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vendredi 13 avril 2018

Petites et grandes histoires des animaux disparus

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

Toujours un œil tourné vers les documentaires jeunesse, je ne pouvais que fondre pour la proposition "Petites et grandes histoires des animaux disparus" d'Hélène RAJCAK et illustré par Damien LAVERDUNT. Ce duo m'avait enthousiasmée sur la microfaune. Un livre que l'enseignante du lutin au collège voudrait m'emprunter toute une année scolaire.
Mais quoi de nouveau sous le soleil? Surtout sur un sujet que j'aime retrouver, la zoologie et la paléontologie. Il y a un beau lien entre une bébête marante, une anecdote scientifique ou mythologique et une première sensibilisation au danger de l'extinction des espèces.

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

En suivant une répartition géographique par continents, des portraits d'animaux disparus se présentent avec quelques informations, sa classification, sa taille ramenée à celle de l'homme, son lieu d'habitat et sa date d'extinction, mais aussi quelques éléments morphologiques. La rhytine, le drépanide Mamo aux plumes restant sur les habits d'apparat, le mammouth laineux, le thylacine (hyène, loup, tigre... kangourou?!)...
Mais la page de droite, sous forme de bande dessinée, décrit le rapport à l'homme: le naturaliste qui l'a découvert, l'histoire de sa découverte scientifique et les égarements possibles, les conséquences des besoins humains (nourriture) mais aussi une histoire de l'homme, de ses immigrations ou colonisations.

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

Il n'y a pas que la réalité, même amoureuse, qui s'inscrit dans ces pages. La mythologie grecque avec le Lion de Némée tué par Hercules ou l’œil du cyclope, les légendes moyen-orientales avec l'oiseau Roc de Sindbad le marin mais aussi d'autres plus locales, celle des Mikmaq réducteurs de castors, celles de Madagascar (un lémurien pinceur de fesses), celle des Maoris grâce à une immense "autruche", chinoise avec une princesse noyée par deux fois (plus humaine, ni même dauphin).

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

Et puis ce sont des éléments encore plus complexes qu'une extinction parce que cibles de l'homme. Ce sont des relations entre les espèces, le dodo et l'arbre Tambalacoque par exemple, le volatile aidait à la germination des graines en les prédigérant. C'est aussi une idée de responsabilité par les espèces introduites, une question de timing.

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

Pour finir plus joyeusement, apparemment certains spécimens ne sont pas éteints: Saluons le presque centenaire George, la tortue géante des Galápagos!
J'étais passée à côté pensant avoir affaire à une énième présentation de bestioles sans vraiment de fond, erreur! C'est un documentaire bien construit!


lundi 2 janvier 2017

La grande épopée des chevaliers de la Table Ronde

Je l'attendais depuis longtemps celui-ci. Nous avions bien abordé ce thème mais avec des livres où les personnages n'avaient que quelques pages pour s'illustrer. Ici ils ont le temps de prendre de la couleur et une réputation.

© Sophie LAMOUREUX et illustré par Olivier CHARPENTIER/ Actes sud junior


Ce premier volet de 50 chapitres, "La grande épopée des chevaliers de la table ronde, Arthur et Merlin" de Sophie LAMOUREUX et illustré par Olivier CHARPENTIER, nous présente Arthur avant la Table Ronde. Élevé par ce couple de seigneurs partis dans une province reculée et tranquille. Petit frère de Keu, soumis aux mêmes apprentissages pour devenir chevalier mais trop jeune. S'entrainant seul dans la forêt. Arthur a été élevé avec le respect de l'éducation chevaleresque et les récits des héros, dont ceux du roi Uther Pendragon ou de ce mystérieux Merlin.
La situation politique se fracture, le roi a été tué, il lui faut un successeur au trône de Bretagne, un chevalier qui se démarque par son courage et ses qualités aux jeux. Et non, Merlin demandé à l'aide indique que le roi sera élu par dieu. Il suffit d'attendre un signe divin, ce sera la fameuse épée coincée dans le rocher.

© Sophie LAMOUREUX et illustré par Olivier CHARPENTIER/ Actes sud junior

Arthur découvre alors qu'il sera roi et accepte pour prouver sa valeur de se mettre à l'épreuve et part de part son pays (et en Normandie) vaincre les méchants. Ce seront les combats du chevalier au papegau, car Arthur laisse de côté son nom pour n'être reconnu que par ses actes et est accompagné depuis peu par ce perroquet en cage tenue par un nain muet.
La destinée d'Arthur est en avant, le jeune garçon devient un jeune homme, part de chez lui, découvre sa vraie identité, rencontre dragons rouge et blanc, ogre, géant, Chevalier poisson, Lancelot mais aussi de belles créatures, une inconnue qu'il reconnaitra et Guenièvre bien-sûr.
Le courage, la force, la tactique mais aussi d'énormes doutes ravivent le jeune Arthur. Merlin et Morgane apparaissent dans toute leur complexité.

© Sophie LAMOUREUX et illustré par Olivier CHARPENTIER/ Actes sud junior

Les illustrations d'Olivier CHARPENTIER sont faites de pages très colorées et utilisant le noir comme couleur, les personnages sont presque aussi flous que le fond, délimités par des aplats de couleurs et quelques détails graphiques. Il saisit une atmosphère, propose comme des gravures sur fond mouillé.


