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mercredi 16 septembre 2015

Qui va rassurer Tounet/Tibou ?


"Tounet partit vers l'ouest sur ses pattes endolories, toujours aussi seul. Dans une clairière, un joyeux émule donnait une grande réception. On dansait sous les arbres et quatre manèges tournaient en musique avec treize mouchaillons qui tenaient des ballons. Tous les invités avaient accrochées des fleurs à leur queue. L'émule fit partir un feu d'artifice tout en savourant une grosse tartine au beurre et à la framboise. Personne ne remarquait Tounet, debout à la lisière du bois.
Qui va le rassurer et lui dire:
- Il faut entrer et dire bonjour pour qu'ils sachent que tu existes!"
(extrait de "Qui va rassurer Tounet?" de Tove JANSSON, édition Circonflexe ou pour une version plus récente "Qui va rassurer Tibou?" aux éditions P'titGlénat)

... émules, filigondes, touilles, mouchaillons, selve, trolls, La Mume, rican, touillette, dronte... ou les habitants de la vallée des Moumines
... à la lisière nous aussi, nous entrons et allons dire bonjour, pour qu'ils sachent que nous existons.
- Bonjour Moumine ou autre troll!


jeudi 23 avril 2015

Emile invite une copine

Vous vous souvenez d’Émile? Ce garçon taciturne qui ne sait pas se faire d'amis. Bah, justement, aujourd'hui il invite une copine. Il prépare sa chambre pour son arrivée.

© Vincent CUVELLIER et Ronan BADEL/ Gallimard jeunesse

Sa mère est ravie: enfin son fils a des amis. Elle est de ton école? Elle vient avec ses parents? Émile répond évasivement aux questions de sa mère. Elle est bien curieuse d'ailleurs... comme toutes les mamans qui s'informent à la première invitation. Oui mais Émile n'attend pas n'importe qui et pas pour faire n'importe quoi.

© Vincent CUVELLIER et Ronan BADEL/ Gallimard jeunesse 

"- Hi hi!
- Ha ha!
- Ça va, les enf... euh... ça va?... vous ne faites pas de bêtises au moins..."

© Vincent CUVELLIER et Ronan BADEL/ Gallimard jeunesse

Le duo CUVELLIER/ BADEL revient ici avec autant d'humour et de dérision. Émile est toujours aussi attachant dans sa différence et ce court album donne encore à penser. Superbe!

lundi 3 mars 2014

Toto l'ornithorynque et le lion marsupial

Le lutin a farfouillé dans les livres en présentoir de la bibliothèque. Il est revenu avec une bande-dessinée juste pour sa couverture, juste pour avoir le modèle et le redessiner. Nous l'avons lu ne sachant pas si l'histoire se suivait d'un volume à l'autre: "Toto l'ornithorynque et le lion marsupial" d'Eric OMONT et illustré par Yoann (CHIVARD) est le tome 7 de la série.

© Eric OMONT et Yoann/ Delcourt

Les amis, Toto, Chichi l'échidné, Wawa le koala, Riri la chauve-souris renard volant et Fafa l'écureuil volant, se sont réveillés ce matin et Toto ne les a pas attendu pour manger tout le petit-déjeuner. Mais la journée annonce pire. Les Dingos viennent les attaquer. Mais la bande d'amis sait les recevoir. Les méchants vont alors chercher plus méchant qu'eux. Et le lion marsupial fait office de favori.
Comment faire face à un grand méchant. Toto veut prendre soin de ses amis et trouvera sûrement la solution.
© Eric OMONT et Yoann/ Delcourt

C'est une petite histoire plaisante et le jeune lectorat y trouvera son compte. En plus de se familiariser avec la faune australienne, le rythme est soutenu et les exclamations très présentes.

© Eric OMONT et Yoann/ Delcourt

Mais ce qui plaira aussi aux grands ce sont les illustrations magnifiques de Yoann. Dans ce tome, il joue en clair-obscur et le pastel gras fait des merveilles (même si les photo ne montrent pas cet aspect-là mais bien des détails des attitudes animalières et la férocité du méchant). C'est sombre, très coloré et magnifiquement effrayant.
J'ai encore plus aimé ce tour dans le mondes des rêves aborigènes. Le style est préservé et nous emmène loin.

mercredi 13 novembre 2013

N'y a-t-il personne pour se mettre en colère?

J'aime beaucoup la poésie de cet auteur, Toon TELLEGEN, ce médecin devenant auteur jeunesse et donnant la voix à de petits (ou gros) animaux. Des petits riens, des petits bonheurs, des petits partages, du quotidien mais aussi ce qui fait le lien, le charme, l'amitié. Je vous donnais là un exemple de sa poésie, "La boîte à fêtes", extrait de "L'anniversaire de l'écureuil" ou là une idée de l'ours glouton, extrait de "Lettres de l'écureuil à la fourmi".
Vous ne serez pas étonné de savoir que le premier livre en ma possession fut celui illustré par Kitty CROWTHER pour qui j'ai une admiration intense, autant pour son art, que pour la sensibilité qu'elle met entre chaque touche colorée et chaque mot. Le premier volet avait été illustré par Alex SCHEFFLER, chacun pouvant être lu de manière complètement autonome, les caractères et les relations entre les animaux s'intensifiant juste au travers de leurs histoires.

