfort souvent.
J'aime les trésors trouvés, les amitiés sauvages rêvées. Il y a un chouilla de Kipling, de Fifi brindacier et de princesse au petits pois dans cette enfant.


lundi 3 mars 2014

Toto l'ornithorynque et le lion marsupial

Le lutin a farfouillé dans les livres en présentoir de la bibliothèque. Il est revenu avec une bande-dessinée juste pour sa couverture, juste pour avoir le modèle et le redessiner. Nous l'avons lu ne sachant pas si l'histoire se suivait d'un volume à l'autre: "Toto l'ornithorynque et le lion marsupial" d'Eric OMONT et illustré par Yoann (CHIVARD) est le tome 7 de la série.

© Eric OMONT et Yoann/ Delcourt

Les amis, Toto, Chichi l'échidné, Wawa le koala, Riri la chauve-souris renard volant et Fafa l'écureuil volant, se sont réveillés ce matin et Toto ne les a pas attendu pour manger tout le petit-déjeuner. Mais la journée annonce pire. Les Dingos viennent les attaquer. Mais la bande d'amis sait les recevoir. Les méchants vont alors chercher plus méchant qu'eux. Et le lion marsupial fait office de favori.
Comment faire face à un grand méchant. Toto veut prendre soin de ses amis et trouvera sûrement la solution.
© Eric OMONT et Yoann/ Delcourt

C'est une petite histoire plaisante et le jeune lectorat y trouvera son compte. En plus de se familiariser avec la faune australienne, le rythme est soutenu et les exclamations très présentes.

© Eric OMONT et Yoann/ Delcourt

Mais ce qui plaira aussi aux grands ce sont les illustrations magnifiques de Yoann. Dans ce tome, il joue en clair-obscur et le pastel gras fait des merveilles (même si les photo ne montrent pas cet aspect-là mais bien des détails des attitudes animalières et la férocité du méchant). C'est sombre, très coloré et magnifiquement effrayant.
J'ai encore plus aimé ce tour dans le mondes des rêves aborigènes. Le style est préservé et nous emmène loin.

mardi 2 avril 2013

Le rêveur

"Le rêveur" de Pam MUNOS RYAN et illustré par Peter SIS est un petit ovni. Sous un format de roman, nous découvrons un conte proposant une belle proposition pour entrer dans l'univers du poète Pablo NERUDA.

Neftali est un garçon malingre, bègue et rêveur. Il est souvent malade et son comportement devient vite un sujet de colère paternelle.
Neftali rêve de partages avec son père. Peut-être pendant cette journée en forêt avec son travail, peut-être pendant les vacances à la mer... il siffle au cours du trajet, c'est pourtant bon signe. Entre ce père, souhaitant des fils forts, aux métiers convenables et valorisants, et ce second fils toujours dans la lune et dans ses livres, une tension nait. Elle ne partira pas de la maison familiale. Neftali va par contre réussir à grandir, toujours collectionneur invétéré, mais aussi maintenant lecteur assidu et poète. Il s'épanouira même dans l'écriture et dans la révolte contre le gouvernement de son pays, le Chili, et l'oppression faite aux autochtones, les Mapuches.

" Bien qu'il eût changé de nom, il ne pouvait pas se détacher de son histoire personnelle, et celle-ci imprégnait ses écrits. Certaines suites de mots évoquaient le rythme de la pluie qui avait baigné son enfance; ses souvenir d la grande forêt explosaient en phrases lyriques, aussi poisseuses que la résine de pin, aussi craquantes qu'une carapace de scarabée. Certains vers s’étiraient lentement, d'autres s'arrêtaient net, fidèles à l'alternance des vagues fortes ou faibles qui déferlaient sur le rivage; d'autres encore, semblables aux notes plaintives d'un harmonica solitaire, se balançaient doucement."

Le récit est émaillé d'envolées lyriques et de petites illustrations de Peter SIS presque surréalistes. Il demande peut-être une seconde lecture pour mieux interpréter les signes, découvrir toute la poésie que le jeune Neftalí Reyes (Ricardo Eliecer Neftalie Reyes Basoalto) entrevoit dans sa vie, dans la nature, la météo ou les objets témoins d'une vie fabuleuse.
J'aime les onomatopées qui rythment le récit et les détails de cette nature... comme le scarabée, la pomme de pin ou le chucao, devin des forêts. Et le choix de ponctuer l'histoire par un poème de Pam MUNOS RYAN et de proposer des voix de compréhension de poèmes de Pablo NERUDA est fort agréable. Cependant la police de caractère, l'espacement des lignes, le format, et quelque part, le récit m'ont laissé perplexe.A relire donc pour entrer dans le rythme.

jeudi 7 février 2013

Corbelle et Corbillo

Il y a bien-sûr de nombreuses propositions de livres pour les premiers lecteurs. Yvan POMMAUX nous offre avec "Corbelle et Corbillo" de petites histoires qui répondent très bien à mon attente: peu de texte et une illustration encore prépondérante.

