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mercredi 3 août 2011

Pégase et Bellérophon

© Christine PALLUY et Élodie NOUHEN/ Milan jeunesse

"Pégase et Bellérophon" de Christine PALLUY et illustré par Elodie NOUHEN est une autre proposition de la collection "Le fil d'Ariane".

Cet épisode est un peu plus complexe que "Thésée et le Minotaure" (billet en suivant le lien ci-dessus "le fil d'Ariane"). En effet, il fait intervenir plus de personnages secondaires.
Bellérophon est un jeune prince. Il souhaite dompter le cheval ailé mythique qu'est Pégase. Aidé par Athéna, il y parvient. Ils deviennent inséparables même dans les épreuves.
Un des combats mythiques qu'ils mènent est contre la Chimère.
Mais aussi la trame du récit poursuit la vie impétueuse de Bellérophon, de ces premiers défis où il est aimé et se croit invincible jusqu'à sa mort, seul.

L'histoire est noire mais aussi plus complexe pour des enfants car le parcours de Bellérophon est la conséquence de nombreux quiproquos et de sentiments humains complexes comme l'envie, le dédain, l'orgueil... en plus de la colère. Les dieux sont ici aussi plus présents. En fin de volume, toujours quelques explications complètent le propos est offre encore plus de richesses à l'histoire en amenant la mythologie dans le langage courant, aussi.

© Christine PALLUY et Élodie NOUHEN/ Milan jeunesse

Les illustrations d'Elodie NOUGHEN portent toujours le récit. Les couleurs rappellent ces épisodes entre les feuillages et le ciel, lieu de chevauchée de Bellérophon sur Pégase. Sa chimère, monstre massif, et son Pégase, cheval sans yeux et presque évanescent, donnent de l'ampleur à la scène de duel.Ce livre se lit aussi dans sa verticalité.

lundi 11 juillet 2011

Thésée et le minotaure

© Christine PALLUY et Élodie NOUHEN/ Milan jeunesse

Cela fait longtemps que cette collection "Le fil d'Ariane" me tente. Mais à chaque fois, soit les livres ne sont pas présents dans ma petite librairie (et j'aime par dessus tout feuilleter avant d'acheter, même si je suis sûr d'aimer), soit l'exemplaire est abimé. Alors ce prêt à la bibliothèque a fait notre bonheur "temporaire".

Je voulais commencé par lui. "Thésée et le minotaure" adapté de Christine PALLUY et illustré par Élodie NOUHEN. Et cet album est une merveille.

Le texte est assez long sans être pesant permettant une concentration constante de l'enfant. Les termes sont précis et l'histoire très claire... pour de la mythologie aux croisements interminables ce n'était pas évident.
Ici nous démarrons avec Thésée consterné par le sacrifice que les athéniens font au roi de Crète, Minos, en remontrance d'un drame accidentel : 14 jeunes gens sont prêts à être donnés en pâture au Minotaure enfermé dans le labyrinthe. Le jeune prince décide de prendre la place d'un jeune homme et de tuer le Minotaure. Et nous suivons donc l'exploit de Thésée aidée par la fille de Minos, Ariane... et son fil.

© Christine PALLUY et Élodie NOUHEN/ Milan jeunesse

Le parti-pris de l’adaptation est de mettre en avant juste quelques personnages offrant ainsi une fluidité au texte. Les personnages principaux ont aussi à un moment donné du récit une police de caractère les mettant en valeur avec un petit symbole. Cela permet une fois cette légende mythologique lue d'en ouvrir d'autres grâce à un petit feuillet en complément qui reprend une autre petite partie de l'histoire du cycle: qui est le minotaure? Quelle est la rencontre du roi Égée et de son fils ? etc...

© Christine PALLUY et Élodie NOUHEN/ Milan jeunesse

Les illustrations d’Élodie NOUHEN apportent beaucoup aussi. C'est vrai que j'étais conquise même avant de lire le texte. Ses personnages nous offrant leur profil et quelque fois trois poils de barbe amènent une étrangeté. Les tons ocres, virant au bleu ou au rouge, marquent des émotions précises. Le sang et la mort sont superbement symbolisés par la couleur, une ligne déchirant la page, une voile ou une vague... et j'ai aimé retrouver le minotaure en trame presque dans toutes les illustrations, en labyrinthe organique aussi.

jeudi 7 avril 2011

La nuit de Léon

© Yannick JAULIN et Elodie NOUHEN /Didier Jeunesse

"La nuit de Léon" de Yannick JAULIN et illustré par Elodie NOUHEN est un conte, mêlant poésie, pertinence, chaleur humaine et un chouïa de linguistique vendéenne.
Léon est un nomade, sans domicile fixe. Il arrive ici le soir de Noël, il fait froid, il est seul et cherche un abri. Personne n'ouvre sa porte. Mais au bout du village, une femme, belle comme une fée, semble l’attendre et lui indique une maison. Mais attention il ne faut pas avoir peur...

© Yannick JAULIN et Elodie NOUHEN /Didier Jeunesse

Deux personnages perdus se rencontrent et frottent leurs solitudes l'une à l'autre, choisie ou subie. Solitude des chemins, solitudes de la vie, solitude conséquence d'un refus de contact de la part des autres, au chaud dans leurs maisons. Le rapport à l'autre est très présent, celui sans abri comme celui qui dérange et que nous ne comprenons pas.
L'histoire se passe en une nuit, d'un vol de légumes, d'une maison abandonnée sur l'instant, d'un lit et de peu de paroles. Mais la reprise du contact permet un échange au delà des mots et c'est aussi la parole, transmission, évocation, apparait comme un cadeau, trésor de convivialité et d'amour.
Ce conte nous offre comme un baume pour le cœur. Là où l'homme se retrouve perdu, la vie et la terre offre son ventre, son cœur, ses tripes. De la solitude, des vies brisées, peuvent aussi sortir des contes, des histoires, des rencontres. Le don est humain et terrestre. En cela, les quelques mots de patois arrivent à point nommé, mettant une très légère distance sur une atmosphère au demeurant très précisée par le reste du texte. La relecture avec définitions donnent encore un autre cachet à l'histoire.

© Yannick JAULIN et Elodie NOUHEN /Didier Jeunesse

Elodie NOUHEN offrent de magnifiques illustrations où la froideur humaine apparait nettement. Les contrastes de couleurs froides et chaudes mettent en valeur le temps, le cœur et les émotions refoulées. Son travail de collage et de grande précision dans les textures propose une atmosphère en dehors du temps. Les ours polaires n'en sont presque pas, les rats sont géants. Les détails, les flocons et une certaine intimité précise et colorée ramènent aussi comme une impériosité à rester concentré sur l'humain.