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mardi 3 janvier 2017

Histoire vraie


"Ce matin, j'ai sauté sur mon bon cheval gris
Et nous voilà partis, tous deux, nous promener.
J'ai été pris en chasse par de fiers bandits
Qui m'ont tiré dessus: aïe, pan, dans mon côté!
Un trou de chat sauvage m'a servi d'abri.
J'ai dû ramper, glisser, afin de m'y cacher.
Des pirates m'ayant trouvé là endormi,
Je me suis vu, d'un coup, d'un seul coup, ligoté
A un poteau - et le feu avait pris
Sous mes pieds : sans mentir, j'ai bien failli crier.
Mais, chance, une sirène, ayant soudain surgi,
A coupé tous mes liens, disant désirant m'épouser.
Alors, j'ai dit : "C'est bon, je reviens mercredi."
Ça, c'était un mensonge, il me faut l'avouer.
Pénétrant dans la jungle en un marais pourri,
Sans un seul guide, hélas, pour pouvoir m’orienter,
Dans les sables mouvants, je me suis trouvé pris.
J'avais beau essayer, ressayer, m'acharner,
Pas moyen d'en sortir. C'est alors qu'a surgi
Une grosse couleuvre appelée Dorothée
Qui à des cannibales bientôt m'a remis
En vue de me rôtir ou de me fricasser.
Mais un aigle opportun, survenant, m'a ravi
Et dans les airs, ô joie, très haut m'a emporté.
Las, dans un lac bouillant il m'a lâché, ahi,
Un lac large d'au moins dis fois dis milles pieds
Où, que pouvais-je faire, à part, perdant la vie -
Eh oui, FINIR NOYÉ."

(extrait de "Le bord du monde" de Shel SILVERSTEIN; éditions Memo)

lundi 5 septembre 2016

Les lions ont l'ouïe très fine - Lafcadio, le lion qui visait juste


"Et bien, les lions ne l'entendirent pas venir avant la toute dernière minute parce que, certes, les lions ont l'ouïe très fine et peuvent entendre les choses de loin, du moins s'ils ont les oreilles propres, mais si en revanche leurs oreilles ne sont pas lavées, ils n'entendent pas tellement mieux que vous et moi, et pour tout vous dire je ne pense pas que les lions se lavent très souvent les oreilles, car il est très difficile de trouver des gants de toilette dans la jungle et le savon coûte au mins dix centimes et la plupart des lions n'ont pas dix centimes, et même s'ils les avaient ils ne pourraient sans doute pas acheter de savonnettes avec, car qui vendrait une savonnette à un lion?
Imaginez-vous un peu, les enfants, un lion frappant à votre porte avec dix centimes dans la patte et vous demandant: "Puis-je vous acheter une savonnette?" Lui vendriez-vous cette savonnette?
Vous comprenez mieux, à présent, pourquoi ces lions n'entendaient pas très bien. Par contre, ils virent venir le petit homme - et je vais vous dire une chose: les lions ont de très bons yeux et ils voient très bien dans le noir et de toute manière c'était en plein après-midi et leur vue est particulièrement bonne à ce moment-là de la journée, et puis on n'a jamais vu un lion avec des lunettes, si?"
(extrait de "Lafcadio, le lion qui visait juste" de Shel SILVERSTIEN, Les Grandes Personnes)

jeudi 31 mars 2016

La p'tite loco bleue


Je l'aime ce poème extrait du "Bord du monde" de Shel SILVERSTEIN dont je vous parlais ici. Le voici comme je l'offre au lutin, ici au chat dont on voit une oreille.



mardi 3 mars 2015

Le bord du monde

Il s'agit d'un livre que nous avons dans la bibliothèque depuis bien longtemps, nous piochons à loisir et pourtant je ne vous en parle pas... mince alors: vous ne pouvez pas vous ruer dessus.

  © Shel SILVERSTEIN/ Editions Mémo

"Le bord du monde" poèmes et dessins de Shel SILVERSTEIN est une pépite. Il s'agit de prose, ou non, armé de beaucoup d'humour, d'absurde et de surréalisme américain. Vous êtes bercés aussi par les dessins de l'auteur, un peu noirs et bizarres.
Il vous faudra du souffle, des relectures immédiates, pour offrir à voix haute, avec le timing adéquat l'une des petites histoires. Elles sont courtes, voire extra-courtes, mais rythmées à souhait. C'est évident, l'homme est auteur, compositeur, chanteur. Cela sonne.
C'est sûr il faudra aussi vous faire au phrasé, un peu alambiqué, quelque fois déroutant. Bah oui, il a bien fallu traduire le gars et Françoise MORVAN a dû s'arracher les cheveux quelque fois.