Que dire: nous attendons la suite avec impatience! En attendant, nous lisons d'autres versions, "Merlin" de T.A.BARRON mais aussi ce très bon livre à picorer par thèmes "Arthur, roi d'hier et d'aujourd'hui" de Kevin CROSSLEY-HOLLAND et illustré par Peter MALONE (que je recommande vu la profusion de références historiques, légendaires et littéraires qu'il fournit). "Au pays du Roi Arthur" de Nicolas CAUCHY et illustré par Aurélia FRONTY comme de petites mises en bouche sur Arthur, Lancelot ou Perceval ou le dernier magazine Contes et légendes.


dimanche 1 janvier 2017

Atlas comment va le monde?

Vlà-t-y pas que de nouveaux documentaires viennent rejoindre d'autres? Des nécessaires. Oui, encore et toujours.
A chaque âge, j'aime en proposer.
Les premières années ce sont les leçons de choses, des imagiers... la nature principalement, pour cette source inépuisable de curiosité (oiseaux, animaux, arbres, fleurs, insectes), puis le corps humain que je place dès les premiers questionnements sur les pipis-cacas (propreté). Ce sujet est un must plusieurs fois par semaine (des livres sérieux, de l'humour, juste un imagier, un puzzle).
Puis arrivent les questionnements sur le monde, l'évolution, l'univers...
Et maintenant les sujets d'actualité, la philosophie, les sciences, les autres hommes, l'histoire et les atlas.

Voici un documentaire important pour bien démarrer l'année: comprendre les relations des hommes entre nation, au monde... un début d'apprentissage pour mieux se comprendre... peut-être.
***
© Laure FLAVIGNY, Jessie MAGANA, Aurélie BOISSIERE et Séverine ASSOUS/ Actes sud junior


L'"Atlas comment va le monde?" de Laure FLAVIGNY, Jessie MAGANA, et illustré par Aurélie BOISSIERE et Séverine ASSOUS arrive ainsi. Avec son parti-pris d'illustrer le propos plutôt que de partir sur un long discours, les 22 cartes apportent ce qu'il faut de mise en évidence et sont source de questionnements.

© Laure FLAVIGNY, Jessie MAGANA, Aurélie BOISSIERE et Séverine ASSOUS/ Actes sud junior


Certains éléments culturels ont déjà fait l'objet de livres comme l'alimentation, le sport, la prière ou la danse. Ils sont ici vus dans leur différence et leur expansion. Et puis là où on s'aime avec une tolérance de genre(s).

© Laure FLAVIGNY, Jessie MAGANA, Aurélie BOISSIERE et Séverine ASSOUS/ Actes sud junior

Le point le plus important est la comparaison surtout sur les disparités, d'éducation, de droits de l'homme respectés, d'eau potable, de peuplement, de dangers ou de dirigeants mondiaux. L'ONU et les guerres menées. Les situations géographiques qui pourraient éloignées le peuplement des hommes (déserts, forêts, volcans, ouragans, séismes), les mégapoles, les criminalités, tensions, terrorismes. Mais aussi quelques histoires de migration de population. Une belle visualisation de la richesse des pays, la distribution inégale ou l'indice IDH (indice de développement humain que son l'éducation, la santé et le niveau de vie).

© Laure FLAVIGNY, Jessie MAGANA, Aurélie BOISSIERE et Séverine ASSOUS/ Actes sud junior




Le troisième volet parle d'écologie: espèces menacées et parcs naturels, climat, poubelles, pétrole. Puis quelques solutions.

© Laure FLAVIGNY, Jessie MAGANA, Aurélie BOISSIERE et Séverine ASSOUS/ Actes sud junior

A chaque planisphère, un texte reprend les éléments principaux et inclus en dessins les icônes inscrits dans l'illustration. Plus besoin de légende. C'est clair, simple et au fur et à mesure des endroits du monde prennent consistance.
C'est une première base de géopolitique, des termes sont amenés comme la mondialisation et les rapports au monde plus concrets. Vraiment une très très belle proposition pour les jeunes lecteurs.

dimanche 13 novembre 2016

Le Chevalier au Papegau découvre la véritable identité du Chevalier Poisson - La grande épopée des chevaliers de la Table ronde

Attention extrait spoiler ou divulgâcheur... mais juste un chouilla, je vous laisse d'innombrables découvertes!


"Était-ce vraiment un chevalier? Arthur n'avait jamais rien vu d'aussi horrible! Le cheval était aussi gros qu'un éléphant, le cavalier aussi énorme qu'un géant! [....]
Arthur recula devant le Chevalier Poisson. Sa seule chance contre un adversaire si terrible était de le fatiguer et de le pousser à la faute. Rendu fou furieux par la résistance d'Arthur, le voilà qui sr démenait comme un ours pris dans un filet. C'était chose la plus stupéfiante au monde, car en tournoyant dans tous les sens et en frappant à l'aveugle, il avait abattu autour de lui une dizaine d’arbres et plus encore, si grands qu'il aurait bien fallu cent bœufs pour les tirer! [....] Les cris de ce terrible ennemi se changeaient en plaintes déchirantes, puis en gémissements bouleversants. Arthur en était ému. Tout à coup, homme et cheval s'écroulèrent, faisant une dernière fois trembler la terre. [....] Il se dirigea lentement vers les corps inertes. [....]
- Ce cheval n'a pas de tête!
Il voulut voir le visage de l'homme. Il saisit le heaume pour lui enlever.
- Voilà qui est étrange! Il est chaud!
Arthur tenta de l'arracher, mais c'était impossible! Il ne faisait qu'un avec la tête! Arthur examina le mort d'encore plus près. La peau était noire et pleine d'écailles comme celle d'un serpent.Et soudain, Arthur comprit: ce n'était là qu'une seule et même créature! Arthur avait entendu parler des centaures, ces êtres à corps de cheval, à buste d'homme. Peut-être celui-là était-il un centaure de la mer?"
(extrait de "La grande épopée des chevaliers de la Table ronde" de Sophie LAMOUREUX et illustré par Olivier CHARPENTIER, éditions Actes sud junior; j'en parle ici)