© Yvan POMMAUX/ École des loisirs

Dans le livre album "Corbelle et Corbillo, cinq rêves, six farces et un voyage", sont regroupées trois histoires: "Les rêves de Corbillo", "Corbelle et Corbillo" et "Le voyage de Corbelle et Corbillo".

Le couple de corbeaux s'animent par petites anecdotes.
Corbillo, une fois rentré du travail, se prépare un chocolat chaud et se met sur sa branche lit. Il rêve alors de Corbelle, celle qu'il aime, des attitudes de Corbek, l'autre corbeau qui aime aussi la belle. Par son imaginaire, les sentiments de Corbillo prennent de la couleur et des conséquences comiques, même sa jalousie et sa volonté de faire le beau. Et bonheur, Corbelle l'aime aussi.
Une fois en couple les petites habitudes arrivent, toutes douces mais aussi de petites blagues. Corbelle est une pipelette et Corbillo, pour la taquiner, va lui montrer qu'elle n' a besoin de personne au bout du fil. Puis il tente un réveil charmant loin de l'arbre maison qui finira à l'eau... Avec ces farces sur les attitudes des corbeaux et leur petits défauts, ce sont aussi de très belles attentions, des moments doux et tendres.
Puis ils partent en voyage pour se changer les idées. Mais où et qu'emmener? Ils découvriront d’autres terres, d'autres beaux parleurs, des aides et un trésor... parfait pour le ramener avec eux.

© Yvan POMMAUX/ École des loisirs

Les histoires sont très courtes sauf le voyage mais elles offrent de très beaux instants de poésie, d'humour et de taquinerie.
Les images nettes d'Yvan POMMAUX sont rehaussées par les très belles couleurs de Nicole POMMAUX mais avec ce livre compilation, toutes les histories n'ont pas le même traitement. Je dois dire que j'ai une préférence pour les apprêts sombres des deux premiers épisodes, le voyage étant traité, lui, comme une bande dessinée.

© Yvan POMMAUX/ École des loisirs

Ce n'est pas un intégral, certains épisodes n'y apparaissent pas, par exemple "La marque bleue", "La pie voleuse" et "Le théâtre de Corbelle et Corbillo". Pourtant vous aurez une belle idée de l'univers de ce couple de corbeaux.

mardi 29 janvier 2013

La clé des champs et autres récits imaginaires

Je dois l'avouer, j'ai beaucoup d'affection pour cet auteur, Francis GARNUNG. Ses œuvres sont arrivées chez nous par hasard, puis par partage. J'ai de l'affection pour ce regard coquin (voir au bas du billet) et ces écrits peaufinés comme des pierres précieuses.

© Francis GARNUNG et Anne ADAM/ L'harmattan jeunesse

"La clé des champs et autres récits imaginaires" de Francis GARNUNG et illustré par Anne ADAM est un recueil de contes pour enfants. Mais il ne faut pas s'attendre à des contes "jolis et doux"... il y a du coriace dans cet homme. Les contes sont merveilleux mais pas naïfs, l'enfance a des dons.

La clé des champs:
Anne part en Inde chercher du lait, c'est à 1 km de là. La sorcière l'a repéré, cette jolie enfant aux cheveux blonds. En offrant ses yeux au bouillon, la méchante espère retrouver ses pouvoirs. La spontanéité d'Anne, sa joie de vivre, ses chants et son langage propre ouvrent en plus toutes les portes... elle est la clé des champs.

Rosette et le caillou:
Rosette aime les animaux. Il n'y en a pas, qu'à cela ne tienne, un caillou à la forme d'un papillon peut dans son imaginaire en devenir un. Et c'est ce qu'il fit... un instant.
Mais c'est vrai, le caillou en montant dans les airs devient papillon, plus haut lézard, plus haut rossignol et plus haut encore... jeune garçon. Il pourrait y avoir de l'amour entre eux mais Rosette est imprudente... et colérique. Mais si les rêves pouvaient devenir réalité?

© Francis GARNUNG et Anne ADAM/ L'harmattan jeunesse

Les feux du diamant:
Pierrette joue à faire rebondir la lumière sur un bout de miroir, même chez les voisins. Un éclat l'attire, c'est un diamant. Et si elle allait le voir de plus près, oui, chez les voisins. elle escalade la gouttière et entre par la fenêtre... il est beau, tellement beau. Comment serait-il sur le doigts d'une jeune fille pauvre? Elle l'enfile. Les voisins rentrent chez eux, elle veut partir sans le diamant mais il s’accroche au doigt. Ce n'est pas le diamant le prisonnier mais le doigt. Mais il est beau, elle n'est pas si déçue de le garder. Il brille tant et si bien qu'il illumine au point de rendre invisible Pierrette et de choquer les passants.
Le beau ne l'est plus mais la beauté reste ailleurs.
- un extrait ici-

La proie pour l'ombre:
Un montreur d'ombres est arrivé dans le village de José. C'est un susceptible tyran et José est un jeune brocanteur un peu naïf. Les ombres s'usent vite et puis certaines ont mauvais caractère. José va en faire les frais... son ombre volée pour faire le spectacle, une autre vendue qui veut être le maître.

