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jeudi 23 novembre 2017

Kodhja

Il arrive du désert, il a hâte. Le heurtoir choqué, les portes s'ouvrent, le voilà entre les remparts de la cité de Kodhja. Personne, ni pour surveiller les arrivants, ni pour l'accueillir. Il cherche à être reçu par le roi. Mais rien n'est simple. Il lui faudra trouver la salle du trône seul dans ce labyrinthe. Non, pas tout à fait. Un être aux multiples visages vient l'aider ou se jouer de lui.

© Thomas SCOTTO et Régis LEJONC/ Thierry Magnier

Avoir une audience avec ce roi si sage, "le seul à pouvoir lui redonner ce qu'il avait étrangement oublié sur ses années de chemin: le goût de son prénom, la place de sa tête sur ses épaules et la bonne direction à prendre pour avancer." Nombreux sont les visiteurs qui veulent la même chose. Il faut oser se perdre dans le labyrinthe de la cité, s'entêter sans faille. La cité elle-même joue des tours.

© Thomas SCOTTO et Régis LEJONC/ Thierry Magnier

Avec "Kodhja", Thomas SCOTTO et Régis LEJONC proposent un album géant aux allures de contes pour petits et grands enfants. Accompagné d'un texte clair et sobre, le héros déambule dans un univers onirique, fantasmé et empli de références culturelles. L'impact de la lecture est ainsi prolongé. Lecture offerte par un adulte sans présentations des personnages (peut-être) jusqu'à la lecture après rencontre dans d'autres univers et voilà le lecteur s'ouvrant une boite de souvenirs et d'impressions.

© Thomas SCOTTO et Régis LEJONC/ Thierry Magnier

Les illustrations travaillent aussi de ce labyrinthe. Les aplats de couleurs amènent les personnages à être juste un élément des décors. L'impression de murs gigantesques, de brume, une certaine oppression dans les formes et les détours géométriques, chaque page tournée est une étape. Des peurs, des inspirations d'autres univers enfantins, des détours. Chaque case est fermée jusqu'à l'ouverture finale.
Superbe!

© Thomas SCOTTO et Régis LEJONC/ Thierry Magnier

lundi 30 septembre 2013

La mer et lui

Le duo Henri MEUNIER et Régis LEJONC avait déjà fait des merveilles, leur nouvelle proposition aux éditions Notari nous emmène encore dans une poésie fine.

© Henri MEUNIER et Régis LEJONC/ Notari

"La mer et lui" nous parle d'un amour, d'une aventure, d'une vie, d'une solitude: celle d'un marin et de la mer. Le capitaine part à la retraite, il descend sur terre et fait une demande folle à la mer, de le suivre. Toute guillerette, elle accepte, se vide et remplit un verre.

D'une solitude en mer, la retraite amène au marin un dialogue. La mer raconte tous les exploits que les hommes ont fait sur son dos, elle parle aussi de son intimité, les abysses et les trésors enfouis, mais aussi de sa curiosité. Le capitaine la fascine par la mythologie inventée sur elle et par le récit de sa vie à son bord.
Tous les deux forment un couple, vivent une vie, y mettent leur "sel". Mais la mer manque, aux autres marins, aux enfants épris de baignades. Elle était aussi tout ou beaucoup pour eux.

© Henri MEUNIER et Régis LEJONC/ Notari

"Dans un meublé modeste il est un petit verre qui contient toute la mer, la mer et ses fidèles, poissons, moutons, tempêtes, vagues et hauts-fonds, étoiles, alizés, phares, brumes et sirènes en grande conversation avec le capitaine."

Le texte d'Henri MEUNIER est poétique à souhait, nous suggère plus qu'il nous dit les merveilles, les légendes, les mystères et cette complicité entre les deux.

