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vendredi 6 mai 2016

"Ne pas mordre, jamais. Même si la situation le justifiait." - Nos années sauvages


"Il y avait quelque chose de décalé chez moi, quelque chose qui ne sonnait pas juste, peut-être dans mes gestes, mes expressions, les mouvements de mes yeux, et certainement dans ce que je disais. Des années plus tard, mon père fit allusion en passant au phénomène de la vallée dérangeante: l'aversion que nous inspirent les choses qui sont presque, mais pas tout à fait, comme les humains. La vallée dérangeante est un concept difficile à définir et plus difficile encore à mesurer. Cependant, s'il est avéré, il expliquerait pourquoi le visage des chimpanzés est si perturbant pour certains d'entre nous. Aux yeux des enfants de ma classe, j'étais l’objet dérangeant. Ces gamins de cinq ou six ans ne se laissaient pas abuser par la contrefaçon.
Leur choix de mots était critiquable et je ne me privai pas de le leur faire remarquer: étaient-ils assez bêtes pour ne pas faire la différence entre les singes et les primates? Ignoraient-ils que les êtres humains étaient également des primates? Mais sous-entendre qu'être traitée de primate ne me posait aucun problème ne fit que renforcer la conviction de mes camarades. Leur instinct ne les avaient pas trompés. Et ils refusaient de croire qu'ils étaient eux aussi des primates. Leurs parents les avaient rassurés sur ce point. On me dit qu'un cours entier de catéchisme avait été employé à réfuter mes arguments."

(extrait de "Nos années sauvages" de Karen Joy FOWLER, Presse de la cité; illustration de Beatrice ALEMAGNA extraite de "Jo singe garçon" dont je parle là
)

dimanche 10 mai 2015

Le merveilleux dodu-velu-petit

Avec Beatrice ALEMAGNA, nous sommes sûr d’avoir affaire à une histoire un peu loufoque et poétique.

© Beatrice ALEMAGNA/ Albin Michel jeunesse

"Le merveilleux dodu-velu-petit" est une quête. Édith a 5 ans 1/2 et ne sait rien faire. Chaque autre membre de la famille a un don mais pas elle. Une phrase entendue subrepticement ce matin va pourtant l'entrainer dans un périple où elle va découvrir toutes ses compétences.
Il lui faut trouver un cadeau pour sa maman, un truc "dodu-velu-petit".
La voilà partie à travers la ville pour retrouver les adultes qui font son univers, le boucher, la fleuriste, l'antiquaire. Mais personne n'a de dodu-velu-petit. Mais chacun y va de son conseil, de son don ou de sa mauvaise humeur.

© Beatrice ALEMAGNA/ Albin Michel jeunesse

 La petite fille, bien dégourdie, le découvrira pourtant ce fabuleux dodu-velu-petit, tout rose fluo comme sa doudoune, toute hirsute comme elle est échevelée.
C'est parfait, il sait tout faire cet animal qui ressemble presque plus à une grosse tâche avec un museau pointu.

© Beatrice ALEMAGNA/ Albin Michel jeunesse

Cet album est très dynamique et nous entraine dans l’enthousiasme de cette gamine. Réjouissant pour se confronter aux adultes, pour se faire confiance. Comme toujours avec cette auteure, les enfants sont spontanés mais pas dénués d'un aspect insaisissable, comme pouvait l'être "Joe singe garçon" par exemple.


vendredi 20 janvier 2012

Momo, petit prince des Bleuets

"Momo, petit prince des Bleuets" de Yaël HASSAN est un petit roman à lire à partir de 10 ans.