L'indigestion du Loup:
Loup, de profession loup, a été arrêté par le Commissaire Perrault qui le croit coupable de la mort du petit chaperon rouge et de sa grand-mère. Loup trouve que l'histoire inventée est  merveilleuse mais veut se disculper en parlant de son mal de dents. Un quiproquo envoie l'histoire inventée par Perrault à l'imprimerie mais une reconstitution des faits supposés a lieu.
Des gendarmes aident le loup à refaire les gestes... et Loup croque.

© Francis GARNUNG et Anne ADAM/ L'harmattan jeunesse

Le procès du Loup:
Où la version du Commissaire Perrault et du Loup s'affrontent devant un juré d'animaux, herbivores et carnivores, et d'hommes. Où toutes les légendes et expressions contre les animaux, et surtout le loup, ont droit de cité. Un conte pour enfant, une histoire remaniée pour faire un peu peur mais pas complètement.
- un extrait ici -

Le Voyageur de commerce:
L'auteur est content, il a réussi à  faire vivre dans le même livre tous ses personnages. Ce n'était pas si évident. Ils auraient pu avoir quelque chose à redire. Pour la peine, il les a tous invités chez lui, dans son château en Espagne dont la grandeur et la magnificence n'ont de limite que son imagination.
Mais il est à nouveau déranger par le voyageur de commerce, cet individu veut devenir un personnage de l'auteur. Mais il n'en a pas le gabarit.

***
Les illustrations, peu nombreuses, d'Anne ADAM, sont presque d'un autre temps. A l'encre de chine, elles croquent une vision un peu surannée. Je rêve volontiers de ces contes encore plus illustrés, donnant la pleine mesure à chacun d'entre eux. Ils le méritent.

Francis GARNUNG est un enchanteur de mots. Il joue avec leur sens, leur rimes.
Les récits sont plein de finesse, de poésie et d'humour. Les partis pris des contes sont ici décalés: du beau et du brillant de princesse, de l'amour, des sorcières, des animaux et un loup mais aussi ce petit brin de peur, juste ce qu'il faut pour frissonner, avant que l’auteur ne retourne encore l’histoire.
Les petites filles restent bien-sûr des héroïnes parfaites: espiègles, aventurières, malicieuses, capricieuses et un peu séductrices, cependant moins que celles imaginées par GARNUNG dans ses autres livres, le fabuleux "La pomme rouge" et "Les miroirs et les chaines".
Le loup n'est d'ailleurs pas si méchant... presque un bouc-émissaire de nos peurs, de nos travers, des malices humaines.
Et les personnages centraux sont bien l'imaginaire et la joie de vivre des enfants.

Quelle tristesse que ce livre ai disparu du catalogue de L'harmattan jeunesse (pas du catalogue général, ouf) et que cette édition de 2004 n'ai pas offert la police la plus agréable à ce texte.

mardi 18 décembre 2012

La pêche à la lune

Je suis Marraine. C'est encore un rôle que je ne maîtrise pas. En attendant de trouver mes marques, je continue à apporter à ma filleule des petits bouts d'attention. Via les rennes en course ou en vol, traineau avec son grand-bonhomme habillé de rouge derrière ou tiré par des chiens dans la neige, vol d'oiseau, galerie souterraine de taupe ou... via la poste.
J'ai choisi un petit moment de poésie pour la petite demoiselle, moins de 3 ans. Juste une histoire du soir, peu longue, avec juste un élément mais doux comme un câlin. Alors oui j'aurais pu tabler sur une valeur sûr comme Arnold LOBEL, par exemple "Hulul et la lune" ou tout autre histoire d'Hulul d'ailleurs, Kitty CROWTHER avec "Scritch scratch dip clapote" ou un petit Rascal... mais j'ai opté pour une lecture encore plus simple, une ou deux phrases par page, sans perdre l'idée d'instant précieux, soit Claude K.DUBOIS avec "La pêche à la lune".

© Claude K.DUBOIS/ Lutin poche

Momo s'énerve. Aujourd'hui rien ne va, le bol de chocolat du petit déjeuner s'est renversé, les copains sont partis sans lui, le doudou est en pleine lessive... Heureusement Papy est là et va lui proposer une escapade poétique. Pour pêcher la lune, il faut du matériel, du temps, du partage.

© Claude K.DUBOIS/ Lutin poche

Le crayonné de Claude K.DUBOIS est toujours aussi beau, doux, câlin et tendre. Ses grenouilles à peine colorées sont prises dans le décor, un peu fouillis des lacs, des roseaux... C'est brumeux comme dans un rêve.
Le livre existe en deux formats, cartonné et plus petit en souple.

jeudi 6 décembre 2012

La rue qui ne se traverse pas

"La rue qui ne se traverse pas" d'Henri MEUNIER et illustré par Régis LEJONC est un livre très grand format, comme un gratte-ciel, mais même s'il a du mal à rentrer dans la bibliothèque, faites-lui une place.

© Henri MEUNIER et Régis LEJONC/ Notari

"Elle habitait au cœur de la rue qui ne se traverse pas, fenêtre sur rue. Lui vivait juste en face, fenêtre sur elle." Dans cet urbanisme qui prive les hommes de communication, elle et lui se regardent, ne font presque que cela et rêvent de l'amour.

"Est-il possible de s'aimer pour l'éclat d'un regard?
Est-il possible de s'aimer quand le vide et les rêves vous séparent?"

Sont-ils amoureux? Peut-être. Ce n'est pas le plus important. Les moineaux sont nourris par elle, ils parlent de liberté à lui. Par leur vol d'une fenêtre à l'autre, des rêves d'amour, des rêves de complicité, des rêves de partage.

Il est question de ce sentiment amoureux, de ce frisson qui attire même si l'on ne se connait pas. Mais bien plus que cela, il parle de liberté et de rêve. La ville, agglomérée, sans nature, est vide de sens et de partage. Les rêves des enfants ne sont pas encore cloisonnés, ne répondent pas encore au dictat sociétal. Il leur est impossible de se parler... bah, ils vont faire mieux, s'aimer.... peut-être se retrouver.
Entre les lignes, c'est un peu de tolérance qui se tricote... ne pas se connaître, ne pas se ressembler et pourtant être sûr qu'il a partage possible.

© Henri MEUNIER et Régis LEJONC/ Notari

Les illustrations de Régis LEJONC sont comme ouatées. Des grattes-ciel, une ville grise, noire et marron. Les appartements semblent plus réconfortants mais même si les fenêtres sont grandes ouvertes, les intérieurs restent sombres. La lumière est celle de début et de fin de journée, l'heure de leurs échanges. Les illustrations sont magnifiques, surtout les enfants, surtout leurs sourires timides et leurs rêves.

Et puis un détail, ce livre redonne leurs "ailes" de noblesse aux moineaux, oiseaux ingrats des villes.

vendredi 9 novembre 2012

Madame Le Lapin Blanc

Et voici le second choix pour une enfant accro aux princesses et contes de fées (le premier étant celui-ci)... une entrée, décalée, dans l'univers féérique et, décalé, de Lewis CARROLL et de son Alice...

© Gilles BACHELET/ Seuil jeunesse

"Madame Le Lapin Blanc" de Gilles BACHELET nous plonge dans l'univers caché du lapin blanc courant avec sa montre à gousset dans "Alice aux pays des merveilles".
Madame Le Lapin Blanc reprend l'écriture de son journal intime. C'est une femme au foyer débordée. Pendant que son mari travaille, de mauvaise grâce, pour la Reine de Cœur et aide Alice, Madame fait le ménage, les courses et tente de comprendre les états psychologiques de sa plus grande adolescente, entre période d'opposition alimentaire et fashionista. Son intérieur regorge de menus travaux à faire et de détails permettant une autre lecture des histoires d'Alice.

© Gilles BACHELET/ Seuil jeunesse

Ainsi dans ce monde-ci, les personnages ont une vie bien différente, au quotidien plus urbain (des magasins pour dodo coquette, d'autres de sport avec bien-sûr les flamants roses et les hérissons). Ce sont aussi les élèves de la nouvelle école de la petite qui intriguent: le chapelier fou par exemple. Et cette salle de classe comme un cabinet de curiosité où le Jaberwocky est tout petit et juste en squelette.
Au fil des illustrations ce sont aussi des modes de vie français et anglais (vieil électroménager, presse féminine) et la condition féminine qui apparaissent. Une petite critique sociale en somme. Mais dans cette débâcle, le Lapin Blanc toujours en retard et pas très attentionné à sa famille va nous prouver le contraire.

© Gilles BACHELET/ Seuil jeunesse

Il ne faut pas se méprendre, derrière, la magie opère toujours... les détails laissés-là emportent. Un chat de Cheshir animal de compagnie, un chien carte faisant sa crotte cœur, la photo célèbre de la véritable Alice Liddel dans la vitrine, le pied immense d'Alice fantasmé s’offrant une entrée dans la maison du Lapin Blanc.

samedi 27 octobre 2012

Le grand voyage de Mademoiselle Prudence

Il me fallait choisir deux livres pour l'anniversaire de jumelles, copines du lutin. Leur goût va énormément vers le rose et les princesses. Je voulais trouver des livres lumineux, ciblés filles mais pourtant pas gentillets. J'ai volontairement laissé de côté les belles robes et les couronnes pour aller sur le terrain de la féminité.

 © Charlotte GASTAUT/ Flammarion

"Le grand voyage de Mademoiselle Prudence" de Charlotte GASTAUT est une parfaite proposition. Très peu de texte, où, d'ailleurs, seule l'intention est importante, et beaucoup d'ouvertures vers l'imaginaire.

Prudence est une enfant échevelée, à la chambre en grand désordre (quoique). Elle y vit dans cette pièce, cela se voit, elle est investie, les dessins de princesses sont punaisés sur les murs, les livres éparpillés par terre. La fille est demandée, ses parents l'appellent, allez la "belette", range ta chambre et vient.
Mais non, les paroles des adultes sont comme un brouhaha informe et elle nargue les réprimandes. Elle va partir, mais seule.