© Toon TELLEGEN et Marc BOUTAVANT/ Albin Michel jeunesse


"N'y a-t-il personne pour se mettre en colère?" de Toon TELLEGEN et illustré pour ce troisième volet par Marc BOUTAVANT est une superbe proposition. Il s'agit là de la plus accessible des trois par rapport à la quantité de texte. Ici les chapitres sont plus courts et le sujet aussi permet de s’immerger plus facilement.

Tout le monde dans ce bois est en colère... ou presque. Il y en a pour qui la colère est une seconde nature : le daman est un colère contre le soleil, l'éléphant contre lui-même, le rhinocéros et l’hippopotame mutuellement ou d'une autre manière la musaraigne et le cochon de terre. Le scarabée et le ver de terre font une compétition de colère.
Il y a d'autres animaux (le hérisson ou le grillon) pour lesquels la colère est un mystère à élucider. Il faut l'apprendre, l'acheter à l’écrevisse, la comprendre, la faire sienne. Et puis il y a les animaux qui, par amitié, apprennent aux plus timides à faire venir la colère, aux plus hargneux à la faire partir.
Somptueux chapitre de la musaraigne qui souhaite mettre à bout l'écureuil.

© Toon TELLEGEN et Marc BOUTAVANT/ Albin Michel jeunesse


Les scènettes sont magnifiques et pleine d'humour. Comme toujours Toon TELLEGEN a de la poésie dans les dialogues, une subtilité et une sensibilité poussées, tout est en finesse.
Mais ce qui fait vraiment de ce troisième livre une apothéose est le kaléidoscope des émotions proposées. Les manifestations de colères, d'agacement, de découragement, de mélancolie, de frustration, sont autant dans les propos, les attitudes, les manques de respect que dans une mise en situation, une imagination sur la vie. Il s'agit là d'une vraie grammaire émotionnelle et une éducation à la vie : à la seconde lecture, une manière de reconnaitre, de distinguer, de laisser passer et de faire partir... (c'est comme une manière bouddhiste d'envisager les émotions: la souffrance est au sein même de la vie, les émotions sont une part de nous, doivent être prises en considération, être vécues et s'évacuer comme une gros nuage poussé par le vent... le crapaud est là bien loin de la grenouille, calme et attentive, d'Eline SNEL... mince je devais en parler il y a déjà bien longtemps, ici ou ailleurs!).

© Toon TELLEGEN et Marc BOUTAVANT/ Albin Michel jeunesse


Les illustrations de Marc BOUTAVANT proposent encore là des animaux bien campés, stylisés et très attachants. Mais c'est aussi des mises en ambiances, des doubles pages en clair-obscur, des éléments piquants, éclaboussants, venteux. Au fil des pages, le bois, la mare, les herbes prennent possession des lieux, offrent un paysage mais aussi certaines fois un miroir des émotions. Magnifiques effets de feuilles, de vents, de reflets. Superbement abouti.

samedi 13 juillet 2013

Eliott et Nestor, l'heure du matin

Il y a des lectures de saison, même dans la littérature jeunesse. Oui des saisons au cœur du texte mais aussi des fenêtres restées ouvertes sur le vent, les feuilles, les fleurs, des pieds dehors, des balades.
Mélanie RUTTEN, dans sa première histoire (en 4 temps), nous amène au cœur des amitiés et ceux dans les entrelacs des 4 saisons. Quand la nature me revient en tête, ce sont aussi ses livres que j'ai envie de relire.

© Mélanie RUTTEN/ Memo

"Eliott et Nestor, l'heure du matin" est le troisième volet inauguré par "Mitsu un jour parfait", suivi de "Öko un thé en hiver". A la fête de l'été, la tombola n'a fait que des gagnants. Eliott l'éléphant a gagné des jumelles et Nestor, qui n'est pas là comme d'habitude, a gagné une enveloppe. Eliott lui amène: Nestor a gagné un voyage en montagne.
Le lendemain, voici les deux amis sur le départ. L'un, plutôt asocial, reste confiné à un timing, récolte des souvenirs et ne se laisse pas aller. L'autre, spontané et beaucoup plus enthousiaste, s'exclame, montre ses sentiments. Ils vont ensemble de par les chemins et pourtant ils ne s'intéressent pas aux mêmes choses et puis viens l'accident.

