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jeudi 15 octobre 2015

Les fleuves autour du monde

Je me dis encore que si j'avais eu des documentaires de si bonne qualité, ma mémoire n'aurait pas été si sélective sur certaines matières. Encore un exemple ici avec "Les fleuves autour du monde" d'Elisabeth COMBRES, cartographié par Paul COULBOIS et illustré par Marguerite LE COURTIEU.

© Elisabeth COMBRES, Paul COULBOIS et Marguerite LE COURTIEU/ Gallimard jeunesse

Ce livre semble simpliste et pourtant il ouvre énormément de possibles. Continent par continent, l'auteur nous présente les 22 plus grands fleuves du monde. Des indications techniques, longueur, débit moyen, source ou embouchure, côtoient des anecdotes. Les doubles pages consacrées à chaque fleuve semblent assez vides et pourtant avec la carte simplifiée, les petites photos, les illustrations de la faune, la flore et les costumes qui ponctuent leur rives et les épingles pointant les villes, les parcs et lieux mythiques, vous avez une histoire de l'homme qui se déplie devant vous. C'est succinct et vous êtes intrigué.

© Elisabeth COMBRES, Paul COULBOIS et Marguerite LE COURTIEU/ Gallimard jeunesse

Vous découvrirez bien-sûr l'Amazone, le Nil, le Gange, le Rio Grande, le Congo, le Danube mais aussi le Huange He, le Zambèze, le Murray etc...
Oui bien-sûr mais justement, ce livre vous convie à une découverte différente des continents. En suivant ces plus grands fleuves, vous traversez les pays et suivez la vie attirée par ce point d'eau et ses ressources, la maitrise de l'eau, de son parcours et son exploitation électrique, son importance pour les anciennes civilisations, les légendes, mythologies et spiritualité qui leur sont liés. Vous découvrez l'importance géostratégique et politique des fleuves. Plus que les pays, indiqués mais pas forcément par leurs frontières, vous trouverez des régions propices aux découvertes des hommes.

© Elisabeth COMBRES, Paul COULBOIS et Marguerite LE COURTIEU/ Gallimard jeunesse

En cours de lecture, des focus reprennent les enjeux politiques, économiques et écologiques. A la fin un lexique vous attend en face des fleuves "portraiturés de profil" (leur longueur bien mise en avant). J'aime particulièrement les cartographies de fleuves, très stylisées et pourtant très précises. Elles permettent de regarder superficiellement mais aussi d'y revenir plus tard pour les associer à toutes nos découvertes historiques, géostratégiques (avec tous ses barrages), mythologiques ou folkloriques.
                                                                    
© Elisabeth COMBRES, Paul COULBOIS et Marguerite LE COURTIEU/ Gallimard jeunesse

Emprunté à la bibliothèque après l'avoir voulu, pris et laissé, repris et relaissé. Non non décidément c'est plus qu'une approche géographique, je l'ai acheté!

mercredi 30 septembre 2015

Les oiseaux globe-trotters

Je ne sais pas pourquoi j'imaginais juste découvrir le vol des oiseaux en ouvrant "Les oiseaux globe-trotters" de Fleur DAUGEY et illustré par Sandrine THOMMEN. En fait, ce n'est pas tant cela qui prédomine à la lecture. Le livre sous des airs simplistes est en fait très détaillé.

© Fleur DAUGEY et Sandrine THOMMEN/ Actes sud junior

Les oiseaux source de nombreux questionnements dans l'histoire, l'auteure évoquent certaines suppositions abracadabrantes: ils hiberneraient comme certains animaux, pour certains dans l'eau ou iraient l'hiver sur la lune. Puis elle apporte les premiers pas d'une connaissance ornithologique.
Les oiseaux se dévoilent par leurs noms, leurs "territoires", leurs migrations, leurs modes (de vie, alimentaire mais aussi aventurier ou casanier, diurne ou nocturne, changeant ou non lors de la migration).

© Fleur DAUGEY et Sandrine THOMMEN/ Actes sud junior

Puis ce défi, ce vol à travers les continents. La migration est explicitée par obligation alimentaire de certains oiseaux surtout les insectivores et les mangeurs de reptiles. Leur plumage leur permettrait pourtant de rester.
Les routes sont dessinées, du nord vers le sud mais pas seulement, certains vont en transversal. Et la diversité apparait encore plus
Bien-sûr il est question aussi de la mécanique du vol. Comment peuvent-ils voler si loin? si longtemps? sans manger? reviennent-ils? Nous apprenons les astuces des oiseaux. Ils se préparent: pour certains les plumes tombent pour se renouveler avant le vol, pour d'autres ils adoptent un régime gras pour avoir des réserves et d'autres encore transforment leur anatomie interne (les organes grossissent ou diminuent rapidement de taille).
Ils partent seuls ou groupés. Un beau matin, en suivant la météo et les signes du refroidissement, en suivant leurs gènes, ils vont vers un lieu inconnu encore d'eux ou bien délimité par les anciens qui montrent le chemin. Ils s'orientent grâce au soleil, aux étoiles ou au champ magnétique terrestre. Le vent les aide à traverser le désert (pour le vent du nord) ou les étendus d'eau mais aussi par ses colonnes d'airs chaud (importantes pour les planeurs). Les obstacles géographiques ou humains prennent alors une importance: les montagnes, les installations électriques mais aussi les détroits (moindre effort pour passer d'un continent à l'autre sans air chaud).

