samedi 22 août 2015

L'architecture vue par les pigeons


© Stella GURNEY et Natsko SEKI/ Phaidon

De nombreux documentaires jeunesse sortent des sentiers battus. Ici l'architecture est présentée avec beaucoup d'humour. "L'architecture vue par les pigeons par Basile Plumagile" de Stella GURNEY et illustré par Natsko SEKI propose de suivre le voyage d'un volatile parmi quelques uns des plus impressionnants monuments du monde. Basile Plumagile est un pigeon (oui de cette race assez dégénérée en ville mais qui, là, rend ses noblesses à l'oiseau).
© Stella GURNEY et Natsko SEKI/ Phaidon

Comme nous pouvions nous y attendre sur la vingtaine de focus, quelques ponts (à poutres, à fermes, suspendu, en arc) et tours (les plus hautes possible) sont présentés, ainsi que de superbes monuments comme la Tour Eiffel, la Grande pyramide de Gizeh, le Taj Mahal, le Colisée. Deux villes vues du ciel sont aussi mises en valeur: Venise en Italie et Brasilia au Brésil. Et puis d'autres petites merveilles pas forcément célèbres pour tout un chacun comme l'église de la lumière au Japon.

© Stella GURNEY et Natsko SEKI/ Phaidon

A chaque fois cependant, le ton est plus celui de confidences (celles du volatile), un nom imagé, de petits détails souvent impressionnants et pas tant des informations relatives à l'architecte, au contexte ou encore à la technologie nouvelle impliquée. Des murs épais, de la lumière, de la sculpture comme des coulées de fromage (sur la Sagrada familia), du bruit des chutes d'eau que Frank Lloyd WRIGHT impose aux habitants de sa maison, du "bec somptueux mais plumage pouilleux". Quelle belle mise en avant aussi de certains défis, comme la transparence de la Tour Eiffel qui ne cache pas ses poutres ni ses rivets ou du centre Georges Pompidou où tous les tuyaux et toutes les structures sont exposées, extérieures et mises en couleur (vert plomberie ou bleu aération par exemple).

© Stella GURNEY et Natsko SEKI/ Phaidon

Beaucoup d'humour transpire de l'histoire située au-dessous des illustrations, les encarts eux étant un peu plus descriptifs. Le pigeon (et l'auteure bien-sûr) décrit avec de nombreuses métaphores ce qui est en jeu. Le texte est ainsi très parlant même pour les plus jeunes lecteurs.
"Tout l'intérêt d'une cathédrale, vois-tu, est de faire en sorte que les visiteurs soient émerveillés par la gloire des cieux, et effrayés par les horreurs de l'enfer. Une cathédrale est en fait une immense machine médiévale à effets spéciaux, un peu comme lorsque la scène la plus incroyable d'un film en 3D te cloue à ton fauteuil, sauf qu'il s'agit ici de pierre et de vitraux."
Les illustrations faites d'aplats colorés, de détails de structures, de découpages de photographies et de dessins sont de magnifiques apports. Le tout n'est pas forcément ultra reconnaissable mais plus symbolisé, pourtant nous regardons de plus près et nous avons envie de chercher des photographies.
Oh, j'oubliais, pour les plus curieux, les dernières pages donnent les informations de dates, lieux, architectes.
Coup de cœur!

Aucun commentaire:

Publier un commentaire