© Mélanie RUTTEN/ Memo

Comme à chaque fois avec Mélanie RUTTEN les héros se faufilent entre les tomes, l'un après l'autre prenant le devant de la scène. L'amitié entre Nestor et Eliott est ici le principal thème. Deux caractères que tout sépare et pourtant une présence à l'autre. Dans cette aventure, ils vont encore se découvrir. C'est aussi une dispute, une de celles qui pourrait tout détruire et pourtant. Les émotions sont ici liées avec de petits détails, de beaux cadeaux spontanés.
Là encore, la saison offre ses merveilles. L'été est chaud, étouffant, la lecture nous fait presque sentir les moustiques nous frôler les oreilles mais aussi adorer ces nuits étoilées. La nuit, les étoiles, l'univers dans lequel nous sommes tous petits.

© Mélanie RUTTEN/ Memo

Encore une merveille donc... allez promis, je vous parle du dernier volet assez vite!

vendredi 28 juin 2013

C'est ta vie, l'encyclopédie qui parle d'amitié, d'amour et de sexe aux enfants

Je cherchais depuis quelques temps déjà un documentaire sur la vie, l'amour et la sexualité, adapté aux enfants. Je ne trouvais jamais mon bonheur, le propos était, pour moi, évasif, trop prude, "bien pensant". J'ai porté mon dévolu sur une proposition des éditions Oskar. Le contenu est un peu plus "franc du collier" mais que cela ne vous arrête pas!

© Thierry LENAIN et Benoit MOREL/ Oskar

"C'est ta vie, l'encyclopédie qui parle d'amitié, d'amour et de sexe aux enfants" de Thierry LENAIN et illustré par Benoit MOREL est un documentaire qui ne se limite pas à expliquer ce qu'est l'amour, la sexualité et la naissance. Enfin si mais avec tout ce qu'il y a autour. Je n'avais d'ailleurs aucun doute: pour avoir suivi les propositions de Thierry LENAIN dans la collection "Trimestre", je pensais bien trouver là des nuances, de la réflexion et du fond.

Le livre est répartit en plusieurs chapitres.
Les liens parlent du lien social, des relations entre les gens, de la simple politesse à la relation de cœur. Puis l'auteur distingue l'amitié et l'amour, cette apposition ou fusion des cœurs, et présente l’hétérosexualité et l’homosexualité. L'amour est alors le début d'un lien plus fort, une envie de profiter l'un de l'autre, de vivre ensemble (ou non), de partager tous les loisirs (ou non) et d'être parent (ou non).
Les contacts définissent le niveau de promiscuité des corps, de la bousculade au toucher réel, du geste de politesse, de consolation ou du manque de gestes (même si les sentiments sont présents). Puis les câlins sont définis dans leur rapport d'affection et distingués des câlins sexuels.
Les interdits reprennent les lois contre la pédophilie, l'inceste mais aussi le respect des enfants, le consentement mutuel (entre adultes) et les relations sexuelles des adultes dans l'intimité et cachées aux enfants. Une très belle explication est offerte aussi sur les dérives de l'internet, sur cette accessibilité exacerbée des intimités: pas de porte fermée, pas de disposition difficile d'accès... la sexualité est placardée et le contrôle parental installé pas pour surveiller l'enfant mais le protéger.
Le corps est un chapitre plus conventionnel, biologique, quoique. La puberté est expliquée, l'anatomie montrée mais il est aussi question de masturbation, comme prise de conscience de soi mais aussi premier plaisir non-coupable (si seul avec son intimité).
Le bébé est la reproduction sexuelle humaine expliquée mais aussi tous les aléas de la vie, l'impossibilité d'en avoir, les solutions, la volonté de ne pas être parent. Et bien-sur cela finit par la naissance.
Un épilogue suit avec des questions réponses assez enfantines mais justement décomplexantes.

© Thierry LENAIN et Benoit MOREL/ Oskar

Le propos est presque politique: extrêmement tolérant (et c'est parfaitement ma priorité) sur le métissage, l'homosexualité, l'avortement, la fécondation in vitro et l'adoption mais aussi sur une certaine froideur des sentiments (une émotion retranscrite différemment) ou une frivolité apparente. Attention cependant il n'est pas ici question du débat politisé du moment: mariage pour tous ou de procréation médicalement assistée pour les homosexuels.
Tout est dit avec finesse et beaucoup de respect. Thierry LENAIN se positionne toujours sur le droit de chacun à être ce qu'il est, dans les limites de la loi et du respect des enfants.
Au fil des pages, l'auteur propose aussi des numéros de téléphones pour ne pas laisser l'enfant lecteur dans une situation difficile.

© Thierry LENAIN et Benoit MOREL/ Oskar

Les illustrations de Benoit MOREL sont, ici, assez déconcertantes. Elles ont pourtant la qualité de mettre derrière le propos un peu de couleurs et de ne pas aseptiser les informations. Un schéma internes des organes génitaux mais aussi une manière sexuée de se regarder l'intimité sont présents. Quelque part dérangeant et pourtant, mais oui bien-sûr, une part importante de la connaissance de soi.
L'imbrication des corps, lui, est juste évoquée mais pour le reste, Benoit MOREL montre la différence dans les relations, dans les gestes. Beau dialogue entre le texte et les dessins!