© Fleur DAUGEY et Sandrine THOMMEN/ Actes sud junior

La migration prend aussi des aspects bien personnels selon les espèces: un chemin court ou long, à faire le plus vite possible, avec pause ou sans arrêt majeur...

La migration est aussi un retour... pour nidifier tranquillement. Au fil des pages nous comprenons en quoi ces vols saisonniers, année après année, sont des prises de risque. Pourtant, les oiseaux partent et reviennent. Fleur DAUGEY amène aussi le positionnement des experts, des scientifiques, la question du réchauffement climatique et nous présente ce déluge d'oiseaux dans le Suffolk, au sud-est de l'Angleterre.

© Fleur DAUGEY et Sandrine THOMMEN/ Actes sud junior

Une superbe invitation à suivre la migration de tous ses oiseaux... des ouettes des Andes, des barges rousses, des chevaliers solitaires, des gobemouches noirs, des engoulevents, des roselins cramoisi, des tadornes de Belon, des puffins... Une description et des présentations des exploits.
Les oiseaux peints par Sandrine THOMMEN sont des silhouettes réhaussées de touches colorées. Ces oiseaux en vol partant vers le bord droit de la page sont en ligne pure et leur fausse simplicité apporte une légèreté, leur nom souligne leur courbe et c'est avec bonheur que les yeux circulent du texte aux envols.


lundi 23 mars 2015

La fille maudite du Capitaine Pirate

Qu'il est tentant de mettre dans son cabas le premier volume de cette bande dessinée. Sa couverture est magnifique avec son crâne, ses chardons et la belle image de cette enfant au bandeau.

© Jeremy A.BASTIAN/ La cerise

"La fille maudite du Capitaine Pirate" de Jeremy A.BASTIAN nous amène en Jamaïque en l'an 1728. Une gamine vit sur la plage et rencontre par hasard la fille du gouverneur. Demain, elle sera partie à la recherche de son père, un capitaine pirate et invite cette dernière à se joindre à elle, mais la jeune pirate partira en fait seule. Le problème est qu'elle ne sait pas qui est son père. Ils sont encore 5 capitaines à naviguer dans les mers d'Omerta.

© Jeremy A.BASTIAN/ La cerise

Avec son ami le perroquet, Poivre d'As, elle va découvrir la mer et même sous la mer. Deux compagnons en armure, espadons de métal mais presque un peu Don Quichotte, les accompagneront. Mais la fille maudite du Capitaine Pirate n'a pas peur.

© Jeremy A.BASTIAN/ La cerise

Le récit est un peu plat mais les rencontres visuelles sont, elles, stupéfiantes et méritent le détour. Cela fourmille de détails, de personnages secondaires représentés aussi bien que les principaux. Le tout est fantastique, cruel, baroque et jouissif.

© Jeremy A.BASTIAN/ La cerise

On y retrouve des dessins style gravure fouillées et faite à taille réelle, des inspirations de Gustave DORE ou de Henry HOLIDAY mais aussi un peu des personnages déformés, un Humpty Dumpty de Lewis CARROLL.

© Jeremy A.BASTIAN/ La cerise

Un avis mitigé là et un interview.

jeudi 16 octobre 2014

Premiers atlas


J'aime quand la géographie est incarnée. J'aime que nous puissions la toucher, la savourer, la rêver... à défaut de la parcourir.
J'aime aussi l'idée que les plus petits lecteurs puissent profiter d'elle et de toutes ses richesses. Voici donc un pêle-mêle des premières approches que nous avons chez nous.


"Mon premier Larousse du Monde" est un parfait début. Il présente la Terre dans sa globalité: la proportion d'eau et de terre, les latitudes et longitudes, les distances. Puis les différents biotopes possibles, les indices géologiques.
Après une planisphère colorée, ce sont les continents qui défilent, découpages politiques et drapeaux, et avec eux une double page pour des pays caractéristiques. La faune, la flore, les productions, les us, coutumes et légendes.
Une partie très intéressante est aussi celle consacrée aux pays producteurs: de café, de chocolat, le bois de construction, le coton etc...
Vous voyez sur la photo l'Inde avec son tea-time, les éléphants.


"Mon premier atlas à reconstituer" édition Auzou amène ce qui me parait essentiel aussi: la manipulation. Il s'agit d'un puzzle de pièces aimantées, à la forme des pays.
Avec son petit livret associé, une double page est proposée par pays ou ensemble de pays. Une face avec la géographie et l'autre avec des informations administratives et politiques. La photo montre le sous-continent indien.