mardi 6 septembre 2016

Les mondes invisibles des animaux microscopiques

Encore un sur le monde du vivant dans notre bibliothèque. Un comme je n'avais encore pas eu... un sur les animalcules (oui oui pas une faute d'orthographe, pas animaux). Vous ne savez pas de quoi je parle? Vous êtes pardonnés, ce terme n'est plus utilisé, il s'agissait des créatures microscopiques.

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

"Les mondes invisibles des animaux microscopiques" d'Hélène RAJCAK et illustré par Damien LAVERDUNT est une immersion dans quelques lieux connus de tous et dont nous ne soupçonnons pas la population. En ouvrant le livre il ne faut pas avoir peur d'une petite dose de regain de ménage...
Le livre se découpe en deux parties: la première est une image recomposée de la faune et flore dans dix lieux (en milieu aquatique: en général, dans les fonds marins, dans les rivières; dans la forêt, au cœur des mousses ou sur les bords de plage; puis beaucoup plus proche de nous: dans nos lits, notre cuisine ou sur... notre peau!).

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

La seconde est un lexique avec des planches illustrées de protistes ou acariens, des indications de terme, de classification, d'outils et de processus mis en œuvre pour voir le monde microscopique et d'un petit retour historique sur cette science à proprement parlé.

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

Les doubles pages par monde visité sont fourmillantes de vie et chaque fois un rabat nous donne plus de renseignements encore, sur la taille, végétal ou animal et choix alimentaire.

© Hélène RAJCAK et Damien LAVERDUNT/ Actes sud jeunesse

Par exemple ce millepatte et cet ourson trouvé dans le sable! Bon le premier est un mystacocarida de 0.5mm presque transparent: "Ce petit crustacé à l’œil unique se sert de ce qui ressemble à deux longues antennes poilues pour attraper sa nourriture: détritus, bactéries, nématodes et autres micro-organismes." Le second, oui, juste en dessous est un tardigrade de 0.2mm.

C'est édifiant. Vous avez là un inventaire sommaire et pourtant très important des éléments microscopiques, dans leur habitat naturel et avec descriptif. Un pan très peu vu de la classification du vivant est désormais présenté aux enfants avant les expériences du collège et lycée: les protistes et les arthropodes autres que les insectes (crustacés et acariens).
Un gros coup de cœur!

mercredi 30 septembre 2015

Les oiseaux globe-trotters

Je ne sais pas pourquoi j'imaginais juste découvrir le vol des oiseaux en ouvrant "Les oiseaux globe-trotters" de Fleur DAUGEY et illustré par Sandrine THOMMEN. En fait, ce n'est pas tant cela qui prédomine à la lecture. Le livre sous des airs simplistes est en fait très détaillé.

© Fleur DAUGEY et Sandrine THOMMEN/ Actes sud junior

Les oiseaux source de nombreux questionnements dans l'histoire, l'auteure évoquent certaines suppositions abracadabrantes: ils hiberneraient comme certains animaux, pour certains dans l'eau ou iraient l'hiver sur la lune. Puis elle apporte les premiers pas d'une connaissance ornithologique.
Les oiseaux se dévoilent par leurs noms, leurs "territoires", leurs migrations, leurs modes (de vie, alimentaire mais aussi aventurier ou casanier, diurne ou nocturne, changeant ou non lors de la migration).

© Fleur DAUGEY et Sandrine THOMMEN/ Actes sud junior

Puis ce défi, ce vol à travers les continents. La migration est explicitée par obligation alimentaire de certains oiseaux surtout les insectivores et les mangeurs de reptiles. Leur plumage leur permettrait pourtant de rester.
Les routes sont dessinées, du nord vers le sud mais pas seulement, certains vont en transversal. Et la diversité apparait encore plus
Bien-sûr il est question aussi de la mécanique du vol. Comment peuvent-ils voler si loin? si longtemps? sans manger? reviennent-ils? Nous apprenons les astuces des oiseaux. Ils se préparent: pour certains les plumes tombent pour se renouveler avant le vol, pour d'autres ils adoptent un régime gras pour avoir des réserves et d'autres encore transforment leur anatomie interne (les organes grossissent ou diminuent rapidement de taille).
Ils partent seuls ou groupés. Un beau matin, en suivant la météo et les signes du refroidissement, en suivant leurs gènes, ils vont vers un lieu inconnu encore d'eux ou bien délimité par les anciens qui montrent le chemin. Ils s'orientent grâce au soleil, aux étoiles ou au champ magnétique terrestre. Le vent les aide à traverser le désert (pour le vent du nord) ou les étendus d'eau mais aussi par ses colonnes d'airs chaud (importantes pour les planeurs). Les obstacles géographiques ou humains prennent alors une importance: les montagnes, les installations électriques mais aussi les détroits (moindre effort pour passer d'un continent à l'autre sans air chaud).