Maintenant reste à savoir à quel jeune lectorat il est destiné. Bah, je ne sais pas. En tous cas bien avant que la reproduction humaine soit au programme scolaire. Bah, dès que l'enfant se pose des questions et sait lire seul certains chapitres!

Et l'avis de Gaëlle très pertinent ici, présentant aussi ce parti-pris réel des auteurs de proposer une autre vision de la sexualité, la présentation presse.

dimanche 5 mai 2013

Invisible mais vrai

Très bonne nouvelle, certains albums de Rémi COURGEON sont republiés sont un format tout petit, souple et peu onéreux. Il ne faut pas s'en priver. Dans cette collection "mini-albums" de Mango jeunesse, il y a pour l'instant trois de ses livres. Je commencerais pas "Invisible mais vrai" mais dans tous, la pâte de l'auteur/illustrateur est là, une très forte sensibilité.

© Rémi COURGEON / Mango jeunesse

Émile est le fils d'une professeur de piano. Mais il ne pense qu'à devenir "l'homme invisible", héros  littéraire, et n'a que faire des espoirs de sa mère. Un jour, l'accordeur de piano est appelé. Émile rencontre alors Monsieur Fressinet, aveugle de naissance.
Pour l'un, le garçon est invisible, pour l'autre, les couleurs le sont. Commence une amitié et une découverte des sens.

© Rémi COURGEON / Mango jeunesse

Je peux toujours faire confiance en l'auteur pour nous parler de thèmes pourtant peu simples. Ici l'amitié nait entre l'enfant et l'adulte grâce à une déficience visuelle mais aussi à un rêve d'enfant. Mais outre la découverte des moyens pour appréhender la vie chez les aveugles, braille ou auditeur, mais aussi l'utilisation extrême des autres sens, c'est le partage d'une émotion qui rend le livre vivifiant.
Les couleurs ne sont rien pour Mr Fressinet, rien comme la vue pour des genoux. Le garçon cherche alors des moments, des situations, des expériences sensitives à même d'appréhender les couleurs. Et son ami lui répond et partage sa manière de vivre la couleur, en musique.
La notion d'invisibilité, de transparence mais aussi de visibilité de phénomènes juste sensibles est aussi très incarnée.

© Rémi COURGEON / Mango jeunesse

Rémi COURGEON marque encore là un livre dans la droite file des rêves de garçon tout en finesse et délicatesse... et c'est encore plus flagrant avec "La colo", je vous en parle bientôt, en attendant n'hésitez pas à lire ses autres propositions sans oublier "Brindille" plus féminin pépite 2012 du Salon du livre jeunesse, dont je vous parlerais, aussi, plus tard.

lundi 10 décembre 2012

Les lettres de l'ourse

"Les lettres de l'ourse" de Gauthier DAVID et illustré par Marie CAUDRY est une perle à lire très vite aux enfants.

© Gauthier DAVID et Marie CAUDRY/ Autrement jeunesse

L'ourse est très amie avec un oiseau. Seulement l'hiver approche et il a dû migrer vers le sud et son île chaude. L'ourse n'a pas le cœur d'hiberner, c'est décider, elle part le rejoindre.
Elle écrit tous les jours à son ami et laisse le vent porter les lettres.

Nous la suivons ainsi pendant son voyage. De pas à pas, lettre après lettre. Dans le voyage, il y a l'enthousiasme, la solitude, l'angoisse, les découvertes et les rencontres. En marchant, l'ourse se fait des amis, pense à envoyer un pot de miel et partage ses émotions pour son ami, l'oiseau.

© Gauthier DAVID et Marie CAUDRY/ Autrement jeunesse

"Mon oiseau,

J'ai été prise dans le filet de pêche d'un marin.
Heureusement, une sirène l'a envoûté. Il s'est jeté à l'eau pour l'embrasser et a relâché son filet.
Elle m'a sauvé la vie!
Je lui enverrai un pot de miel pour la remercier. Elle n'en a jamais goûté. Elle ne mange que des algues trop salées.

A bientôt mon cher,
Ton Ourse toute trempée"

Il y a aussi cette relativité des choses, les animaux se cachent, la guerre gronde quelque part, et puis les sensations hivernales, les souvenirs ne sont pas les mêmes.
Cet album est un véritable hymne au partage et à l'amitié.

