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lundi 18 mai 2015

Comment parler de l'islam aux enfants

Il m'a fallu du temps pour le lire. Et pourtant, je l'ai demandé pile au moment de l'actualité. Je l'ai commencé aussi ces jours-là, puis je l'ai refermé, mis sur une étagère et n'ai pas voulu le reprendre. Pourquoi donc? Parce que le sujet provoque des à-priori, parce que mis à toutes les sauces, il devient une étiquette, parce que je ne voulais qu'être positive (sans regarder plus loin qu'une conscience bien-pensante)... parce qu'il me fallait du temps pour que je n'en pense plus rien.
Comme toute la collection "Comment parler de... aux enfants", nous avons sous la main une ressource pertinente aux questions de nos bambins. Composé de deux parties, la première est plus une présentation du sujet pour les parents, les enseignants, les adultes ou adolescents qui veulent en savoir plus. Elle reprend l’historique, la contextualisation, les différents éléments de débats. La seconde est une suite de 15 questions partant d'une image et auxquels l'auteur répond sur trois tranches d'âges, les 5/7 ans, les 8/10 ans et les 11/13 ans.


"Comment parler de l'islam aux enfants" de Gérard DHOTEL est justement important à plus d'un titre.
La première partie nous rappelle les fondements de cette religion, une des trois monothéistes. La distinction entre islam, la religion, Islam la culture et islamisme comme relecture politique des textes sacrés. Elle présente les différentes branches et courants. La parole se fait par le prophète, un personnage qui a véritablement existé: Muhammad (déformé en Mahomet par les européens).
Le texte s'appuie ensuite sur ses bases: la foi, la soumission et la recherche de la perfection et reprend en quoi cette religion est incarnée, ritualisée, dans le quotidien (et pas seulement par des débats politisés) et pleine de bienveillance.


La seconde partie pose les questions, quelques fois toutes simples mais pas si simplistes. Elles vont manger des gâteaux! amène la question du ramadan, de ce jeûne et de ce que cela représente et de manière pratique pour les musulmans et de manière symbolique dans la religion. Une autre question renseigne sur les interprétations du Coran et la difficulté qu'ont les musulmans de se mettre d'accord. Puis quelles sont les autorités religieuses? Comment l'islam est-il implanté en Afrique? Ou très marqué par les événements de janvier: qu'est-ce le djihad ? et la question du terrorisme.


Il ne faut pas se freiner par l'aspect un peu froid du livre. Malgré les photos qui permettent une personnification quelque fois ou un retour à du concret visuel, l'amas de texte peut effrayer mais reprenez le livre, rouvrez-le, profitez-en pour une discussion et là il apportera bien des éléments constructifs. 
Le livre est ainsi très bien fait. Écrit par un non musulman, il se penche sur tous les aspects de la religion pour offrir une vue d'ensemble. Les fiches proposées aux enfants répondent bien aux questions et ouvrent le débat.
Je confirme ma volonté de présenter le plus tôt possible les religions aux enfants. Même si nous sommes dans un pays laïque, les religions sont dans les maisons, du quotidien de nombreux enfants et leurs parents. Il est ainsi nécessaire de s'informer, de connaître ou de savoir où piocher les informations pour ne pas faire d'amalgames, quelle que soit la religion ou la culture de l'autre. Vous trouverez ici un interview de l'auteur après les assassinats.

Merci aux éditions du Baron perché!

mardi 7 avril 2015

Le ciel d'Anna

Stian HOLE est un illustrateur déconcertant. Il m'a fallu lire son premier album entièrement pour découvrir que cette sensation assez désagréable devenait une immersion surréaliste dans un univers d'enfant. Avec sa série sur ce garçon bien sympathique qu'est Garman, je suis devenue addicte.

© Stian HOLE/ Albin Michel Jeunesse

"Le ciel d'Anna" laisse encore plus la place aux illustration, le texte étant moins présent. Anna n'est pas pressée de suivre son père. Elle est là, la tête ailleurs à regarder le monde autour d'elle, à imaginer et à rêver. Lui est prêt, en costume, les fleurs aux bras et puis la cloche sonne dans l'église au bout du fjord.

© Stian HOLE/ Albin Michel Jeunesse

Anna parle à son père, de ces impressions, de ce qui lui murmurait sa mère. C'est l'absente. Anna propose une évasion surréaliste à son père... dans l'eau, dans le ciel, dans la multitude de la faune et flore réelles et imaginaires. Sa maman a rejoint les invisibles. Anna découvre leur contrée. Mais où est-elle? Dans le jardin de Dieu ou à prendre le thé avec des êtres disparus... le monsieur aux timbres de la rue de Garman peut-être mais aussi Picasso ou Elvis.

© Stian HOLE/ Albin Michel Jeunesse

Avec énormément de poésie, Stian HOLE offre un regard d'enfant sur le deuil, sur les premiers moments de manque et d’absence de l'être aimé. L'enfant a la tête ailleurs et les illustrations montrent bien son imaginaire onirique mais c'est aussi ce rapport d'après la mort qui apparait.

