mercredi 30 juin 2010

Le colis Swap jeunesse 2010 ouvert : nature et philosophie

Bien-sûr que j'ai déjà ouvert mon colis Swap jeunesse 2010. En effet, nous l'avions ouvert l'une devant l'autre avec Thalie, dans le parc.


Mais pour vous, le voilà:
Thalie a axé le colis sur la nature, le biologique et la philosophie... elle a bien vu. De quoi partir des produits que l'on utilise et revenir aux origines et à l'explication avec le lutin.

Déjà les objets:
- un gel lavant fait maison aux produits biologiques et naturels, un délice d'onctuosité, de parfum doux aux huiles essentielles et pas du tout chimique et à la douceur... une vraie découverte pour moi qui n'utilisais plus de gel lavant ou de savon mais juste le pain d'aleph... malheureusement la miss m'a juste indiqué en gros les ingrédients (dont le superbes produits que je connais séparément: millepertuis, He de lavande et de Tea tree, entre autres) sans le dosage. En tous cas, je suis ravie d'être une autre victime ! Mon tiroir d'huiles essentielles, d'huiles végétales, a envie d'être à nouveau ouvert et pas seulement pour de l'aromathérapie... quelques expériences et lutinages suivront....
- un photophore avec sa passiflore à faire germer... j'adore les fleurs de la passion, en espérant que la découverte du jardinage et des plantations par le lutin pousseront la maman à des attentions plus poussées... vous l'aurez image par image...

La gourmandise blanche douce et fondante: des guimauves maison qui n'ont malheureusement (heureusement) fait qu'une heureuse: moi, en quelques heures... oui mais bon, c'était tellement bon et elles fondaient... et puis Thalie nous a mis la recette là.

Et parce que le Swap est littérature jeunesse, de quoi lire et expliquer plein de choses:
- dans la collection "Les goûters philo" que je voulais absolument découvrir: "La nature et la pollution" de Brigitte LABBE et Michel PUECH et illustré par Jacques AZAM: de nombreux thèmes abordés, une mise en place sous forme de dialogue mais aussi en fin de livre des portes ouvertes pour de vrais goûters philosophiques avec les enfants (à partir de 8 ans disent-ils mais nous allons commencer à découvrir à deux dès maintenant sur certains sujets).
- une nouvelle édition qui me tentait énormément sans que je puisse mettre la main dessus, "Les petits platons" avec cette superbe proposition "Le meilleur des mondes possibles d'après G.W.LEIBNIZ" de Jean-Paul MONGIN et illustré par Julia WAUTERS. Je suis ravie, parce que je reprendrais ainsi mes bases de philosophie universitaire de manière je crois beaucoup plus didactique et parce que je vais pouvoir proposer au petit d'homme de vraies réflexions. J'en parlerais c'est sûr.

Oui, oui j'avais proposé cette voie sur les questionnements philosophiques des enfants et Thalie est allée encore plus loin! Merci encore. Merci aussi aux organisatrices d'avoir pris le relais pour cette nouvelle cuvée, merci Oriane et Charlotte.
Et de mon côté, le colis qui leur était réservé est ouvert chez elle là.

mardi 29 juin 2010

Le bizarre incident du chien pendant la nuit


« Tous les autres enfants de mon école sont idiots. Normalement, je ne devrais pas dire qu’ils sont idiots, pourtant, ils le sont. On doit dire qu’ils ont des difficultés d’apprentissage ou que ce sont des enfants déficients. Mais c’est idiot, parce que tout le monde a des difficultés d’apprentissage et que c’est difficile d’apprendre le français ou de comprendre la Relativité. Et puis tout le monde a des déficiences, comme Père qui a toujours sur lui un petit paquet d’édulcorant artificiel pour arrêter de grossir, ou Mme Peters qui a un Sonotone beige, ou Siobhan qui a des lunettes dont les verres sont si épais qu’elles vous donnent mal à la tête quand on les lui emprunte. Pourtant, on ne dit pas d’eux qu’ils sont Déficients, même s’ils ont des déficiences.
Siobhan dit que nous devons utiliser ces mots-là parce que avant on appelait les enfants qui sont comme ceux de l’école des tarés, des débiles ou des mongols et que ce sont de vilains mots. Mais c’est idiot aussi parce que, des fois, quand ils nous voient descendre du bus, les enfants de l’école qui est au bout de la rue nous crient : « Ouh, les déficients. » Moi, je n’y fais pas attention, parce que je n’écoute pas ce que disent les autres. »
(extrait de "Le bizarre incident du chien pendant la nuit" de Mark HADDON)