"Tour du monde de Mouk à vélo et en gommettes" de Marc BOUTAVANT est lui essentiellement ludique. En suivant Mouk, un ours globe-trotteur, l'enfant découvre double page à l'appui un endroit du globe exotique. La part belle est faite aux cultures, saveurs et langues du pays. Les gommettes repositionnables sont aussi un plus. Sur la photo pêle-mêle, l'Inde est à l'honneur aussi. Celle juste au dessus nous amène dans le Sahara.

Parce que, oui, nous avons déjà abordé ce pays ici et ou d'une autre manière la Grande Bretagne ou l'Afrique noire avec un autre livre, "Cartes, voyage parmi mille curiosités et merveilles du monde" d'Aleksandra MIZIELINSKA et Daniel MIZIELINSKI dont je parle là .
De la géographie incarnée, quoi!

   

lundi 6 mai 2013

Le pays de Jade (ou un peu de l'Atlas d'Orbae... avant le Secret)

Je n'ai pas encore acheté "Le secret d'Orbae" de François PLACE et pourtant je suis tentée... j'aime beaucoup les propositions de cet écrivain. J'avais un doute aussi: est-ce la réédition de son "Atlas des géographes d'Orbae", une suite, un extrait? Je suis encore dans le doute. En attendant, et parce que je n'ai pas encore parlé de cet atlas, en voici un extrait qui avait été publié seul...
L'atlas est en fait le résultat de 26 présentations de monde, de pays, de cultures. A chaque lettre une histoire et une géographie. Le livre est en fait constitué de 3 tomes: "Du pays des Amazones aux îles Indigo", "Du pays de Jade à l'île Qinookta" et " De la Rivière Rouge au pays des Zizotls". "Le pays de Jade" correspond donc à la géographie du "J". Je n'ai que les deux derniers pour l'instant.

© François PLACE/ Casterman

L’Empereur du pays de Jade est en séjour dans son pavillon d'été et, une nouvelle fois, la pluie l'indispose. Les astrologues responsables du choix des régions ensoleillées ont failli et se retrouvent punis. Le troisième astrologue de la cour, Han Tao, le plus jeune, est dépêché pour trouver la raison de leurs erreurs et ainsi sauver sa tête et celles de ses anciens maitres.
Il part dans les contrées du pays de Jade aidé d'un domestique. Ils parcourent la forêt des pins rouges et se font guider par les moines Boules de feu, passent le Col des cinq grimaces et ainsi découvrent peu à peu ce qui est arrivé.

Le voyage dans ce pays aux traits infiniment asiatiques est très plaisant. Nous pouvons y retrouver certains codes, vestimentaires, d'autorité des dignitaires mais aussi culturelles (le thé juste dans une illustration... pour que vous l'imaginiez mieux j'ai dû faire un zoom, vous comprendrez au "chapitre illustration", mais aussi des lettrés avec ce vieux peintre potentiellement influencé par le Moine Citrouille amère).

© François PLACE/ Casterman

Dans cette quête, presque une enquête, Han Tao le jeune astrologue agit avec raison, sans dispersion ni précipitation. En cela il est serein comme un disciple des spiritualités asiatiques mais aussi concentré et montre les relations que les hommes ont avec la nature et l'harmonie à préserver.
Et bien-sûr la fonction de "Chercheur de soleil", lecteur du vol des oiseaux-soleil, est une pure merveille.

Comme toujours les illustrations de François PLACE sont à l'encre et rehaussées de couleur. Il y a une sorte d'influence asiatique concernant le choix de ses pages entières: ce sont à chaque fois des paysages, magnifique tableau ancrant le récit dans une flore et une géologie, où les personnages sont tout petits et sans réel expression faciale. J'y retrouve aussi des influences des peintres botanistes ou explorateurs, gageant sur l'ensemble et presque une réalité du rendu.

© François PLACE/ Casterman

François PLACE a toujours le pouvoir de nous faire voyager, ici comme dans d'autres propositions, nous suivons par l'histoire les traces d'une civilisation. J'aime ce côté spatiogène ("Les récits d’espace créeraient les espaces dans lesquels se meuvent les protagonistes et les personnages secondaires. Les récits seraient donc spatiogènes si l’on me permet ce néologisme bâti à partir du nom latin spatius/étendue, espace et du mot latin et grec genesis / naissance, formation [...] hypothèse intéressante, théorisée par Michel de Certeau" extrait du blog Les territoires de l'album, proposition écrite autour des géographes d'Orbae). Il créé ainsi une aventure, un voyage et une exploration presque scientifique (un peu d'ethnologie fictive et de botanique ou zoologie par exemple).
Magique!

N'hésitez pas à acquérir l'atlas, comme de petites nouvelles d'aventure... en attendant le secret. Et à relire "Les derniers géants" qui, depuis, a reçu un prix.

mercredi 20 février 2013

Les Chroniques de Wildwood, livre 1

Il s'agit d'un magnifique livre trônant sur les tables de la librairie. En main il est doux, les feuilles sont épaisses comme du papier d’aquarelle, les illustrations sont belles et il vous semble tenir en main en objet précieux, comme un vieux manuscrit auquel vous auriez dû couper les pages pour la lecture (la différence de largeur des feuilles et le découpage comme artisanal y contribuent). Alors oui, vous le prenez en vous demandant sur quoi vous êtes tombé.