© Stian HOLE/ Albin Michel Jeunesse

La religion apparait ici dans l'après mort, le ciel: un espace et des occupations d'invisibles. Mais aussi les préoccupations de Dieu, ses yeux partout, ses correspondances avec les hommes, sa capacité à refaire le monde peut-être.


vendredi 9 janvier 2015

Pour ou contre: l'actualité en débat

J'en ai des tonnes, des billets commencés et pas terminés. Mais il me faudra, cette année 2015, vous les fournir plus méthodiquement, sinon à quoi bon continuer à vouloir partager si certaines prises de parole écrites restent muettes.
Je laisserais peut-être encore les prises de parole personnelles, mes humeurs, justement, au placard, au brouillon, je ne sais plus si c'est ce que j'attends de ce média mais parler des référents, des ouvrages qui ouvrent la voix, qui portent l'esprit critique, il faut que je les publie. Et tant pis si mon billet n'a pas la teneur, la rigueur de mes ambitions.

© Sophie LAMOUREUX, Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD/ Gallimard jeunesse

Ce livre est impressionnant. Il donnera aux adolescents toutes les clefs pour comprendre l'actualité. Et autant dire que c'est fondamental. Se questionner, se positionner, se renseigner, ne pas rester coi. 

"Pour on contre: l'actualité en débat" de Sophie LAMOUREUX, illustré par Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD est en effet très complet. Il aborde une quarantaine de débats sous les thèmes d'éthique, d’institutions, d'environnement, de culture, d'immigration, de laïcité, d'économie.
A chaque fois les notions sont définies, le traitement dans les médias présenté, la position des partis politiques indiquée, de nombreuses références et indications d'appartenance sont proposées avant de plonger plus directement dans les arguments pour ou contre, mis sur un plan d'égalité et au code couleur bien clair. 

© Sophie LAMOUREUX, Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD/ Gallimard jeunesse

Pour chaque débat, la précision des termes apporte pertinence et esprit critique. Les droits de l'homme, les droits de l'individu. La laïcité, le laïcisme. L'assimilation et le multiculturalisme. La Recherche et le principe de précaution. ...
Le plus est aussi dans les encadrés où sont notés rapidement les chiffres, les affaires connues, les personnages importants ou les débats internationaux.
Il manquerait une contextualisation mais pour le reste, les arguments permettent de se faire un opinion argumentée: en vrac, pour ou contre le libre-échange, la discrimination positive, l'euthanasie, les impôts, la limitation de la liberté d'expression, le non-cumul des mandats, le nucléaire, la remise de peine, le clonage etc...

© Sophie LAMOUREUX, Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD/ Gallimard jeunesse

Ce livre donnera des pistes pour mieux lire les informations données par les médias, pour les décrypter, les digérer, rester critique. Avec bien-sûr le merveilleux luxe de vivre dans un pays de livre expression!!!!!


mercredi 22 octobre 2014

Le Mahabharata

J'avais envie de plonger aussi dans les "mythologies" du monde, la gréco-romaine si riche dont notre culture garde les traces ne retirant rien à l'intérêt des autres.
Longtemps les occidentaux ont cru que les plus anciennes civilisations mêlant l'écriture, les villes, l'agriculture et la religion se situaient en Mésopotamie ou en Égypte, en oubliant la civilisation de l'Indus. Et pourtant si les conditions climatiques avaient été différentes, les mythologies d'avant l'arrivée des Aryens seraient beaucoup plus considérées.
De ce peuple survit deux épopées, le Ramayana apporte un premier récit et nous adorons suivre la version de Sanjay PATEL. La seconde est transmise de génération en génération, chantée dans son intégralité, le Mahabharata. J'avais choisi de commencer par une version jeunesse, peut-être plus abordable, avant de lire d'autres écrits.

© Samhita ARNI/ Gallimard jeunesse

Je ne vous dirais pas que vous comprendrez tout à la première lecture du "Mahabharata" raconté et illustré par Samhita ARNI. L'auteur des 2 tomes est une enfant. Elle a 8 ans quand elle dicte à sa grand-mère le premier et 12 ans quand elle écrit le second. La gamine bien éveillée a appris à lire pour ne plus se contenter de réciter les histoires lues par ses parents. Elle dévore alors les bibliothèques à sa disposition, souvent avec les textes anciens, religieux. Pour ne pas s'ennuyer, elle suit le conseil parental: réinventer un récit. Elle choisit volontairement le plus dur!

© Samhita ARNI/ Gallimard jeunesse

L'épopée guerrière est longue et cumule un nombre de personnages importants. Il n'y a pas un héros à suivre mais une multitude de personnages principaux. Les rois ont mis au monde des enfants, d'un côté, cinq frères, les Pandava, de l'autre leurs 100 cousins, la fratrie Kaurava. Ils se combattent pour prendre possession de la région nord-ouest de l'Inde.
Le récit commence avec les unions et les naissances. Tout est alors merveilleux et dramatique. Les dieux, les devoirs, les droits, les envies prédisent la vie. Dès le début, les détails sont d'une richesse d'évocation impressionnante. Du brillant, des saveurs, du luxe, des odeurs mais aussi beaucoup de saletés, de difformités, de laideurs. Des qualités choisies une à une pour les enfants des uns, une masse sanglante informe coupée en 100 et plongée pendant 9 mois dans l'huile pour les autres. Des abandons, des adoptions. Une femme épousant 5 frères.

© Samhita ARNI/ Gallimard jeunesse

Puis la nature humaine reprend ses droits. Les cousins se jaugent, s'en veulent, se mettent au défi. Une partie de dés où l'un des frères joue toute sa richesse, ses frères et sa femme. Un exode de 12 ans, un déguisement/travestissement d'une année.
Mais aussi ce destin nécessaire: la guerre. Il est dit qu'il ne restera que très peu de survivants. Tous les rois prennent position, ils sont tous tués en moins de 20 jours. Tête tranchée, corps ouvert. La jeune auteure ne nous épargne rien. La vengeance et l'honneur dictent leur loi. Les divinités et démons sont extrêmement nombreux et à chaque portion de vie, de guerre ou de mort, les miracles sont présents.

© Samhita ARNI/ Gallimard jeunesse

Les dessins au feutre ou encre noir de la jeune auteure sont de plus en plus précis, ils ancrent la spontanéité de son récit et marque son intérêt pour les personnages et les costumes. La noirceur n'est pas absente à la guerre bien-sûr.

© Samhita ARNI/ Gallimard jeunesse

La version de Samhita ARNI est une suite de très courts chapitres, assez factuels. Il sera intéressant de se pencher sur une autre version pour mieux saisir tous les pans de cette aventure. La nature humaine et les mauvais choix conduisant les hommes (et les divinités), une approche morale, de l'art de gouverner et une spiritualité, doivent apparaitre derrière les cruautés et les éclats fantastiques. A suivre et version à relire. J'attends avec impatience la version de cette enfant, devenue femme, sur le Ramayana vue par Sita, la déesse, l'épopée par les yeux d'une femme, actuellement non traduite.

lundi 10 juin 2013

Une étoile dans le noir

Je voulais en parler il y a déjà quelques mois. Je voulais aller vite parce qu'il s'agit d'un petit trésor et puis je n'ai pas su quoi écrire. Je n'en parlerais peut-être pas mieux maintenant, tant pis, ce sera à vous de découvrir à quel point le livre va loin.

© Lucia TUMIATI et Joanna CONCEJO/ Editions Notari

"Une étoile dans le noir" de Lucia TUMIATI et illustré par Joanna CONCEJO est un livre jeunesse sans en être un. Il en a le format, presque les illustrations (encore que) mais le texte est dense, profond et les mots ont une sagesse.

Le narrateur, un jeune berger s'occupant des chèvres de la famille, nous parle de sa rencontre avec un autre enfant. Un garçon solitaire, avec des frères, vivant dans le même coin mais laissant perplexe, déstabilisant. Mais au fond, c'est un garçon comme lui, non?! Et bien non! Cet enfant semble un peu sot, plus lent, plus "distrait" à moins que ce soit dû à des préoccupations, une gravité d'adulte dans un corps d'enfant.
"Ce garçon qui parle comme un petit vieux me ferait presque rire, si ce n'étaient ces larmes qui lui coulent soudain et me laissent sans voix.
"Salut, je dois partir".
Il ne me répond pas. Il reste sous l'arbre à regarder dans le lointain."

A travers le quotidien du narrateur et ses discussions avec l'autre, un décalage devient flagrant. Les gestes du quotidien n'ont plus cette spontanéité du présent mais semblent juste une étape.
L'injustice de l'enfance, l'obéissance dû aux parents, le rôle parental sont ici sortis de leur résonance singulière pour prendre une autre plus universelle. La temporalité ne semble plus la même. Les actes n'ont plus les mêmes conséquences.

 © Lucia TUMIATI et Joanna CONCEJO/ Editions Notari

Le narrateur est juif, heureux de l'être, de fêter, de suivre les enseignements des rabbins. Il aimerait tout de même un décloisonnement mais son ami, lui, remet même en question l’œuvre de Dieu, parle de la loi juive, la respecte, mais semble vouloir la comprendre et évaluer ses erreurs, ses lacunes, les manquements de l'éducateur religieux.

La rencontre des deux enfants est un choc, une prise de conscience mutuelle.
Le narrateur est insouciant, juste dans l'instant et ces fragilités, situations ou frustrations. L'autre garçon semble responsable de plus que de lui, il est soucieux, sérieux. Il réfléchit à la justice, à la culpabilité, aux victimes et aux autres, au don, à l'amour exempt de souffrance, à l'obéissance attendu des enfants, au cycle de la vie, aux multiples vérités et au chemin guidé par les étoiles.
En observant la vie d'un enfant, l'autre garçon avance dans sa réflexion. Le narrateur lui semble être ici comme un garde fou, il est le témoin du désespoir de son ami et arrive, tant bien que mal, juste une fois à le faire devenir un enfant, juste un enfant, le temps d'un déguisement.
Le narrateur est témoin des fulgurances que son ami a sur l'avenir, d'une certaine omniscience mais aussi de ses premières paroles de sagesse voire même de ses premiers "miracles". Il entrevoit aussi le sacrifice, de Marie sa mère épouvantée, désespérée devant cet acte attendu du Père, de ce fils, conscient de la souffrance et du sacrifice qu'il endurera plus tard...

"Je repense à ses quelques mots et j'essaie de comprendre ce qu'ils voulaient dire vraiment, mais j'ai peur de trop bien comprendre, et donc de grandir trop vite."

© Lucia TUMIATI et Joanna CONCEJO/ Editions Notari

Le travail de Joanna CONCEJO est celui d'un impressionniste, ce sont des gestes, des détails,  des instants. Ils ne peuvent être que cela et plus encore comme le début d'une réflexion personnelle. Ces petits papiers collés avec les dessins monochromes ne sont juste que des pauses, avant de reprendre.
***
Bien-sûr il s'agit d'une enfance particulière, celle d'un homme destiné à être l'étoile dans le noir de beaucoup d'autres, vous l'aurez compris.

Merci infiniment aux éditions Notari pour votre confiance.

mardi 19 février 2013

Bashô, le fou de poésie

Quand un livre, et encore plus un album dit jeunesse, est estampillé du nom de Frédéric CLEMENT, j'ai du mal à résister. Et cet album est venu chez nous d'autant plus vite qu'il parle de la culture japonaise, d'encre, de pinceau et de poésie.

© Françoise KERISEL et Frédéric CLEMENT/ Albin michel

"Bashô, le fou de poésie" de Françoise KERISEL et illustré par Frédéric CLEMENT nous présente la vie de ce japonais. Bashô, qui n'a pas encore ce nom, est un fils de samouraï et il se pose la question de sa vie future. Il deviendra poète comme son ami d'enfance.

© Françoise KERISEL et Frédéric CLEMENT/ Albin michel

A la mort de ce dernier, il quitte sa vie fastueuse et va vivre dans un monastère bouddhiste. Il se veut le messager de cet esprit de bonté, de pauvreté et voyage à travers le pays pour communiquer et partager l'art poétique. Il fonde une école et devient maître Bashô. Il souhaite rendre l'art du haïku populaire. Tous sont les bienvenus, de toutes classes sociales, hommes, femmes et enfants. Ainsi un enfant va devenir familier de l'école, Kikaku. Il deviendra le disciple le plus connu de Bashô.
Des années et des années de formations se succèdent mais un jour un incendie détruit l’école de Bashô. Il décide de partir, de voyager à travers le pays pour partager en nomade les haïkus. Il part seul, sera retrouvé par ses disciples et continuera seul... en rencontrant d'autres personnages de la poésie comme la poétesse au kimono blanc, Sono-Jo.
Dans la lignée, les haïkus deviennent une forme d'éducation du peuple dans la ville d'Edo et dans les campagnes.

© Françoise KERISEL et Frédéric CLEMENT/ Albin michel

Françoise KERISEL offre là une biographie de ce maître du haïku mais plus encore donne à comprendre sa manière d'être. Proche des gens, à la bonté permanente et pourtant exigeant. La méditation en zazen est aussi présentée comme une forme de présence à la nature et aux sentiments.
Le texte devient alors un peu plus complexe qu'une simple histoire mais apporte ainsi une seconde lecture très très intéressante, tournée sur le cycle de la vie, des saisons et de la présence aux autres.
La poésie est aussi très bien amenée au cœur du texte, comme par exemple cette éducation au respect de la nature, même à travers les haïkus.

J'ai été très perturbée par les peintures de Frédéric CLEMENT, illustrant cette biographie /conte. J'imaginais une certaine simplicité derrière l'éventail très chargé de la couverture. Et pas d'huile mais de l'aquarelle, de l'utilisation de l'encre.
Je l'ai donc lu, laissé de côté, longtemps, très longtemps... et repris.
Et puis la poésie des œuvres graphiques de CLEMENT est arrivée. Des peintures à l'huile offrent de multitudes de détails, des différences de textures, des dessins mais aussi des aplats de végétaux, de graines, de feuilles, de petits insectes. La part belle est aussi faite aux saisons.

© Françoise KERISEL et Frédéric CLEMENT/ Albin michel

NB: Matsuo Bashô (né Kinsaku Matsuo et, adulte, devient Munefusa Matsuo) est un personnage important autant que Takarai Kikaku (ou Enomoto Kikaku), son disciple dont on suit ici la progression jusqu’à la mort de son maître. Bashô veut dire bananier, comme celui offert par ses disciples et planté devant son école.

lundi 11 février 2013

Chu Ta et Ta'o, le peintre et l'oiseau

La démarche d’offrir à un lectorat plus jeune de petites biographies me plait énormément, cela permet de simplifier, un peu, et de d'ouvrir sur une lecture et une attention plus aboutie.
L'art a une place importante à la maison, parce que certains membres sont artistes et parce que des livres d'art sont là, s'ouvrent, se feuillettent souvent. Ici Sohee KIM, journaliste coréenne, propose de dévoiler une vie d'artiste atypique, celle du peintre chinois Chu Ta (Zhu Da), autrement nommé Bada Shanren.