© Fleur DAUGEY et Sandrine THOMMEN/ Actes sud junior

La migration prend aussi des aspects bien personnels selon les espèces: un chemin court ou long, à faire le plus vite possible, avec pause ou sans arrêt majeur...

La migration est aussi un retour... pour nidifier tranquillement. Au fil des pages nous comprenons en quoi ces vols saisonniers, année après année, sont des prises de risque. Pourtant, les oiseaux partent et reviennent. Fleur DAUGEY amène aussi le positionnement des experts, des scientifiques, la question du réchauffement climatique et nous présente ce déluge d'oiseaux dans le Suffolk, au sud-est de l'Angleterre.

© Fleur DAUGEY et Sandrine THOMMEN/ Actes sud junior

Une superbe invitation à suivre la migration de tous ses oiseaux... des ouettes des Andes, des barges rousses, des chevaliers solitaires, des gobemouches noirs, des engoulevents, des roselins cramoisi, des tadornes de Belon, des puffins... Une description et des présentations des exploits.
Les oiseaux peints par Sandrine THOMMEN sont des silhouettes réhaussées de touches colorées. Ces oiseaux en vol partant vers le bord droit de la page sont en ligne pure et leur fausse simplicité apporte une légèreté, leur nom souligne leur courbe et c'est avec bonheur que les yeux circulent du texte aux envols.


dimanche 9 août 2015

Archéo animaux, l'incroyable histoire de l'archéologie des animaux

Dans les cours d'histoire nous apprenons comment vivaient les hommes à la préhistoire, au Moyen-Age ou les spécificité du mode de vie des celtes. Ce documentaire vous propose d'être vous même le découvreur. Pas un historien mais un archéologue, un enquêteur des traces laissées par les animaux autour des hommes : un archéozoologue.

 © Lamys HACHEM et Hélène GEORGES/ Actes sud junior

"Archéo animaux, l'incroyable histoire de l'archéologie des animaux" de Lamys HACHEM et illustré par Hélène GEORGES est une succession d'enquêtes scientifiques.
Dix chapitres proposent de découvrir l'évolution du mode de vie des humains grâce à des indices, les os, les bois de cervidés, les fourrures, les coprolithes (déjections animales ou humaines fossilisées), les poteries, les ustensiles et outils sculptés et surtout de leur emplacement (dans les fosses, les sépultures, en trace sur des objets etc...)
A chaque fois, la méthodologie est dévoilée (laboratoire, analyse des dents, analyse chimique des récipients, comparaison des os, carbone 14, analyse ADN) et le contexte peut aussi l'être (archéologie préventive par exemple).

 © Lamys HACHEM et Hélène GEORGES/ Actes sud junior

Ce livre est extrêmement détaillé. Au cours des chapitres, énormément d'exemples sont proposés avec des photos ou des dessins archéologiques. Des pistes sont données sur les thèmes et une page jaune ou deux indique en fin de partie la solution archéologique.
Par l'étude archéologique des animaux, le lecteur va découvrir beaucoup plus que ceux qui servaient de nourriture (chasse, pêche ou domestiqués avec la révolution néolithique).
Le rapport de l'homme aux animaux décrit le niveau de technicité et ses étapes évolutives vers celui qu'il est devenu. Il utilise leurs os, peaux, fourrures pour préparer des outils, des vêtements. Il se nourrit, survit en fonction de sa zone géographique. Puis il se différencie: des notions de confort, de luxe et même d'inégalité entre humains apparaissent.

 © Lamys HACHEM et Hélène GEORGES/ Actes sud junior

Certaines dispositions des os ou la représentation picturale des animaux indiqueraient des offrandes et une idée du beau (grotte de Lascault). En allant plus loin c'est la grande question de la culture qui entre en jeu (les rapports entre sauvage et domestiqué, entre culture et nature mais aussi la civilisation.
Derrière ce contenu scientifique et historique poussé, les lecteurs pourrons sourire et même être un peu dégouté par rapport à l'alimentation de l'homme selon les régions, l'époque ou ses tabous alimentaires: il a ainsi mangé, entre autre, des poissons, escargots, lapins, œufs, oiseaux, chevaux, loups, rats, chiens, sangliers, cerfs, lynx, renards, blaireaux, écureuils, fouines, hérissons et du miel...

 © Lamys HACHEM et Hélène GEORGES/ Actes sud junior

Les chapitres sont illustrés par de très belles pages en couleurs, les paragraphes sont assez courts et vous pouvez choisir de lire en grappillant ici ou là. Le livre se bonifiera à la seconde lecture.
Ce documentaire a reçu le prix "Le goût des sciences 2013". Il est très très bien fait, avec une volonté très nette de mettre les lecteurs dans le rôle des scientifiques. Cela rebutera peut-être les plus jeunes mais donnera aux autres une idée qu'ils peuvent eux aussi être des archéozoologues. A réserver tous de même aux petits intéressés et non comme première approche.


mardi 9 juin 2015

Génération Robots, le rêve devient réalité

Nous n'avons pas attendu WALL-E ou Baymax pour aimer les robots. Bon, bon, ils nous ont forcément influencé, un petit peu, sans compter R2D2 ou David. "Génération Robots, le rêve de vient réalité" de Natacha SCHEIDHAUER et illustré par Séverine ASSOUS offre bien plus qu'une simple présentation de nos robots imaginaires. Un coup de cœur!

© Natacha SCHEIDHAUER et Séverine ASSOUS/ Actes sud junior

Ce documentaire présente cinq chapitres: leur présence ici et maintenant et pas forcément dans le futur, d'où ils viennent, le corps humain ou du moins le vivant comme un modèle, leurs lieux d'utilisation et leurs futures interactions avec l'homme.
Bien-sûr les progrès de l'électronique permettent à certains robots d'être déjà parmi nous mais ils ne sont pas humanoïdes, en tous cas pas ceux qui déambulent près du public. Ils sont créés à partir de nos fantasmes à reproduire un être à partir de rien. Des légendes comme le Golem découlent d'autres créations ingénieuses, dépendantes des progrès techniques: des objets articulés aux automates à la mission religieuse, les jacquemarts des horlogers preuves d'une minutie et d'une technicité grandissante. La révolution informatique et les progrès de la robotique apporteront un "cerveau" aux robots et de plus en plus d'actions possibles, voire une suite d'actions.

© Natacha SCHEIDHAUER et Séverine ASSOUS/ Actes sud junior

Le corps humain a servi de modèle. Le robot se conçoit alors dans sa mobilité, ses sens, sa perception et sa réflexion. Soit à la place des muscles des actionneurs, des capteurs servent à palier aux sens inexistants et le rôle du cerveau est tenu par un microprocesseur. Les roboticiens s'inspirent de la nature pour créer une forme mais aussi pour solutionner des difficultés comme les déplacements du robot (comme une araignée, un homme, un oiseau). C'est aussi une manière de mieux intégrer les robots parmi les hommes.


© Natacha SCHEIDHAUER et Séverine ASSOUS/ Actes sud junior
Les robots sont présents dès aujourd'hui. Au sein des usines avec des bras articulés capables de faire des actions répétés de manière extrêmement rapide. A la maison pour certaines tâches domestiques. Dans le coffre à jouets. A l'école comme relais d'un enfant malade ou en Corée avec un robot enseignant. A l’hôpital ils permettent le diagnostic en présence ou non du médecin, de garder le contact avec le patient, ils interviennent aussi dans les opérations chirurgicales mais aussi comme "objet" rassurant. Ils sont aussi employés dans des conditions impossibles à la vie ou dangereuses pour elle (déminage, aventure spatiale). Le documentaire nous présente aussi les cyborgs et les hommes bioniques du présent avec certains exosquelettes déjà accessibles.
Enfin le livre débat sur les dangers des robots. Il reprend nos peurs et l'importance de notre culture pour appréhender les progrès de la robotique. Nous sommes ainsi "conditionnés par l'héritage religieux et culturels de la société occidentale." Le robot nous fait peur comme une autre "créature", quand les japonais n'y trouvent qu'un moyen. L'incontrôlabilité y est aussi présentée, avec une référence aux 3 lois littéraires de la robotique dictées par Asimov mais aussi sur d'autres bien plus technologiques sans oublier de nous rappeler l'autonomie, limitée par l'homme, de tous les robots.

© Natacha SCHEIDHAUER et Séverine ASSOUS/ Actes sud junior

Ce documentaire permet aussi de fabriquer un robot de toutes pièces à moindres coûts. De quoi créer des vocations.


lundi 8 juin 2015

Dans les coffres à jouets - Génération robots


"Les coffres à jouets se peuplent aussi de petits humanoïdes joueurs, danseurs, et qui imitent les émotions humaines pour le plus grand bonheur de leur public. [...]
Mais ces robots ne sont pas seulement des jouets: pour les roboticiens, ils ont un rôle très sérieux car ils leur permettent de perfectionner les futurs robots de compagnie. Observer ces robots-jouets dans les mains des utilisateurs est en effet l'occasion de réaliser les tests grandeur nature pour évaluer sur le terrain leurs capacités de déplacement, de reconnaissance vocale, etc., mais aussi d'observer les réactions et les attentes des humains.Des informations précieuses pour les concepteurs et les programmeurs!"
(extrait de "Génération Robots, le rêve de vient réalité" de Natacha SCHEIDHAUER et illustré par Séverine ASSOUS; Actes sud junior, dont je parle là)

dimanche 1 mars 2015

Archicube, construis avec l'architecte Bernard Tschumi

Un livre sur l'architecture, chouette, cela donne envie! J'aurais voulu de la pédagogie, du jeu dans un documentaire jeunesse, c'est pile ça! "Archicube, construis avec l'architecte Bernard Tschumi" de Sandrine LE GUEN et illustré par Annabelle BUXTON est un livre proposant une première approche pratique.

© Sandrine LE GUEN et Annabelle BUXTON/ Actes sud junior

Tout commence par une histoire, Barnabé le grand carré est triste jusqu'à sa rencontre avec Noé, le petit carré. Ensemble, ils vont regarder autour d'eux en trouvant les formes géométriques.

© Sandrine LE GUEN et Annabelle BUXTON/ Actes sud junior

Après cette sensibilisation aux formes géométriques, le livre ouvre un documentaire sur le métier d'architecte (et qui est Bernard TSCHUMI), la maison, les grattes-ciels, les parcs.

© Sandrine LE GUEN et Annabelle BUXTON/ Actes sud junior

Puis l'album offre un panel de jeux. La création d'une "folie" à la manière d'un architecte, du pop up, de l'origami, de la création de plan, du tangram. Avec les formes géométriques, le livre offre une vision de l'architecture dans toute sa trois dimension.

