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vendredi 15 janvier 2016

Par bonheur, le lait

Cet auteur et un titre aussi parachuté, cela donnait envie.

© Neil GAIMAN et BOULET/ Au Diable Vauvert

La maman est partie quelques jours pour le travail et a laissé ses enfants et son mari. Tout est prêt, chaque repas au congélateur, chaque rendez-vous noté et rappelé au mari etc... Et, à la dernière minute, elle lui dit qu'il n'y a presque plus de lait. Bien-sûr le lendemain arrive et plus de lait, ni pour mettre dans les céréales des enfants, ni pour ajouter au thé du père. Qu'une solution, aller en acheter. Mais il met beaucoup de temps pour revenir, le narrateur (le garçon) et sa sœur se disent qu'il a du s'arrêter pour bavarder. Le père rentre enfin et explique son retard...
 - Bah j'ai été kidnappé par des extraterrestres, je me suis enfui et je suis tombé dans la mer, rattrapé par des pirates...

"Par bonheur, le lait" de Neil GAIMAN et illustré par BOULET est une divagation d'un père pour ses enfants. Au lieu de laisser le quotidien l'empêtrer, il leur offre là une histoire à dormir debout et pioche dans l'imaginaire de ses enfants de quoi l'alimenter.
Ils aiment les pirates, les dinosaures, les poneys colorés et tatoué d'étoiles, les volcans, les machines à remonter le temps et les vampires. Ils en auront. C'est alambiqué, pas plausible pour un sou et tiré par les cheveux. Tant mieux. Bien-sûr le père est allé chercher du lait et il ne l'oublie pas, surtout que cette bouteille a une grande valeur. Elle est la marque du temps, le symbole de la prophétie, le détail qui peut faire tout exploser. Le papa n'a-t-il pas fait des bonds dans le temps et risqué la fin de l'univers? Si! Mais le lait arrive sur la table. Ce ne sera pas du jus d'orange sur les céréales ni dans le thé!
Le père revient d'une course auréolé de sa fantaisie et les enfants se posent des questions. Cette affabulation apporte son lot de bonnes images et de rires sous capes. Les enfants se rappelleront ce matin-là, leur père aussi.

La version française a été illustrée par BOULET et elle joue sur la fraicheur. J'aime particulièrement le peuple des andes, les pirates. Voici d'ailleurs une petite mise en bouche culturelle, la version française,

© Neil GAIMAN et BOULET/ Au Diable Vauvert

la version américaine par Skottie YOUNG


et anglaise par Chris RIDDELL.



Merci aux éditions Diable Vauvert et à l'opération Masse critique de Babélio.
tous les livres sur Babelio.com
 

mardi 24 mars 2015

Lili Goth et la souris fantôme

© Chris RIDDEL/ Milan jeunesse

Pour Halloween (oui, oui, nous en sommes loin) ou pour un petit frisson dans le dos, "Lili Goth et la souris fantôme" de Chris RIDDEL est à dévorer.
Lili vit avec son père Lord Goth dans le Manoir des frissons frissonnants. Sa mère est morte il y a quelques années et elle vit "presque" seule dans cette grande demeure. Tellement ressemblante à sa mère que son père la met de côté et ne la voit que le mercredi pour le thé.


© Chris RIDDEL/ Milan jeunesse
Ce soir, une souris apparait au pied du lit en baldaquin. Un fantôme de souris. Dans quelques jours ont lieu la course de chevaux de bois et la chasse à l'intérieur organisées par son père. Mais cette fois-ci il se passe quelque chose.
Lili va rencontrer d'autres enfants aux réunions du grenier et aussi découvrir des monstres. Sirène, harpie, vampire, faune.

© Chris RIDDEL/ Milan jeunesse

Nous pouvons compter sur Chris RIDDEL pour nous emmener dans des univers fabuleux où se joignent le fantastique et l'humour. Les détails sont rocambolesques comme les portraits tableaux de famille, les costumes, les plans et les lieux mystérieux.
C'est une belle petite histoire pour les jeunes lecteurs, avec un peu de frousse à la clef!

Un autre avis bien plus argumenté, celui de Lily (avec un Y cette fois), merci!

mercredi 18 juin 2014

Hugo Lachance

Je commence par le tome 3 des "Aventuriers du très très loin". Bon, pas de souci.
J'avais beaucoup apprécié écouter Apolline nous parler de ses explorations, là l'auteur et illustrateur Chris RIDDELL s'accompagne de l'auteur Paul STEWART pour nous offrir une série de romans plus longs que les albums/bandes dessinées mais accessibles comme premiers romans.

