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mercredi 15 juillet 2015

Le lettré indien, un "pandit" musicien - Le Grand Livre des Sciences et Inventions Indiennes


"En Inde, le savoir est plus oral qu'écrit. L'enseignement est un art de la parole: le maître récite des textes et les disciples les répètent. Le savoir est confié plus volontiers à la mémoire d'un homme qu'aux rayonnages d'une bibliothèque. [...] Le pandit n'est pas un "peintre", comme le lettré chinois ou arabe, qui aime dessiner, calligraphier lettres et mots. C'est avant tout un "musicien", un chanteur même! Il apprend un texte toujours de la même manière: d'abord, la phrase sans aucune pause (la musique), ensuite en séparant les mots (le sens), ensuite par paire de mots, etc. Le texte se retient comme une mélodie et se travaille comme une gamme."

(extrait de "Le Grand Livre des Sciences et Inventions Indiennes" de Samir SENOUSSI, Jérôme PETIT et illustré par Emmanuel CERISIER, Bayard jeunesse)

jeudi 25 juin 2015

Le Grand Livre des Sciences et Inventions Arabes

Nous continuons à découvrir les avancées scientifiques des hommes, ici avec l'empire musulman. "Le Grand Livre des Sciences et Inventions Arabes" d'Anne BLANCHARD, Ahmed DJEBBAR et illustré par Emmanuel CERISIER remet en perspective les connaissances d'un des empires les plus étendus de l'histoire.

© Anne BLANCHARD, Ahmed DJEBBAR et Emmanuel CERISIER/ Bayard jeunesse

Les conquêtes des musulmans les ont amenés à rencontrer de nombreuses populations. La religion musulmane a une place de choix dans leurs vies et implique des habitudes hygiénistes (les hammams et l'étude du Coran).
Avec les invasions ce sont aussi des apports de richesses cloisonnées dans les villes. Les puissants s'entourent des lettrés et des savants. L'éducation a une place de choix, de 6 à 16 ans les enfants apprennent l'arabe, le calcul et le Coran. Gratuitement après 16 ans, les études en rapport à l'islam continuent mais d'autres écoles proposent elles des études en littérature, droit et sciences.
Les musulmans sont aussi très intéressés par les avancées scientifiques des autres empires et investissent beaucoup en copie et traduction. Les puissants s'appuient sur les sciences pour contrôler leur empire ou mieux suivre le Coran.

© Anne BLANCHARD, Ahmed DJEBBAR et Emmanuel CERISIER/ Bayard jeunesse

Puis les villes incarnant les avancées majeures sont présentées, de manière chronologique, avec les scientifiques importants de l'époque.
Bagdad (en actuel Irak), au 8ième siècle, voit s'ouvrir une Maison de la sagesse (lieu de rassemblement des savoirs et des hommes de sciences). Al-Khwarizmi (dont on doit le mot algorithme par déformation occidentale) met en place le système décimal jusque là utilisé par les indiens (important pour le commerce).
Le Caire (en actuelle Égypte), au 10ième siècle, accueille Al-Hazen, un scientifique connu pour être le premier à utiliser la démarche expérimentale. La volonté de l'empire est de contrôler le nil et demande ainsi des avancées en géométrie, en physique.
Ispahan (dans l'actuel Iran) au 11ème siècle est sur la route de la soie et attire Ibn Sina (Avicenne), scientifique, médecin dont le "Canon de la médecine" était encore au programme en Europe il y a 300 ans. Les Bimaristan, hôpitaux, vous accueillir les malades physiques et mentaux et sont financés par les puissants. Au même moment en Europe, rien de tout cela, juste une mise à l'écart des lépreux et des fous.

© Anne BLANCHARD, Ahmed DJEBBAR et Emmanuel CERISIER/ Bayard jeunesse
(Non, non, non, il n'est pas égorgé, ce patient souffre d'une tumeur, le chirurgien l'opère à peu de chose près comme aujourd'hui.)

Al-Idrisi, géographe botaniste, habite Palerme (en actuelle Sicile), au 12ième siècle et décrit le monde connu (sauf les Amériques) avec énormément de détails aussi sur les habitants et les mets.
Ibn al-Shatir place l'astronomie au centre des sciences de l'empire musulman au 14ème siècle, à Damas (actuelle Syrie).