samedi 26 juin 2010

La Galette et la Grande Ourse

© Anne HERBAUTS/ Casterman

Et voilà, un autre Anne HERBAUTS, une merveille, plus accessible aussi que "Lundi" : que demander de plus pour foncer l'acheter, bah rien! C'est fait!
Nous suivons un groupe d'amis à la tombée de la nuit, au clair de lune. Mais justement, de la lune pas de croissant juste un cil, les amis sont inquiets. Que peut-il se passer? Mais bien-sûr c'est la grande ourse, cette constellation dans le ciel (animal fait d'étoiles), prise de gloutonnerie. Il leur faut alors trouver une solution.© Anne HERBAUTS/ Casterman

Tout est beau: la présentation des personnages, où la description est elle-même une aventure, une poésie... Une sensibilité comme du Arnold LOBEL avec en particulier son hibou Hulul bien-sûr (c'est un hommage officiel) mais aussi semblable à cette nouvelle génération d'illustrateurs et de poètes, les personnages de Kitty CROWTHER (Jérémie la grenouille, Jim la mouette) ou ceux de Mélanie RUTTEN (Mitsu, Öko). Ainsi les personnages ont un physique, un habit et une maison qui donnent une idée de leur conception de la vie. Les détails ont leur saveur, le bric-à brac aussi.

© Anne HERBAUTS/ Casterman

L'histoire est toute douce. Tialouli le merle, Quenouille le crapaud, Anton le gourmand, Domino le domino et Crabistouille le "paquet de sucre" aiment dire au revoir au jour et bonjour à la nuit... et tous les soirs la lune leur répond de son œil rond. Mais dans cette obscurité, pas moyen de se laisser aller à la nuit. C'est une solution conviviale, respectueuse, poétique et lente (comme les moments de vie intenses et les partages tous doux) qui est choisie.

© Anne HERBAUTS/ Casterman

L'arrivée de la nuit après le jour, la recherche de moments d'amitié, de petits bonheurs... il y a de la chaleur humaine (euh animal ou bricàbracesque) dans l'histoire d'Anne HERBAUTS. Le dialogue entre les êtres imaginaires et la lune, personnifiée pour l'occasion, a toujours la saveur des moments avant les rêves, entre la réalité et le féérique. On retrouve "Hulul et la lune" d'Arnold LOBEL bien-sûr mais surtout cette récupération poétique et imaginaire des éléments extérieurs animant les enfants: la nuit, le jour, la lune (ou l'hiver de Hulul)... et une chaise rouge. Du miel dans l'étincelant des étoiles, des crêpes imaginaires comme autant d'astres...

Et puis les illustrations sont toujours une merveille: des aquarelles "piquetées de sel", des rajouts de texture... J'aime. A chaque fois, c'est comme une nouvelle expérience de texture que cette artiste nous propose.

Gaëlle propose un billet enthousiaste. Malice vous entraine dans l'univers de l'artiste.

23/24

jeudi 24 juin 2010

Swap littérature jeunesse 2010, une rencontre

*source photo de Philip GENDREAU

Hier c'était la date limite d'envoi du colis Swap littérature jeunesse. Et oui Oriane et Charlotte, les organisatrices, nous l'avaient rappelé mais nous avons préféré nous remettre les colis en main propre, aujourd'hui (parce qu'hier le lutin avait une fièvre assez inexpliquée).
Quoi, je ne vous l'avez pas dit, mais si, sur la colonne de droite, je m'étais inscrite in extremis à ce Swap mettant en avant la littérature jeunesse. J'avais été repêchée après désistement, autant dire qu'il a eu du succès. Alors ce fut dur de gâter (comme toujours j'ai l'impression d'être passée à côté). J'espère que Thalie, c'est elle ma swappée-swappeuse à qui j'ai pensé, à elle et ses deux trésors, a aimé...
Le principe du Swap a toujours cela de fabuleux: une découverte d'un nouvel univers. Thalie nous offre un monde très attachant, de couture, de cuisine, d'amour, de petits et grands moments. Il y a de la créativité dans l'air.

