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vendredi 12 avril 2013

Peter Pan & Wendy

J'ai pour l'histoire de Peter Pan beaucoup de tendresse. Comme pour beaucoup je l'ai connue par le dessin animé Walt Disney et, comme pour beaucoup, la poésie restant de cette version me donnait envie de le suivre. Mais j'ai été très étonnée de rencontrer le personnage avant Neverland. Étonnée de découvrir qu'il apparaissait un peu, juste de quoi donner encore plus de caractère à ce personnage, dans un autre livre, "Le Petit oiseau blanc" de James Matthew BARRIE. Dans le chapitre "Peter Pan dans le jardin de Kesington" je redécouvrais un mystère. Alors oui, après la traduction de Céline-Albin FAIVRE, minutieuse, rigoureuse, investie et extrêmement soignée, je me méfie des autres traductions. Il me faudra d'ailleurs vous en parler.
J'ai pourtant succombé à cette adaptation jeunesse reprenant, elle, un autre passage des aventures de Peter Pan, celle dans l'île mystérieuse, celle avec les garçons perdus, inspiré d'une pièce de théâtre de J.M.BARRIE.

© Jean-Pierre KERLOC'H et Ilia GREEN/ Didier jeunesse

"Peter Pan et Wendy" adapté de Jean-Pierre KERLOC'H et illustré par Ilia GREEN est un livre CD mettant en scène un texte bien rythmé interprété par Eric PINTUS et "orchestré" par des extraits du jazzman Charles MINGUS.

Wendy commence à grandir et rencontre Peter Pan qui cherche une raconteuse d'histoires, une maman. Il propose à Wendy et à ses frères de le suivre vers son île du Pays de Neverland. Ils rencontrent aussi la fée clochette, jolie, pas polie, un peu cloche.
Nous retrouvons là les sirènes, le Capitaine Crochet, Lys tigré. Mais c'est vrai que le récit est assez court et tous les détails connus (peut-être absents de la version originale) n'apparaissent pas. Ce n'est alors qu'une ouverture à en lire plus.

Alors pourquoi cette édition est-elle intéressante? Malgré ma méconnaissance de la version originale je trouve le parti-pris extrêmement attirant. Un langage très travaillé pour reconstruire le discours d'un enfant, des jeux de sons, une intonation exceptionnelle d'Eric PINTUS. Peter Pan apparait ainsi très espiègle, joueur, imaginatif, peu responsable. L'enfant reste dans un univers de faux dangers et de vrais duels, les travers de la jeunesse apparaissent aussi grâce à Clochette, aux sirènes, entre autres.
Les références apportent aussi une dynamique de lecture/écoute: "un admiroir de style Blanche-Neige" mais aussi un crocodile pas assez rigoureux par rapport à sa santé.
Les musiques de jazz apportent aussi de la vigueur. Le propos est une aventure mais aussi une approche de l'enfance, de l'acte de grandir. Changer mais toujours avoir en tête une part de rêve.

Les illustrations de Ilia GREEN sont toujours superbes, les volutes de mer, de nuages, de rêves, nous emmènent. Les personnages sont très enfantins et, paradoxalement (mais pas tant), les adultes aussi... pirates mais aussi Mme Darling et fille, petite-fille etc...

Mais si vous souhaitez en savoir plus sur le personnage réellement créé par J.MBARRIE, n'hésitez pas à suivre ce site qui lui est dédié investie par Céline-Albin FAIVRE.

Je vous proposerais des images de l'intérieur dès que mon appareil photo ne fera plus des siennes.

samedi 13 mars 2010

Lilo

©Bernard FRIOT et Ilya GREEN/Albin Michel Jeunesse


« Lilo » de Bernard FRIOT et illustré par Ilya GREEN
n’est pas venu tout seul à la maison. C’est ma libraire qui m’a dit de mieux le regarder, au cas où. Et effectivement, sous des aspects de livre pour tous petits il y a de la subtilité.

Ma notion « pour tous petits » est extrêmement subjective bien sûr. Ce sont souvent des lectures « juste » divertissantes (et c’est déjà beaucoup), avec une histoire linéaire, de belles illustrations mais pas forcément différents niveaux de lecture ou des extrapolations possibles.

Nous suivons Lilo dans 7 histoires courtes, 7 petits moments de vie repris avec les émotions et la sensibilité enfantine. Ce qui est le plus touchant reste cette écriture, très proche des mots d’enfants, très « lisible ». D’ailleurs le texte est écrit en gros, comme paragraphé pour une lecture aisée, les mots de Lilo écrits dans une autre couleur que celle de l’ensemble du texte, des gros points pour marquer la fin de l’histoire, un gros titre, une préface attractive avant chaque histoire et un gros sommaire.

©Bernard FRIOT et Ilya GREEN/Albin Michel Jeunesse


Et puis cette sensibilité dans les historiettes. Lilo est un enfant joueur, taquin mais aussi « dans son monde ». Je ne sais pas si la volonté était de proposer un enfant un peu « différent », peut-être aux comportements sociaux à tendance autistique, mais la communication de l’enfant par rapport à son entourage est très bien posée. Bernard FRIOT a d’abord écrit avec les enfants et cela se voit. Beaucoup d’imaginaire et de réalité emmêlés, de nombreux aspects psychologiques retranscrits. Appréhender la descente d’un arbre, facilité par l’imaginaire, apprendre la politesse du bonjour différemment, jouer dans l’imaginaire avec un chien, s’imaginer sans membres pour ne pas s’habiller, faire des collections sensibles, lire et réinventer la lecture et les histoires…
J’aime aussi, souvent, les réponses maternelles.

©Bernard FRIOT et Ilya GREEN/Albin Michel Jeunesse


Les illustrations d’Ilya GREEN m’avaient au début déroutée. Les objets du quotidien de l’enfant ressemblent à de la publicité pour magazine fashion de design bobo. Mais en fait, en le lisant, le rendu est bien différent. Ce sont de détails qui ont une place de choix dans la vie de l’enfant : des jouets, une cabane, un arbre (et surtout ses branches), une grille comme des barreaux de prison. J’aime bien aussi, après coup ce mélange entre dessins d’adulte et dessins d’enfants, cela apporte au mélange de sensibilité compris dans le texte.