© Paul STEWART et Chris RIDDEL/ Milan jeunesse

Hugo est un orphelin. Dans le Grand Nord, un couple d'éleveur de rennes et de fabricants de fromage le trouve et récupère aussi le moyen de locomotion, un traineau montgolfière, du bébé et de ses parents, morts sûrement de coups de pattes d'ours polaires. Hugo grandit sans rien savoir et découvre un jour le traineau et sa tragique histoire. Sur le cadran de cet engin volant, une direction "chez moi" l'interpelle, il part retrouver ses origines.
Il arrive alors presque au Sud, au square des Lucioles et rencontre les amis et la famille de ses parents. Il découvre aussi l'Institut tenu par Elliot De Mille. Un journal en sort, par trimestre, et apporte son lot de ragots à même de déloger les commerçants du quartier, pile les nouveaux amis d'Hugo.
Le roman présente les efforts d'Hugo pour défendre ses proches. Et vous pouvez suivre l'histoire d'"Hugo Lachance" avant ou après celles de Fergus Bonheur ou Zoé Zéphyr.

© Paul STEWART et Chris RIDDEL/ Milan jeunesse

Mais l'intérêt de ce livre est beaucoup plus dans sa forme. Chaque chapitre est la présentation d'un personnage dans ce qu'il a d'aventurier, d'original: une vraie histoire en soi. Nous découvrons des pirates, des sirènes, des explorateurs, des planteurs de thés, des chats et des géants des neiges.
Et au fil de ces multiples histoires, ce sont les fils du fantastique qui se déroulent avec des tapis volants, des monstres, des boissons magiques informant du futur ou liées à nos émotions.
Les détails sont délicieux, plein d'humour et le trait de Chris RIDDELL n'y est pas pour rien: les personnages sont stylisés, presque caricaturés et les machines, artisanats, architectures sont tous rocambolesques et inventifs.

© Paul STEWART et Chris RIDDEL/ Milan jeunesse

Encore plus, au fur et à mesure de la lecture des indices nous mettent sur la voie, à nous de les déchiffrer ou de se laisser aller pour revenir après feuilleter les croquis des pages précédentes.
C'est drôle, pétillant, magique et plein de petites pépites!!! Et en plus le livre est luxueux (enfin tout comme avec cette couverture cartonnée à la manière des livres de cuir)!

jeudi 10 novembre 2011

Apolline en mer

© Chris RIDDELL / Milan Jeunesse

"Apolline en mer" de Chris RIDDELL n'est pas le premier de la série des enquêtes d'Apolline et de son ami Monsieur Munroe mais cela n'a que peu d'importance.

C'est un vrai plaisir de suivre ces petites histoires qui allient des bulles de bande dessinée, des zones de texte et aussi de nombreux focus comme un carnet de bord. Nous partons à l'aventure avec une petite fille très originale. Elle est espiègle, malicieuse, truculente dans ses costumes et joue, enquête, lit avec son compagnon Mr Munroe rencontré dans un marais humide par les parents et ramené chez eux.

© Chris RIDDELL / Milan Jeunesse

Ce matin, Mr Munroe met les lunettes vertes et toute la journée voit des choses étranges. Apolline et lui sont en vacances et doivent choisir une destination de séjour. Mr Munroe tente de communiquer avec son amie, sans succès. Elle est bien trop occupée à chercher l'endroit idéal, chaud et sec. Mais Mr Munroe s'est enfui en Norvège, Apolline part à sa recherche...

Le voyage est une suite de personnages, de moyens de transports (par mer, sous-marine, par air ou plus hallucinants) et de métiers. Apolline est friande de petits bonheurs, "collectionneuse itinérante", comme une sorte de petite Amélie Poulain: écouter aux tuyauteries, chausser des chaussures orphelines (en conservant la moitié de la paire ailleurs) mais aussi prendre des photos des créatures et des hommes.


© Chris RIDDELL / Milan Jeunesse

L'histoire fait la part belle aux rencontres, humaines et animales, burlesques et presque folkloriques. Les illustrations en noir et blanc, et vert, apportent une visibilité incroyable et l'histoire se lit autant par le texte que par les "schémas" d'Apolline ou les logements et moyens de transports en coupe.
La convivialité est au centre du récit. Apolline et Mr Munroe aident aussi à sortir des à priori fantastiques, sur les sirènes comme sur le Très Grand Troll.

C'est grâce à Clarabel que j'entre dans cette série jeunesse avec enchantement: allez donc lire ces billets très enthousiasmants.