© Gauthier DAVID et Marie CAUDRY/ Autrement jeunesse

Les illustrations de Marie CAUDRY sont magnifiques, douces et et texturées. Ses animaux sont superbes et j'ai un vrai coup de cœur pour le travail de traits, de hachures qui, en plus, des couleurs apporte une dimension tactile. Les paysages sont ainsi aussi végétales que minérales, liquides, faunesques ou humains, surtout avec les ombres de la forêt.

mercredi 26 septembre 2012

Charles, prisonnier du cyclope

Nous attendions avec impatience le second volet des aventures de Charles dragonnet poète. "Charles, prisonnier poète" d'Alex COUSSEAU et illustré par Philippe-Henri TURIN nous ramène à Charles maintenant dragon libre et maitrisant le vol après des débuts difficiles. Il est pourtant un peu seul, il recherche l'amitié.

© Alex COUSSEAU et Philippe-Henri TURIN/ Seuil jeunesse

Oui, il y avait bien la mouche mais elle est morte. Il lui faut trouver un ami, un qui vit longtemps, un qui est grand et non minuscule. Charles part à la recherche au pôle nord... puis aux terres chaudes.

Dans cette aventure, Charles est beaucoup plus avenant... avec presque tout le monde mais dénigre bien les petites coccinelles. Elles meurent trop vite, ils les pleurerait trop longtemps... mieux vaut chercher un autre animal, plus grand... mais il va aller de refus en refus jusqu'à rencontrer le cyclope Polyphème (oui, oui le même que celui rencontré par Ulysse lors de son odyssée).
Et là, le danger gronde aussi...

© Alex COUSSEAU et Philippe-Henri TURIN/ Seuil jeunesse 

L'amitié apparait dans l'entraide et le choix réciproque. Et Charles (oh, menteurs d'auteur/ illustrateur! ;) ), apprend enfin à cracher du feu...
Il y a toujours une gouaille des plus agréables entre les pages et des références, mythologique là mais aussi dans l'humour... comme une ombre de Chaplin (dans le perdu et gaffeur peut-être). Charles a l'esprit toujours alerte et en vers. Nous prenons énormément de plaisir à suivre son festin et à découvrir les états d'esprit de ce petit insatisfait.

© Alex COUSSEAU et Philippe-Henri TURIN/ Seuil jeunesse 

Le travail de Philippe-Henri TURIN est encore plus abouti. Charles est toujours aussi chenapan et détaillé... écailles par écailles, ailes souples et plantes de pied. Mais c'est encore plus les attitudes du dragon et surtout les luminosités qui restent même après la fermeture du livre. Dont un magnifique contre-jour!!!!

dimanche 20 mai 2012

Le Yark


© Bertrand SANTINI et Laurent GAPAILLARD/ Grasset Jeunesse

"Le Yark" de Bertrand SANTINI et illustré par Laurent GAPAILLARD est un magnifique petit roman illustré. Il nous parle d'un monstre et offre ici une lecture délicieuse pour jeunes et moins jeunes. Les monstres ne sont plus aussi gentils qu'avant, à moins que ce soient les enfants!

"Parmi tous les types de Monstres qui grouillent sur la terre, l'Homme est l'espèce la plus répandue.
Il y en a une autre, cependant, plus rare et moins connue.
C'est le Yark." Cet ogre mange les enfants. Ils représentent un met délicieux, sucré et fondant. Et aucun rejeton n'est à l'abri, le Yark sait ouvrir les serrures et déjouer les pièges.
Enfin presque, parce qu'il ne peut manger que les enfants sages. Les autres passent bien dans son estomac mais sont tellement difficiles à digérer que les périodes aux toilettes sont de véritables cauchemars pour le Yark.

© Bertrand SANTINI et Laurent GAPAILLARD/ Grasset Jeunesse

Il ne peut que chercher à tous prix les gentils. Mais les temps ont changé. Auparavant les enfants étaient naïfs et pour la plupart assez sages. Maintenant les chenapans pullulent et le Yark a peu de bons petits à se mettre sous la dent. Parce que oui, le Yark est difficile: un enfant sage, propre et bien portant, pas trop gras non plus sous la dent.
Il a une idée, se fier aux connaisseurs, par exemple le Père Noël a une liste des enfants gentils. Il part la lui chiper et s'offrir les enfants inscrits en guise de déjeuner.

Mais voilà, le Yark n'est pas au bout de ses peines, la vie va lui jouer de sacrés tours. Les enfants ont des ressources pour se prémunir des monstres. Oui, oui Charlotte ou Lewis sont pourtant des enfants sages. Et pourtant...
Le Yark repartira avec un mal de ventre, des pets, une diarrhée, de quoi le "rendre fusée". Il rencontre la mort, "boule de lumière froide" et vitrée. A son réveil Madeleine est là. Pile une enfant sage!

© Bertrand SANTINI et Laurent GAPAILLARD/ Grasset Jeunesse

Bertarnd SANTINI nous offre là une magnifique histoire de monstre. L'ogre est complexe, subtil. Il réfléchit et est prêt à s'émouvoir. Ses anecdotes sont jouissives et hilarantes pour les petits et les plus grands: des délices d'un enfant, ses doigts, sa cervelle, son goût, son odeur, sa texture aux méandres digestifs des pets, des feux de derrière.
Mais c'est aussi une histoire plus spirituelle. Les à priori alimentaires amènent à se poser des  questions, à agir par tolérance. Et puis l'amitié est là, au bout de la route, une amitié qui peut demander des sacrifices et de se dépasser.
Une lecture pour les plus grands peut vraiment être sur l'éducation de nos petites têtes plus ou moins sages et sur ce qui est monstrueux: le monstre, l'ogre, l'humain.

