dimanche 5 avril 2015

J'aime pas les clowns

Une nouveauté que nous devons à Vincent CUVELLIER avec aux crayons Rémi COURGEON, deux que j'aime suivre séparément, cela ne se refuse pas.

© Vincent CUVELLIER et Rémi COURGEON/ Gallimard jeunesse

"J'aime pas les clowns" fait partie d'une œuvre plus complète sur la Seconde Guerre Mondiale. Il n'est pourtant pas besoin de lire les deux premières propositions de Vincent CUVELLIER, "L'histoire de Clara" et "Je suis un papillon", pour savourer celle-ci.
Une grand-mère traine son petit-fils au cirque pour voir un spectacle de clowns. Mais il n'aime pas les clowns. La grand-mère ne les aimait pas non plus. Mais celui-là est un bon, un bon clown.
Pourquoi donc a-t-elle changé d'avis? C'est arrivé une soirée d'été, à la fin de la guerre. "La guerre? On l'avait perdue. On l'avait même perdue plusieurs fois. Je sais pas qui a eu l'idée... ma mère, j'imagine... je me souviens de sa voix douce, elle m'a dit, viens, ce soir, on va au cirque, y aura des clowns... ça m'avait surprise, je me souviens que ça m'avait surprise... je pensais que les clowns aussi avaient perdu la guerre."



© Vincent CUVELLIER et Rémi COURGEON/ Gallimard jeunesse

A travers cette sortie, nous suivons cette grand-mère enfant dans Berlin. Des fleurs jaunes, de belles chevelures, une sortie dehors même le soir. Un cirque d'après guerre, des animaux blessés comme les hommes. Ces clowns font rire toute l'assemblée sauf elle. Et puis elle aurait pu aller sur la piste et c'était presque drôle avec l'autre petite fille. Après le spectacle, la maman sort en direction des roulottes. La petite aux tresses avait un peu peur mais elle n'était pas bien maligne... comme son petit-fils.

© Vincent CUVELLIER et Rémi COURGEON/ Gallimard jeunesse

Vincent CUVELLIER nous offre une vue de la vie d'après-guerre des vaincus et plus particulièrement des enfants. Des privations, des pères partis en guerre et pas forcément revenus. A travers quelques détails l'enfance apparait dans sa candeur mais aussi l'ambiguïté de ses sentiments.
Le rire aussi est une ligne directrice. Rire de des clowns "... leur pif, leurs pieds, leurs fleurs en plastoc". Ce lâcher-prise après de grands chamboulements, cette impulsion salvatrice qui pourtant n'est pas toujours accessible à certains enfants. Rire cela s'apprend, se réapprend.
Et bien-sûr Rémi COURGEON propose de magnifiques illustrations aux teintes orangées et sépia. Des scènes dans la pénombre, des ombres bien présentes.
Il s'agit d'une toute petite porte ouverte mais avec pudeur le voile se lève sur cette période.


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