 © Shel SILVERSTEIN/ Editions Mémo

Alors oui, nous l'ouvrons souvent, pour un, deux ou trois poèmes. Nous suivons des pirates Cap'taines, des ogres, des brontosaures Isidor qui, après l'apparition de brontosaurounets, deviendraient Ginette. Des animaux normaux deviennent au hasard d'une histoire savoureux, un hippopotame, des rats contre des chats, un lion qui écrit (Ah bah non, c'est pas lui!),

"Instructions:

Si vous voulez envers et contre tout
Donner un bain à un petit tatou,
Il vous faudra un pain de savon noir,
Un paquet bien tassé de bon espoir
Et soixante-dix-huit gratounettatous."

Vous aurez des barbes, des chapeaux, des maisons hantées. Des trucs pas tout à fait normaux, oui un chien à deux queues, un étourdi assis sur sa tête, une ombre lavée.

Alors je pourrais vous en dire plus mais il nous faut du temps pour savoureux ce livre bien épais, 170 pages environ. Alors qu'une possibilité, faire comme nous, l'ouvrir, siroter un verre de lait de fraise et lire en rigolant, en relisant pour tout comprendre aussi, et relire encore pour y mettre le peps... et appuyer encore la chute de toutes les histoires...

 © Shel SILVERSTEIN/ Editions Mémo

"Le chien à deux queues:

[...]
Il ne mord pas, ne grogne pas et jamais n'aboie.
Grattouillez-lui les queues, ça y est, il est en joie.
Il vous faudra sortir l'animal
Deux fois plus qu'un toutou genre banal,
Mais ça, ça va de soi, vous devinez pourquoi."

Pour l'instant nos préférés sont "La p'tite loco bleue" essoufflée à souhait, je vous la ferais peut-être un jour en document audio (la voici), "Boa constrictor", "Le crocodile a mal aux dents", "Avertissement" pour les doigts dans le nez. Mais vous en trouverez tellement d'autres.

Voici "Avertissement" en version originale, voix de l'auteur, extrait du livre audio "Where the Sidewalk Ends":



Et puis un jour je vous parlerais d'un lion chasseur, encore une histoire loufoque.

* appareil photo en réparation d'où ces images avec version originale.

mercredi 13 mars 2013

L'arbre généreux

De Shel SILVERSTEIN nous connaissons ses poèmes dans ""Le bord du monde" dont la "recette du sandwich à l'hippopotame". Avec "L'arbre généreux", il nous offre un court récit plein de sagesse.

© Shel SILVERSTEIN/ École des loisirs

Le garçon aime l'arbre et ce dernier le lui rend bien... grimper, se balancer, manger ses pommes. Mais l'enfant grandit et néglige cette amitié. Il ne pense plus autant à l'arbre et il le retrouve ses occupations ne sont plus à l'émerveillement et au jeu mais tournées vers des considérations bien matérielles. Et l'arbre généreux tente, encore, de satisfaire le jeune homme et l'homme plus âgé que le garçon est devenu.
Mais que peut bien offrir un arbre à son ami?

© Shel SILVERSTEIN/ École des loisirs

Shel SILVERSTEIN dépeint son garçon comme un petit insatisfait, dès lors qu'il a quitté l'enfance et nous réconcilie avec lui à son grand âge.
Cette histoire est belle et, oui, généreuse. J'aime aussi que l'auteur nous propose ses croquis émaillant le texte, surtout les chaussures et les trognons de pommes au pied de l'arbre...

© Shel SILVERSTEIN/ École des loisirs

mardi 15 mai 2012

Recette du sandwich à l'hippopotame

"
Le sandwich à l'hippo est simple à préparer.
Il vous suffira de vous procurer
Une tranche de pain de mie
Et une tranche de pain bis,
De la mayonnaise au sésame,
Un oignon en rondelles,
Un hippopotame,
Un bout de ficelle,
Un peu de poivre à moudre -
C'est tout, c'est suffisant.
Reste à présent un problème à résoudre...
Comment mordre dedans!
"
 © Shel SILVERSTEIN/ Editions Mémo

(extrait de "Le bord du monde" de Shel SILVERSTEIN)

... et en version originale c'est là...