 © Sohee KIM  et Pierre CORNUEL/ Grasset jeunesse

Dans "Chu Ta et Ta'o, le peintre et l'oiseau", l'oiseau né de l'encre et du pinceau de Chu Ta, Ta'o, nous parle de la vie de son créateur.
Chu Ta est un jeune prince prodige. Il enthousiasme ses proches par ses peintures. Ses peintures semblent prendre vie. Comme tout bon prince, il se marie et aurait pu devenir empereur Ming si les Mandchous n'avaient pas envahis la Chine. Une suite de drames le pousse à se cloîtré, dans le silence, puis dans un monastère bouddhiste où il a été soigné.
Commence une période de méditation et de spiritualité. Son maître, Hung-min, l'exhorte à s'exprimer... ce sera par l'encre et la peinture. Puis Chu Ta part du monastère pour en construire un autre, taoïste, le Nuage vert. Il y peindra encore et encore.
Puis Chu Ta retourne dans son village natal. Il se fait appeler autrement, se comporte comme un fou en sautant, criant avec allégresse et en buvant de l'alcool. Ses contemporains redécouvrent son art, veulent l'exploiter. Il déjoue les enjeux financiers pour offrir son amitié et repart vivre seul.

© Sohee KIM  et Pierre CORNUEL/ Grasset jeunesse

L'intérêt d'un tel livre jeunesse est de nous présenter un artiste mais encore plus une manière d'être à l'acte créatif.
L'art est ici aussi la résultante d'une éducation culturelle. Chu Ta a profité de l'enseignement des princes, une éducation poussée de lettrés: calligraphie, poésie, peinture. La pratique de l'encre et les réflexions sur la nature sont très importantes. D'ailleurs plusieurs pages montrent la ritualisation de l'acte de peindre: un bâton d'encre frotté dans un bassin de pierre, une grande feuille, une respiration, l'utilisation des nuances d'encre mais aussi du vide sur la page.
Même si Chu Ta était déjà talentueux, son art s'est peaufiné avec le travail et la méditation. Sous la tutelle de son maître spirituel au monastère, Hung-min, il contraint sa pratique par de l'effort et du travail et s'apaise: "Il lui donne un pinceau très grand, très long et très épais: "Tiens-le de sorte que seule la pointe soit en contact avec le sol. Ensuite, peins un grand cercle d'un seul trait."" Puis il dessine chaque jour.

La vie de cet artiste est aussi une belle mise en valeur de l'art : art comme passion, méditation, produit financier. Et puis grâce à cette vie, la spiritualité asiatique apparait dans tout son retrait, sa contemplation mais aussi son introspection. La quête de l'essentiel est ici aussi présentée en filigrane, une voie spirituelle entre bouddhisme et taoïsme.

© Sohee KIM  et Pierre CORNUEL/ Grasset jeunesse

Pierre CORNUEL propose là de très belles pages reprenant le travail de l'encre. Ses tableaux n'ont pas le caractère essentiel du mouvement chinois mais illustrent bien le propos. L'inspiration est bien là et le travail sur les végétaux apportent une très belle ouverture aux lavis chinois.

De quoi regarder encore mieux, après lecture, mon livre sur les oeuvres de cet artiste "Ba Da Shanren le Peintre-Moine (Les Cent Maîtres de la peinture chinoise) " de XIAO Yanyi, prêté en ce moment à une amatrice éclairée...

*source Chu Ta

mardi 5 février 2013

Les religions de la préhistoire à nos jours

J'ai effectivement une tendance à accumuler les "livres de savoir" comme les documentaires. Certains complètent une affinité. D'autres répondent à une envie de limon fertile sur lequel poser des valeurs.

© Mariane BOILEVE et Sandrine MIRZA et de nombreux illustrateurs/ Milan jeunesse

"Les religions de la préhistoire à nos jours" de Mariane BOILEVE et Sandrine MIRZA est, en ce sens, parfait pour présenter toutes les religions connues et investies par l'homme. Ce n'est pas tant pour répondre à une éducation religieuse qu'à une éducation "à la religion" et aux prises de position des individus face au monde.
Cette petite encyclopédie visuelle présente en 260 pages les religions du monde entier. Le parti pris d'ouvrir à toutes les religions, comme acte de foi explicatif, et d'offrir même aux plus inconnues une double page est extrêmement louable.