Avec cette multitude de détails validée un expert, l'empire musulman apparait comme un des premiers à financer les sciences et par bien des côtés est très en avance sur son temps. Vous trouverez aussi une chronologie et une carte.
Encore une fois, cette collection offre des merveilles! Je suis impatiente de découvrir les inventions indiennes.

mardi 16 juin 2015

Rendez-vous nocturnes - Le Grand Livre des Sciences et Inventions Arabes


"En arabe, il y a un mot pour désigner le fait de discuter la nuit: samar. Lorsque la nuit est tombée, c'est l'heure des histoires, de la lecture de récits de voyages. En assemblée, autour du calife, d'un poète, d'un causeur, on écoute les contes des Mille et une nuits, qui mettent en scène les frasques de personnages historiques tels que le calife Harun al-Rashid ou racontent les péripéties de héros légendaires comme Sindbad le marin ou Aladin."

(extrait de "Le Grand Livre des Sciences et Inventions Arabes" d'Anne BLANCHARD, Ahmed DJEBBAR et illustré par Emmanuel CERISIER, Bayard jeunesse; illustration d'Edmund DULAC)

lundi 15 juin 2015

Le Grand Livre des Sciences et Inventions Chinoises

Je ne pourrais jamais nier mon amour pour les documentaires. Pour les documentaires jeunesse aussi, surtout. J'y trouve toujours ce juste milieu entre expertise et didactique. J'aime l'idée qu'après, le monde devient juste un peu plus clair, un peu plus explicité. A nous de peaufiner la recherche au besoin après.
Commencer par la culture chinoise est très indiqué, elle est exotique à souhait et nous ne savons pas toujours ce que nous lui devons.

© Jean-Michel BILLIOUD, Danielle ELISSEEFF et Emmanuel CERISIER/ Bayard jeunesse

"Le Grand Livre des Sciences et Inventions Chinoises" de Jean-Michel BILLIOUD, Danielle ELISSEEFF et illustré par Emmanuel CERISIER permet de mettre en lumière les avancées humaines dans ce qu'elles ont de plus révolutionnaires.
Au début, le livre décrit le pays, dans sa géographie d'escalier aux multiples paysages et aux deux fleuves (jaune et bleu) et ses matières premières, dans sa volonté d'unité et de conquête, dans sa manière de concevoir le temps et de penser le monde (Confucius, Laozi, le bouddhisme).
De là découlent des inventions pour transmettre les savoirs. Ce n'est pas la naissance de l'écriture mais elle se formalise et même, en Chine, devient un art, la calligraphie étant réservée aux lettrés, comme la peinture à l'encre (cf ici pour un billet sur cet art et là pour une approche avec les enfants). Puis la conception du papier, la technicité de la gravure et une première approche de l'imprimerie, trop complexe pour les idéogrammes chinois mais reprise en occident.

© Jean-Michel BILLIOUD, Danielle ELISSEEFF et Emmanuel CERISIER/ Bayard jeunesse

Les chinois sont des observateurs de la nature. Leurs inventions utilisent ainsi beaucoup de propriétés de la faune, de la flore ou de la géologie de leur pays. Avec la terre et l'argile, ils inventent la céramique puis, par essais successifs, la porcelaine transparente par sa finesse, brillante à souhait. Mais ils excellent aussi en moulage de métaux ou en couches de laque (cf ici pour une approche du rouge urushi japonais). Et puis cette soie qui sera une de leur plus précieux trésor, à l'origine d'échanges (la route de la soie).

© Jean-Michel BILLIOUD, Danielle ELISSEEFF et Emmanuel CERISIER/ Bayard jeunesse

Les chinois marquent aussi de leur génie les constructions. Leur architecture, très codifiée et esthétique, doit perdurer aux inondations et séismes nombreux. Une première approche de séismographe est inventé: un des dragons lance une perle dans la gueule d'une grenouille pour montrer la direction de l'épicentre. L'irrigation, la création d'un monumental canal ou une première approche de boussole apportent des changements au quotidien, quand la Grande Muraille de Chine elle impose sa magnificence pour préserver la Chine ou du moins impressionner. Les combattants chinois sont encore plus menaçants de par leur arbalète meurtrière et leur poudre à canon.
La médecine chinoise est un peu présentée dans sa vision de prévention plus que de guérison par la phytothérapie ou l’acupuncture. L'homme étant un tout avec la nature, à la fois yin et yang.
Le livre finit par l'éducation des enfants devenue nécessaire pour fournir les éléments de l'administration. Elle est inculquée par un maitre aux garçons, incluant aussi la spiritualité. Et les jeux chinois!

© Jean-Michel BILLIOUD, Danielle ELISSEEFF et Emmanuel CERISIER/ Bayard jeunesse

Le documentaire présente des cartes géographiques du pays, de la route de la soie mais aussi une chronologie ou des croquis de fabrication. Le tout est passionnant, clair et assez complet.
Les dessins réalistes apportent leur authenticité même si une petite erreur s'est insinuée parmi les pages: pour l'avoir manipulé, le suan pan (boulier chinois) se manipule dans l'autre sens ;)