Momo est un fils de famille nombreuse dans une cité, Les Bleuets. La maison est tenue par la maman qui travaille et l'ainée, le grand frère fait sa loi en l'absence de "la mère" pendant que le papa, invalide professionnel, joue avec ses amis dans le salon toute la journée sans prendre part à quoi que ce soit. Une famille comme il en est décrit souvent dans les clichés.
Mais Momo n'ose pas dire,qu'à la différence des autres, il aime l'école et la prévision des grandes vacances avant le CP l'étouffe déjà.
Il part sur son île, le seul banc de la cité, là-haut sur la butte. Mais la Directrice de l'école se déplace jusqu'à la maison. Ce n'est pas pour se plaindre mais pour inciter la famille à encourager Momo à faire des études, même secondaires. Elle offre aussi à Momo une liste de livres à lire.
Cette liste va lui ouvrir les portes d'un autre monde.

Le monde des livres bien-sûr où malgré les difficultés familiales, Momo va pouvoir emprunter et lire et même posséder certains exemplaires, 1, 2, ... Avec eux ce sont aussi d'autres réflexions, des possibles rêvés qui prennent une part de réalité, même une ligne de destin.
Momo rencontre Monsieur Edouard, instituteur à la retraite, et Souad, chargée du bus de la bibliothèque. Avec eux les rapports sont différents, aux références littéraires. Les amitiés se créent.

Ce court roman présente une très belle amitié, un partage générationnel mais surtout littéraire, prouvant aussi, s'il était encore douteux, que presque tous les livres sont aussi à lire enfant. Que parmi les pages, ce sont des histoires de vie, des histoires qui peuvent permettre de se construire... que cela soit "Le petit prince" de SAINT-EXUPERY ou "La vie devant soi" de Romain GARY.
L'univers de la cité, malgré la description brute du début, devient poétique (voire même un peu trop jolie). Mais il ne faut pas arrêter la lecture. Ces bleuets, fleurs couvrant les champs grâce à Allah, ces noms de blocs d'immeuble, cette reprise en mains des habitants... ne sont là en fait que comme une part belle d'une vie chargée en émotions, comme le petit prince, la poésie ne retire pas les drames et les souffrances.
La vieillesse a une part belle de ce livre. Dans les escapades de Monsieur Edouard mais aussi dans la maladie d’Alzheimer. Momo et Monsieur Edouard s'aident mutuellement.

L'avis de Tinusia qui donne envie. Merci Lily pour ce prêt de la bibliothèque de M. Et quelle belle couverture de Beatrice ALEMAGNA.

lundi 21 février 2011

Après Noël

© Beatrice ALEMAGNA/ Autrement jeunesse

"Après Noël" de Beatrice ALEMAGNA est arrivé après les fêtes de fin d'année. Sa grande valeur est de mettre en avant et en images un certain malaise: les sapins de Noël jetés sur les trottoirs après leur office, même dès le 26 décembre.

© Beatrice ALEMAGNA/ Autrement jeunesse

Nous ne retrouvons pas d'histoire en tant que tel mais juste des impressions, des petits détails humains d'après fêtes dans des illustrations très urbaines. Ce sont des gestes, des sorties, des activités qui peuvent être anodins mais qui laissent dans la voix de la narratrice une tension.
L'humeur n'est plus aux festivités mais au quotidien qui poursuit son cours. Une suite de jours où la vie reprend, où les hommes et femmes partagent, s'offrent, accueillent... mais rien de cet enthousiasme électrique de la fin d'année festive.

© Beatrice ALEMAGNA/ Autrement jeunesse

Il y a une nostalgie, une perte de magie aussi dans ces collages d'immeubles, peu servis en nature, quartier proche, connu, mais sans émerveillement malgré les nouveautés. Le déroulement des jours est nostalgique... même les cadeaux de Noël ne permettent pas autant de joie, seul le rêve à travers les livres semble une perspective... dont un autre livre de l'artiste "Le secret d'Ugolin".

Encore un album sur la faille, comme toutes ses proposition
.

mercredi 5 mai 2010

Les corbeaux de Pearblossom

© Aldous HUXLEY et Beatrice ALEMAGNA/ Folio Benjamin

« Les corbeaux de Pearblossom » de Aldous HUXLEY et illustré par Beatrice ALEMAGNA est une lecture classique pour enfants. Classique, au sens que ce texte, seul écrit pour la jeunesse de cet auteur, mérite le détour même s'il est plus ardu dans ses phrases et dans la peinture de moeurs.

Mr et Mme Corbeau vivent sur les branches d'un arbre. Voisin caché vit un serpent qui profite des sorties quotidiennes de Mme Corbeau à l'épicerie pour manger l'oeuf pondu du jour. Mme Corbeau s'en rend compte par hasard.
« Monstre ! s’exclama-t-elle. Que faites-vous là ?
- Je prends mon petit-déjeuner, rétorqua le serpent la bouche plein, avant de regagner son trou. »

© Aldous HUXLEY et Beatrice ALEMAGNA/ Folio Benjamin

Effrayée, elle en parle à son mari dès son retour du travail. Mr Corbeau va demander conseil à Vieux hibou, un voisin plus sage (quoique). Ensemble ils vont jouer un mauvais tour à cet odieux serpent.

Ce texte a été écrit pour une enfant de la famille de l'auteur. Et c'est assez marquant de voir un quotidien, de classe, présenté de la sorte: jours travaillés, répartition des tâches, décision prises par les hommes. Il semblerait aussi que le lieu géographique soit le lieu de vie réelle de cette petite fille. Il y a toute une satyre dans ce petit conte. Il fait grincer des dents sur cette mise à l'écart de Mme Corbeau (qui parle trop et à qui on demande de fermer le bec), juste bonne à pondre et tenir le nid, et ce Corbeau, Mr, qui lui décide et s'accorde un temps privilégié, entre "hommes", avec son ami.

© Aldous HUXLEY et Beatrice ALEMAGNA/ Folio Benjamin

Ce n'est pas un texte simple, presque pas pour enfant, il est long et "plein". Mais même avec cette difficulté et même si l'égalité homme/femme (enfin Mr et Mme Corbeau) n'est pas une évidence, l'histoire offre une ingéniosité de la solution trouvée. Et nous rirons des effets comiques (peut-être de grands) et des petits détails : le serpent « se lécha les babines (sa maman ne l’avait pas très bien élevé)», les "hommes" dinent et papotent autour du journal sans faire attention à Mme Corbeau, ils peaufinent leur vengeance et se rient des affects de la belle aux plumes noires, le hibou se rase . La morale de l'histoire, pour le serpent, est aussi assez cynique mais permet de bien se venger des "tracas" de la vie.
Les illustrations de ALEMAGNA, toujours en "puzzle" et en patchwork de texture, proposent une vision moins serrée de l'action. Elles sont toujours une raison d'aimer encore plus le texte accompagné.

17/24

Ici l'avis d'Eolune
un autre avis plus complet sur la forme et le contexte

samedi 24 avril 2010

Jo singe-garçon

© Béatrice ALEMAGNA/ Autrement jeunesse

Sur lequel de mes blogs prescripteurs de livre jeunesse j'ai vu que "Jo singe-garçon" de Béatrice ALEMAGNA était LE livre de l'année 2010 (sans même attendre les autres sorties ;) ...) ? Je l'ai donc commandé. Je ne dirais jamais assez, sur ce blog comme sur les autres, que mon partage ne se veut que portes ouvertes... je m'enrichis des autres ressentis, des autres blogs,
...des autres lectures, des autres cuisines, des autres apprentissages
... grâce à cet émulation, je reste en vie, je reste en mouvement (un peu consumériste aussi c'est vrai) mais si plein d'envies et de folie relative.

Et donc ce livre: un bijou, je confirme. J'avais tant aimé "Gisèle de verre". Il s'agit de Jo qui se prend pour un singe. Par quiproquo, par désinvolture ou mauvais fantasme maternel (elle voulait un beau bébé, il est arrivé avec un physique un peu ingrat), Jo s'est imaginé être autre qu'un petit garçon.

