jeudi 5 avril 2012

Charles à l'école des dragons

"Charles à l'école des dragons" d'Alex COUSSEAU et illustré par Philippe-Henri TURIN a mis du temps pour arriver à la maison. Le format sûrement: superbe, immense, mais difficilement intégrable dans une bibliothèque. Et voilà: j'ai laissé le seul inconvénient cacher les merveilleuses propositions. Alors ne faites pas comme moi, ne vous en préoccupez pas. Ce livre est fabuleux!

© Alex COUSSEAU et Philippe-Henri TURIN/ Seuil jeunesse

Charles est un dragonnet qui vient de naître... il est magnifique, fait la fierté de ses parents et grandit bien. C'est le temps de l'école, sa maîtresse va lui apprendre à cracher du feu et à voler.

Mais voilà, Charles n'est pas n'importe quel dragonnet, il est poète et ne sait pas se comporter comme un dragon: les cahiers, qui servent normalement à exercer le souffle, le feu par éruption vocale, sont pour lui le support déversoir de son esprit. Parce que oui, il écrit de la poésie, et il écrit beaucoup.
Et puis il est un peu encombrant: grand pieds pouates, immenses ailes, bizarre dans son coin immobile courbé sur ses cahiers. Avec ces extrémités, il tombe de l'arbre sans pouvoir s'élancer, il se prend dans ses ailes, marchent sur les pieds...

© Alex COUSSEAU et Philippe-Henri TURIN/ Seuil jeunesse

Comment faire pour devenir un dragon en ne sachant qu'écrire? Avec un coup de pouce de la vie, une amitié particulière peut-être...

La différence, les défis de vie sont présentés mais ce livre est magnifique plutôt sur la philosophie de vie.
Charles est poète, un poète pessimiste, allergique à la beauté conventionnelle de la nature accueillante et colorée du printemps. Charles est né le même jour que son double réel, le poète Charles BAUDELAIRE. Le spleen est bien là, la vie misérable aussi,... jusqu'à ce qu'elle apporte un renouveau, une place pour Charles sans pour autant le changer.

© Alex COUSSEAU et Philippe-Henri TURIN/ Seuil jeunesse

Les illustrations de Philippe-Henri TURIN sont grandioses. Elles fourmillent de détails dragonnesques. Les couleurs ne limitent pas ce sentiment de solitude, de dégout, de spleen. Les paysages magnifiques marquent une apposition bienvenue entre les émotions de Charles et le réel.

C'est Gaëlle qui m'a confirmé que je devais absolument le lire.

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