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© Oren LAVIE et Wolf ERLBRUCH/ La joie de lire
© Oren LAVIE et Wolf ERLBRUCH/ La joie de lire
© Oren LAVIE et Wolf ERLBRUCH/ La joie de lire
© Oren LAVIE et Wolf ERLBRUCH/ La joie de lire
et à voix haute s'il vous plait ! ... pour adultes, pour enfants... pour réfléchir, pour se divertir, pour s'éveiller, pour les apprentissages de vie...
©Werner HOLZWARTH et Wolf ERLBRUCH/ Milan jeunesse
Katell m’avait inspirée. La petite taupe fait le tour de ses voisins animaux pour savoir à qui appartient la grosse crotte qu’elle a sur la tête… la chèvre, la vache, le lièvre, le pigeon etc…
Les déjections se suivent et ne se ressemblent pas : couleurs, textures, tailles et même, noms. Cette petite enquête va l'emmener retrouver le brigand fauteur et la vengeance sera sévère.
C'est une suite de fous rires garantis, le pop up offre en plus une interaction fabuleuse qui permet à l'enfant de déclencher la "coulée". Que dire des toujours sublimes illustrations de ERLBRUCH: une forme de stylisme, de douceur, de malice. Les fonds presque blancs, sauf le sol où se déverse "Moi je fais comme ça!" ramènent bien au sujet. Un vrai délice de lecture permettant d'ailleurs de peaufiner le vocabulaire de la crotte comme je vous l'indiquais là avec d'autres références pour l'organique et le compostage.
C'est aussi une manière de réclamer vengeance de manière plus polie (ou presque).
©Werner HOLZWARTH et Wolf ERLBRUCH/ Milan jeunesse

Il est question de ce canard qui un jour découvre que la mort le suit. Mais depuis quand ? Est-ce son tour de mourir ? La mort apparait comme un personnage squelettique mais pas désagréable. Le canard et la mort deviennent amis, ils se baignent ensemble ou grimpent à l’arbre. Ils sont l’un pour l’autre attentifs, à la surprise de cette mort peu habituée à être réchauffée.
J’aime beaucoup cet album pour cette vision de la mort, pas glauque, pas mièvre, un peu taquine, qui remet les choses en place : elle sait parler de l’acte de mourir « Elle parlait si facilement du sujet » et rappelle les lois de la vie. C’est la vie qui se charge des accidents, la mort, elle, annonce juste le déclic. Aux questions du canard, elle ne répond presque pas par des mots, lui laisse ses illusions, paradis, enfer, solitude. Oui bien-sur l’étang sera seul ou plutôt ils n’existeront plus l’un pour l’autre. En fait, son attitude moqueuse en dit plus.
Le graphisme est magnifique, ERLBRUCH donne vie à sa mort : un crâne, presque mutique si ce n’était la ligne du sourire et du contentement. Mais est-ce que la mort peut parcourir autant de temps avec chaque préposé. Pas si sûr, elle est presque triste quand le moment est venu. Le canard par son attitude corporelle marque nos différentes appréhensions de l’acte de mourir : un étonnement, un dégoût ou une réticence, une reconnaissance, un partage, un laisser-aller.
Cette histoire amène le sujet, délicat mais si fondateur d’une sagesse de vie : celle d’appréhender la mort comme une autre forme de vie, comme toujours là comme notre ombre, avec son présent: une tulipe. Sylvie nous offrait une très belle approche de cet apprivoisement là .