Les illustrations de Laurent GAPAILLARD sont magnifiques. Ces encrés offrent tout le panel d'ombres prêt à nous mettre dans l'ambiance: un Yark gigantesque, poilu et presque dissimulé même s'il est de plein pied. Puis une ville de nuit, des vues du ciel. Et des duels avec les enfants, des détails qui font peur et leur pendant réconfortants. Le Yark monstrueux semble apeuré et seul.

vendredi 20 avril 2012

Cassandre

"Cassandre" de Rascal et illustré par Claude K.DUBOIS est une petit livre plein de poésie. Mais c'est vrai que je n'en attendais pas moins de ce duo: tout en sensibilité.

© Rascal et Claude K.DUBOIS/ Les 400 coups

Cassandre est la meilleure amie de Marie-Paule. Elle est très jolie, la plus gâtée par le Père Noël. Mais elle n'est jamais satisfaite.
Sur les bords de mer, Marie-Paule monologue. Elle parle de son prénom, de l'affection familiale, de la transmission et aussi de ces cadeaux chargés de sens.
L'enfant est seule, avec son poupon Martin, quelques fois le chien. Elle réfléchit. A Cassandre bien-sûr, elle (nous) parle de leur échange de poupées pour un week-end: une "pipi-caca" qui ne sait dire que "papa", "maman", faire pipi et possède toute une panoplie d'habits, contre Martin, aux habits faits maison mais aussi aux conversations infinies.
Marie-Paule parle de son amitié, de celle portée à Martin, de celle portée à Cassandre.

© Rascal et Claude K.DUBOIS/ Les 400 coups

Toutes les pages entourent le sentiment d'amitié. Une amitié enfantine mais vraie. De celle qui remplit d'affection, de tendresse, de dévouement, de don.
Il est aussi question du sens des cadeaux, des échanges, des transmissions familiales.

© Rascal et Claude K.DUBOIS/ Les 400 coups

Sur fond de marrée basse, l'enfant déambule dans l'estuaire et les illustrations de Claude K.DUBOIS nous montre sa solitude, mais pas la morose, l'assumée peut-être même souhaitée... la nature, les laisses de mer, les châteaux de sable ont autant de valeur que sa chambre.
Les crayonnés aquarellés sont ici plus flous, moins précis que dans certains livres de cette illustratrice. Les émotions ne viennent pas forcément des expressions du visage mais plus du vent, de la distance, de l'humidité avec du grain, comme du sable.

lundi 6 juin 2011

Öko, un thé en hiver

© Mélanie RUTTEN/ Memo

Je n'avais pas parlé de suite d'"Öko, un thé en hiver" de Mélanie RUTTEN, suite du fabuleux "Mitsu, un jour parfait" dont je parlais là. J'avais peur de ne pas offrir un billet en adéquation avec mon émotion. Cette auteure/illustratrice apporte à chaque fois une lecture pleine d'émotions, de détails, de ceux qui marquent une journée et font les petits bonheurs. Oui mais le troisième volet est dans nos lectures du soir depuis peu... avec une envie pressante de vous le présenter. Il attendra un tout petit peu.

Là, nous suivons Öko dans cet hiver. Madeleine la cigale, une amie de tous (comme leur grand-mère), vient de mourir. Ils lui rendent hommage, se regroupent, à l'enterrement et chez elle. La douleur se vit ensemble et le réconfort est aussi un stade délicat des relations. Ensemble, en petites communautés, en privé; en paroles, en regard, en retour à la maison. Et puis seul, sans les autres. Après le froid, Öko cherche la chaleur, d'un feu, d'un petit coin de maison avec tout ce qui est doux. Au réveil, la neige a posé sa marque blanche et permet de refaire des traces. Öko part en forêt.

© Mélanie RUTTEN/ Memo

La perte est une confrontation avec les relations aux autres: cette envie de solitude, de reconnaissance, de partage, d'affection. Le livre offre ce deuil comme une part de la vie: une perte mais aussi des souvenirs, des liens avec le présent. Le matériel prend toute sa poésie, la possession se fait plurielle, partage et émotion. Il est question aussi de renaissance, de pousses aux fleurs blanches, de souvenirs chauds, éclairants, de manière de pensée qui se transmettent... de chaleur humaine.
Et puis, comme à chaque fois, Mélanie RUTTEN nous offre l'autre, celui qui peut faire peur, celui qui est différent. Ce sont des moments d'amitié, des quiproquos, des moments sans, mais surtout, quelques instants plus tard, des moments avec.