Alors nous nous sommes rencontrées, les lutins aussi... un beau moment dans un parc parisien, à l'ombre, près du sable et des manèges. Nous avons partagés des réflexions sur la maternité, la parentalité, l'éducation... mais là n'est pas le sujet. Et nous avons échangé les paquets et j'ai été gâtée, beaucoup, mais je vous en dirais plus le mercredi 30 juin. Un indice: la gourmandise était blanche et délicieuse!

Hulul et la lune

© Arnold LOBEL/École des Loisirs

"Hulul et compagnie" d'Arnold LOBEL est dans notre bibliothèque familiale depuis bien 1 an. Ce livre, recueil compilant des histoires toutes douces "Sept histoires de souris", "Porculus", "Ranelot et Bufolet", "La soupe à la souris", "Oncle Eléphant" et "Hulul" bien-sûr, est une référence en littérature jeunesse. Une de celles qui se transmettent de génération en génération, une de celles qui restent en mémoire.
Ce sont des histoires courtes, pour les plus jeunes, avec une dose de poésie autant dans les illustrations que dans les textes.

"Hulul" est peut-être mon préféré. Ce petit hibou solitaire, un peu naïf ou tout du moins d'une curiosité sur les choses très émouvante. Ou ses moments très poétiques, avec son thé aux larmes par exemple. Des larmes venues en pensant aux objets cassés pour déguster cette boisson chaude et salée, un peu nostalgique mais si chaude au cœur. "Hulul et la lune" est aussi une belle conversation sur la nature, la nuit, la solitude et l'amitié...

© Arnold LOBEL/École des Loisirs

voici une vidéo vous présentant cette histoire.

mardi 22 juin 2010

Le ballon de Zébulon

© Alice BRIERE-HAQUET et Olivier PHILIPPONNEAU/Auzou

Un nouveau coup de cœur! Un de plus me direz-vous! Oui bien-sûr un de plus et quel bonheur de découvrir ici et là de petites merveilles pour tous les lecteurs (tous les âges devrais-je dire). "Le ballon de Zébulon" d'Alice BRIERE-HAQUET et illustré par Olivier PHILIPPONNEAU est de ces livres pour les plus jeunes qui peuvent suivre l'évolution et ne se démodent pas avec l'âge du lecteur. Du direct mais aussi beaucoup de poésie, un propos non bêtifiant mais juste, entre autre.

© Alice BRIERE-HAQUET et Olivier PHILIPPONNEAU/Auzou

Zébulon est ce petit animal, mi-chien mi-"souriceau zébré", qui joue avec son ballon de baudruche: un superbe ballon rouge, un ballon qui l'accompagne partout, un ballon doudou. Mais il s'envole laissant Zébulon seul dans le noir. Et là, trompé par manque de luminosité et la couleur rouge, il part à sa recherche pour découvrir le rouge ailleurs. Ce rouge aussi important pour les autres occupants des lieux. De cette perte, des rencontres, des soutiens et réconforts, Zébulon cherche, se fait câliner, va de l'avant... pour découvrir qu'il n'a plus peur de la nuit et que avancer amène à rencontrer des amis.
Le texte d'Alice BRIERE-HAQUET est comme une comptine "Petit Zébulon, arrête de pleurer, ton ballon, on va le chercher. Un de perdu, dix de retrouvés!" Par la répétition douce, ce va et vient des yeux (en-haut, en bas) et ces animaux, rencontrés par hasard offrant leur affection, la lecture est douce et permet de regarder l'obscurité et l'aventure de la vie, la nouveauté, comme une étape toute en sensibilité.