© Charlotte GASTAUT/ Flammarion

Oui, espiègle, elle traverse les pages, vole dans les airs, plonge dans un océan, parcours la jungle en liane. Les doubles pages sont autant d'univers colorés et merveilleux. La végétation est vivante, mystérieuse et accueillante, la faune est végétale. La nuit, les animaux, les oiseaux, les créatures mystérieuses, ouatés ou non... elle découvre tout, rencontre, galope.
Elle, qui ne veut pas entendre la voix des parents, semble écouter la voix des songes et de la liberté. Elle ne veut pas ranger... ou si peut-être, après les rencontres, les rendez-vous pris pour d'autres aventures.

© Charlotte GASTAUT/ Flammarion

Les illustrations sont magnifiques et allient couleurs et enchevêtrements dans les rêves pour revenir à plus ordonné dans la vraie vie. Les découpages et transparence amènent aussi cette liberté de la vie et de l'imaginaire.

Ce livre, où fourmillent les détails, offre aussi des clins d’œil, par exemple le livre jeunesse "La croûte" de Charlotte MOUNDLIC et illustré par Olivier TALLEC sur un sujet pas simple.

Et pour mon second choix? Ce sera mon billet suivant...

vendredi 9 septembre 2011

La maison où tu n'arrives jamais

La participation de Joanna CONCEJO à un livre est souvent (toujours?) gage de sensibilité.
Celle qui m'a donné envie de continuer mes pérégrinations dans son univers, Cristiana, a offert de très beaux billets sur cette illustratrice : n'hésitez pas à lire le magnifique interview sur son blog La boite à thé (blog à recommander).

© Paloma SANCHEZ IBARZABAL et Joanna CONCEJO/ OQO éditions

"La maison où tu n'arrives jamais" de Paloma SANCHEZ IBARZABAL et illustré par Joanna CONCEJO est un petit bijou.
L'enfant est perdu dans la nuit et ne retrouve pas sa maison. Il déambule dans un univers onirique, pieds nus chaussette (oui, oui). Il cherche sa maison dans une forêt, les arbres feuilles deviennent des feuilles mortes dans le vent. Poussé par des voix encourageantes, toujours différentes, l'enfant avance dans son rêve, cherche son chez lui.

© Paloma SANCHEZ IBARZABAL et Joanna CONCEJO/ OQO éditions

La perte de repères est ici flagrante. Il erre dans des univers en état d’apesanteur, où les éléments s'entrechoquent. Le milieu aérien et marin côtoient le sol. Le monde animal change de proportions. Le mobilier, les tasses de thé, un dragon, des poissons pochoirs comme des éléments de paysage.

La peur du noir est transmise par cette perte temporaire de la vue, les yeux masqués par des ailes de papillons de nuit, la tête devenue source de sensations félines. Les végétaux se font forêt, prison. Le bruit des klaxons de voiture, des mouettes, du vent ponctuent la nuit. Le bruissement des papillons deviennent preuve de présence fantomatiques.
L'angoisse est aussi dans la perception du monde et du temps: la fin du monde, le début, une journée, le néant, la solitude.
Mais ce n'est pas un cauchemar, les sensations de chute, de fuite, sont amoindries par la présence d'éléments magiques, comme un dragon, une grande ourse constellation aux allures de peluche aux yeux brillants, repère dans la nuit. La lune amortit comme un gros ballon, une étoile se fait aide. Et surtout, il y a ces voix qui poussent l'enfant à continuer le rêve, la recherche, à ne pas se laisser aller au malaise.

© Paloma SANCHEZ IBARZABAL et Joanna CONCEJO/ OQO éditions

Et puis aussi, restent des traces d'un chez-lui dans toutes les pages. Un chat est le point d'accroche de l'enfant, son pelage est monde en soi, sa présence est observatrice mais aussi réconfortante.

Nous émergeons de ce voyage dans le mystérieux des rêves avec apaisement. Le texte poétique et encourageant accompagne les images déstabilisantes. Les illustrations montrent, elles, l'imbrication du réel et de l'onirique. Un très beau livre pour se détendre avant de sombrer dans les bras de Morphée.

dimanche 1 mai 2011

Comme une soudaine envie de voler: carnet de curiosités de Magnus Philodolphe Pépin

© Thierry DEDIEU/ Plume de carotte

C'est vrai que le fait de voir son nom quelque part me donne envie de m'arrêter, de regarder, d’ouvrir les pages et de lire la première phrase. Ses propositions d'albums sont d'un éclectisme surprenant et je suis harponnée très souvent. "Comme une soudaine envie de voler, cabinet de curiosités de Magnus Philodolphe Pépin" de Thierry DEDIEU arrive à un moment propice, des rêves d'envol ponctuent certaines nuits du lutin.

© Thierry DEDIEU/ Plume de carotte

Ce tout petit entomologiste regarde la nature de près et va fantasmer voler comme une coccinelle. Il n'est pas bien lourd alors il pense que cela sera facile. Avec son compagnon le grillon, il fera l'expérience de la pesanteur en poursuivant sa quête.
De l'observation de la nature, des élytres du coléoptère, en passant par les akènes des arbres tournoyant au vent, puis les ailes des oiseaux, découle des machines humaines et inventives. Le propos est drôle, nous suivons avec délice les folies de ce petit scientifique, mini Leonard DE VINCI.
J'y retrouve la rigueur de certains éléments naturalistes avec une aventure pleine de saveurs, de possibles. C'est aussi une superbe présentation du regard scientifique et inventif: de quoi observer, inventer et rêver encore.