© Colin MELOY et Carson ELLIS/ Michel Lafon

"Les Chroniques de Wildwood, livre 1" de Colin MELOY et illustré par Carson ELLIS est un roman jeunesse, pour jeunes lecteurs ou un peu plus. Et vous entrez là dans une magnifique saga.
Prue est une enfant bien comme il faut, elle prend soin de son petit frère encore bébé, Mac, et l'emmène avec elle en promenade sur un chariot derrière sa bicyclette. Pendant qu'elle dessine des oiseaux, l'enfant s'amuse... jusqu'à cet après-midi où une bande de corneilles assombrit le ciel et en piqué vient enlever le petit frère pour l'emmener dans une contrée interdite, là de l'autre côté de la voie ferrée, dans le Territoire Infranchissable.
Prue se sent responsable et part à sa recherche, suivie de près par un copain de classe, Curtis. Dans cette forêt inconnue, comprenant Wildwood, Northwood et Southwood, les règles ne sont pas les mêmes: les animaux parlent et se battent entre eux. Les coyotes emmenés par la mystérieuse Douairière, femme à la tresse rousse, magnifique et envoutante, capturent Curtis. Et Prue va être amenée à South Wood, pour demander de l'aide mais aussi parce qu'elle est un danger pour ce monde: comment a-t-elle pu franchir la frontière protégée ?
A qui donc peuvent-ils se fier dans ce monde inconnu: à Alexandra, reine des coyotes, chaleureuse et maternante? Au gouverneur de Southwood? Au roi des Bandits, Brendan? Au Prince Hibou et aux aviaires ? Aux mystiques? En même temps que Prue et Curtis nous découvrons les motivations de chacun et les rôles sont distribués: les méchants et les gentils. L'enlèvement de Mac n'est plus simplement un acte criminel de la part d'une bande mais bien le début d'une prise de contrôle sur le territoire. Le sauvetage de Mac devient une réponse à cette conquête et permet aussi des changements de gouvernements.
Mais Curtis et Prue semblent liés à cette contrée, d'une manière ou d'une autre. Alors après ce renversement des pouvoirs sur une région, prendront-ils part à la révolution complète ramenant la forêt à ses premiers principes?

© Colin MELOY et Carson ELLIS/ Michel Lafon

L'anthropomorphisme est de base et offre ainsi aux plus jeunes une aventure passionnante au sein de la forêt. Les animaux, les humaines et même les végétaux forment une population savoureuse, haute en couleur et envoutante même si certains personnages sont plus "enfantins".
Le récit foisonne de détails poétiques et mystérieux comme dans un conte. Ce roman est dense et pourtant il est facile d'être embarqué tant les étapes sont presque magiques.
L'aventure n'est pas simple, il faut prendre position. Les doutes et les erreurs de jugement ont ici une conséquence et le combat est obligatoire. La vie réclame de grandir et Prue et Curtis vont le faire à leur manière.

© Colin MELOY et Carson ELLIS/ Michel Lafon

Les illustrations de Carson ELLIS apportent au récit ce caractère botanique, nature et folklorique. Au fil du texte quelques dessins en noir et blanc et entre du récit, quelques pleines pages en couleur. Ses dessins de végétaux sont aussi comme des papiers décoratifs, l'aventure est ainsi encore plus imaginaire.

jeudi 7 février 2013

Corbelle et Corbillo

Il y a bien-sûr de nombreuses propositions de livres pour les premiers lecteurs. Yvan POMMAUX nous offre avec "Corbelle et Corbillo" de petites histoires qui répondent très bien à mon attente: peu de texte et une illustration encore prépondérante.

© Yvan POMMAUX/ École des loisirs

Dans le livre album "Corbelle et Corbillo, cinq rêves, six farces et un voyage", sont regroupées trois histoires: "Les rêves de Corbillo", "Corbelle et Corbillo" et "Le voyage de Corbelle et Corbillo".

Le couple de corbeaux s'animent par petites anecdotes.
Corbillo, une fois rentré du travail, se prépare un chocolat chaud et se met sur sa branche lit. Il rêve alors de Corbelle, celle qu'il aime, des attitudes de Corbek, l'autre corbeau qui aime aussi la belle. Par son imaginaire, les sentiments de Corbillo prennent de la couleur et des conséquences comiques, même sa jalousie et sa volonté de faire le beau. Et bonheur, Corbelle l'aime aussi.
Une fois en couple les petites habitudes arrivent, toutes douces mais aussi de petites blagues. Corbelle est une pipelette et Corbillo, pour la taquiner, va lui montrer qu'elle n' a besoin de personne au bout du fil. Puis il tente un réveil charmant loin de l'arbre maison qui finira à l'eau... Avec ces farces sur les attitudes des corbeaux et leur petits défauts, ce sont aussi de très belles attentions, des moments doux et tendres.
Puis ils partent en voyage pour se changer les idées. Mais où et qu'emmener? Ils découvriront d’autres terres, d'autres beaux parleurs, des aides et un trésor... parfait pour le ramener avec eux.