© Sandrine LE GUEN et Annabelle BUXTON/ Actes sud junior

C'est un livre court mais qui présente une belle ouverture sur ce monde merveilleux de la construction théorique.


mercredi 14 janvier 2015

C'est mathématique!

De petits livres paraissent intéressants si nous aimons déjà la matière. Par exemple "C'est mathématique!" de Carina LOUART, Florence PINAUD et illustré par Jochen GERNER semble destinés aux amateurs de sciences, et juste à ceux là. Ce serait dommage.

© Carina LOUART, Florence PINAUD et Jochen GERNER/ Actes sud junior


Ce livre propose une vision éclectique et pleine de fantaisie. Au fil des pages, ce sera les origines de(s) mathématique(s), les premières matières à calcul, la géographie évolutive ou les inventions en découlant.
Le dénombrement en s'aidant de notre corps (doigts, phalanges, mains ou corps entier), en notant la quantité par des nœuds, les cailloux et parler de plus grandes quantités avec les premiers chiffres, indiens (les nôtres), les latins ou les égyptiens (fleur, têtard, anse de panier). Les premiers calculs apparaissent avec quelques révolutions que sont le zéro, le négatif, la fraction ou l'égalité, les unités de mesure.

© Carina LOUART, Florence PINAUD et Jochen GERNER/ Actes sud junior

Puis les mathématiques interviennent dans la construction, le commerce, la découverte du monde, la météorologie, la compréhension de la société avec les statistiques, la communication ou internet.
Les mathématiques comme une magie avec les présences dans la nature de l'infini, du nombre pi, des fractales et encore le langage mathématique.

Comme la naissance de la terre, de la vie sur terre, de l'homme ou de l'écriture, celle des mathématiques est une notion importante à comprendre car grâce à elle, c'est l'homme et son évolution que nous comprenons. Elle fait partie, en effet, des grandes leçons présentées aux enfants de 6 à 9 ans par la pédagogie alternative Montessori. Je les entrevois là avec mon fils au fur et à mesure.
Ce livre permet de découvrir une évolution de notre vue du monde, chaque étape est importante, donne accès à une autre et provient d'un peuple différent. Ce qui est aussi magnifique, c'est d'entrevoir en quoi la naissance du zéro est importante, le concept donnant accès à la notation des grandes quantités; que le théorème de Pythagore permet l'urbanisation avec les murs enfin droits; la géolocalisation ou les angles pour découvrir l'espace, de trouver la bonne adresse en voiture ou même permettre à nos avions d'arriver en moins de temps à leur destination (pas un angle droit vers l'autre ville).

© Carina LOUART, Florence PINAUD et Jochen GERNER/ Actes sud junior

Ce livre est imposant en découvertes mais il peut se picorer facilement par chapitre et par notion. A chaque fois, les illustrations de Jochen GERNER donnent beaucoup d'humour et nous décomplexent vite. Puis des petites mises en pratique sont proposées aux lecteurs, permettant un lectorat très large, d'un enfant commençant à découvrir les premiers calculs à un adolescent ou un adulte intéressé. Les plus experts y trouveront quelques pistes de merveilles supplémentaires.


mercredi 5 novembre 2014

Sophie Scholl, "Non à la lâcheté"

Le défi de cette collection de petits romans historiques est de présenter au jeune lectorat des personnages importants d'une cause: ceux qui ont dit non à l'homophobie, à l'appartheid, à la colonisation etc...

Jean-Claude MOURLEVAT s'attaque au symbole de l'Allemagne résistante de la seconde guerre mondiale avec "Sophie Scholl: "Non à la lâcheté"". L'adolescente Sophie est déjà engagée quand nous la retrouvons. Elle fait passer en douce les tracts écrits et imprimés par son frère. Elle est jeune, assez passe-partout, elle se porte volontaire pour acheter les timbres en quantité.
Dans cette dictature allemande, leur action est encore secrète. Mais le mouvement étudiant dont elle fait partie veut aller plus loin, veut faire bouger les consciences. Cette nouvelle étape de distribution active des tracts, en plein jour, au sein de l'université, sera leur dernière activité. Ce mois de février 1943 est le dernier de sa vie.
L'image est violente, connue, ces tracts sur les marches des escaliers, sur la rambarde au deuxième étage, envoyés dans le vide et s'éparpillant à la vue de tous. Sophie et son frère Hans sont arrêtés, condamnés à morts et guillotinés.

Sophie est courageuse, même prise, elle répond avec aplomb à l'inspecteur qui l'interroge. Elle n'aura pas la force de s'insurger contre le juge comme le fera son frère mais elle aura tout de même quelques réparties.
Le roman nous laisse entrevoir qu'elle aura pu avoir une sanction plus douce, sans vendre ses amis, juste dire qu'elle était entrainée par les plus grands, par les hommes. Mais elle refuse, elle souhaite rester "droite", consciente.

"Et voilà qu'il nous lâche cette énormité: Vous feriez mieux de donner des enfants au Führer au lieu de perdre votre temps à étudier! Indignation, tu penses bien." Oui les femmes aussi comme représentantes de l'esprit critique.