Les religions disparues présentent les premières réflexions sur la naissance (les Vénus), la mort et les premiers sites, puis les religions de la Mésopotamie, des Égyptiens (dieux mais aussi momification et sites funéraires), des Grecs, des Romains (avec les leur et celles des autres peuples soumis), des Celtes (druides, rapport à la nature et sacrifices humains), des Vikings (où l'on explique pourquoi ils n'ont pas peur de la mort), des Mayas, des Aztèques (leurs sacrifices humains mis en exergue), des Incas et des Polynésiens.

© Mariane BOILEVE et Sandrine MIRZA et de nombreux illustrateurs/ Milan jeunesse

Les religions de tradition orale ouvrent sur l'Afrique avec les Dogon, les Yoruba, les Masaï; sur l'Océanie avec les Aborigènes, les Papous et sur l'Amérique avec les Indiens Navajo, les Indiens Pueblo, les Yanomani et les Inuits.

© Mariane BOILEVE et Sandrine MIRZA et de nombreux illustrateurs/ Milan jeunesse

Le chapitre les enfants d'Abraham reprend l'acte créateur d'un dieu unique et les trois voies, juive, chrétienne et musulmane. Pour chacune, il est fait mention des différentes manières de pratiquer. Les juifs selon leur lieu d'exil, ashkénazes ou sépharades, mais bien plus en rapport au respect strict de la Torah (orthodoxe, Kabbale, hassidisme ou réformé). Les chrétiens en fonction de leur famille: orthodoxes, catholiques et protestants (prêtres, rituels, pèlerinages, Marie, sans intermédiaire). Les branches de l'Islam, les sunnites, les kharijites et les chiites, et la foi et la loi (charia) mêlées.
Ces pages sur les monothéismes permettent un meilleur décodage des monuments et des rituels qui nous entourent au quotidien.

Les religions d'Asie présentent: l'hindouisme et ses multiples dieux et héros, ses multiples courants, vishnouisme, shivaïsme, tantrisme, et sa pratique au choix; le sikhisme monothéiste; le mazdéisme; le bouddhisme et ses trois voies ( Petit Véhicule, Grand Véhicule et Véhicule du Diamant); religion populaire chinoise mêlant bouddhisme, taoïsme et confucianisme; le shintoïsme et les kami.

© Mariane BOILEVE et Sandrine MIRZA et de nombreux illustrateurs/ Milan jeunesse

Les religions métisses présentent le christianisme africain (harrisme, éthiopiennes, zionistes ou kimbanguiste); les croyances malgaches; les rastafaris de la Jamaïque; cultes des esprits; vaudou; bahaïsme.

Ce support est très bien fait. Il offre une visibilité à toutes les religions en proposant à chaque fois en plus d'une géographie et d'une histoire. Il n'est pas non plus accumulation d'objets et de photos de rituels juste légendés.
Il amène une explication des rites, une présentation des prêtres et une perspective sur la société, en tant que passages importants de la vie (de l'enfant à l'adulte, culte des morts, naissances, unions) mais aussi comme support de savoir (lieu du savoir ou écoles prestigieuses ouvertes à certains enfants).
J'aime aussi que les religions monothéistes ne soient pas prédominantes ("seulement" 80 pages sur 260).

Ce livre permet de distinguer les religions, de mieux comprendre leur pratiques et croyances mais aussi permet de mettre en avant certains points communs.
Le propos est clair, précis, sans jugement et l'ouverture est autant dans la mise en forme du propos que dans les dernières pages sur les prises de positions laïques ou non, les sectes ou nouvelles religions et les emprunts du langage aux religions.
Que vous dire de plus: excellente proposition!

mardi 4 décembre 2012

Hanouka, Fêtes des lumières

Samedi prochain sera le premier jour de la fête des lumières juives. Pendant 8 jours, des bougies seront allumées le soir sur la menorha... 8 soirs pour se rappeler la résistance juive à l'assimilation hellénique.

© Michael J.ROSEN et Robert SABUDA/ Seuil jeunesse

"Hanouka, Fête des lumières" de Michael J.ROSEN et pop-upé par Robert SABUDA propose une double page de lecture chaque soir de l'allumage des bougies.

Cet ouvrage est déstabilisant. Bien-sûr le découpage pop up de Robert SABUDA est toujours magnifique. Le texte est beau aussi. Mais il n'a pas apporté la chaleur que j'imaginais pour la fête. En fait, le propos n'est pas tant de nous émerveiller des lumières mais de faire acte de mémoire. Ici à chaque page, c'est l'histoire juive qui se délie, un pas de résistance après l'autre.

© Michael J.ROSEN et Robert SABUDA/ Seuil jeunesse

Le livre est fait de papier découpé blanc, où seules les paysages et architectures sont représentées (à part des chameaux et des dauphins). Pas de personnes, pas de couleurs, juste la ménorha spécifique à cette fête, la hanoukia, présente à une fenêtre ou sous une tente. Le fond est l'obscurité ou plutôt le coucher de soleil, le juste moment pour allumer les bougies, l'une après l'autre, en plus de cette 9ième, la chamache (le serviteur), permettant d'allumer les autres.
Entre les lignes, le miracle de ce peu d'huile servant à éclairer et purifier le temple de Jérusalem, qui se consumera en 8 jours au lieu d'1. Mais aussi et surtout une histoire du peuple juif. A chaque page, un nouveau lieu mettant en avant le nomadisme de ce peuple, ses persécutions, la recherche d'un lieu où vivre paisiblement. Puis la terre promise et ses richesses, les festivités avec les enfants et le partage des lumières.

