jeudi 21 juin 2012

Le gentil petit livre rouge

"Le gentil petit livre rouge" de Zhifang TANG est un tout petit livre, petit objet brut et efficace. Il fait partie de ces petits livres vers lesquels vous n’iriez pas forcément mais que l'une de vos libraires préférés vous met entre les mains comme une merveille d'édition. Et c'est vrai qu'il est imparable et très "bénéfique".

© Zhifang TANG/ La joie de lire

Ce tout petit album cartonné propose deux courtes histoires.
La première réunie trois amis, un lapin, un canard et un hibou. Chacun a une particularité physique: Lapin a des oreilles lui permettant de mieux entendre que les autres mais aussi d'entendre tout le temps, la nuit y compris. Il n'arrive pas à dormir. Hibou voit très bien la nuit mais la nuit est aussi faite de peurs d'angoisse et vivre dans celles des autres n'est plus supportable. Canard parle trop et les autres n'en peuvent plus... ils vont chacun croire en une solution miracle, la chirurgie esthétique. Grâce à elle, plus d'oreilles trop longues, plus de gros yeux très sensibles, plus de bec caquetant toujours.
La seconde nous parle du roi Ours, heureux et confiant. Il pense bien gouverner, être respecté et se trouve très content d'être soutenu par Chien et Renard. Mais les oreilles de lapin semblent être merveilleuses et Lapin s'en sépare. Parfait roi Ours se les greffe à la place des siennes et c'est le début de la désillusion... Ours entend maintenant tout ce que l'on dit sur lui.

Les histoires sont courtes, incisives, écrites au scalpel (c'est le cas de le dire). Chaque animal espère beaucoup de ce changement physique, espère devenir soit plus commun, soit plus compétent et n'en arrive qu'à une désillusion totale.
A travers les pages, le regard des autres, la vie en communauté apparaissent froidement dans ce "découpage de soi". Mais est-ce que la réponse physique apporte plus de bonheur?

© Zhifang TANG/ La joie de lire

En plus, les gravures, une petite par page, sont brutes, stylées et ne laissent que peu de place à une autre forme de poésie. Le rouge est là, pas lors de la chirurgie mais avant là où les animaux sont blessés. Cela va droit au but mais sans images chocs ou réalistes. Et c'est peut-être ce que l'on demande à ce genre de livre!
"Car on ne peut pas ignorer ce que l'on sait."

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