vendredi 29 janvier 2010

Soudain dans la forêt profonde


Le petit conte d’Amoz OZ me donnait envie. Je croyais que j’allais y retrouver une magie, un émerveillement… en fait ce fut une déception.



« Soudain dans la forêt profonde » est un petit conte pour enfants ou adultes. Il nous entraine dans un village déserté par tous les animaux, rampants, volants, grimpants, marchants. Une culpabilité semble être le lot des adultes, ils les ont fait fuir mais ils ne veulent pas en parler… ni en rêver.
Nous suivons ces villageois dans leur déni. Pour certains, les animaux n’ont jamais existé. La maitresse d’école les dessine et imite leurs cris pour faire perdurer cette faune disparue. D’autres en sont tellement désappointés qu’ils tombent dans la schizophrénie ou la maladie physique ou mentale. Deux enfants pourtant vont suivre leur intuition et chercher au fond de la forêt… ils le savent : les animaux existent, la preuve était dans une marre d’eau et s’est vite caché sous les algues… un mini poisson.

J’aurais pu être transportée par ce petit conte, suivre ces enfants contre la norme et être émerveillée. Pourtant, l’intolérance, la honte, la déviance, ne m’ont pas touchée. Est-ce que les contes ne me font plus rêver ou réfléchir… peut-être. Je l’ai trouvé trop simpliste sous couvert de philosophie. La rédemption est-elle un sujet qui ne m’attire pas (plus) ? J’ai tout de même été touchée par deux points… l’idée de l’oubli, de cet oubli de la nécessité d’oublier :
« Durant des jours et des jours, les gens n’avaient plus osé se regarder en face, tant ils étaient méfiants, abasourdis ou honteux. Depuis, la plupart répugnaient à en parler. En bien ou en mal. Ils n’en disaient mot. Il leur arrivait même d’oublier pourquoi ils préféraient oublier. Cependant, tout le monde se souvenait parfaitement que l’oubli était souhaitable. Et qu’il valait mieux nier en bloc, même le silence, et se moquer de ceux qui s’obstinaient à se souvenir : il fallait qu’ils se taisent. Qu’ils ne parlent pas. »

Et puis cette trouvaille, qui va vers un Eden où carnivore et végétarien se retrouveraient. Pas dans cette utopie de ne plus attaquer le faible mais bien dans ce fruit, le carnélia, au goût carné… et la protéine dans tout cela !!
« Nehi avait découvert au cours de ses errances un arbuste où poussaient des baies blanches et pourpres au goût de viande. Nehi appela ces fruits des carnélias. Il sema et cultiva des graines de carnélier aux quatre coins de la forêt où elles poussèrent et se multiplièrent, car il s’était aperçu que les carnassiers semblaient apprécier la saveur de ces fruits et ne rechignaient pas à en manger, de sorte qu’ils n’avaient plus besoin de dévorer des créatures plus faibles pour se nourrir. »



Bon, j’aime l’idée de savoir parler aux animaux, allez oui, je confirme. Je pense aussi qu’il me faudra relire ce petit conte, peut-être après avoir découvert toutes ses références folkloriques ou juives, pour y voir, je ne sais, une certaine ironie. Je ne peux que vous proposer le billet de Emmyne remettant le roman sous une forme jeunesse et les deux billets suivants, ici et

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