La peur est latente mais la conscience politique, de liberté, est encore plus forte. L'accent est mis, dans ce documentaire, entre la partie romancée et la présentation des autres résistants encore aujourd'hui de part le monde, sur la jeunesse des activants. Ils se sacrifient, ont de l'audace.
Encore plus pour ces jeunes allemands, éduqués par les jeunesses hitlériennes, où le sport, la nature, le compagnonnage donnent une image de vitalité et de fierté tout en sclérosant les esprits.
Le livre se termine par la chronologie de la jeune femme et ses photos, pour bien ancrer nos mémoires.

Lily vous propose un magnifique billet, merci à elle pour cette lecture.

vendredi 13 juin 2014

La vie à petits pas

J'aime énormément les vulgarisations scientifiques, historiques... Cela ne veut pas dire que j'aime la simplification mais j'y vois là des portes ouvertes pour plus de curiosité et pour, pourquoi pas, cumuler le nombre d'approches d'un même élément.
 
© Jean-Benoît DURAND et Robin GINDRE/ Actes sud junior

"La vie à petits pas " de Jean-Benoît DURAND et illustré par Robin GINDRE répond à un des premiers mystères présenté à notre attente: d'où vient le monde, la vie et l'homme?

Ce documentaire délimite en fait de nombreux éléments importants.
D'une part les origines de la vie sur Terre et même les origines de l'Univers, des planètes et de la notre. Un défilé historique présente alors les premières bactéries, les premiers poissons, les premiers vertébrés, les premiers insectes et amène jusqu'aux premiers primates, cousins (comme Lucy célèbre 3 millions d'années plus tard!) et ancêtres de l'homme.
Puis c'est la notion de vie qui est mise en avant: la fécondation, l'alimentation, la croissance, la mort, l'extinction des espèces. L'homme et son rôle, les conséquences sur son environnement, écologique ou extinction des espèces ou encore voies du futur, le dangereux clonage.

© Jean-Benoît DURAND et Robin GINDRE/ Actes sud junior

En soi le pari est gagné: c'est clair et complet. Il y a aussi quelques petites pointes de bonne conscience un peu facile mais si les enfants ne peuvent avoir de débats ou d'autres supports en complément, ce documentaire est tout de même à choisir!

© Jean-Benoît DURAND et Robin GINDRE/ Actes sud junior

Ce qui fait d'autant plus l'intérêt d'un tel ouvrage est le discours adapté aux enfants par les illustrations de Robin GINDRE, d'une part, qui apportent énormément d'humour; mais aussi par quelques éléments bien appuyés: l'importance de l'eau, d'une enveloppe dure autour de l’œuf ou d'un embryon bien au chaud dans le ventre maternel.

mercredi 12 mars 2014

T'étais qui, toi? Sitting Bull

C'est avec beaucoup de plaisir que je lis les multiples propositions de cette collection "T'étais qui, toi?" dirigé par Vincent CUVELLIER dont je vous parlais là.

© Claude CARRE et Ronan BADEL/ Actes sud junior

"Sitting Bull" de Claude CARRE et illustré par Ronan BADEL est ainsi une toute petite biographie de ce chef indien siou.
Il est attrapé par des hommes de la police indienne et ne veut pas se rendre. Son peuple, enfin ceux qui ne sont pas passé à l'ennemi, est avec lui, il combattra pour lui, le chef le sait mais quand il meurt sous les balles, c'est le dernier des remparts de la noblesse indienne qui tombe.
Mais Sitting Bull, "le bison qui s'assoit avant de se rouler dans la poussière" n'a pas toujours été un chef. Et c'est cette humanité que Claude CARRE met en avant. De l'enfant lent, au chasseur, au sage chef fédérateur jusqu'au voyant guérisseur et à l'homme épris de victoire acerbé par la violence des blancs.
Enfant, il suit le nomadisme de la communauté mais il doit devenir bon chasseur et guerrier courageux. "Pour les Indiens des Plaines, ce n'est pas le profit des batailles qui importe, ce n'est pas le plaisir de tuer un adversaire qui prime; non, ce qui prime, c'est d'être capable de le défier et de prouver sa valeur!" Et le jeune adolescent va montrer son courage. Il devient même chef des chefs et continue d'explorer les nouveaux territoires et de régler les conflits inter-clans.
Il se retrouve rattrapé par l'histoire des colons blancs venus aux Etats-Unis. Le Nord et le Sud règlent leur conflit et les habitants partent plus volontiers vers l'ouest, vers le territoire des Indiens. Les chercheurs d'or doivent être protégés ainsi que les chargements nécessaires à cette ruée vers l'ouest. Une guerre s'enclenche. Des clans signent des traités de paix et perdent leur âme (et leur terre), d'autres, menés par Sitting Bull, persévèrent. Puis un répit, des traités, des lieux préservés et un certain Custer, boucher, assassin, qui va exacerber les tensions.
 Les batailles sont expliquées, dont la victoire de Little Big Horn par les Indiens qui effraie tant les blancs. Mais aussi les tensions, les manigances, les massacres en règle.
Cette petite biographie montre un des symboles du peuple indien: entre coutumes, guerres, alliances, politique des blancs et aussi burlesque de la situation avec un Buffalo Bill, ancien chasseur de bison, prenant Sitting Bull comme participant d'un show ridicule. Et le tout avec énormément d'humour!

