samedi 7 novembre 2015

Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l'imagination


Quelques très longs extraits d'une conférence de Neil GAIMAN éditée par Le Diable Vauvert et offert à la lecture gratuitement.
Magnifique texte sur les apports de la lecture pour les enfants mais aussi, surtout, pour les adultes en devenir. L'acte de lire de la fiction comme un devoir citoyen et l'obligation de fournir à tous les moyens d'y accéder... par les bibliothèques. "Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l'imagination" disponible ici

"Il est important que les gens précisent dans quel camp ils se rangent et pourquoi, et s’ils pourraient être de parti pris. Une déclaration d’intérêts de la part des membres, en quelque sorte. Donc, je vais vous parler de lecture. Je vais vous dire que les bibliothèques sont importantes. Je vais suggérer que lire de la fiction, lire pour le plaisir, est une des plus importantes activités à laquelle on puisse s’adonner.[...]
Je suis de parti pris, de façon évidente et gigantesque : je suis auteur, souvent auteur de fiction. J’écris pour les enfants et les adultes. Depuis une trentaine d’années, je gagne ma vie par mes mots, en majorité en inventant des choses et en les écrivant. Il est évidemment de mon intérêt que les gens lisent, qu’ils lisent de la fiction, que bibliothèques et bibliothécaires continuent à exister et aident à favoriser l’amour de la lecture et des lieux où la lecture peut se pratiquer.
Donc, en tant qu’auteur, je suis partial.
Mais je suis beaucoup plus partial en tant que lecteur. Et plus encore en tant que citoyen britannique. [...]
La fiction a deux rôles. D’abord, c’est une drogue d’appel vers la lecture. Le besoin de savoir ce qui se passe ensuite, de vouloir tourner la page, le besoin de continuer, même si c’est dur, parce que quelqu’un a des problèmes et qu’il faut que vous sachiez comment tout cela va tourner…
…c’est une pulsion très forte. [...]
Deuxième rôle de la fiction, elle développe l’empathie. [...] Vous apprenez que tous les gens autour de vous sont des moi, eux aussi. Vous êtes quelqu’un d’autre et, lorsque vous regagnez votre propre monde, vous allez en être légèrement changé.
L’empathie est un outil qui construit des groupes à partir de gens, afin de nous permettre de fonctionner comme plus que de simples individus préoccupés d’eux-mêmes."

"Je me trouvais en Chine, en 2007, lors de la première convention de Science-fiction et de Fantasy de l’histoire chinoise à être approuvée par le Parti. Et, à un moment, j’ai pris à part un officiel de haut rang, et je lui ai demandé : « Pourquoi ? » La SF faisait depuis longtemps l’objet d’une désapprobation. Qu’est-ce qui avait changé ?
« C’est simple », m’a-t-il répondu. Les Chinois excellaient à créer des choses si d’autres leur en apportaient les plans. Mais ils n’innovaient pas, ils n’inventaient pas. Ils n’imaginaient pas. Aussi ont-ils envoyé une délégation aux USA, chez Apple, Microsoft, Google, et ils ont posé là-bas aux gens qui inventaient le futur des questions sur eux-mêmes. Et ils ont découvert que tous avaient lu de la science-fiction quand ils étaient enfants."

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