© Yvan POMMAUX/ École des loisirs

Les histoires sont très courtes sauf le voyage mais elles offrent de très beaux instants de poésie, d'humour et de taquinerie.
Les images nettes d'Yvan POMMAUX sont rehaussées par les très belles couleurs de Nicole POMMAUX mais avec ce livre compilation, toutes les histories n'ont pas le même traitement. Je dois dire que j'ai une préférence pour les apprêts sombres des deux premiers épisodes, le voyage étant traité, lui, comme une bande dessinée.

© Yvan POMMAUX/ École des loisirs

Ce n'est pas un intégral, certains épisodes n'y apparaissent pas, par exemple "La marque bleue", "La pie voleuse" et "Le théâtre de Corbelle et Corbillo". Pourtant vous aurez une belle idée de l'univers de ce couple de corbeaux.

dimanche 20 janvier 2013

Inventaire illustré des merveilles du monde

Nous devons au duo Virginie ALADJIDI à l'écrit et Emmanuelle TCHOUKRIEL au dessin de magnifiques inventaires illustrés. A chaque proposition, un choix d'éléments mis en valeur par un texte court mais toujours précis accompagné de superbes croquis au rottring rehaussés d'aquarelles. Je vous présentais là leur "Inventaire illustré des fruits et légumes".

© Virginie ALADJIDI et Emmanuelle TCHOUKRIEL/ Albin michel jeunesse


Je n'avais pas pu résister à l'"Inventaire illustré des merveilles du monde". Un voyage culturel et architectural s'offre ainsi de par les pages. 86 lieux sont présentés, choisis parmi ceux listés par le Patrimoine mondial de l'humanité.
Beaucoup de monuments choisis démontrent le savoir-faire des hommes à travers le temps. Ils permettent un tour d'horizon des styles architecturaux, des influences, des techniques (et petites révolutions) et des matières (marbre, terre crue, bois, pierre).

Des édifices marquent les avancées technologiques et une idée de l’esthétique. De mon côté, certains lieux sont une merveille exotique: la Cappadoce, troglodyte sous roche volcanique en Turquie; l'église Saint-Georges de Lalibela en Éthiopie, creusée dans le roc par exemple.

© Virginie ALADJIDI et Emmanuelle TCHOUKRIEL/ Albin michel jeunesse

L'idée aussi de laisser une place aux démonstrations artistiques est bienvenue: les sculptures de tête moai, à Rapa Nui sur l'île de Pâques; l'armée en terre cuite, de Xi'an en Chine ou les peintures rupestres aborigènes de Kakadu en Australie.
La part belle est ainsi faite aux édifices du monde entier, bien conservés ou en ruines, celles tant attendues du Machu Picchu au Pérou ou du Parthénon à Athènes, présentant ainsi une culture et la motivation pour les ériger, souvent religieuse. Mais ce sont aussi des villages historiques qui y trouvent aussi une mise en avant.

© Virginie ALADJIDI et Emmanuelle TCHOUKRIEL/ Albin michel jeunesse

Au fil des pages, le lecteur s'approprie certains termes architecturaux comme le campanile et découvre le faste mais aussi des lieux utiles, des lieux inspirés. Un magnifique tour du monde, quel dommage de n'avoir pas plus de merveilles, encore et encore... bon, autant dire que j'aimerais énormément un tome 2... et un tome 3.

N'hésitez pas à suivre les inventaires du duo: "Inventaire illustré des arbres", "Inventaire illustré de la mer", "Inventaire illustré des animaux", "Inventaire illustré des animaux à queue".

lundi 24 décembre 2012

Cartes, voyage parmi mille curiosités et merveilles du monde

Vous n'avez jamais rêver faire le tour du monde? Moi si, j'aurais aimé prendre un chemin de traverse qui m'aurait emmenée loin, de par les routes, d'un hameau à l'autre. J'aurais été polyglotte et comme un "Quelqu'un" je serais allée de par les pays en peu comme un oiseau migrateur, mais sur le sol.
Pour continuer le rêve, plusieurs solutions s'offrent à vous, à moi. Lire des journaux de bord d'explorateurs, scientifiques ou cartographes, suivre les carnets de route des globetrotteurs des temps modernes ou vous extasier devant des livres de géographie, de photographies de pays, de peuples, de coutumes...
Maintenant vous avez un autre choix, à partager avec votre enfant, une cartographie illustrée. "Cartes, voyage parmi mille curiosités et merveilles du monde" d'Aleksandra MIZIELINSKA et Daniel MIZIELINSKI ne vous offrira qu'une frustration avec sa mappemonde comme sommaire: ne pas avoir tous les pays présentés.

© Aleksandra MIZIELINSKA et Daniel MIZIELINSKI/ Rue du monde

Chaque carte apporte une géographie sommaire (frontières, montagnes, lacs, fleuves principaux, glaciers) et des informations sur chaque pays: la surface, la population, la langue, le nom du pays dans la langue originale et le drapeau.
Mais c'est surtout dans le reste des détails que le travail du couple est phénoménal. 

