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mercredi 29 janvier 2014

Une littérature qui ne veut pas penser, pour quoi faire, la vie est quand même trop courte - Instinct primaire

"Je ne supporte plus d'être limitée à la maternité. C'est aussi ma liberté d'écrivain qui est en jeu. Si la femme n'a pas la vision du monde en dehors d'elle-même et de ses propres problèmes, que tout ce qui n'est pas elle ou sa famille ne la concerne pas, que tout ce qu'elle recherche, c'est son double et qu'elle se targue de prescrire les lignes directrices de l'interprétation du monde selon des idées arrêtées, comment alors poser des questions au futur, à ce qui est à venir? N'est-ce pas là une diminution de la liberté créatrice? Comment écrire le monde qui vient si l'on ne peut pas sortir de son propre jardin?"

(extrait d'"Instinct primaire" de Pia PETERSEN, Nil éditions; source photographie)

mardi 29 juin 2010

Le bizarre incident du chien pendant la nuit


« Tous les autres enfants de mon école sont idiots. Normalement, je ne devrais pas dire qu’ils sont idiots, pourtant, ils le sont. On doit dire qu’ils ont des difficultés d’apprentissage ou que ce sont des enfants déficients. Mais c’est idiot, parce que tout le monde a des difficultés d’apprentissage et que c’est difficile d’apprendre le français ou de comprendre la Relativité. Et puis tout le monde a des déficiences, comme Père qui a toujours sur lui un petit paquet d’édulcorant artificiel pour arrêter de grossir, ou Mme Peters qui a un Sonotone beige, ou Siobhan qui a des lunettes dont les verres sont si épais qu’elles vous donnent mal à la tête quand on les lui emprunte. Pourtant, on ne dit pas d’eux qu’ils sont Déficients, même s’ils ont des déficiences.
Siobhan dit que nous devons utiliser ces mots-là parce que avant on appelait les enfants qui sont comme ceux de l’école des tarés, des débiles ou des mongols et que ce sont de vilains mots. Mais c’est idiot aussi parce que, des fois, quand ils nous voient descendre du bus, les enfants de l’école qui est au bout de la rue nous crient : « Ouh, les déficients. » Moi, je n’y fais pas attention, parce que je n’écoute pas ce que disent les autres. »
(extrait de "Le bizarre incident du chien pendant la nuit" de Mark HADDON)