lundi 6 juin 2011

Öko, un thé en hiver

© Mélanie RUTTEN/ Memo

Je n'avais pas parlé de suite d'"Öko, un thé en hiver" de Mélanie RUTTEN, suite du fabuleux "Mitsu, un jour parfait" dont je parlais là. J'avais peur de ne pas offrir un billet en adéquation avec mon émotion. Cette auteure/illustratrice apporte à chaque fois une lecture pleine d'émotions, de détails, de ceux qui marquent une journée et font les petits bonheurs. Oui mais le troisième volet est dans nos lectures du soir depuis peu... avec une envie pressante de vous le présenter. Il attendra un tout petit peu.

Là, nous suivons Öko dans cet hiver. Madeleine la cigale, une amie de tous (comme leur grand-mère), vient de mourir. Ils lui rendent hommage, se regroupent, à l'enterrement et chez elle. La douleur se vit ensemble et le réconfort est aussi un stade délicat des relations. Ensemble, en petites communautés, en privé; en paroles, en regard, en retour à la maison. Et puis seul, sans les autres. Après le froid, Öko cherche la chaleur, d'un feu, d'un petit coin de maison avec tout ce qui est doux. Au réveil, la neige a posé sa marque blanche et permet de refaire des traces. Öko part en forêt.

© Mélanie RUTTEN/ Memo

La perte est une confrontation avec les relations aux autres: cette envie de solitude, de reconnaissance, de partage, d'affection. Le livre offre ce deuil comme une part de la vie: une perte mais aussi des souvenirs, des liens avec le présent. Le matériel prend toute sa poésie, la possession se fait plurielle, partage et émotion. Il est question aussi de renaissance, de pousses aux fleurs blanches, de souvenirs chauds, éclairants, de manière de pensée qui se transmettent... de chaleur humaine.
Et puis, comme à chaque fois, Mélanie RUTTEN nous offre l'autre, celui qui peut faire peur, celui qui est différent. Ce sont des moments d'amitié, des quiproquos, des moments sans, mais surtout, quelques instants plus tard, des moments avec.

A chaque page, les émotions nous prennent. L'univers de cette artiste est doux, pertinent, sensible. Tout y est beau: l'histoire, qui n'est au fond, qu'une part d'une plus longue aventure, les dessins (dont on retrouve un certain style Kitty CROWTHER et maintenant je sais pourquoi, merci Melle RUTTEN pour ces confidences) et tous les petits kaléidoscopes de la vie.
La nature, la chaleur d'une boisson chaude offerte, les rencontres, la nuit, les éléments climatiques, les invitations. Il n'y a pas à dire, c'est une offrande de bonne humeur, une leçon de chose comme une philosophie de vie. Je ne me lasse pas de lire et relire...

"Dans la forêt, il découvre un endroit fait pour s'arrêter. Au pied d'un arbre, une tasse de thé. Toute chaude."

Ce second acte est une histoire un peu plus ardue pour les plus petits auditeurs/spectateurs, mais à la seconde lecture, l'émotion les atteint.
Ici je parlais de ce thé offert... entre amis, pour se souvenir dans la nostalgie mais pas la mélancolie, dans l'émotion, le présent, le futur et le partage.

© Mélanie RUTTEN/ Memo

Lily en parle subtilement bien là.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire