lundi 8 février 2010

La mécanique du coeur

Très attirée par les contes pour adultes, gothique, fantastique, onirique et poétique, « La mécanique du cœur » de Mathias MALZIEU me tentait énormément.



D’une lecture très rapide, rythmée et très imagée, ce livre a tenu ses promesses.


Jack est né le jour le plus froid du monde. Ce petit bébé à tête d’oiseau et grands pieds, a été porté à bout de ventre par sa toute jeune maman, venue en haut de la colline pour accoucher chez le Docteur Madeleine. Jack nait avec le cœur gelé, une horloge lui est greffée pour l’aider à fonctionner. Nous suivons alors cet enfant abandonné par sa mère chez cette accoucheuse. Ou plutôt nous suivons ce cœur fragilisé, qui doit à tout prix limiter les émotions fortes comme la colère, l’amour et le désenchantement amoureux : Jack, cloitré dans sa tour de bois en haut de cette colline aux suspicions de sorcellerie, souhaite connaître le monde, s’éprend, en ville, d’une chanteuse des rues, Miss Acacia, très vite introuvable, et n’a qu’une envie la retrouver et la conquérir.

*illustré par Joan SFAR bien-sûr!

Les personnages, à la Tim Burton, sont des plus attachants. Ils sont visuels, hors norme, un peu bohémiens. Et sous ses portraits à l’encre et aux ombres se dessine une vraie chaleur humaine pour les êtres laissés pour compte, différents.
Le Docteur Madeleine, maman d’adoption, accoucheuse clandestine, tenancière d’une pouponnière de fils et filles de catins (ou de jeune filles désœuvrées), horloger, chamane, sorcière, mécanicienne des cœurs et des âmes. Vieille jeune fille à l’étincelle dans le regard et au faux contact dans le sourire.
Et aussi ce clochard Arthur à la colonne vertébrale musicale, les deux prostituées chaleureuses, Luna et Anna, au cœur d’artichaut, enseignant au tout petit Jack des mots d’une sensualité encore méconnu, un hamster se retrouve avec un nom cher aux femmes : cunni…gus mon amour !
Cette demoiselle Acacia, aux allures d’arbres en fleur, petite donzelle sur talons aiguille, myope, « flamme sans lunette », qui se cogne contre les murs et le monde, danseuse et chanteuse de flamenco.
Ce Joe, ennemi intime, au corps tellement maigre qu’il ressemble à un arbre mort avec une chevelure de plume de corbeau.
Et puis l’horloger Mélies qui l’accompagnera dans son périple vers l’Andalousie, prestidigitateur, truqueur, horloger, docteur Love…prêt à réparer le cœur cassé de Jack. Le Jack l’éventreur rencontré dans le train.

Pour retrouver cet avis et celui, intimement lié, de l'album attenant, suivez donc ce lien.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire