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vendredi 14 mars 2014

Kitty CROWTHER nous parle de ses livres

... je me suis retenue pour ne pas parler d'elle pendant un temps, juste pour une question de visibilité sur le blog: cette auteure/illustratrice prend de la place dans la liste.

© Kitty CROWTHER/ Pastel

Mais il me faut tout de même succomber à mes envies. J'aime sa sensibilité, sa pertinence, son acuité des rapports humains, ses bonheurs petits et éphémères mais présents. J'aime ses femmes, libres, entières et vivantes.
Voici l'émission de France Info de juin 2013...


Et plus tard je vous parlerais de ce magnifique album, "L'enfant racine", sur la féminité, la maternité, la vie comblée mais aussi l'isolation et l'affection.
"Racine adore jouer avec Leslie. A son avis, c'est la meilleure chose au monde. L'hiver est reparti avec son grand manteau blanc. Les jacinthes des bois ont sorti leurs robes violacées. Leslie embellit de jour en jour. Elle a confectionné des petits vêtements pour Racine. Il les trouve ridicules, mais il a fort envie de faire plaisir à Leslie."


dimanche 27 janvier 2013

Annie du lac

La littérature jeunesse est un divertissement pour enfant. Oui, soit. Mais c'est aussi une proposition de changement éclair d'atmosphère et l'offre d'une parenthèse dans notre quotidien. Comme pour une nouvelle, le choix des mots pour donner le meilleur en peu de pages est important. Chez certains auteurs (jeunesse), l’album devient un monde en soi d'autant plus vite que les illustrations aident à présenter la toile de fond.
Depuis que j'ai découvert Kitty CROWTHER c'est vers sa sensibilité que je reviens, j'y trouve des détails d'une manière de vivre, une certaine difficulté à être, des priorités, ici sublimés. J'avais décidé de parler moins du travail de cette auteure/illustratrice, parce qu'en terme de visibilité sur mon blog, elle devenait presque la seule lisible dans la colonne des auteurs. Mais me censurer ne me permet pas de suivre ici mes objectifs de blog: parler de coups de cœur, de sensibilité. Et bien que mes avis enthousiastes sur des univers singuliers soient nombreux, il est vrai que les parutions de CROWTHER sont encore les plus nombreuses dans notre bibliothèque familiale. Alors parce que je la relis... et que je vous ai parlé d'elle trop vite.

©  Kitty CROWTHER/ Pastel

"Annie du lac" est une femme bien solitaire. Elle vit dans cette petite maison sur la colline qui donne au-dessus du lac. Elle n'est pas très jolie et sa vie, sans amis, ne lui plait plus. Elle pourrait bien aller de l'autre côté du lac pour rencontrer d'autres personnes mais si elle était déçue ce serait encore pire. Lasse, elle décide le pire en plongeant dans le lac, près de ces trois îles, mouvantes, que les autres n'aiment pas et qui forment pourtant sa zone de pêche privilégiée.
Elle se réveille hors de l'eau, encore étourdie de son rêve, une main immense l'avait rattrapée au fond du lac. Et  oui, le lac est habité, les îles sont les chapeaux de trois géants, Émile, Tile et Basile. Et eux aussi ont besoin d'aide. Ils doivent absolument former une union avec une géante sinon une malédiction les frappera. "Les femmes géantes, comme tout le monde le sait, se trouvent dans les mers... Les hommes, eux, préfèrent le calme et la tranquillité des lacs."

©  Kitty CROWTHER/ Pastel
Annie va les aider à rejoindre la mer. Mais à la fin du voyage, après le chant d'appel des hommes géants, il manque une amoureuse. Émile et Annie reviennent près du lac, si anxieux de la suite. Que va-t-il arriver à Émile? Mais c'est sûr Annie sera jusqu'au dernier moment avec son nouvel ami.