© Thierry DEDIEU/ Plume de carotte

Le livre est esthétiquement très fort. J'aime ces pages très colorées qui nous rappellent les planches d’illustrations de BUFFON, j'aime ces dessins "techniques" et photos où apparaissent les détails (os, structures, schémas de construction). DEDIEU propose un savant mélange de crayonnés lors des vols, de croquis à l'encre et de couleurs, permettant vraiment de suivre l'histoire et de savourer aussi le livre comme une planche naturaliste.

lundi 22 novembre 2010

Dans sa tête

"Dans sa tête" de Rémi COURGEON vaut le détour: c'est une merveille! Ne vous fiez pas aux couleurs froides de la couverture et de quelques pages à l'intérieur, le propos est plein d'espoir et de chaleur.

© Rémi COURGEON/JBZ et Cie

Pik est un enfant comme les autres, il va à l'école et grandit. Dans sa tête son cerveau ne s'arrête pas, le jour comme la nuit. Et dans sa tête, un bonhomme travaille dans une petite pièce au fond du cerveau. Il ressent par procuration et engrange tous les éléments de vie de Pik, ce qu'il voit, entend, sent. Le petit homme écrit tout le jour et, le soir au coucher de Pik, il appuie sur "play": il a inventé tous les rêves de Pik en reprenant son vécu... des rêves où Pik vole, devient aventurier, et des cauchemars où Pik est mangé par ses parents. Les réveils en sursaut peuvent alors être très perturbants.
L'intervention d'un docteur va aider Pik à trouver la solution pour que les rêves soient les plus beaux possibles.
© Rémi COURGEON/JBZ et Cie

Ce livre est fort et pertinent. Il fait la part belle aux rêves, ce sont les pages colorées. Des rêves étranges, bizarres, flous mais "constituants" et partie intégrante de l'acte de grandir. Mais surtout par le biais de ces expressions enfantines, il reprend l'enfance, ses peurs et son élan vital. Les illustrations apportent aussi cette immersion dans le garçon, nous sommes dans sa bouche quand il parle, dans sa tête, dans ses songes. Le propos est aussi très ancré pour nos bambins modernes: la machine à rêves du bonhomme est un ordinateur.

© Rémi COURGEON/JBZ et Cie

L'intervention d'un spécialiste des enfants (aux tests de Rorschach sur le mur) amène vers cette part de mystère de l'enfance, cette part que l'on aime "encadrer" nous adultes/parents. Mais ici la solution de Pik pour diminuer les cauchemars est créative, personnelle, presque intime et pérenne, et même un adulte préparé ne peut pas tout comprendre. Cette idée de dynamique positive, constructive, pleine d'humour et d'histoires en perspectives le suivra d'enfant à adolescent.
Ce serait une autobiographie... et cela parait évident!

Je découvre cet auteur, Rémi COURGEON mais une chose est sûr, je ne le suivrais et en premier point voici son blog. Merci aux éditions Hugo et Cie, département JBZ et Cie.

jeudi 4 novembre 2010

Le voleur d'enfants

Depuis que je l'ai vu sur le blog de son illustrateur, "Le voleur d'enfants" de Mickaël ESCOFFIER et illustré par Clément LEFEVRE, je suis intriguée. Alors après "Le pitou" du même duo, le voici dans notre bibliothèque. Et ce livre est un coup de coeur pour nos chères petites têtes.

© Mickaël ESCOFFIER et Clément LEFEVRE/ Chocolat jeunesse

Le voleur d'enfants a "de longues dents pointues, comme des couteaux". Il part la nuit dérober dans les maisons les enfants endormis. Il se confond aux ombres du soir, il a une hotte mais pas pour offrir des cadeaux mais bien pour transporter les enfants. Des garçons et des filles...
et le lendemain l'ogre a faim...
L'histoire est belle, décalée et offre ce mystérieux dans la peur, le cauchemar et l'espoir. J'aime beaucoup ce personnage. "On ne sait pas d'où il vient. Qui il est, encore moins. Mais on imagine le pire." La transmission et le passage sont aussi présents comme une continuité, une belle vision. Quel dommage que Mickaël ESCOFFIER ne nous ai pas offert encore plus de pages, j'aurais aimé le suivre dans un ou deux périples supplémentaires et profiter de ces lignes comme une comptine...

© Mickaël ESCOFFIER et Clément LEFEVRE/ Chocolat jeunesse

Les illustrations de Clément LEFEVRE sont toujours une merveille. Des harmonies de couleurs forment une atmosphère étrange et frissonnante. Des détails sont de vrais cauchemars: des couteaux aiguisés, des dents pointues, des oiseaux de mauvaises augures, des cages à cadenas... © Mickaël ESCOFFIER et Clément LEFEVRE/ Chocolat jeunesse

Ses personnages sont à chaque fois très fouillés en imaginaire faune/flore et humain : le voleur est superbe avec ce masque/arbre sur les yeux, ses plumes/duvet en guise de cheveux. J'aime aussi les pages où les animaux sont dans le mouvement et le cri. Et j'ai l'impression de voir le pitou sur un rebords de fenêtre...