Vous y trouverez les activités touristiques les plus connues, les monuments célèbres... l'architecture et les ingénieries particulières (écluses par exemple) mais aussi des lieux naturels: le Grand Canyon américain; le "chemin de l'ours", sentier de randonnée finnois; Saint-Jacques de Compostelle en Espagne; la tête de Décébale en Roumanie; le Kilimandjaro.

© Aleksandra MIZIELINSKA et Daniel MIZIELINSKI/ Rue du monde

Les grandes exploitations, agroalimentaire, industrielle, de minerai, apparaissent mais la nature a une place très importante, la faune et la flore typiques sont croquées. Ils n'y a pas d'ailleurs que les plus connus: le chien viverrin, le binturung, l'ourson coquau se font connaître. Les arbres reprennent une place aussi avec les parcs nationaux et les forêts primaires préservées.

© Aleksandra MIZIELINSKA et Daniel MIZIELINSKI/ Rue du monde

Et puis une approche culturelle du pays, cela commence par les costumes traditionnels, les prénoms les plus communs mais aussi les personnages célèbres (peintres nombreux aux Pays-Bas et en Belgique par exemple, scientifiques, écrivains, philosophes, guerriers Viking, Gengis Khan),

© Aleksandra MIZIELINSKA et Daniel MIZIELINSKI/ Rue du monde

une illustration de leur œuvre et aussi quelques personnages fictifs bien connus (Dracula se resitue dans son Château de Bran roumain, le loch Ness trouve sa géographie en plus de son monstre, Fifi brandacier retrouve son auteure...).

Et puis, comme si nous y étions, la carte gustative se déploie avec les mets locaux spécifiques. Le boeuf stroganoff, les cabanes à sucre, le khubz, le rasam, l'oshifima etc...

C'est un peu une illustration d'un guide touristique avec des dessins très amusants et de multiples détails culturels.

lundi 10 décembre 2012

Les lettres de l'ourse

"Les lettres de l'ourse" de Gauthier DAVID et illustré par Marie CAUDRY est une perle à lire très vite aux enfants.

© Gauthier DAVID et Marie CAUDRY/ Autrement jeunesse

L'ourse est très amie avec un oiseau. Seulement l'hiver approche et il a dû migrer vers le sud et son île chaude. L'ourse n'a pas le cœur d'hiberner, c'est décider, elle part le rejoindre.
Elle écrit tous les jours à son ami et laisse le vent porter les lettres.

Nous la suivons ainsi pendant son voyage. De pas à pas, lettre après lettre. Dans le voyage, il y a l'enthousiasme, la solitude, l'angoisse, les découvertes et les rencontres. En marchant, l'ourse se fait des amis, pense à envoyer un pot de miel et partage ses émotions pour son ami, l'oiseau.

© Gauthier DAVID et Marie CAUDRY/ Autrement jeunesse

"Mon oiseau,

J'ai été prise dans le filet de pêche d'un marin.
Heureusement, une sirène l'a envoûté. Il s'est jeté à l'eau pour l'embrasser et a relâché son filet.
Elle m'a sauvé la vie!
Je lui enverrai un pot de miel pour la remercier. Elle n'en a jamais goûté. Elle ne mange que des algues trop salées.

A bientôt mon cher,
Ton Ourse toute trempée"

Il y a aussi cette relativité des choses, les animaux se cachent, la guerre gronde quelque part, et puis les sensations hivernales, les souvenirs ne sont pas les mêmes.
Cet album est un véritable hymne au partage et à l'amitié.

© Gauthier DAVID et Marie CAUDRY/ Autrement jeunesse

Les illustrations de Marie CAUDRY sont magnifiques, douces et et texturées. Ses animaux sont superbes et j'ai un vrai coup de cœur pour le travail de traits, de hachures qui, en plus, des couleurs apporte une dimension tactile. Les paysages sont ainsi aussi végétales que minérales, liquides, faunesques ou humains, surtout avec les ombres de la forêt.

vendredi 7 décembre 2012

Le nez

"Le nez" d'Olivier DOUZOU est une histoire de fous. Une histoire de nez bouchés, pile d’actualité par les temps qui courent, non?!

© Olivier DOUZOU/ Memo

Nez se réveille un matin et, bouché, il décide de prendre l'air. Il rencontre un bouton qui se prenait pour un nez et ensemble vont trouver le grand mouchoir pour les désencombrer.
Dans leur voyage, ils rencontrent d'autres nez, trompe, groin, bec, nez de clown, de tamanoir, de Pinocchio. Ils chercheront des astuces pour se moucher ou éternuer.
Nez nous raconte son périple mais les mots sont déformés ce qui va amener la troupe à de nombreux quiproquos.

"Guand on z'est abbrochés
on s'est rendu gompte gue z'était
des mouses de baches.
Za debait sendir bauvais
y'abait des bouches."