A chaque page, les émotions nous prennent. L'univers de cette artiste est doux, pertinent, sensible. Tout y est beau: l'histoire, qui n'est au fond, qu'une part d'une plus longue aventure, les dessins (dont on retrouve un certain style Kitty CROWTHER et maintenant je sais pourquoi, merci Melle RUTTEN pour ces confidences) et tous les petits kaléidoscopes de la vie.
La nature, la chaleur d'une boisson chaude offerte, les rencontres, la nuit, les éléments climatiques, les invitations. Il n'y a pas à dire, c'est une offrande de bonne humeur, une leçon de chose comme une philosophie de vie. Je ne me lasse pas de lire et relire...

"Dans la forêt, il découvre un endroit fait pour s'arrêter. Au pied d'un arbre, une tasse de thé. Toute chaude."

Ce second acte est une histoire un peu plus ardue pour les plus petits auditeurs/spectateurs, mais à la seconde lecture, l'émotion les atteint.
Ici je parlais de ce thé offert... entre amis, pour se souvenir dans la nostalgie mais pas la mélancolie, dans l'émotion, le présent, le futur et le partage.

© Mélanie RUTTEN/ Memo

Lily en parle subtilement bien là.

lundi 31 janvier 2011

Un ami pour Lucas

© Chun-Liang YEH et Bobi+bobi/ HongFei

"Un ami pour Lucas" de Chun-Liang YEH et illustré par Bobi+bobi est une petite merveille trop courte.
Lucas est un garçon heureux, il grandit avec ses jouets dans une belle maison mais ses rêves sont bien plus grands. En sortant dans le jardin, près de la forêt, des éclats roux lui offriront un instant d'amitié: un renard.

Tout est subtilité. On ne peut pas lire ce livre sans penser au passage du "Petit prince" de Saint-Exupéry où le petit garçon apprivoise un renard. Mais l'auteur se défend d'avoir été aussi inspiré que cela. Il part d'une vraie rencontre, d'une rencontre comme dans la vie. Une rencontre fugace. Et c'est vrai que le renard reste sauvage, inapprivoisé, libre et sans parole.

© Chun-Liang YEH et Bobi+bobi/ HongFei

Un enfant avec ses envies, ses rêves d'amitié, de complicité, et la vie qui lui offre un soupçon de magie. Une amitié d'un instant, une amitié gratuite, peut-être très éphémère. Une amitié qui ne demande rien en échange, peut-être même pas de lendemain. Chun-Liang YEH apporte aussi une sensibilité à la nature, porte ouverte sur les rêves, les possibles des enfants et à ce renard joueur et curieux. "Quelques pas plus loin, le petit renard s'arrête et regarde Lucas, la tête penchée vers la gauche, comme si de rien n'était."

© Chun-Liang YEH et Bobi+bobi/ HongFei

Bobi+bobi propose là, comme toujours, des illustrations aux hachures et aux aplats tout en douceur. Entre un univers bien cloisonné, le monde de Lucas n'a rien de domestiqué ou de lisse: les poils du renard comme les herbes ou les cheveux de Lucas.

Voici trois questions sur l'amitié posées à l'auteur : Chun-Liang YEH y parle de l'amitié comme trésor d'une vie, de la naissance de ce sentiment, aussi multiple que les amitiés et de ce rapport à l'autre, dans la richesse de l'autre.


TROIS QUESTIONS SUR L'AMITIÉ à Chun-Liang YEH - I -
envoyé par HongFei-Cultures. - Découvrez plus de vidéos créatives.

TROIS QUESTIONS SUR L'AMITIÉ à Chun-Liang YEH - II
envoyé par HongFei-Cultures. - Films courts et animations.

TROIS QUESTIONS SUR L'AMITIÉ à Chun-Liang YEH - III -
envoyé par HongFei-Cultures. - Regardez plus de courts métrages.

lundi 27 septembre 2010

Le secret du soir

"Le secret du soir" de Cécile ROUMIGUIERE et illustré par Eric GASTE revient très souvent dans les lectures du soir ces derniers temps.

© Cécile ROUMIGUIERE et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

Le petit prince Igor se sent bien seul malgré ses chiens, et les mille et mille jouets et livres. Seul dans ce château aux mille pièces, le roi et la reine sont bien occupés, le prescripteur et les nounous ne peuvent rien y faire, Igor est triste et ce oiseau bleu qui s'est échappé de sa cage n'aide en rien.
Sauf que cette nuit-là, un souffle chaud dans son dos le pousse à se lever de son lit. C'est un dragon perdu dans ce château, un dragon dans son lit, venu chercher une fleur... un dragon "de l'espèce des grands bavards". Igor va l'aider.