© Michael J.ROSEN et Robert SABUDA/ Seuil jeunesse

Je vous invite à lire l'interview de l'auteur ici (en anglais). Il explique son parti-pris, ce n'est pas tant un livre pour enfant avec ces images joyeuses et insouciantes, qu'un partage intergénérationnel pour comprendre une culture, une foi et savoir qu'elle a résisté. Ce livre, fragile, semble être fait pour qu'un adulte ouvre ses pages, ainsi il perpétue cette culture de l'oralité et offre là des portes ouvertes sur des lumières, allumées pour tous, juifs et non juifs, mais aussi sur toute un peuple... à l'adulte de proposer le reste.

lundi 26 novembre 2012

Ramayana, La divine ruse

Quelque fois il y a une histoire avant l'arrivée d'un livre. Celui-ci a été commandé pour venir nous illustrer la fête des lumières indiennes, Diwali, fêtée entre octobre et novembre. Je vous en parle là. Je voulais accompagné la fin d'année, l'avant des fêtes, Avent de Noël mais aussi les autres issues de la mixité de mon couple, par une mise en atmosphère, par un voyage mondial et festif.

© Sanjay PATEL/ Ankama

"Ramayana, La divine ruse" de Sanjay PATEL propose une version simplifiée et stylisée d'un passage extraordinaire de la mythologie hindoue. Une superbe ouverture aux dieux hindous et à la poésie de légende, celle-ci ayant été mise en valeur et présentée par Valmiki.

Ravana est un démon persévérant. Il veut parler aux dieux et pour cela, il s'en donne les moyens, jeûne remplacé par posture de vie (debout sur un orteil) puis mantra perpétuel Aum, le tout plus de 3 mille ans avant de décidé de se couper ses 10 têtes. Brahma, le Dieu créateur, l'interrompt et lui propose, au lieu d'être le tout puissant, de ne pas pouvoir être tué par des dieux ou des démons. Et Ravana devient un tyran incontrôlable. Vishnu, Dieu protecteur, décide de ruser et de prendre l'aspect d'un humain grâce à un avatar, Rama.

© Sanjay PATEL/ Ankama

Rama, petit garçon à la peau bleue, nait dans une famille royale et est destiné à faire de grandes choses. Protéger son peuple des démons en est une. Cette première épreuve l'amène auprès d'un autre royaume où une belle princesse Sita est conquise. Le père de Rama, le Roi d'Ayodhya, est si fier qu'il les proclame roi et reine à sa place. Mais une de ses épouses ne le veut pas et fait exilé Rama dans la forêt pendant 14 ans. Rama est alors accompagné de son épouse et d'un de ses frères, Lakshman. Mais une démone s'éprend de Rama et folle de jalousie va entrainé le kidnapping de Sita par Ravanna.
Rama part donc la délivrer aidé en cela par son frère Lakshman, par le Singe blanc, Hanuman, fils du Dieu du vent, et par Jambavan, ours noir chef de clan.

L'épopée est ici très bien amenée et même si les noms hindous sont nombreux, la lecture reste fluide. Chaque chapitre offre un texte simple (en dehors de l'hindi), les images illustrent autant qu'elles racontent.
Oui c'est une histoire brutale, avec de nombreux démons, de nombreux combats... des têtes partent aussi. Mais le dessin est ici très stylisé permettant une approche pour les plus jeunes, le sang est un trait en pointillé par exemple.

© Sanjay PATEL/ Ankama
L'aventure se décline en 3 actes et après des focus sur les dieux et démons, guerriers, sages et animaux, sont proposés amenant un plus à la lecture. Une géographie de Ramayana est aussi là pour resituer en Inde et au Sri Lanka. Il devient facile de se repérer. Quel dommage qu'il ne nous ai pas proposé la totalité des dieux et démons de la mythologie indienne.
Sanjay PATEL a travaillé pour les studios de dessins animés Pixar et utilise là une technique de dessin informatique à base de vecteurs: cela rend une image impeccable, précise, détaillée, stylisée. Les combats aux multiples adversaires sont alors de vrais tableaux et les partis pris pour reconnaitre les personnages permettent vraiment une approche très facile.

© Sanjay PATEL/ Ankama

J'aime beaucoup ce dessin virtuel tiré de croquis. D'ailleurs l'auteur nous offre en fin de livre quelques dessins préparatoires, une idée de storyboard. Alors oui, il n'y a pas ce trait indien que nous retrouvons dans les illustrations de la mythologie indienne en temps normal, Hanuman est magnifique aussi et pas avec un masque "grossier" voulant être de singe. Cependant l'exotisme est conservé surtout par des motifs.

mardi 20 novembre 2012

Balthazar prépare Noël (l'Avent)

IL est quelque fois difficile de mettre un enfant dans l'ambiance d'une fête. Pour Noël, les calendriers de l'Avent permettent de se faire un idée du temps qui passe et qui sépare du jour des cadeaux. Il y a les calendriers gourmands et d'autres plus "inspirés". "Balthazar prépare Noël" de Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER fait parti des seconds.

© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse

Cette nouvelle proposition s'inspire toujours de la pédagogie Montessori. Là pas tant d'action d'apprentissage pour l'enfant si ce n'est que les 24 mini-livres détachables sont à suspendre pour marquer les jours et des manières d'être à la saison. Ils ne sont pas déjà suspendus mais bien mis un à un au fil des jours par l'enfant: au dernier suspendu, l'enfant sait que Noël sera cette nuit, surtout que le mini-livre 24 est un sapin de Noël.
Ce calendrier s'ouvre en trois parties sur un salon chaleureux et décoré. Balthazar et d'autres enfants jouent en attendant le jour de Noël. Et l'ambiance monte grâce aux petites lectures de chaque jour.
La fête de Noël étant chrétienne, il en est bien-sûr un peu question mais avec parcimonie: la crèche, les Rois mages. Mais la décoration et la saison hivernale sont surtout mises en valeur: la couronne de l'Avent, le bouquet de houx, le feu de cheminée et la nature avec la balade en forêt ou la nourriture à préparer aux oiseaux.

© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse

Le calendrier de l'Avent est aussi fait de mini-histoires, présentant le Père Noël, Saint-Nicolas, le Père fouettard mais aussi un poème de Clément Clarke MOORE. C'est aussi une entrée dans les festivités chez Balthazar.
En plus, des activités sont proposées: la bûche de Noël à préparer, une boule d'ambre, des cartes de vœux etc...

© Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER/ Hatier jeunesse

Loin de s'être contenter d'une mise en scène religieuse, ce livre/calendrier est magnifique et offre de nombreuses autres voies de festivités... j'aime ce sapin celtique décoré de fleurs séchées, de fruits... j'aime cette crèche avec de l'écorce et de la mousse véritable.
En un mot, ce livre est MAGIQUE!

Et je remarque juste que je n'ai pas encore parlé du "Noël de Balthazar" du même duo! Allez, promis, je prépare le billet pour avant Noël (c'est fait: il est )... et pour d'autres histoires sur le thème de Noël, n’hésitez pas à suivre le lien.

vendredi 16 novembre 2012

La question de Dieu

J'aime beaucoup le travail d'Oscar BRENIFIER. Ce praticien de la philosophie offre des livres destinés aux enfants, de maternelle et de primaire avec la collection "les petits philozenfants", sorte de petits albums aux réponses multiples dont je parlais là. Il propose une collection encore plus aboutie avec les "Philozenfants", pour le primaire et plus, sans histoire juste avec un questionnement aux réflexions multiples et offrant à chaque fois des pour et des contres laissant l'enfant être seul le décideur. J'en reparlerais mais vous pouvez vous faire une première idée lors d'un billet où je parlais de la politique.

 © Oscar BRENIFIER et Jacques DESPRES/ Nathan

"La question de Dieu" d'Oscar BRENIFIER et illustré par Jacques DESPRES parle bien-sûr du thème de la religion mais comme toujours avec cet auteur, les réflexions sont plurielles.
Qu'est-ce que Dieu? Un homme, une idée, unique, pluriel ? Est-il lié à une tradition, à des textes sacrés et relégués grâce à des "experts" ou diffus dans la vie entière, dans le cœur de chacun?
Ce ne sont là que des positions mises l'une à côté de l'autre offrant là une réflexion sur la présence divine, notre responsabilité par rapport à la vie, celle d'un Dieu, la rationalité ou la foi, le mal et le bien découlant de lui ou inhérent à la vie humaine. Par une phrase aussi une ouverture sur les oppositions religieuses, les guerres.

 © Oscar BRENIFIER et Jacques DESPRES/ Nathan (sur cette illustration, le respect de la tradition sur la page de gauche et sur la droite, le choix personnel!)

Ce livre est destiné aux plus petits mais permet une ouverture totale sur le sujet. C'est un magnifique outil pour démarrer la philosophie "religieuse".

 © Oscar BRENIFIER et Jacques DESPRES/ Nathan

Les illustrations de Jacques DESPRES sont déstabilisantes, au début: images virtuelles, paysages très simplifiés, présence d'objets de mobilier ou high tech et des individus, sûrement enfants, asexués, non-communicants et comme en tenue de cosmonaute. Ses personnages au regard étonné apportent pourtant une plus-value impensée: leurs comportements en situation mettent en lumière la réflexion, le vivre en société, ils sont attentifs, curieux, contemplatifs avec les mains derrière le dos et ont la spontanéité des enfants en attendant les bonbons ou en tirant à la corde en nous prenant à témoin.