© Henri MEUNIER et Régis LEJONC/ Notari

Les illustrations de Régis LEJONC, véritables petits tableaux, parlent d'une autre voix. Peu de mer et d'océan en fait mais beaucoup de paysages et d'urbanité, de ce que l'homme a construit, avant d'y réintégrer ce qui était avant lui, qui nous manque... la nature dans ce qu'elle a d'indomptable, de fascinant et de réconfortant.
Une autre lecture peut aussi se faire, écrite en dernière page : une ouverture picturale à l'art, à d'autres œuvres de HOPPER, BOUDIN, HOKUSAI ou DE CHIRICO et j'en passe. Ce qui fait une magnifique ouverture à cet amour de la mer!

"La mer est brave fille. Romantique et naïve, on lui doit de gentilles trouvailles comme la vie ou l'horizon."

Merci infiniment aux éditions Notari.

jeudi 6 décembre 2012

La rue qui ne se traverse pas

"La rue qui ne se traverse pas" d'Henri MEUNIER et illustré par Régis LEJONC est un livre très grand format, comme un gratte-ciel, mais même s'il a du mal à rentrer dans la bibliothèque, faites-lui une place.

© Henri MEUNIER et Régis LEJONC/ Notari

"Elle habitait au cœur de la rue qui ne se traverse pas, fenêtre sur rue. Lui vivait juste en face, fenêtre sur elle." Dans cet urbanisme qui prive les hommes de communication, elle et lui se regardent, ne font presque que cela et rêvent de l'amour.

"Est-il possible de s'aimer pour l'éclat d'un regard?
Est-il possible de s'aimer quand le vide et les rêves vous séparent?"

Sont-ils amoureux? Peut-être. Ce n'est pas le plus important. Les moineaux sont nourris par elle, ils parlent de liberté à lui. Par leur vol d'une fenêtre à l'autre, des rêves d'amour, des rêves de complicité, des rêves de partage.

Il est question de ce sentiment amoureux, de ce frisson qui attire même si l'on ne se connait pas. Mais bien plus que cela, il parle de liberté et de rêve. La ville, agglomérée, sans nature, est vide de sens et de partage. Les rêves des enfants ne sont pas encore cloisonnés, ne répondent pas encore au dictat sociétal. Il leur est impossible de se parler... bah, ils vont faire mieux, s'aimer.... peut-être se retrouver.
Entre les lignes, c'est un peu de tolérance qui se tricote... ne pas se connaître, ne pas se ressembler et pourtant être sûr qu'il a partage possible.

© Henri MEUNIER et Régis LEJONC/ Notari

Les illustrations de Régis LEJONC sont comme ouatées. Des grattes-ciel, une ville grise, noire et marron. Les appartements semblent plus réconfortants mais même si les fenêtres sont grandes ouvertes, les intérieurs restent sombres. La lumière est celle de début et de fin de journée, l'heure de leurs échanges. Les illustrations sont magnifiques, surtout les enfants, surtout leurs sourires timides et leurs rêves.

Et puis un détail, ce livre redonne leurs "ailes" de noblesse aux moineaux, oiseaux ingrats des villes.

jeudi 23 juin 2011

Le Petit Chaperon rouge ou La Petite Fille aux habits de fer-blanc

© Jean-Jacques FDIDA et Régis LEJONC/Didier jeunesse

Dans mon optique de ne pas fournir de conte simplifié à notre lutin (il a aujourd'hui 4 ans 1/2), je n'avais pas encore acheté de contes classiques. Pas de Perrault, pas de Grimm, pas d'Andersen (euh sauf un). J'attendais de lire le texte original et de permettre au petit d'homme de découvrir non édulcorées ces histoires orales. Dans cet optique, et pour ne plus le laisser dans "l'ignorance des classiques", ma libraire m'a présenté cette collection "Contes du temps d'avant Perrault". Bien lui en a pris, mais là je crois que vais patienter un tout petit peu, mais vraiment tout petit peu, pour le lui lire.