© Cécile ROUMIGUIERE et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

Se noue alors une amitié du soir dont personne n'est au courant. Bien-sûr ils iront à la recherche de la fleur d'hiver mais aussi ils se retrouveront chaque soir pour des voyages, des découvertes, des jeux et des confidences. Une relation complice, au fil du temps, une relation sur un prétexte. Oui mais une fois que l'objet du voyage est fini est-ce que le dragon reviendra? Est-ce que les rêves se poursuivront? Une petite idée de l'enfance et des aventures qui s'arrêtent aussi, quelquefois, pour grandir.

© Cécile ROUMIGUIERE et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

Les illustrations d'Eric GASTE, en clair obscur le plus souvent, nous montrent l'univers de la nuit, des images toutes douces et aussi quelques belles pistes de jeux de garçon.

Le billet de Lily, merci encore.

© Cécile ROUMIGUIERE et Eric GASTE/ Milan Jeunesse

samedi 26 juin 2010

La Galette et la Grande Ourse

© Anne HERBAUTS/ Casterman

Et voilà, un autre Anne HERBAUTS, une merveille, plus accessible aussi que "Lundi" : que demander de plus pour foncer l'acheter, bah rien! C'est fait!
Nous suivons un groupe d'amis à la tombée de la nuit, au clair de lune. Mais justement, de la lune pas de croissant juste un cil, les amis sont inquiets. Que peut-il se passer? Mais bien-sûr c'est la grande ourse, cette constellation dans le ciel (animal fait d'étoiles), prise de gloutonnerie. Il leur faut alors trouver une solution.© Anne HERBAUTS/ Casterman

Tout est beau: la présentation des personnages, où la description est elle-même une aventure, une poésie... Une sensibilité comme du Arnold LOBEL avec en particulier son hibou Hulul bien-sûr (c'est un hommage officiel) mais aussi semblable à cette nouvelle génération d'illustrateurs et de poètes, les personnages de Kitty CROWTHER (Jérémie la grenouille, Jim la mouette) ou ceux de Mélanie RUTTEN (Mitsu, Öko). Ainsi les personnages ont un physique, un habit et une maison qui donnent une idée de leur conception de la vie. Les détails ont leur saveur, le bric-à brac aussi.

© Anne HERBAUTS/ Casterman

L'histoire est toute douce. Tialouli le merle, Quenouille le crapaud, Anton le gourmand, Domino le domino et Crabistouille le "paquet de sucre" aiment dire au revoir au jour et bonjour à la nuit... et tous les soirs la lune leur répond de son œil rond. Mais dans cette obscurité, pas moyen de se laisser aller à la nuit. C'est une solution conviviale, respectueuse, poétique et lente (comme les moments de vie intenses et les partages tous doux) qui est choisie.

© Anne HERBAUTS/ Casterman

L'arrivée de la nuit après le jour, la recherche de moments d'amitié, de petits bonheurs... il y a de la chaleur humaine (euh animal ou bricàbracesque) dans l'histoire d'Anne HERBAUTS. Le dialogue entre les êtres imaginaires et la lune, personnifiée pour l'occasion, a toujours la saveur des moments avant les rêves, entre la réalité et le féérique. On retrouve "Hulul et la lune" d'Arnold LOBEL bien-sûr mais surtout cette récupération poétique et imaginaire des éléments extérieurs animant les enfants: la nuit, le jour, la lune (ou l'hiver de Hulul)... et une chaise rouge. Du miel dans l'étincelant des étoiles, des crêpes imaginaires comme autant d'astres...

Et puis les illustrations sont toujours une merveille: des aquarelles "piquetées de sel", des rajouts de texture... J'aime. A chaque fois, c'est comme une nouvelle expérience de texture que cette artiste nous propose.

Gaëlle propose un billet enthousiaste. Malice vous entraine dans l'univers de l'artiste.

23/24

jeudi 24 juin 2010

Hulul et la lune

© Arnold LOBEL/École des Loisirs

"Hulul et compagnie" d'Arnold LOBEL est dans notre bibliothèque familiale depuis bien 1 an. Ce livre, recueil compilant des histoires toutes douces "Sept histoires de souris", "Porculus", "Ranelot et Bufolet", "La soupe à la souris", "Oncle Eléphant" et "Hulul" bien-sûr, est une référence en littérature jeunesse. Une de celles qui se transmettent de génération en génération, une de celles qui restent en mémoire.
Ce sont des histoires courtes, pour les plus jeunes, avec une dose de poésie autant dans les illustrations que dans les textes.

"Hulul" est peut-être mon préféré. Ce petit hibou solitaire, un peu naïf ou tout du moins d'une curiosité sur les choses très émouvante. Ou ses moments très poétiques, avec son thé aux larmes par exemple. Des larmes venues en pensant aux objets cassés pour déguster cette boisson chaude et salée, un peu nostalgique mais si chaude au cœur. "Hulul et la lune" est aussi une belle conversation sur la nature, la nuit, la solitude et l'amitié...

© Arnold LOBEL/École des Loisirs

voici une vidéo vous présentant cette histoire.