©  Kitty CROWTHER/ Pastel

Comme toujours avec cette auteure, ses personnages ne sont pas tout à fait intégrés à la société, au monde. Ils sont un peu à l'écart, dans une maison isolée, mais aussi avec peu d'amis, souvent.
Mais loin de nous laisser avec des albums sombres, elle nous propose des révélations. La mélancolie de vie devient une exigence dans les relations humaines et la vie la satisfait.
Le rapport à la terre et à la nature est aussi très important. Se nourrir (même quand ses héros ne sont pas des animaux) mais aussi profiter d'un lieu, d'un paysage.
Kitty CROWTHER nous invite à la poésie d'un moment et à une authenticité envers soi.
Et bonne nouvelle les albums de Kitty CROWTHER sont en format album cartonné et en album plus petit format et souple (à prix modique!)

mardi 18 décembre 2012

La pêche à la lune

Je suis Marraine. C'est encore un rôle que je ne maîtrise pas. En attendant de trouver mes marques, je continue à apporter à ma filleule des petits bouts d'attention. Via les rennes en course ou en vol, traineau avec son grand-bonhomme habillé de rouge derrière ou tiré par des chiens dans la neige, vol d'oiseau, galerie souterraine de taupe ou... via la poste.
J'ai choisi un petit moment de poésie pour la petite demoiselle, moins de 3 ans. Juste une histoire du soir, peu longue, avec juste un élément mais doux comme un câlin. Alors oui j'aurais pu tabler sur une valeur sûr comme Arnold LOBEL, par exemple "Hulul et la lune" ou tout autre histoire d'Hulul d'ailleurs, Kitty CROWTHER avec "Scritch scratch dip clapote" ou un petit Rascal... mais j'ai opté pour une lecture encore plus simple, une ou deux phrases par page, sans perdre l'idée d'instant précieux, soit Claude K.DUBOIS avec "La pêche à la lune".

© Claude K.DUBOIS/ Lutin poche

Momo s'énerve. Aujourd'hui rien ne va, le bol de chocolat du petit déjeuner s'est renversé, les copains sont partis sans lui, le doudou est en pleine lessive... Heureusement Papy est là et va lui proposer une escapade poétique. Pour pêcher la lune, il faut du matériel, du temps, du partage.

© Claude K.DUBOIS/ Lutin poche

Le crayonné de Claude K.DUBOIS est toujours aussi beau, doux, câlin et tendre. Ses grenouilles à peine colorées sont prises dans le décor, un peu fouillis des lacs, des roseaux... C'est brumeux comme dans un rêve.
Le livre existe en deux formats, cartonné et plus petit en souple.

vendredi 3 septembre 2010

Un million de papillons

© Edward VAN DE VENDEL et Carll CNEUT/ Pastel

"Un million de papillons" de Edward VAN DE VENDEL et illustré par Carll CNEUT est un petit livre un peu abstrait, le texte ne dévoile pas tout mais n'hésite tout de même pas à le feuilleter et le lire aux enfants. C'est un bonheur!

Vladimir est un jeune éléphant. Un jour, il voit des papillons, un million.
"Vladimir vit des papillons dorés, rayés, constellés d'étoiles ou traversés d'éclairs, des papillons décorés de virgules, de points d'interrogation et de guillemets, des papillons qui voltigeaient, vacillaient et virevoltaient.
Il vit aussi des papillons tachetés comme des coccinelles, colorés comme des drapeaux, des papillons arborant des voiles, des toiles ou des pétales à la place des ailes, des papillons heureux, curieux et audacieux, et il vit même le Grand Papillon du Mousménistan."
Il va voir ses parents pour leur raconter. Chamboulés ses parents lui demandent de partir de la maison, sur le chemin... avec tout leur amour, il le mette à la porte. Vladimir part à contrecoeur, seul, terriblement seul mais il ne sait pas où il doit aller ni pourquoi. En chemin il rencontre d'autres animaux... aucun ne voit la nuée de papillons dans le ciel, sauf lui. Mais presque tous en parlent avec nostalgie, ironie, la larme à l'oeil... chacun regardait passer Vladimir, lui qui cherchait où les papillons allaient l'entraîner jusqu'au jour où sur un pont...
Papillons dans les yeux, papillons dans le cœur, le texte d'Edward VAN DE VENDEL est une poésie sur le premier amour. © Edward VAN DE VENDEL et Carll CNEUT/ Pastel

Une idée du premier départ, de la première séparation affective d'avec les parents, de ce changement d'intérêts entre les jeux d'enfants et des jeux de plus grands. Les lecteurs pas encore sujets aux émois du coeur ne suivront pas le texte mais se délecteront sûrement déjà des illustrations de Carll CNEUT. Des animaux anthropomorphes, aux costumes chatoyants et aux multiples détails. Vladimir cherche les papillons, se retrouve le centre d'intérêt d'une foule et retrouve son chemin. © Edward VAN DE VENDEL et Carll CNEUT/ Pastel