" Elle l'appelait "mon gorillon, mon babouin, mon sapajou", en se penchant chaque soir pour l'embrasser. Voilà pourquoi cette idée s'était glissée dans sa tête comme une feuille dans une enveloppe ouverte et avait, par la suite, formé sa pensée et ses gestes."© Béatrice ALEMAGNA/ Autrement jeunesse

Jo se comporte comme un enfant sauvage, sans éducation et sans famille, avec ce qu'il connait des singes: il se balance, se gratte les fesses, mange avec les deux mains, hurle, épouille sa mère. Il est scolarisé et accepté comme "différent". Les parents désœuvrés font tout de même appel à un psychologue. En suivant son conseil, ils le laissent vivre sa différence et ne lui passent pas les caprices. Jo va mieux, arrive à rentrer dans le moule jusqu'au jour où il n'en peut plus et va retrouver sa famille singe. Là d'autres mœurs, d'autres fonctionnements.

Il est question de cette enfance qui ne rentre pas dans la norme. Jo ne correspondait pas au physique d'un nourrisson, Jo n'avait pas le comportement adéquat, ne voulait pas se conformer aux amitiés sans affinité. Il a cherché sa place, a pris son temps pour faire avec le regard des autres, des adultes, des enfants plus "conventionnels". Il a pratiqué la vie plus sauvage et, de lui-même, réadapte sa façon d'être.
Ce livre parle d'amour filial, du regard d'autrui et de la différence. Superbe!

© Béatrice ALEMAGNA/ Autrement jeunesse

Les illustrations de Béatrice ALEMAGNA sont toujours aussi déroutantes, du collage, des croquis, des aplats de matière. Il est presque question d'impressionnisme. Les traits du héros sont superbes, assez sauvages... je le mets en relation avec les illustrations de Dave McKEAN, déstructurés et au style très brut.

Gaëlle a aimé aussi pour cette justesse du propos

14/24

mercredi 17 février 2010

Comptines du Jardin d'Eden


J’ai une fascination pour les comptines chantées, les berceuses, les nursery rhymes. Un petit manque dans ma vie m’a poussé à chercher plus avant des références….
Alors quel plaisir de trouver ces comptines chez Didier Jeunesse, dans toute leur pluralité, leur intégrité et non dénuées de maturité.
Nous avons commencé la collection (il va bien s’agir de cela !) par les "Comptines du Jardin d’Eden" de Nathalie SOUSSANA, Paul MINDI et illustré par Béatrice ALEMAGNA.


En effet, cette compilation de comptines juives de tous les pays propose une transmission de toutes les communautés (ashkénaze, sépharade, yéménite…) et une ouverture d’esprit : les grandes langues juives sont là, le yiddish, le judéo-espagnol, l’hébreu et l’arabe. Il propose aussi une vraie présentation des comptines collectées. Ainsi nous découvrons que sous ces langages souvent simples de réelles métaphores de la vie sont présentes.
A travers différents rythmes, de vrais moments de joie sont présentés avec un certain cynisme (pas que pour les enfants). L'écoute est aussi une lecture.

« Dona, Dona » est celle que je connaissais déjà : métaphore du parcours juif pendant la seconde guerre mondiale.


« Yome, Yome » sur une fille qui grandit et ne se contente plus de vouloir chaussure ou manteau mais souhaite un …fiancé.


« Sara la preta », chanson satirique de Turquie, avec un clin d'oeil à Rose
« La méchante Sara
A perdu son téton
Elle cherche, elle cherche
Et ne le trouve pas
La voisine lui dit
De balayer la cuisine
Car tu as mangé du pain et du kachkaval*
(…) »
*genre de feta (fromage pressé de vache ou de brebis)

Et puis un coup de cœur pour « A la una » qui célèbre le cycle de la vie pour une petite fille :


Lisez donc les premières paroles, mesdemoiselles et mesdames…

« A la une je suis née
A la deux j’ai grandit
A la trois j’ai pris un amant
A la quatre je me suis mariée (…) »

Maijo avait été très touchée et la première a nous emmener dans cette édition fabuleuse Didier Jeunesse, j’ai nommé BelleSahi aussi .

jeudi 8 octobre 2009

Un lion à Paris

Un livre de l’excellentissime Béatrice ALEMAGNA, à laquelle nous devons « Gisèle de verre » dont je parlais et qui a illustré aussi les « Comptines du jardin d’Eden » dont je parle ici, « Un lion à Paris ».