© Alice BRIERE-HAQUET et Olivier PHILIPPONNEAU/Auzou

Sans oublier que le contact avec les autres apparait là rassurant et soutenant dans les étapes de vie: chouette, colombes, escargots ou asticots, tous ensemble.
Le travail de cette auteure est à suivre .

© Alice BRIERE-HAQUET et Olivier PHILIPPONNEAU/Auzou

Les gravures d'Olivier PHILIPPONEAU sont de véritables merveilles: du noir, du blanc et du rouge. Le résultat est stylisé et permet aussi vraiment une approche de la nuit, une approche des contours, des matières, des illusions d'optique. La ligne directive (ou le rond rouge directeur) permet aussi d'entrer dans une image, de découvrir les autres par un point reconnu, rassurant.
Qu'est-ce que ces gravures sur bois sont belles... allez donc voir le travail de cet artiste à suivre sur son blog.

*source blog d'Olivier PHILIPPONEAU

Le superbe billet d'Emmyne
Celui non moins intéressant de Papier de soie ici
22/24

lundi 21 juin 2010

Under ground

© Shimako OKAMURA/La joie de lire

"Under ground" de Shimako OKAMURA est arrivé bien grâce à internet. C'est Kimiko contes qui m'avait donner envie et c'est vrai que j'ai acheté les yeux fermés (le goût de la demoiselle est sûr!). Ce livre est l'histoire d'une taupe et de ses galeries en sous-sol.
Le livre n'a pas de parole, pas de commentaire. Nous suivons une par une les illustrations pleine page (voir double ou quadruple). La taupe avec sa lampe frontale creuse ses galeries et nous invite à un voyage dans le temps, un voyage géologique, un voyage parmi les trésors enfouis: trésors archéologiques, trésors de savoirs, trésors écologiques aussi.

© Shimako OKAMURA/La joie de lire

Elle semble insensible et continue son travail continuellement, même si des situations inattendues l'amène à tout recommencer... entre les racines de l'arbre, encore plus profond, plus profond. Un voyage au cœur du silence... en perpétuelle et mystérieuse recherche.

© Shimako OKAMURA/La joie de lire

Certains détails sont très accrocheurs: un squelette de dinosaure, des pierres précieuses mais aussi deux rabats à ouvrir, comme un circuit à recontruire. Grâce à ce livre, la géologie prend forme et provoque des explications sur le cœur de la terre... un éternel recommencement.
"La taupe est considérée par bien des hommes comme un ravageur de cultures. C'est un tout autre rôle que lui attribue Shimako Okamura dans "Under ground". En suivant ce mammifère fouisseur dans les galeries souterraines qu'il creuse, l'illustratrice nous offre une visite géologique des plus intéressantes : vestiges antiques, squelettes de dinosaures, grottes souterraines dont les cristaux aux mille couleurs scintillent sous la lampe frontale et autre couche magmatique sont les merveilles que l'on découvre au détour des galeries que creuse notre petite taupe besogneuse. Mais gare à l'eau ! ou tout est à recommencer. Derrière cette balade géologique, on notera la symbolique de la naissance. En effet, l'histoire de cette petite taupe qui creuse le giron de la Terre pour s'en faire chasser à grandes eaux relève bien d'une naissance, et même d'une naissance obligée car la petite taupe semble bien décidée à retourner " sous la Terre "." (extrait du site du Museum de Genève sur une exposition en 2007/2008)
Une version de ce livre est très colorée. Nous avons, pour notre part, la version aux couleurs ocres et terres, très ombrées. Les couches géologiques ont vraiment une "matière", encre et couleur, la texture est presque grattée et le papier de qualité offre une lecture presque mystérieuse. © Shimako OKAMURA/La joie de lire

Cette visite souterraine donne envie d'aller rejoindre les spéléologues, de faire des carottes géologiques ou une collection de terres à la manière de Koichi Kurita.

Avis très argumenté dans le Quoi de neuf dans les livres pour les tout-petits n°48/49

21/24