Certaines planches offrent même un jeu spontané de "cherche et trouve". Les émotions passent par les détails d'attitude et non par les visages de masque.
Vous trouverez encore plus de pages ouvertes ici.

mercredi 12 mai 2010

Inuk est amoureux

© Carl NORAC et Martine BOURRE/ Pastel

"Inuk est amoureux" de Carl NORAC et illustré par Martine BOURRE est arrivé doucement à la maison. Je l'avais déjà regardé et reposé, pensant avoir affaire à une histoire jolie mais simple... et c'est vrai que mes choix de livres jeunesse sont aussi des choix d'adulte.
Et puis j'aime beaucoup ces univers de glace, alors pensant y retrouver comme un conte, je l'ai ramené. Inuk est amoureux de Lucy. Elle a le don de lui parler d'une manière qui le remplit de bonheur, de chaleur. Mais Lucy est née avec un bec de lièvre et la société se rit d'elle. Inuk change de vie et pour rendre la confiance à sa belle, lui prouver sa beauté, va jusqu'à la montrer à la face du monde avec ses sculptures. Quelle belle idée du bonheur comme une vie en adéquation avec ses sentiments.

© Carl NORAC et Martine BOURRE/ Pastel

Carl NORAC fait encore mon bonheur. Le texte n'est pas simpliste, il est fin, sensible et toujours avec des nuances thématiques. Ici la culture inuit est reprise aussi dans la description de la neige: "Les flocons sont si gros qu'ils font ploc. On dit ici qu'il tombe des peaux de lièvres." L'histoire douce se remplit de ces nuances tactiles, sensibles: l'amour comme de la chaleur dans la tête, l'amour comme une extrapolation de l'avenir, ces mots comme de émerveillement.
Et puis ces sculptures, une approche de tout l'art inuit par un biais, ce biais d'une femme mais aussi des personnages sacrés: Sedna déesse sirène, homme oiseau... Je ne peux aussi qu'approuver à cette vision de la beauté autrement, avec d'autres critères, pas l'esthétique pure mais bien ce que cette personne a avec tous ses qualificatifs (avec de telles lèvres, ses mots semblent plus doux). Mais c'est un peu faux aussi, l'esthétique est là : les formes sculptées de la femme prouvent bien qu'à chaque morphologie, unité corporelle, il suffit de changer son regard pour y découvrir une beauté que l'on redemande.

© Carl NORAC et Martine BOURRE/ Pastel

Les illustrations de Martine BOURRE sont très belles, de ces teintes bleues, jaunes et blanches comme les miroitements de la lumières sur la neige. Les personnages sont presque flous comme si la luminosité nous imposait de cligner les yeux. Les formes arrondies sont faites de lignes lisses et d'autres pellucheuses de fourrure. C'est une superbe illustratrice du froid et elle le prouve dans "La femme phoque" dont je vous parlerez plus tard. "Je m'inspire souvent des formes lisses et rondes de ces belles sculptures inuit qui expriment si bien l'imbrication du monde des hommes avec celui des animaux." nous dit-elle, c'est réussi!
J'aime aussi ces paysages, eux, plus coupés au couteau, une horizon neigeux presque brumeux et des habitations nettes, brutes.

© Carl NORAC et Martine BOURRE/ Pastel

Ce livre a aussi un très beau prétexte: un hommage au sculpteur Johnny INUKPUK, amoureux d'une femme au bec de lièvre qui sculpta toutes ces femmes avec cette "difformité".

*source Johnny INUKPUK

18/24

lundi 3 mai 2010

Petit lapin Hoplà

"Petit lapin Hoplà" de Elzbieta est arrivé chez nous par un concours de circonstance. Encore en raison de cette vie trop courte que nous avons rencontrée et puis parce qu'une bloggeuse m'avait mise sur la piste. J'avais envie. En regardant de plus près son univers m'avait déjà attirée : "Petit mops", "Le petit navigateur illustré" etc...

©ELZBIETA / Pastel

Petit lapin Hoplà s'est fait renverser par une voiture et va mourir de l'accident. Sous une forme simple, comme une comptine, les animaux nous disent ce qu'ils font pour lui: celui qui l'habille, celui qui voit ses yeux se fermer, celui qui l'accompagne... et tous ceux qui pleurent sa mort.

