mercredi 5 juillet 2017

Le chien que Nino n'avait pas

Le lutin a grandit, il va sur ses 11 ans. Je ne peux presque plus prétendre que les albums jeunesse que j'achète sont pour lui. Presque. Comment donc continuez une bibliothèque jeunesse d'album quand le loupiot en lit beaucoup moins? Bon, sans être dupe je me dis que, bien évidement, certains albums arrivent à la maison pour lui mais aussi beaucoup pour moi. Oui, pour moi l'adule, pour mon plaisir de lectrice, adulte.

© Edward VAN DE VENDEL et Anton VAN HERTBRUGGEN/ Didier jeunesse

Certains albums (oui oui pas tous!!) sont de vrais pépites de poésie et comme des livres d'art.
Tenez par exemple, celui-ci, emprunté à la bibliothèque, pour lequel j'ai tant d'affection que je me dis qu'il faudra bien l'acheter. Pourquoi lui plutôt qu'un autre? Déjà une pâte d'écrivain avec Edward VAN DE VENDEL que j'aime suivre. Super Gloupi offrait des courts poèmes sur l'enfance, les bêtises, la candeur, la spontanéité.  L'enfance mais aussi les jeux dehors, à l'abri, en fuite, l'autre mystérieux ou la mort avec le magnifique "Petit lapin stupide". Donc pour le sujet et son traitement. Et quelle merveille d'illustration!

Dans le titre de cet album, "Le chien que Nino n'avait pas" d'Edward VAN DE VENDEL et illustré par Anton VAN HERTBRUGGEN, tout est dit. Oui et puis tellement non. Nino est seul et invente un chien. Ce dernier aimerait poursuivre les écureuils, plonger dans l'eau. Personne ne le voyait, ni la grand-mère, ni la maman... si peut-être quand il faisait le foufou. Et puis un vrai chien apparait, pas pareil mais c'est bien aussi.

© Edward VAN DE VENDEL et Anton VAN HERTBRUGGEN/ Didier jeunesse


De très courtes phrases nous entrainent dans la vie de ce garçon, seul et qui s'ennuie. Mais c'est surtout le manque du père qui apparait. Un papa rarement là qui voyage, découvre des pays. Et puis c'est une envie d'aventure, les rencontres, mais surtout l'ailleurs, l'inconnu.
C'est l'histoire d'une parenthèse, d'une frustration, entre l'enfance et l'âge adulte de tous les possibles mais traité de manière extrêmement poétique.

© Edward VAN DE VENDEL et Anton VAN HERTBRUGGEN/ Didier jeunesse

Anton VAN HERTBRUGGEN plante un décor d'aventurier. Une maison perdue en pleine nature, des meubles qui trainent dehors, un jardin qui ne s'arrête pas. Et puis cette chambre d'enfant fantastique où des robots côtoient des voitures, des masques ethniques, des fusées, un globe terrestre.
L'illustrateur utilise des couleurs comme passées, donnant un aspect désuet, sépia sans l'être. Les arbres, les meubles, la maison se confondent dans l'atmosphère.
Et puis il y a les animaux fantômes. Des croquis à l'encre, dynamiques, colorés entourant le père et juste imaginés pour l'enfant.

C'est un magnifique album grand format!

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