vendredi 3 septembre 2010

Les maximonstres, l'île aux monstres

"Les maximonstres, l'île aux monstres" de Dave EGGERS (ou sous le titre de "Les Maximonstres, il y en a un en chacun de nous") reprend un livre jeunesse que nous lisons, encore et encore avec le lutin de 4 ans: "Max et les Maximonstres" de Maurice SENDAK.. La lecture appelait à la bêtise, à l'enfance, à la monstruosité des comportements humains... alors qu'attendre d'un livre mi-scénario du film de Spike JONZE et mi-interprétation plus approfondie. J'avais envie de ne pas être déçue et je ne l'ai pas été, les Maximonstres prennent de l'épaisseur avec cette histoire.

Max est un enfant très vif et très animé. Oui oui tout cela à la fois! Il aime être au cœur de la famille mais ses parents sont séparés, sa sœur Claire prend moins de temps pour partager avec lui, sa mère a trouvé un autre homme dans sa vie. Le voilà seul avec ses envies d'évasions oniriques. Il cumule les demandes d'attention, les accès de colère, les bêtises; en enfilant son costume de "mi-loup mi-vent", réclame d'un côté puis de l'autre. Sa mère est toujours aussi attentive et spectatrice attendrie et fière de l'imagination de son fils au point d'écrire ses petites histoires inventées sur le moment. Mais elle a d'autres soucis matériels, sa sœur ne se rend même plus compte qu'une chamaillerie devient un moment d'intense émotion et même de danger réel. Son père lui a fourni ce journal à remplir, le "journal des souhaits" avec des listes de je souhaite, je souhaite en haut des pages... mais il est absent. Son copain n'est pas disponible, la société semble austère et peu encline à émerveiller... un soir c'en est trop "Monstre" - "Je vais te manger" et Max s'enfuit, en prise avec ses émotions, ses pensées trop fortes et sa sensation de tout gâcher. Il semble que tous aient oublié ce qu'était l'enfance, le vieux monsieur du voisinage comprend:
"Max lui raconta qu'il avait inondé la chambre de Claire
"Tu t'es servi de quoi? D'un seau?"
Max fit signe que oui.
"Mouais, j'aurais fait pareil."Voilà pourquoi Max adorait M BECKMANN: il était comme lui. Un adulte qui semblait avoir traversé sept bonnes décennies sans pour autant oublier un seul instant de son enfance - ce qu'il avait aimé, détesté, craint et désiré."

Il va navigué sur un bateau et rencontrer sur une île les Maximonstres. Par impertinence, charisme et don de la rhétorique et du conte, Max devient le roi des monstres. Des fêtes épouvantables se suivent, des défilés et des batailles. A chaque fois ce sont des promesses de roi, des solutions pour gérer les crises, pour trouver le bonheur... faire ce que l'on veut. La promiscuité est charnelle entre chatouilles, chahut et jeux spontanés.
Chaque monstre a son caractère bien trempé et relève de sacrés comportements d'enfants.
Carol parait ressemblé le plus à Max mais chacun, en fait, marque une exagération de toutes ses angoisses et agitations enfantines.

Et Katerine semble la plus adulte, sur la réserve, cherchant à s'éloigner de ce monde un peu enfantin... mais est-ce si vrai. Ils sont tous dangereux, souhaitent souvent manger Max et même si le ventre de Katerine est comme un bol de céréales à manger avec un pouce-cuillère, l'angoisse est là.
Les passions sont extrêmes entre jalousie et naïveté. Des conflits arrivent, des désillusions... Est-ce faire ce que l'on veut qui apporte le bonheur, est-ce seulement être ensemble, est-ce se comporter en enfant?

Ce livre apporte de nombreuses réflexions sur l'enfance, cette illusion du bonheur, du tout permis. Un conte initiatique vers une meilleure compréhension de l'enfance, vers une meilleure appréhension de leur envie de démiurge. A dévorer!



"Alexander regardait Max comme si le garçon était devenu fou. "Tu crois réellement que tu as ravagé notre île? Tu te crois donc si puissant ? Tu penses que le bonheur ou le malheur des gens ne dépend que de toi?"
"Leurs cris montèrent au ciel et s'entortillèrent l'un à l'autre jusqu'à ne plus faire qu'un, après quoi les autres bêtes se joignirent à eux, et de ce chœur créa une plainte sauvage d'abandon , de colère et d'amour. Ils hurlèrent jusqu'à ce que Max, trop loin à l'horizon, ait disparu à jamais."

Voici trouverez ici une belle approche du livre avec Lily et une belle critique du film, acerbe mais assez pertinente tout de même. Il va sans dire que j'ai aussi beaucoup apprécier le film.

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