©ELZBIETA / Pastel

Le texte reprend le parcours de la mort: l'accident, l'hôpital, la mort, la mise en bière, l'enterrement. Les sentiments ne sont pas exprimés, si ce n'est par la douceur des illustrations sur papier aquarelle artisanal (avec la fibre, la différence de texture et de couleur). Les illustrations, en face du texte, passent d'une situation réaliste à de plus en plus d'indices de nature, d'abstraction, comme si elles accompagnaient le début du deuil où juste la pensée reste, l'absence... et plus la corporalité du mort.
Une première approche très concrète des faits à mettre en œuvre après la mort et le début du deuil. Le texte très court et pourtant très clair permet aux plus jeunes lecteurs d'être dans l'histoire et cela laisse une porte ouverte à toutes réflexions enfantines et parentales derrière.

16/24

jeudi 11 février 2010

Le Père Noël m'a écrit

© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

« Le Père Noël m’a écrit » de Carl NORAC et illustré par Kitty CROWTHER est une petite merveille. C’est vrai que je ne suis pas déçue, ni de l’un, ni de l’autre. J’avais rencontré les deux, si peu consciente de ma chance et si fébrile à l’idée d’un autre partage, bien improbable.


NORAC propose une entrée dans les aventures du Père Noël. Très peu de cadeaux aux enfants, sous le sapin et pourtant le livre est un vrai cadeau. Les lettres adressées au Père Noël se sont envolées sans avoir pu être lues, sauf une, prise dans les bois d’un renne, celle d’Else. Le Père Noël la lit et répond, il est touché, cette enfant ne souhaite pas de cadeau mais bien des confidences, des aventures, des secrets… ceux du Père Noël. Alors oui, avec plaisir, il ouvre le voile de ce qui se passe ici, chez lui. Il décrit sa difficulté à entrainer ses rennes pour le vol, son besoin de les rendre forts et de les surveiller. Il raconte la fois où par mégarde ils ont réussi à échapper à sa vigilance pour voler jusqu’aux étoiles. Son obligation de chercher de l’aide sur terre.
© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

L’histoire nous emmène à la rencontre d’autres peuples, aux rapports avec la nature encore préservés… des Inuits en quête de rennes aussi et qui ne connaissaient pas notre cher PN ; des indiens vengeurs de lune. Le Père Noël nous livre ici son plus fabuleux cadeau, reçu des rennes, compagnons de vie nocturne et professionnelle : une virée dans les étoiles. L’atmosphère de Noël apparait alors dans ces détails d’attention, de présence, d’offrande de moments plus que de biens matériels. Des partages autour du feu, des souvenirs, des fantasmes humains qui trouvent là un achèvement beaucoup plus harmonieux. Les pointes d’humour ne sont pas éloignées non plus, que dire de ces chiens de traineaux affalés de rire en voyant ce pauvre Père Noël ressortir des cheminées de plus en plus sale.© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

Il y a aussi cette réflexion sur les offrandes des parents, celles cachées par le symbole du Père Noël : un fantasme de vie pour un enfant, qui ne s’en dépatouille qu’à l’âge adulte. Le merveilleux est sauf : c’est un cadeau du Père Noël qui a mis l’homme sur son vrai chemin de vie.
© Carl NORAC et Kitty CROWTHER/ Pastel

J’aime aussi, toujours, l’univers de Kitty CROWTHER qui offre des détails de quotidien, des univers champêtres, des animaux humanisés, des atmosphères de partage. J’aime aussi sa prise de position sur un univers pourtant marqué par un imaginaire commun, il est comme plus réel, doux mais aussi presque plus tendre.

C’est une histoire de Père Noël et non une histoire de Noël, une histoire d’homme de profession humaniste qui a été comblé en retour.

jeudi 15 octobre 2009

Annie du lac

"C'est l'histoire d'Annie et d'autres choses encore que je vous raconterais après.
La voici, assise sur une chaise. Pas très jolie, ni trop vilaine. Elle a un grand nez et de grands pieds. Si on pend une ficelle au bout de son nez, elle arrive à la pointe de ses orteils très exactement."