Et plus tard un accompagnement pédagogique autour du livre sera proposé sur le site des éditions Chocolat.

lundi 27 septembre 2010

Le secret du soir

"Le secret du soir" de Cécile ROUMIGUIERE et illustré par Eric GASTE revient très souvent dans les lectures du soir ces derniers temps.

© Cécile ROUMIGUIERE et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

Le petit prince Igor se sent bien seul malgré ses chiens, et les mille et mille jouets et livres. Seul dans ce château aux mille pièces, le roi et la reine sont bien occupés, le prescripteur et les nounous ne peuvent rien y faire, Igor est triste et ce oiseau bleu qui s'est échappé de sa cage n'aide en rien.
Sauf que cette nuit-là, un souffle chaud dans son dos le pousse à se lever de son lit. C'est un dragon perdu dans ce château, un dragon dans son lit, venu chercher une fleur... un dragon "de l'espèce des grands bavards". Igor va l'aider.

© Cécile ROUMIGUIERE et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

Se noue alors une amitié du soir dont personne n'est au courant. Bien-sûr ils iront à la recherche de la fleur d'hiver mais aussi ils se retrouveront chaque soir pour des voyages, des découvertes, des jeux et des confidences. Une relation complice, au fil du temps, une relation sur un prétexte. Oui mais une fois que l'objet du voyage est fini est-ce que le dragon reviendra? Est-ce que les rêves se poursuivront? Une petite idée de l'enfance et des aventures qui s'arrêtent aussi, quelquefois, pour grandir.

© Cécile ROUMIGUIERE et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

Les illustrations d'Eric GASTE, en clair obscur le plus souvent, nous montrent l'univers de la nuit, des images toutes douces et aussi quelques belles pistes de jeux de garçon.

Le billet de Lily, merci encore.

© Cécile ROUMIGUIERE et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

dimanche 26 septembre 2010

Leçon de vol

Je n'ai pas été la première à tomber sous le charme de ce petit livre jeunesse. En effet, "Leçon de vol" de Sebastian MESCHENMOSER est un petit bijou.

©Sebastian MESCHENMOSER/ Plume de carotte

Nous suivons en images une anecdote: un pingouin rencontre un homme, il vient d'atterrir là en catastrophe. Bien-sûr nous savons que les pingouins ne volent pas mais celui-ci, même au courant, a volé et est persuadé de pouvoir le faire encore. L'homme intrigué va l'aider à retrouver la voie du ciel... encore que.

©Sebastian MESCHENMOSER/ Plume de carotte

Un peu de repos, un peu de soin, un peu de réalimentation, un peu d'entrainement, un peu d'expériences... et nous voici spectateurs de ce duo improbable... où les croquis croquent la vie et mettent énormément de références (des superhéros volants comme Batman ou Superman mais aussi les inventions volantes de Léonard de Vinci ou encore Icare). Les illustrations monochromes avec quelques fois un rajout coloré sur un détail offrent beaucoup d'humour de situation et de geste... comme un mime. En plus à suivre ce pingouin, nous sommes entrainés dans toutes les inventions qui ont permis à l'homme de voler ou de s'imaginer en haut, parmi les oiseaux, en nous parlant de science en passant inaperçu: aérodynamisme, vitesse, gravité, équilibre etc...
Le tout est poétique, presque philosophique, cela donne aussi envie de vous parler de "Jonathan Livingston le goéland" de Richard BACH, entre autres.
Un vrai bonheur à lire et encore plus à regarder...

©Sebastian MESCHENMOSER/ Plume de carotte

D'autres avis encore plus tentateurs chez La soupe de l'espace, Cottage treasure et Gawou.

jeudi 23 septembre 2010

La vie juste à côté

© Anne MULPAS et Marjorie POURCHET/ Sarbacane

Je tournais autour reconnaissant la "pâte" d'une illustratrice que j'apprécie... et puis les mains d'une libraire ont fait le reste. "La vie juste à côté" de Anne MULPAS et illustré par Marjorie POURCHET, petit bijou de nuances, est chez nous.

La petite fille se lève et toute la journée doit regarder devant elle... laisser derrière elle son lit, ses rêves. Aller droit devant parmi les grands, dans les rues, vers l'école. Aller droit devant, suivre un rythme, un programme. Aller droit devant sans spontanéité, sans sourires, même le tableau vert de l'école a "mauvaise mine". Puis un jour, l'enfant a "envie d'aller promener juste à côté".