© Olivier DOUZOU/ Memo

En dehors de cet effet de style et de l'histoire qui pourrait être simple, la lecture est désopilante. Elle demande de l'attention pour bien prendre le coup du nez bouché. Les jeux de mots sont savoureux et les illustrations apportent la réalité aussi surréaliste que le récit.

jeudi 15 novembre 2012

Les deux routes

Les éditions Notari proposent de très belles nouveautés en ce moment, mais avant de vous parler d'un autre de mes coups de cœur du moment, je reviens sur un plus ancien... parce qu'il ne faudrait pas passer à côté, tout de même.

© Isabel MINHOS MARTINS et Bernardo CARVALHO/ Éditions Notari

Isabel MINHOS MARTINS et Bernardo CARVALHO n'en sont pas à leur première collaboration et à chaque fois la magie opère. Je les connaissais pour des propositions pour lectorat plus jeune, ici, ils nous offrent avec "Les deux routes" une magnifique invitation au voyage.

La première route est la bleue. Le papa, le fiston et la grand-mère la prennent. C'est l'autoroute, la route la plus rapide. La seconde est la rouge. La maman, l'autre fiston et la sœur prennent l'ancienne route. Bien-sûr ils sont partis plus tôt, avec des casses-croutes à cas où. Chaque route est une histoire autonome, pour lire l'autre il faut prendre le livre en sens inverse... mais même à la lecture de l'une, l'illustration de l'autre apporte une relativité du propos.

© Isabel MINHOS MARTINS et Bernardo CARVALHO/ Éditions Notari

La bleue est rapide. Le trajet sera court, ils le savent. Ils ont hâte d'arriver. De toute façon, le voyage n'est pas très agréable, il faut déchiffrer des chiffres et des panneaux, longer des murs d'isolation (de la circulation), se contenter d'un arrêt repas pas très bon, se faufiler dans la file d'attente.
C'est une route encore urbaine même en pleine campagne: le paysage ne forme presque que des traits, pas le temps de voir autre chose avec la vitesse.
La bleue est une invitation à profiter de l'arrivée, une route vers le futur mais aussi empreinte de passé: "On en profite pour penser au passé. On en profite pour rêver au futur. On essaie d'imaginer ce qui nous attend à la fin de la route. Ça ne va pas tarder, nous allons arriver... Qui sera là pour nous attendre?"

© Isabel MINHOS MARTINS et Bernardo CARVALHO/ Éditions Notari

La rouge est lente, sinueuse. Elle déambule dans les quartiers oubliés de la ville avant d'en sortir puis direction la campagne et ses habitants, de la ferme comme des maisons.
Elle est longue, il faut prendre le temps (son temps), ne pas se frustrer à chaque imprévu, savoir s'arrêter pour demander le chemin. C'est aussi profiter du voyage, des jeux, du vent et des arrêts spontanés et non chronométrés, pour un pic-nique, pour un baby-foot.
"Le soir commence à tomber. Nous traversons un vieux pont. Tout en bas, là, il y a une rivière où des gamins se baignent. "On peut s'arrêter juste un petit peu? Allez...""
La rouge est aussi un voyage en soi.

© Isabel MINHOS MARTINS et Bernardo CARVALHO/ Éditions Notari

Nous pourrions croire à première lecture que la rouge est la plus mise en valeur. Oui, bien-sûr, mais Isabel MARTINS n'oublie pas les désagréments, non pas de la lenteur, mais l'irritation, les erreurs de parcours, comme aussi un arrêt de la climatisation. Les enfants sont fatigués et énervés.
Ils arrivent tard, les enfants derrière dorment... mais c'est aussi ça le voyage avec un grand bol de liberté!

© Isabel MINHOS MARTINS et Bernardo CARVALHO/ Éditions Notari

Les illustrations de Bernardo CARVALHO ont toujours cette clarté de propos. La bichromie rouge/bleue est bien-sûr là pour suivre les histoires. Mais encore plus  ce sont les routes qui apportent la fluidité. Nous voyageons avec eux... lignes droites et larges, lignes sinueuses, paysages ou absence de paysage et puis les personnages de la famille avec beaucoup de tendresse.

samedi 27 octobre 2012

Le grand voyage de Mademoiselle Prudence

Il me fallait choisir deux livres pour l'anniversaire de jumelles, copines du lutin. Leur goût va énormément vers le rose et les princesses. Je voulais trouver des livres lumineux, ciblés filles mais pourtant pas gentillets. J'ai volontairement laissé de côté les belles robes et les couronnes pour aller sur le terrain de la féminité.

 © Charlotte GASTAUT/ Flammarion

"Le grand voyage de Mademoiselle Prudence" de Charlotte GASTAUT est une parfaite proposition. Très peu de texte, où, d'ailleurs, seule l'intention est importante, et beaucoup d'ouvertures vers l'imaginaire.

Prudence est une enfant échevelée, à la chambre en grand désordre (quoique). Elle y vit dans cette pièce, cela se voit, elle est investie, les dessins de princesses sont punaisés sur les murs, les livres éparpillés par terre. La fille est demandée, ses parents l'appellent, allez la "belette", range ta chambre et vient.
Mais non, les paroles des adultes sont comme un brouhaha informe et elle nargue les réprimandes. Elle va partir, mais seule.