Histoire courte, au format énorme, les illustrations étant à chaque fois comme un petit tableau. Les illustrations, découpages de visages photographiés, de stylisations poussées, me sont toujours aussi agréables.


Un lion part de sa savane où il s’ennuie pour trouver un travail, l’amour… à Paris. Il déambule dans la capitale, découvre des monuments de Paris avec une sensibilité autre. Il espère ne pas faire peur, se cache pour ne pas provoquer les colères face à l’étranger, l’animal sauvage qu’il est. Mais personne ne le voit, personne ne le remarque, la promiscuité et aussi l’indifférence lui font peur… il cherche quelqu’un qui saurait le regarder… et une bien belle demoiselle ne le quittera pas des yeux. Elle est connue de nous tous mais peut-être pas à sa valeur, elle « regarde quelque chose en vous, mais qui est derrière vous, dans votre passé. Elle regarde l'enfant que vous avez été, comme une mère regarde son enfant. » nous dit Bruno MATHON, critique d’art.


Ce livre à regarder, lire et rêver aussi comme un plan de Paris, propose une histoire belle, courte mais sensible et aussi un merveilleux derrière un monument. J’aime cette façon de donner vie… même à un lion de Belfort. J’ai hâte de faire le chemin du lion, de prendre le plan de la ville et d’aller lui dire « Bonjour, tu as trouvé ta place » et quelle place… Denfert-Rochereau. Sylvie nous parlait de cette envie de redécouvrir Paris et de l'aimer grâce à ce livre ici.

En attendant, nous avons la tête dans ces arbres-là, à regarder de plus près les branchages et les confections artisanales des oiseaux… les nids sont vides mais visibles… ne pas oublier de regarder encore, encore, de s’émerveiller encore.

mardi 29 septembre 2009

Gisèle de verre


J'en avais parlé il y a quelques temps et je ne peux que confirmer mes envies de garnir la bibliothèque familiale de livres jeunesse, pas décalés, mais différents. Différents par les thèmes ou plus exploitables: « Gisèle de verre » de Béatrice ALEMAGNA reste ainsi un livre magique.


Très beau livre-objet, illustré de découpages, coloriages, dessins ou calques, permettant à chaque fois une illustration simple et une plus métaphorique. Nous y découvrons une enfant née de verre, attrait de toute la population car nous pouvons lire en elle littéralement.


Toutes ses pensées sont offertes à son entourage. Seulement après l’attrait, elle est expulsée parce que ces idées et réflexions ne sont plus aussi douces qu’avant et va partir par le monde chercher accueil.
Cette histoire se relit avec plaisir et soulève de bien nombreuses questions. Le refus d’être confronté aux désarrois des humains, même nos proches. « Celui qui écoute la vérité n’est pas inférieur à celui qui la dit » de Kahlil GIBRAN en est le fil conducteur. Plus insinueux, le refus de considérer les enfants comme des personnes confrontées elles-aussi à des prises de conscience fulgurantes mais aussi en dehors de cette étape du développement normal, refus de croire qu’un enfant ne vit pas dans une bulle ouatée, pleine de rêves, d’insouciance. J’y vois aussi cette malsaine attirance des foules pour les êtres hors norme, une foire à monstres. De normes physiques nous en sommes aux normes de non-handicap ou psychologiques (sans compter les raciales toujours à la dent dure !). L’autre fait peur et le regarder en face, le respecter n’est pas encore évident !