© Anne MULPAS et Marjorie POURCHET/ Sarbacane

Ce juste à côté poétique, ce juste à côté solitaire, rêveur... un espace illusoire où il fait bon voler, où les rues deviennent des espaces naturels, où le chemin peut être sinueux, aléatoire. Où juste les adultes marchent droit devant eux, tellement rigides, ordonnés, rangés comme des manteaux.
Un juste à côté exotique, vers l'ailleurs, vers d'autres pays, vers d'autres sensations. Un juste à côté véritable... un nouveau venu, venu d'ailleurs, qui lui aussi laisse à la spontanéité une place... juste à côté c'est aussi l'amour.
Ce livre parle de liberté, de l'enfance dans son univers onirique mais aussi du rapport à l'autre comme une richesse. C'est aussi une spontanéité de l'enfance, une proclamation de leurs actes comme des chemins où se perdent ou les laissent aller, aussi importants et nécessaires que les rythmes de vie ou les programmes scolaires. Une enfance, juste à côté des parents, pas seulement regardant.
Droit devant il y a les devoirs, la compétition, les savoirs de l'école, à côté, il y a les rêves, les autres, des détails qui peuvent trouver une superbe teneur dans nos vies.

© Anne MULPAS et Marjorie POURCHET/ Sarbacane

Les illustrations de Marjorie POURCHET apporte une poésie et une sorte de surréalisme... Les végétaux reprennent leurs droits et la petite fille s'évade dans un paysages où les maisons ne sont que des ombres et où l'important reste le nouvel enfant, l'autre, le voyage intérieur et le vagabondage.

mardi 7 septembre 2010

Nadège et sa petite soeur adorée

Il y a de ces petits livres qui vous suivent de l'enfance à l'âge adulte et dont vous vous dites, quel bonheur de l'avoir chiper de mes affaires d'enfant. Et ce n'est qu'en les relisant à vos enfants que vous découvrez vraiment ce côté classique.

© Astrid LINDGREN et Arnold LOBEL/Chantecler

J'ai ainsi découvert Astrid LINDGREN et Arnold LOBEL par la petite porte, petite dans le sens d'un livre peu connu. "Nadège et sa petite sœur adorée" est un petit moment de poésie. Nadège se sent seule, ses parents l'aiment ainsi que son petit frère mais elle n'a plus cet amour parentale uniquement pour elle. Et elle se créé une sœur jumelle, Sylvie-Ly, secrète, qui vit sous un buisson.© Astrid LINDGREN et Arnold LOBEL/Chantecler

Astrid LINDGREN dépeint à merveille les rêves de cette petite fille, angoissée par cette étape de vie qu'est un petit nouveau dans la famille. Cette sœur inventée est plus belle et plus intelligente aussi comme le meilleure de ce que Nadège peut être comme fille auprès de ses parents. C'est comme un constat d'échec.
Sylvie-Ly est aussi exclusive et offre tout son temps à cette sœur du monde réel. Un buisson qui donne sur une échelle, une sorte d'entrée dans le monde d'Alice aux pays des merveilles... Nadège rêve de petites frayeurs et de grandes merveilles: deux chiens fidèles, des chevaux Patte d'Or et Patte d'Argent, un peuple avec qui jouer et bruncher mais aussi des méchants les Cribous dont la méchanceté ne pousse qu'à enfermer les gentils dans la "Grande Grotte aux Murs étroits et froids"... comme la solitude.
Mais même ce rêve, cet échappatoire, a une fin... il faut retourner vers la vraie vie... pas si noire d'ailleurs.
© Astrid LINDGREN et Arnold LOBEL/Chantecler

C'est une petite histoire qui nous plonge dans l'univers d'Astrid LINDGREN avec envie de dévorer le reste de son œuvre et les illustrations d'Arnold LOBEL offrent le reste de merveilleux, des petits animaux, un petit peuple, des fleurs, arbres et ruisseaux chantant... le tout avec toujours un choix de couleurs "surexposées" représentatif de l'artiste, regardez donc "Le magicien des couleurs".

vendredi 9 avril 2010

Au clair de la nuit

©Janine TEISSON et Joanna CONCEJO/ Motus

"Au clair de la nuit" de Janine TEISSON et Joanna CONCEJO est de ces livres que vous achetez en étant sûr d'être comblée mais sans savoir que la lecture serait aussi douce.

©Janine TEISSON et Joanna CONCEJO/ Motus

Je pensais avoir affaire à une série d'anecdotes enfantines autour de l'astre lunaire. Il s'agit, en fait, de poésies en prose sur notre rapport imagé à la lune, à cette part d'interprétation de présence nocturne. La lune est personnifiée, forme ronde ou croissant, ou encore petite fille. La lune apparait comme un être mystérieux, complice des amoureux, des enfants. Elle offre cette part de rêves, cette part d'introspection ou de timidité enfantine.
Le livre est magnifique de petits détails sur l'enfance, sur les métaphores et sur la rêverie. Le papier épais et les illustrations participent à la beauté de l'objet.

©Janine TEISSON et Joanna CONCEJO/ Motus

Les illustrations de Joanna CONCEJO sont magnifiques. Croquis en noir et blanc, comme dans la pénombre, ils mettent en scène des enfants. De minuscules détails ponctuent les scénettes et offrent une poésie supplémentaire.

©Janine TEISSON et Joanna CONCEJO/ Motus

"On dit que la lune est pleine.
Mais pleine de quoi?"