Voici le tout début de "Annie du lac" de Kitty CROWTHER, pour vous donner envie de suivre ce personnage, encore singulier, humain, fragile, dans un monde réel ou onirique mais qui ne laisse pas indemne.

Rajout du 27/01/2013: J'en parle ici.

Alors? ou Le bain d'Elias : merveilles dès 2 ans



Souvent je trouve les livres de toute petite enfance bien mièvres. Heureusement Kitty CROWTHER en a proposé qui ont fait mon ravissement et celui de mon fils. 2 ans, 3 ans: oui, oui, même avant. Même dans ce cas, ses livres sont fins, sensibles et ouvrent tellement de portes.

« Le bain d’Elias » est un livre cartonné sur le bain…


« 1.2.3 je prends mon bain… 4.5.6 maman m’essuie », rien de plus simple et pourtant… le grain de folie est là, une pirouette de la vie que seuls nos petits diablotins savent faire… (indice)

sans compter un doudou grenouille comme Jérémie la grenouille de « Scritch Scratch Dip Clapote ! »…


*source Alors

Et « Alors ? » alors ?

J’ai hésité à le prendre celui-là, comme le bain, le trouvant plus simple. Et en fait, il n’en ai rien. Une salle de jeu avec ballon, coffre à jouets, cube de construction, livre et table où prendre le thé (ou le café salé…clin d’œil à « Mon ami Jim »).

Un premier personnage rentre, déguisé, animal ou humain, peu importe. Il s’installe et va être suivi de nombreux autres personnages, doudous, animaux de compagnie ou jouets… tous en attente d’un événement fort. L’illustration est encore magnifique, très réaliste et pourtant très fantastique. J’aime énormément ses stylisations, ses détails, le choix des objets, des personnages, de l’histoire jamais si simple. La part de rêve est conservé, les mystères non résolus et pourtant identifiable. L’histoire se poursuit même sans le héros. Cela ne vous dérange pas de connaître le mystère, alors vous avez un billet très complet ici.

Vous n’êtes pas convaincus, regardez donc la vidéo sur le site des éditions L’école des loisirs… ici en recherchant entretiens vidéo avec les auteurs, Kitty CROWTHER… alors ?

lundi 12 octobre 2009

Pas belle

© Claude K.DUBOIS / Pastel

« Pas belle » est un vrai coup de cœur ! Je persiste et signe: Claude K.DUBOIS est à suivre.

Stéphanie ne se sait pas belle. Oui, elle y a réfléchit, elle n’est pas aussi jolie que sa copine de classe, pas du tout comme les femmes/filles des magazines. Bien sûr son père dit que si mais c’est un papa, il l’aime et n’est pas objectif. Et les qualités de cœur ? Oui importantes, mais est-ce suffisant ?

© Claude K.DUBOIS / Pastel

Ce petit livre retrace la réflexion de Stéphanie. Le vague à l’âme est constant avec les prises de conscience d’une société tournée vers une norme de beauté, avec les facilités, l’attention que toute personne jolie provoque. Cette déconsidération de soi, de son image par rapports aux canons de la société, de la télévision que peut avoir toute petite fille à la puberté et juste après. Est-ce que ce serait mieux d’échanger ses qualités contre la beauté, plus « visible ». Est-ce que les parents préfèreraient une petite fille jolie ? Est-ce que les amis, la maîtresse et les garçons la prendraient alors en affection ?

© Claude K.DUBOIS / Pastel

Il faut toute la patience d’un père, toute la finesse des propos et quelques petites mises sur la voie pour que Stéphanie retrouve le sourire : un coucher de soleil, une vieille poupée… enfin pour se sentir bien avec soi et le regard des autres. © Claude K.DUBOIS / Pastel

Le graphisme est tout en subtilité, noir et blanc pour les flash back, sépia pour la vie.

L’autre, son apparence comme « un pays à découvrir », pas une plage ouverte aux touristes, un endroit rien qu’à soi où l’on aime revenir. Partout les mots sont justes, pertinents, poétiques. Ce petit livre dégage une philosophie qui me touche énormément, je le recommande à toutes les petites filles, en particulier, aux femmes aussi pour réapprivoiser leurs reflets, aux petits garçons qui vont être aussi pris dans le jeu des images de société et aux hommes, futurs papas ou simples amateurs de femmes pour se conforter, aussi, à leurs dire des mots doux.