et à voix haute s'il vous plait ! ... pour adultes, pour enfants... pour réfléchir, pour se divertir, pour s'éveiller, pour les apprentissages de vie...
mercredi 5 septembre 2012
Le cartable rêveur
lundi 20 septembre 2010
Monstre ne me mange pas
© Carl NORAC et Carll CNEUT/ Lutin pochemercredi 12 mai 2010
Inuk est amoureux
Et puis j'aime beaucoup ces univers de glace, alors pensant y retrouver comme un conte, je l'ai ramené. Inuk est amoureux de Lucy. Elle a le don de lui parler d'une manière qui le remplit de bonheur, de chaleur. Mais Lucy est née avec un bec de lièvre et la société se rit d'elle. Inuk change de vie et pour rendre la confiance à sa belle, lui prouver sa beauté, va jusqu'à la montrer à la face du monde avec ses sculptures. Quelle belle idée du bonheur comme une vie en adéquation avec ses sentiments.
Et puis ces sculptures, une approche de tout l'art inuit par un biais, ce biais d'une femme mais aussi des personnages sacrés: Sedna déesse sirène, homme oiseau... Je ne peux aussi qu'approuver à cette vision de la beauté autrement, avec d'autres critères, pas l'esthétique pure mais bien ce que cette personne a avec tous ses qualificatifs (avec de telles lèvres, ses mots semblent plus doux). Mais c'est un peu faux aussi, l'esthétique est là : les formes sculptées de la femme prouvent bien qu'à chaque morphologie, unité corporelle, il suffit de changer son regard pour y découvrir une beauté que l'on redemande.
J'aime aussi ces paysages, eux, plus coupés au couteau, une horizon neigeux presque brumeux et des habitations nettes, brutes.
*source Johnny INUKPUK18/24
jeudi 11 février 2010
Le Père Noël m'a écrit
NORAC propose une entrée dans les aventures du Père Noël. Très peu de cadeaux aux enfants, sous le sapin et pourtant le livre est un vrai cadeau. Les lettres adressées au Père Noël se sont envolées sans avoir pu être lues, sauf une, prise dans les bois d’un renne, celle d’Else. Le Père Noël la lit et répond, il est touché, cette enfant ne souhaite pas de cadeau mais bien des confidences, des aventures, des secrets… ceux du Père Noël. Alors oui, avec plaisir, il ouvre le voile de ce qui se passe ici, chez lui. Il décrit sa difficulté à entrainer ses rennes pour le vol, son besoin de les rendre forts et de les surveiller. Il raconte la fois où par mégarde ils ont réussi à échapper à sa vigilance pour voler jusqu’aux étoiles. Son obligation de chercher de l’aide sur terre.
C’est une histoire de Père Noël et non une histoire de Noël, une histoire d’homme de profession humaniste qui a été comblé en retour.
Swing café

Carl NORAC nous propose une découverte du jazz. Oui des extraits de grands standards du jazz se faufilent ça et là et nous mettent en joie, oui la voix de Jeanne BALIBAR offre un défilement doux, rythmé, elle est à la fois nonchalante, chaloupée et très séduisante.
Mais… et surtout, ce sont les mots de NORAC qui me portent. Une cigale chanteuse, zazou, veut partir en Amérique mêler sa voix aux musiques jazzies. Nous la suivons dans ses pensées et ses rencontres. Une aventure d’insectes dans le monde des hommes jusqu’à un café, le Swing café, milieu des musiciens.
Je suis sous le charme, de cette histoire pouvant s’adresser aux plus jeunes par une lecture souple mais aussi pour tous ces détails, ces approches, ces accroches. Des indices d’entomologiste, une finesse des situations et de caractères typés et des moments de vie à la musicalité enfin perceptible.
Les métaphores scintillent, les jeux de mots apportent une touche de poésie supplémentaire : « A la batterie, la seule abeille qui a horreur des fleurs. Quand elle frappe, l’air est fouetté. Après, c’est du miel. » Le parfum d’une cigale, le vol d’un insecte, la danse entre les gouttes d’eau ou encore ce Chinatown sous la pluie et ces nouilles comme des serpents mous. J’en redemande, je mets en boucle, je dévore, note et continue à m’émerveiller à chaque lecture/écoute. Oh oui ces extraits mis à propos au rythme fou, ce phrasé anglophone parfois qui interpellent. Une leçon de swing, une leçon de chose aussi. « « Piano édenté, pour jouer une note sur deux. » C’est bien assez. Un piano pour moi toute seule. Je ne sais pas jouer. »
Et puis il y a ces illustrations. Rébecca DAUTREMER sublime le texte. Là les insectes ressemblent à des humains et ce sont les humains, qui eux ressemblent à des fantômes de papier. Le monde est onirique même si la chaleur, la tristesse, la misère ou l’ambiance chaude d’une musique de jazz se dégagent. Une ombrelle de doryphore, un chapeau fleuri que j’aimerais porter etc…. Les teintes sont sombres, presque feutrées, de celles que l’on rencontre dans un café mal éclairé, des couleurs chaudes, presque couleurs café et des collages de photos d'époque… j’aime beaucoup, comme un rappel aussi aux couleurs de peau chocolats des premiers jazz(wo)mans.
Nous en ressortons avec des rythmes, des intonations et des sonorités, phonologies plein la tête. L'interview de Carl NORAC et de Rébecca DAUTREMER vous donnera peut-être encore plus envie. Vous n'aviez pas encore la volonté de vous jeter dessus... allez, allez l'atterrissage est bien doux!