© Charlotte GASTAUT/ Flammarion

Oui, espiègle, elle traverse les pages, vole dans les airs, plonge dans un océan, parcours la jungle en liane. Les doubles pages sont autant d'univers colorés et merveilleux. La végétation est vivante, mystérieuse et accueillante, la faune est végétale. La nuit, les animaux, les oiseaux, les créatures mystérieuses, ouatés ou non... elle découvre tout, rencontre, galope.
Elle, qui ne veut pas entendre la voix des parents, semble écouter la voix des songes et de la liberté. Elle ne veut pas ranger... ou si peut-être, après les rencontres, les rendez-vous pris pour d'autres aventures.

© Charlotte GASTAUT/ Flammarion

Les illustrations sont magnifiques et allient couleurs et enchevêtrements dans les rêves pour revenir à plus ordonné dans la vraie vie. Les découpages et transparence amènent aussi cette liberté de la vie et de l'imaginaire.

Ce livre, où fourmillent les détails, offre aussi des clins d’œil, par exemple le livre jeunesse "La croûte" de Charlotte MOUNDLIC et illustré par Olivier TALLEC sur un sujet pas simple.

Et pour mon second choix? Ce sera mon billet suivant...

vendredi 31 août 2012

Le Garçon qui voulait devenir un Etre Humain

"Le Garçon qui voulait devenir un Être Humain" de Jorn RIEL, adapté par Emmanuelle BEULQUE, et illustré par Christel ESPIE est une magnifique trilogie. Ces albums illustrés offrent là un pont d'or entre l'album pou enfant et le roman pour adolescent.
© Jorn RIEL et Christel ESPIE/ Sarbacane

- Le naufrage-
Leiv est un jeune garçon Islandais qui vient de perdre son père. Pour le venger, il suit son assassin, Thorstein, banni d'Islande. Mais la confrontation entre les deux hommes n'aura pas lieu. A sa place une amitié se crée sur ce drakkar parti vers les terres du Groenland.
Puis l'accident, le bateau chavire, Leiv survit en dérivant sur un morceau de bois au bout duquel est attaché un cheval noyé qui flotte avec lui. Il sera découvert par un frère et une soeur Inuits, Apuluk et Narua.
Leiv, impressionné par les moeurs des Inuk et très attaché à ses nouveaux amis, va vivre avec eux au point de vouloir devenir un Être Humain, nom que ce donne les Inuits.

© Jorn RIEL et Christel ESPIE/ Sarbacane

- Les frères sanguinaires -
Les trois amis suivent les migrations saisonnière mais se retrouvent perdus après une partie de chasse. Thorstein n'est pas mort, il a réussit à émigrer au Groenland et découvrent les trois jeunes gens.
Ils rencontrent aussi les frères Vikings à la réputation meurtrière.

© Jorn RIEL et Christel ESPIE/ Sarbacane

- Le voyage -
Un semblant de paix règne au Groenland entre Islandais et Inuits pourtant le voyage engagé par Leiv, Apuluk, Narua et Solvi, esclave islandaise tirée des griffes des frères Vikings, les poussera à se confronter à d'autres marins redoutables, les trafiquants d'esclaves Anglais.

© Jorn RIEL et Christel ESPIE/ Sarbacane

Je reviendrais sur le texte de Jorn RIEL, fabuleux à bien des niveaux quand je reprendrais le roman adulte du même nom dont je pense que l'intégralité du texte est repris ici.
Alors oui le texte est dense, le vocabulaire complexe et aussi parsemé de mots inuits propres au matériel, aux habits, à la vie de tous les jours (et d'un seul islandais, insultant). L'auteur a une admiration pour ce peuple et cela se sent à toutes les pages. Ce récit initiatique est en effet plein de sagesse, d'entraide, de promiscuité solidaire, de liberté, de non propriété, de respect de la nature en y prélevant la nourriture, la peau, les fourrures, la graisse et le combustible.
Le propos est aussi plein de vie et on ne se doute pas à quel point elle est dure en Arctique... la chasse, les combats avec les ours polaires, le froid, les gelures, les tempêtes de neige mais aussi les confrontations des Inuits avec les émigrants.

© Jorn RIEL et Christel ESPIE/ Sarbacane

Le texte fort de Jorn RIEL est ici porté par les illustrations de Christel ESPIE offrant plus qu'une simple image. Ses pages entières et double-pages sont comme des tableaux et apportent l'ampleur d'une fresque.
Les combats, les personnages ont de la force et de la consistance. L'arctique est aussi dépeint comme un personnage principal, la neige n'est pas que blanche, le ciel est expressif.

Cette alliance, album illustré et roman, est parfaite pour découvrir un grand texte en offrant assez de couleurs, de textures et d'emphases visuelles pour attirer les plus jeunes lecteurs. Un bijou!

© Jorn RIEL et Christel ESPIE/ Sarbacane