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© Claude CARRE et Ronan BADEL/ Actes sud junior

Nous retrouvons les illustrations rondes de Ronan BADEL que j'aime particulièrement dans l'univers du petit masculin. Et non, le livre n'est pas réservé aux garçons: j'adorais les indiens étant petite et je jouais aux cowboys et aux indiens, sans les cowboys.
La bichromie continue de marquer la collection. Ici le orange domine.On aime!


samedi 1 février 2014

Double jeu

Avec Jean-Philippe BLONDEL je sais que je peux me laisser aller à la lecture, que je ne serais pas déçue et même que ses histoires d'adolescent toucheront au plus sensible chez moi. "Double jeu" m'a moins secouée que "Brise glace" mais c'est toujours avec délice que je suis cet auteur et ses héros.


Quentin est un adolescent en perdition. Il est viré de son lycée, et pour lui offrir une dernière chance, envoyé dans un autre d'un quartier plus prestigieux. Est-ce qu'il n'est qu'un péquenaud, un raté? Quentin ne sait pas s'il va aller au delà de ses préjugés sur les ados de ce quartier. Il ne sait pas non plus s'il va abandonner l'école et presque tout rêve pour aller à l'usine sur la butte devant le lotissement des parents.
Encore faut-il qu'il en ai des rêves? Mais non, il ne sait pas. Les copains de l'ancien lycée ne l'aide pas non plus laissés sur le bord de la route et sur la voie de la délinquance. La seule chose qu'il apprécie est sa petite soeur, celle pour lequel il raconte des histoires, avec laquelle il se confie.
Alors se battre ici avec sa vie ou partir et tout plaquer.
Et puis une professeur de français, vigilante, perspicace, lui enjoint de lire une pièce de théâtre "La Ménagerie de verre" de Tennessee WILLIAMS.
"Je bredouille que je... enfin, je suis désolé pour tout à l'heure, je... Je suis en train de me liquéfier. Elle m'interrompt.
- Ah non, Silber, pas ça.
- Pardon?
- Pas d'excuses, pas de paroles de mollusque, restez digne. Droit. Si vous vous aplatissez, vous allez me décevoir."

Jean-Philippe BLONDEL est un spécialiste pour évoquer l'adolescence mais encore plus cette transition, ce manque de repères, cette étape de doutes. Là aussi, le jeune héros n'est pas idiot mais en marge tout de même, il a besoin d'un déclencheur pour se trouver.
Ce que j'aime chez cet auteur aussi est cet effort sur soi demandé. Une personne va enfin sortir le narrateur du marasme mais tout n'est pas donné, la confiance en soi est un acte de volonté. Alors oui, nous pouvons être lièvre et rapide dans ses choix de vie (et peut-être se perdre en route ou perdre la route) ou torture mais il faut avancer. Le théâtre va l'aider. Mais c'est surtout le jeu, jouer sa propre vie, reconnaître ses sentiments puis en faire une force, une respiration. Respirer, pagayer sur un lac immobile. Jouer, jouer le jeu, jouer un autre.
Et puis ici un professeur comme un référent. Le premier sûrement. L'auteur malmène aussi souvent l'éducation nationale dont il fait parti. Elle mâche, broie quelque fois. Elle laisse en marge des jeunes qui ont besoin, en plus du partage des connaissances, de supplément d'affection ou plus d'attention.

Voici l'avis de Mirontaine et un extrait très parlant.

vendredi 8 novembre 2013

Les inventions

Je trouve qu'il n'y a pas d'âge pour (tenter de) comprendre le monde. Et j'aime à découvrir des documentaires pas bêtes pour un sou et pourtant très inspirés. La collection "A petits pas" des éditions Actes Sud junior est vraiment une mine d'éléments pour expliquer mais aussi, et peut-être surtout, pour provoquer la curiosité. Nous en avons certains à la maison. Mais l'arrivée de la collection " A très petits pas" est encore un plus, elle cible les enfants à partir de 6 ans... juste de quoi les hameçonner dur, dur!
Dans l'optique de proposer avant 9 ans quelques leçons de chose, les 5 grandes leçons Montessori (la naissance de l'Univers et de la Terre, la naissance de la vie, la naissance de l'homme, la naissance de l'écriture, la naissance des nombres, des mathématiques), c'est avec précipitation que je me suis jetée sur quelques titres allant me servir.

© Véronique CORGIBET et Laurent KLING/ Actes sud junior

"Les inventions" de Véronique CORGIBET et illustré par Laurent KLING est un parfait début. Le jeune lecteur y découvrira quelques inventions primordiales pour notre société par double page thématique: le feu, l'écriture, l'électricité, la mesure des longueurs ou du temps, les médicaments par exemple.

© Véronique CORGIBET et Laurent KLING/ Actes sud junior

A chaque fois, une phrase d'accroche puis des chapitres très courts mettent l'accent sur une découverte. Des éléments importants sont soulignés comme le charbon, l'âge de bronze, le papyrus, la pénicilline. Cela donne une idée de la progression des inventions, leur insuffisance (pour certaines) et leur utilité. Le livre montre aussi que l'invention est un fait personnel et sa genèse géographique.

© Véronique CORGIBET et Laurent KLING/ Actes sud junior

Les illustrations de Laurent KLING apportent une dérision et un humour permettant de capter l'attention encore mieux. L'invention est là mais dans sa mise en pratique ou dans les expériences quelques fois malheureuses avant son achèvement. Délectable.

Au final un très beau documentaire, véritable porte ouverte à d'autres découvertes et à une focalisation sur certaines.