samedi 30 mai 2015

Derrière la crête dentelée des collines, l'océan s'étalait sous la lune comme une nappe dorée - Jonas, le requin mécanique

"L'océan...
– Le pays de mes rêves, soupira Jonas. Ah, comme j'aimerais plonger dans cette immensité et vivre comme un vrai requin blanc !
– Oui... Ce doit être merveilleux d'être vivant, murmura Krokzilla.
– Éprouver le froid, le chaud, la faim ! Poursuivit Jonas d'un air rêveur.
– Sentir la flamme brûler ! Le vent caresser !
– Renifler les odeurs !
– Même des mauvaises, j'adorerais pouvoir les sentir.
– Si nous étions vivants, nous pourrions manger, boire, grandir ! Tomber malade puis guérir !
– Nous aurions des ancêtres ! Une famille ! Une maman ! Rajouta Krokzilla, mélancolique.
– Tant de bonheurs que nous ne connaîtrons jamais, soupira Jonas.
– Et puis, si nous étions vivants, un jour... on mourrait ! Dit le dinosaure sur un ton fasciné.
– Mourir, ça doit faire un drôle d'effet !
– Oui, mais quelle chance de pouvoir mourir. Quel privilège ! Mourir ça n'arrive qu'à ceux qui sont en vie! "


(extrait de "Jonas, le requin mécanique" de Bertrand SANTINI, illustré par Paul MAGER et le lutin de la maison; Grasset jeunesse)

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