Parce que oui les lectures que je lui propose lèvent certains pans obscurs dans la littérature jeunesse: nous lisons sur la mort, sur les dangers, sur les peurs etc... au risque de passer pour certains comme une "bibliothécaire familiale des tabous". "Le Petit Chaperon rouge ou La Petite Fille aux habits de fer-blanc" de Jean-Jacques FDIDA et illustré par Régis LEJONC est un superbe petit livre mais très très loin d'être aseptisé. Il faut le savoir.

Le parti-pris de nous offrir une version différente de celles de PERRAULT ou des frères GRIMM est une très belle proposition. Nous n'avons plus la censure sociétale de leur époques et nous apercevons, un peu, le langage cru d'avant... ces contes racontés pour l'exemple, le danger et la sagesse.

Alors oui, il y a bien un chaperon rouge, un loup et une grand-mère. Tout réside dans le duel mais aussi dans la saveur de l'enfance. Les habits de fer-blanc forment comme une entrave à la liberté et un obstacle à l'épanouissement sensoriel (voir même sensuel). La petite fille passe d'un habit protecteur, dissuadeur mais aussi foncièrement aseptisé, à une capeline rouge pourpre, une de celle qui attire, une de celle qui donne des envies.
Les choix sont alors là: celui d'un chemin de femme, celui d'une fuite. Mais les âges de la petite fille restent bien un destin: de petite à vieille, d'immature à mature, quitte à "manger les autres femmes de la famille" pour trouver sa place. Les aides ne sont pas tant extérieures (seules des mises en garde apparaissent de corbeaux ou de chat) mais le sursis, le sauvetage est bien celui d'une enfant qui devient une adolescente, une jeune femme.
Que dire, n’hésitez pas à le lire, pour vous, puis pour vos filles, vos garçons: une histoire dangereuse où il est de bon ton de narguer le loup, inconsciemment puis sciemment.

© Jean-Jacques FDIDA et Régis LEJONC/Didier jeunesse

Le texte est très rythmé et mérite vraiment d'être lu à vous haute. Pas de doute, Mr FDIDA est un conteur. Le vocabulaire est aussi très ancré dans une période, aux allures d'authenticité: pas de "mère grand" mais bien "ma Grand" entre autre.
Les illustrations de Régis LEJONC offrent un graphisme presque classique mais montrent bien cette part de sensualité derrière l'histoire, une forêt dangereuse, une ombre, et l'atmosphère devient épaisse.
Pour vous faire une idée encore plus complète n'hésitez pas à lire ce très beau billet là.

© Jean-Jacques FDIDA et Régis LEJONC/Didier jeunesse

Après cette lecture je comprends d'autant mieux les écrits de Francis GARNUNG dont je vous conviais la lecture de "La pomme rouge" et qui par "La clé des champs", entre autre, prouve tout l'aspect bien ambiguë de ce duel de l'enfance contre l'adulte, du bien pensant contre les dangers de la nature, de toute la sensualité (et sexualité) derrière tout cela.

mercredi 22 juin 2011

Quelles couleurs !

© Régis LEJONC/ éditions Thierry MAGNIER

"Quelles couleurs !" de Régis LEJONC est un superbe livre sur les couleurs. Loin de n'être qu'une approche simpliste, il propose un panel, des nuances avec les noms. Il s'agit d'une invitation dans un monde normé, un monde entier coloré et en cela c'est bon. Pas d'histoire, juste des touches, des pages qui amènent les souvenirs pour les plus grands, les partages et les rêves.


© Régis LEJONC/ éditions Thierry MAGNIER

Il offre de superbes "illustrations" des couleurs: une vision d'un inconscient collectif, le jaune citron mais aussi l'orange du personnage Casimir. Cela reprend une utilisation sociétale de la couleur en question et un imaginaire associé.

© Régis LEJONC/ éditions Thierry MAGNIER

J'en parle un peu là en situation.